Que disaient les sondages en 2014?

En février 2014, le Parti québécois était aux portes d’un gouvernement majoritaire. Nous connaissons la suite… Philippe J Fournier nous replonge dans la précédente campagne électorale pour mieux anticiper celle qui s’en vient.

Photo : La Presse canadienne

À l’automne 2016, alors que la première version du modèle Qc125 était en construction, je me suis questionné sur l’historique de la performance des sondages politiques au Québec. Quelques années plus tôt, plusieurs firmes de sondages canadiennes avaient complètement raté les élections provinciales en Alberta (2012) et en Colombie britannique (2013).

Était-ce une nouvelle tendance? Les firmes de sondages étaient-elles maintenant incapables de s’adapter aux nouvelles réalités des électeurs? Ou est-ce que ces deux élections furent en fait de simples données aberrantes dans l’univers des sondages?

Une fois la première version de Qc125 complétée, j’ai tenté de reproduire les campagnes électorales de 2014, 2012, 2008… et à ma grande surprise, le modèle concordait merveilleusement bien avec les résultats. Manifestement, les firmes de sondages qui ont travaillé au Québec ces dernières années ont tâté le pouls de l’électorat avec succès.

Pour ce billet, je vous propose de retourner à l’automne 2012.

* * *

Le 4 septembre 2012, Pauline Marois devient la première femme Première Ministre de l’histoire du Québec. Les Libéraux de Jean Charest, vaincus après trois mandats consécutifs (dont un minoritaire), retournent sur les bancs de l’opposition. La CAQ de François Legault obtient un vote populaire respectable de 27,1% et 19 sièges à sa toute première élection. Québec solidaire double son total de sièges avec Françoise David qui parvient à prendre la circonscription de Gouin au Parti québécois (une circonscription qui avait voté péquiste sans interruption depuis 1976).

Regardons la liste des sondages Léger et CROP entre l’élection de 2012 et la dissolution de l’Assemblée nationale en mars 2014 :

Que remarquons-nous? Peu après l’élection de septembre 2012, le PQ jouit d’une période de grâce. La CAQ et le PLQ glissent quelque peu.

Puis, au printemps 2013, après la nomination de Philippe Couillard à la tête du PLQ, le nouveau chef libéral entre dans une lune de miel – ce qui n’est pas rare après l’élection d’un nouveau chef. Selon les données des sondages, cette remontée libérale se fait à la fois aux dépens du PQ et de la CAQ.

Toutefois, la fameuse saga autour de la défunte Charte des valeurs fait tourner le vent en faveur du PQ, principalement au détriment de la CAQ. Du printemps à l’automne 2013, le PQ remonte la pente et, au début de l’hiver suivant, rejoint les libéraux en tête des intentions de vote. Nous semblons, encore une fois, nous diriger vers une course classique entre le PLQ et le PQ.

Puis, entre Noël 2013 et la dissolution de l’Assemblée nationale en mars 2014, le PQ prend les devants dans les sondages. Il est à rappeler que la dissolution, voulue par Pauline Marois alors à la tête d’un gouvernement minoritaire, va précipiter le lancement de la campagne.

Les deux formations sont presque au coude à coude, mais comme le vote libéral est davantage concentré, le PQ n’a pas nécessairement besoin de battre le PLQ au vote populaire pour remporter l’élection. D’ailleurs, dans une proportion importante des simulations, une égalité PQ-PLQ au suffrage signifie une victoire péquiste claire.

***

En ne considérant que les données qui étaient disponibles à l’époque, quelles auraient été les projections Qc125 au début et à la fin de la campagne électorale de 2014? Voici.

Projection Qc125 au début de la campagne de 2014

Avec la méthode de calcul actuellement utilisée par le modèle Qc125, la projection du vote populaire au début de la campagne aurait été la suivante:


Avec une avance moyenne de près de trois points dans les intentions de vote, le PQ se dirigeait non seulement vers une réélection, mais probablement vers une victoire majoritaire.


Voici la projection des totaux de sièges avec les données indiquées ci-dessus:

En début de campagne, le PQ aurait été projeté, en moyenne, à près de 69 sièges à l’Assemblée nationale. Les Libéraux aurait formé l’opposition officielle et la CAQ aurait été décimée, obtenant moins d’une douzaine de sièges.


Avec une telle avance, le Parti québécois remportait plus de 97% des simulations. Au début du mois de mars 2014, à moins d’un revirement majeur, le Québec se dirigeait vers un sixième mandat péquiste depuis 1976:


Près de huit simulations sur dix accordaient au Parti québécois un gouvernement majoritaire.

Mais bien sûr, c’était avant la campagne électorale.

Projection Qc125 à la fin de la campagne de 2014

Voici les sondages publiés pendant la campagne électorale, soit en mars et avril 2014:


Dès le début de la campagne, deux sondages plaçaient le PQ et le PLQ à égalité. Toutefois, rappelez-vous: une égalité au vote populaire signifie une victoire pour le PQ en termes de sièges.

La campagne avançait et les sondeurs mesuraient tous la même tendance: le PQ glissait graduellement au profit des Libéraux. Puis, dans les dix derniers jours de la campagne, la CAQ grimpait abruptement dans les intentions de votes – aux dépens du PQ.

Le matin du 7 avril 2014, le jour de l’élection générale au Québec, armée de sondages des firmes Léger, CROP, EKOS, Ipsos et Angus Reid, la projection Qc125 aurait changé dramatiquement.

Utilisons cette série de sondages afin de projeter le vote populaire. Voici ce que le modèle Qc125 aurait produit en se basant sur les chiffres disponibles à l’époque:

Voici les données avec les intervalles de confiance de 95%:

Le Parti québécois avait perdu des points à la fois au PLQ et, particulièrement en fin de campagne, à la CAQ. Avec cette projection du vote, voici les totaux moyens de sièges de la projection finale:
Le matin de l’élection, le titre de la projection finale aurait sans doute été: « Le Québec en voie d’élire un gouvernement libéral majoritaire ». En effet, en utilisant les données disponibles le 7 avril 2014, le PLQ remportait plus de 99% des simulations:

Comparaison entre la projection et les résultats de l’élection

Comparons la projection de sièges avec les résultats de l’élection. Voici la projection du vote populaire superposée avec les suffrages du 7 avril 2014:

  • Les sondeurs avaient vu juste quant à l’avance des Libéraux, mais force est de constater que le PLQ a une nouvelle fois joui d’une « prime à l’urne ». Le résultat de 41,5% est à l’intérieur de l’intervalle de confiance de la projection, mais il s’agit du plus grand écart entre les projections moyennes du modèle et les résultats finaux;
  • Les projections du vote populaire du PQ et de la CAQ sont toutes les deux à l’intérieur de leur intervalle de confiance. Le PQ a été surestimé de 0,8% et la CAQ sous-estimée de 1,5%. Toutefois, comme nous le verrons plus bas, cet écart additionné de 2,3% entre la projection et les résultats de la CAQ et du PQ a eu un effet significatif sur la projection de sièges.
  • Le résultat de QS a correspondu presque parfaitement avec la projection.

Regardons maintenant les totaux de sièges:

Comme vous pouvez le constater, il aurait fallu une catastrophe de multiples firmes de sondage pour que les Libéraux soient écartés du pouvoir en 2014.

En conclusion

Si les sondages pendant la campagne québécoise sont de qualité (l’histoire récente des sondages au Québec nous porte à croire qu’ils le seront), le modèle Qc125 sera probablement capable de calculer une projection très proche du résultat de l’élection.

En réponse à quelques mauvaises langues sur les réseaux sociaux qui m’ont écrit: « Les sondages ne servent à rien, surtout à des mois des élections! » Laissez-moi vous répondre ceci:

Si par « ne servir à rien », vous voulez dire que les sondages à des mois des élections ne servent pas à prédire le prochain gouvernement, et bien vous avez parfaitement raison! Je n’ai jamais affirmé le contraire. Toutefois, pour comprendre les mouvements (les sautes d’humeur?) dans l’opinion publique, il est primordial de les étudier et de suivre leur progression au fil du temps.

En février 2014, le Parti québécois était aux portes d’un gouvernement majoritaire. À l’été 2017, 40% des électeurs Montréalais ne connaissaient pas Valérie Plante et son parti, Projet Montréal, tirait de l’arrière par 14 points contre le parti de Denis Coderre. Nous connaissons la suite.

Les campagnes électorales peuvent tout chavirer: les candidats sont dans l’actualité en continu, les programmes sont davantage scrutés, les humeurs changent.

Que la campagne commence!

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31 commentaires
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Compte tenu de notre système électoral, nous pouvons constater que d’élections en élections, c’est une proportion restreinte de l’électorat qui fait ou défait les gouvernements. Aux dernières élections municipales, ma mairesse l’a emporté par une cinquantaine de voix, dont la mienne alors que j’étais fermement opposé au parti de l’ancienne mairesse qui pourtant est encore le parti de la nouvelle mairesse.

— Une poignée d’électeurs déterminés fait la différence.

Ce qui tendrait à montrer que tous les électeurs (dont moi) ne se déterminent pas par rapport à des partis mais encore par rapport à des candidats. Je n’ai jamais eu aucun problème à voter en faveur d’un candidat du Bloc québécois parce que ce candidat de la circonscription où je demeurais, était une bonne personne et un bon député. Pourtant je suis fidèle à la fédération.

Pourrais-je voter pour la candidate du PQ (Catherine Fournier) pour enlever toute chance à la CAQ de pouvoir l’emporter ? Qui sait ? — Lors de l’élection partielle de Marie-Victorin en 2017, c’est avec plaisir que j’avais voté pour le PLQ. — Changement d’humeur ? Que nenni ! Ô que non !

— Quand on vote, on a du pouvoir.

Je ne suis pas convaincu que les électeurs se déterminent majoritairement pour et en vertu d’un programme de gouvernement. Je pense plutôt que ce qui est déterminant, c’est la question sous-jacente du scrutin qui peut varier évidemment d’un scrutin à l’autre.

La question sous-jacente du 1er octobre pourrait être la suivante : Voulez-vous encore des libéraux après 15 années de pouvoir (exception faite de l’entre deux de madame Marois) ? Êtes-vous prêts à les reconduire pour encore 4 ans ?

— Les gens ne votent pas pour une Assemblée, ils cherchent à savoir qui va diriger.

Ce n’est pas l’humeur des électeurs qu’il faut seulement observer. C’est la force de la conviction des uns, la détermination des autres versus ces désillusions dont se nourrit le cynisme des populations qui devaient retenir toute notre attention.

— Est-ce que je vote seulement pour moi ou est-ce que par mon vote je veux contribuer à inspirer ce qui en fin de compte devrait être le meilleur pour la nation ?

Effectivement c’est la ballotekuestion comme disait Feu Jean Lapierre va être: comment se débarrasser des Libéraux après 15 ans de corruption?
L’électeur, dans chaque comté, va devoir voter pour le parti le mieux placé pour battre les Rouges même si ce n’est pas son parti.

@ jack2:

Au sujet des prétendues « 15 ans de corruption » libérale, je voudrais vous faire remarquer que TOUS les partis politiques, sauf QS, ont été reconnus coupables d’avoir tripoté de l’argent sale et que les Libéraux et les Caquistes ont remis au DG ce dit argent sale. Seul le PQ doit encore environ $200,000.00 au DG.

De plus, jusqu’à maintenant, les accusés reconnus COUPABLES de corruption ont tous oeuvré dans le domaine municipal et non provincial.

Les Libéraux ont emmené le Québec à des sommets inégalés en matière d’économie au point où nous avons dépassé l’Ontario. Nous sommes devenus un modèle. Du jamais vu!!! Et vous voudriez scrapper ça pour sauter dans l’inconnu avec tous les risques que ça implique?

@ jack2,

Essayant — autant que faire se peut -, de faire démonstration d’honnêteté intellectuelle, Je ne vous cacherai pas que sur le fond je partage l’opinion de François 1 relativement à cette supposée corruption attribuée aux libéraux.

D’autant plus que les pratiques de financement des partis ont évolué. C’était je pense Bernard Drainville qui avait déposé le projet de loi sur cette question à une époque où il était député de ma circonscription. Comme je suis avant tout pragmatique, je soutiens ce qui est bon pour l’exercice de la démocratie.

Ce genre d’arguments, ça marche avec celles et ceux qui ne connaissent rien à la politique. Pensiez-vous que j’allais vaciller, puis basculer pour finalement me soumettre entièrement à vos développements ?

Je vous en prie Jack2, élevez-vous pendant qu’il en est encore temps, tel un grand aigle majestueux, au-dessus de la mêlée, pour ainsi contempler les humains tels qu’ils sont et non tels qu’on voudrait qu’ils soient !

« Toutefois, la fameuse saga autour de la défunte Charte des valeurs fait tourner le vent en faveur du PQ, principalement au détriment de la CAQ. Du printemps à l’automne 2013, le PQ remonte la pente et, au début de l’hiver suivant, rejoint les libéraux en tête des intentions de vote. ».
Voilà qui contredit le mythe que le PQ aurait perdu à cause de la Charte. Pas pantoute comme vos chiffres le montrent bien. Les Québécois aimaient la charte et trouvaient même qu’elle n’allait pas assez loin.
Ce qui a coulé le PQ c’est la pitoyable performance de Pauline Marois. Elle a complètement perdu les pédales lorsqu’elle s’est mise à parler, en anglais, des frontières et de la monnaie québécoise. Ca faisait longtemps que cette pauvre femme avait atteint son seuil d’incompétence.

Ce qui a coulé le PQ et qui le coulera encore et encore, c’est son article premier sur la séparation du Québec d’avec le Canada. Point!

Que le PQ tente de le camoufler, de le maquiller, de le travestir, de le voiler, les Québécois sauront toujours reconnaître le petit stratagème à deux balles utilisé par les péquistes et n’ignoreront jamais qu’une élection du parti québécois signifiera des années de chicanes et de disputes stériles qui nous coûteront la peau des fesses.

le mieux que le PQ aurait à faire est de reconnaître sa totale défaite et de se saborder.

La souveraineté se fera un jour car collectivement on finira par réaliser qu’il s’agit là de la meilleure option pour faire croître le Québec. Nous sommes les Tanguy du Canada. Il faudra bien un jour quitter la maison por s’assumer pleinement. Il n’y a pas d’autres solutions possibles.

La Charte n’était pas le problème…c’est le poing
levée de PKP qui a rallié les fédéraliste derrière le
PLQ. Marois n’y était pour rien, à part d’avoir sous
estimé l’impact de l’entrée en scène de PKP, ce qui
était difficilement prévisible.

@ François En passant l’indépendance d’un peuple
n’est jamais une question « stérile »… Avoir tous
les leviers pour maîtriser son avenir n’est pas
quelque chose que les américains, les canadiens,…
abandonneraient… Pourquoi les québécois seraient
ils plus stupides que les autres et le feraient ? Le
fédéralisme dans sa version actuelle sera toujours
de la peur camouflée en discours politique. Un jour
les québécois choisiront leur pleine liberté. C’est
une question de temps.

@ Ian Le 9 août 2018:

Le Québec possède déjà tous les leviers nécessaires à son épanouissement et il les utilise à satiété.

Si l’on poursuit votre raisonnement, il faudrait que chaque ville et chaque village québécois « possède tous les leviers nécessaires à son épanouissement ». Ensuite ce sera chaque quartier, chaque rue et pourquoi pas chaque maison? Et ce, partout dans le monde… Ça n’a aucun sens.

Le Québec fait partie intégrante du beau et grand Canada. Ça fait plus de 50 ans plus 2 référendums que les séparatistes tentent de nous convaincre d’entrer dans leur cage à homards et nous avons continuellement dit collectivement NON merci et ce, EN TOUTE LIBERTÉ.

Dites-nous ce que vous ne comprenez pas là-dedans…?

Et surtout, SURTOUT, ne me sortez pas la légende urbaine du « référendum volé » qui a servi d’excuse bien commode à votre dernière défaite référendaire. D’ailleurs, à ce sujet et parlant de temps, depuis le fameux dernier référendum, les intentions de vote envers les séparatistes du PQ ainsi que pour le « oui » n’ont jamais cessé de décliner, au point où ils sont maintenant réduits à une rachitique poignée d’irréductibles qui refusent de faire face à la réalité.

Les Québécois n’ont pas peur (d’ailleurs, la peur est le début de la sagesse!!!) mais plutôt ils font preuve de discernement et de prudence devant des illuminés qui n’ont jamais pu leur présenter un projet intelligible de constitution ou un budget crédible. Le PQ est un champ de ruines disait votre Parizeau et je le rejoins sur cette constatation.

@Ian
« PKP a rallié les fédéraliste derrière le PLQ » : hé oui! Dès que le PQ parle de souveraineté, environ 65% des électeurs lui tournent le dos.

Les québécois ne sont en effet pas plus stupide que les autres, au contraire, ils réalisent la chance qu’ils ont d’être à la fois canadiens et québécois.

@ laleli
Bizarre ! Durant le dernier mandat du P.Q. (octobre 2012 à février 2014), les appuis à la souveraineté n’ont fait qu’augmenter. Selon votre théorie, vous expliquez ça comment ?

@ François Qu’elle montée de lait mon cher François…
Vous ne répondez en rien à mon argument… Pourquoi
les québécois devraient-ils se contenter de ça, et pas
les américains, les français, …, qui méritent mieux ?
Et bien entendu, tout le monde aura remarqué que je
compare des « Nations », et pas des villes, villages, etc.
Et que l’intéret d’une nation est toujours d’avoir le
maximum de pouvoirs dont elle peut disposer, ce
dont les québécois sont privés dans la « cage à
homard » canadienne. Car que tu le veuilles ou non
François, le fédéralisme canadien, comme à peu
près tous les autres fédéralisme d’ailleurs, c’est
exactement ça historiquement : une cage, i.e. le
moyen pour une nation d’avoir le dernier mot sur
une autre, minoritaire, qui se voit reconnaître
une autonomie limitée (le cas du Québec), ou
quasie inexistante (celui des autochtones). C’est
pas pour rien que les britanniques parlaient du
Bas-Canada comme de la « French Reserve »,
et se sont assuré de conserver tous les pouvoirs
importants au fédéral (défense, économie, droit,
communication, etc.), de même que d’ajouter une
clause constitutionnelle octroyant par défaut, tous
les nouveaux pouvoirs auxquels on aurait pas pensé
au fédéral… Ça, c’est pas seulement une cage, c’est
une cage avec un verrou, qui précède d’ailleurs
tous les autres cadenas que les libéraux fédéraux
vont ajouter par la suite dans l’histoire plus récente.
Et il n’est pas dit que les québécois vont accepter
pour toujours de vivre dans une cage au nom des
raisons pitoyables que vous leur servez «  les
québécois ont tous les leviers qu’ils leur faut »
(tu te contentes de peu), « la peur est le début de
la sagesse » (la paralysie n’a jamais servi
personne, particulièrement quand ce sont les
autres nations qui sont à la table et pas nous),
et « ça doit être non à l’avenir parce que ca a été
non dans le passé »… Sophisme, bien entendu.
Et parlant d’illuminé, si j’étais toi, je changerais
de métaphore, parce que tout le monde va
immédiatement porter attention au ton agressif
qui caractérise tes interventions, et te ranger du
côté de ceux qui utilisent un ton irrationnel bidon
pour avoir l’air convaincu, pour mieux masquer le
fait qu’ils n’ont aucun argument valable… Je veux
ton bien moi François, je te souhaite la vraie liberté
même si tu crois être heureux dans une cage…

@ laleli Je serais prudent avec les grandes réalisations…
Les québécois, soudainement adeptes des grandes
théories de Stéphane Dion ?

Bizzarement, il semble y avoir un engouement certain pour la CAQ. Engouement injustifié et non rationnel et j’ose croire que la campagne électorale saura changer cette tendance car, non seulement, on se retrouvera avec un parti dont l’idéologie est très près de l’idéologie libérale, mais elle est aussi pire et ça serait catastrophique de donner un mandat majoritaire à Legault.

L’engouement pour la CAQ, c’est de changer de gouvernement. Basé sur le fait qu’environ 65% des électeurs ne veulent plus de la souveraineté, si l’engouement pour la CAQ s’estompe, ce sera plus probablement pour favoriser le PLQ (prime à l’urne aussi).
Vous diabolisez le PLQ et la CAQ principalement parce que vous êtes souverainiste. Le PLQ est loin d’avoir un bilan parfait, mais le PQ n’a pas fait mieux. Laissez dont la chance à la CAQ avant de la pourfendre.

À laleli, quel âge avez-vous ? Toutes les grandes avancées du Québec sont l’oeuvre du PQ. Oui, le PQ a fait mieux et jamais la CAQ avec son programme de destruction du Québec ne saurait faire mieux que le PQ. Je suis anti-Libéral, mais je me dois d’admettre que l’élection du PLQ serait beaucoup moins dommageable pour le Québec qu’un Gouvernement caquiste.

@Marc
Avancées qu’on doit au PLQ: Paul Gérin-Lajoie et l’éducation pour tous, René Lévesques (au PLQ) et la nationalisation de l’électricité, assurance-maladie,…
L’élection du PLQ serait moins dommageable que la CAQ, alors je vous invite à voter PLQ. Pour moi, et actuellement pour 65% de la population, ce sont les 2 meilleurs partis pour remporter l’élection.

@ laleli 10 août 2018:

Et n’oublions pas la méga réalisation de la Baie James du regretté Robert Bourassa, qui fait la fierté de TOUS les Québécois aujourd’hui.

Je me souviens très clairement qu’à l’époque, le PQ était CONTRE la Baie James car croyez-le ou non, ce parti séparatiste faisait plutôt la promotion du…NUCLÉAIRE!!!

Saborder le PQ ???

Alors que c’est le parti avec le plus de membre au Québec!!
Quelle idée farfelue.

Et oui Pauline fut une catastrophe qui a permit la poursuite de l’exploitation du Québec par les opportunistes libéraux et qui permettra aux opportunistes de la CAQ de faire la même chose!!

S’il ne se saborde pas, le peuple québécois le fera à sa place en octobre prochain.

Comment expliquez-vous que le PQ ait, selon vous, le plus de membres au Québec et qu’en même temps, il n’ait que 14% des intentions de vote?

Bien hâte de lire vos explications…

J’aimerais bien comprendre en quoi les sondages depuis un an ont pu être utile, i.e. connaître « les sautes d’humeur » dans l’opinion publique, quand on constate pour des raisons souvent méthodologique « une grande disparité dans les estimations des diverses firmes » (Claire Durand, Ah ! Les sondages) pour la même période.

Je réponds ici à tous vos commentaires.

Pour ce qui est de l’immigration, le Québec a ses propres pouvoirs, contrairement aux autres provinces, mais ne contrôle pas directement la frontière. Pourquoi serait-nécessaire?

Pour le prix de l’essence, nous sommes dans une marché de l’offre et la demande, et dans le cas du pétrole, les coûts varient considérablement. Pour vous expliquer rapidement, pensez que le Jeudi tout le monde fait le plein, les stations d’essence devront faire le plein aussi, alors un camion livrera de l’essence, mais quand toutes les stations en ont besoin, les compagnies de transport, répondant à l’augmentation de la demande, avec une offre limitée, augmentent leurs prix. Il s’agit simplement de bien planifier et vous aurez toujours un prix raisonnable quant à la marge au détaillant. Conseil: Costco. Autrement, faites le plein le Mardi. Le prix du baril varie fortement d’un jour a l’autre. Alors à moins que par ce commentaire vous insiduez que le pétrole devrait être nationalisé, on dirait que vous rendez le gouvernement fédéral coupable du marché international du pétrole et du capitalisme.

Je suis pour l’autonomie du Québec dans certains champs de compétence, mais j’aime mon pays et ce qu’il représente. Vous devriez commencer à ouvrir les yeux et trouver des points de convergence avec vos concitoyens fédéralistes afin de faire avancer la cause du Québec. Et arrêter d’essayer de « schooler » les gens. La réalité est que l’appui à la souveraineté diminue fortement dans les jeunes générations. Nous nous considérons citoyens du monde, sans pour autant perdre notre attachement envers notre province, notre pays. On ne veut pas bâtir des murs, on veut ériger des ponts. Alors embarquez avec les jeunes et aidez nous a faire avancer le Quebec, sans etre obstructionniste en ayant a tout prix votre idee d’un Quebec souverain en tete. Le Quebec a aide a batir le Canada, en fait partie integrante. Nous sommes une des quatres provinces « originales » et pour autant que je sache, on s’en sort bien.

Vous dites que les gens se mettent la tete dans le sable, mais en fait c’est vous qui l’avez bien profondement enfonce, parce que vous refusez d’admettre, de passer par dessus, de vous rallier a vos concitoyens afin de faire avancer votre agenda ET le leur.

@Nicolas Arseneau
Quand on aime son pays, on apprend sa constitution ce qui ne semble pas votre cas. Parmi l’exclusivité des compétences du gouvernement fédéral se trouve l’article 91(25) « La naturalisation et les aubains ».« Cette compétence, en conjonction avec son pouvoir résiduaire, permet au Parlement fédéral de déterminer les conditions auxquelles les étrangers pourront résider au Canada et acquérir la nationalité canadienne. » (Nicole Duplé, Droit constitutionnel : principes fondamentaux, 6e éd. (2014). p.449)

Sur la nécessité de contrôler sa frontière, Philippe se fera un plaisir de vous envoyer la facture concernant la dernière vague migratoire.

quant au prix de l’essence, je passe, vos explications sont loufoques. On sait et les pétrolières le savent aussi que la demande en essence varie peu et que ce sont elles qui décident du prix. L’offre et la demande, ça n’a jamais fonctionné pour fixer les prix. C’est vrai, seulement dans les livres d’économie mainstream.

« La réalité est que l’appui à la souveraineté diminue fortement dans les jeunes générations. » Allez dire cela à Claire Durand qui a étudié le sujet et qui démontre que l’appui à la souveraineté n’est plus générationnel, elle s’équilibre entre les différents âges.

Cher Citoyen du monde, je vous invite à aller voter en Russie, en Chine en Turquie et ailleurs, je vous prédis votre retour de manière assez rapide, le coup de pied au cul va être assez puissant pour faire le vol direct. Peut-être, comprendrez vous alors, le sens du mot souveraineté.

Élue en 2012 en proclamant qu’il fallait mieux gouverner que les libéraux, Pauline Marois n’a pas fait mieux. Plutôt que gouverner, elle préféra écouter les sondages et déclencher des élections. Elle a démontré que le changement, ce n’est pas le PQ qui peut le faire.

Le but du PQ est de faire de Québec un pays, comme le disait si bien PKP. S’il est élu, bien qu’il promet ne pas faire de référendum dans ce mandat (promesse électorale), le PQ va tout faire pour provoquer des conflits avec Ottawa pour tenter de faire valoir son option. Encore du temps perdu, plutôt que de gouverner et travailler sur les vrais choses. Peut-être la charte des valeurs était-elle attirante au début lorsque le PQ menait dans les sondages, mais les électeurs ont vite réalisé qu’on n’allait nulle part avec ça.

Il ne reste plus qu’environ 35% de gens qui appuient la souveraineté, pourrait-on laisser ça de côté pour plusieurs années jusqu’à ce qu’il se passe de quoi pour la justifier (bien que je ne vois pas quoi). C’est ce que les électeurs veulent, c’est pourquoi sondage après sondage, environ 65% des électeurs appuient PLQ ou CAQ, qui ne nous parleront pas de souveraineté lorsqu’ils seront élus. Ces choix (PLQ ou CAQ) ne sont pas parfaits (comme PQ et QS de toute façon), mais ce sont les seuls pour nous, 65% de la population. Pour une fois, on a une majorité très claire!

« […] pourrait-on laisser ça [l’indépendance du Québec] de côté pour plusieurs années jusqu’à ce qu’il se passe de quoi pour la justifier (bien que je ne vois pas quoi).

Vous ne voyez rien parce que vous vous cachez la tête dans le sable pour fuir la réalité. Et si c’était de « gouverner et travailler sur les vrais (sic) choses » comme :

1 – « les variations inexplicables du prix de l’essence » dont notre premier ministre a dit « qu’il ne pouvait rien faire pour les Québécois puisque la réglementation dudit prix sur notre territoire est la prérogative d’un autre gouvernement, basé hors Québec. » (Aussant, L’omniprésence de la souveraineté)

2 – « la légalisation du cannabis … par un gouvernement hors Québec qui a décidé unilatéralement de légaliser une drogue sur notre territoire, en pelletant, de surcroît, dans notre cour toutes les conséquences néfastes appréhendées de cette légalisation. » (idem)

3 – « [les] paradis fiscaux et à l’évasion fiscale à grande échelle, on nous renvoie aux ententes fiscales conclues par un gouvernement hors Québec avec des législations de complaisance qui nous incluent de facto. » (idem)

4 – « la renégociation de l’ALENA : les pourparlers se font entre États souverains. Le Québec ne peut donc y dépêcher qu’un lobbyiste pour tenter de se faire entendre … » (idem)

5 – Les pipelines : « en attendant de savoir si un gouvernement hors Québec [va] décid[é] de faire passer un pipeline sur notre territoire, touchant d’innombrables cours d’eau, nous [subissons] encore ici la réalité d’un peuple subordonné à un autre. C’[est] directement relié au manque de souveraineté du Québec sur son propre territoire et à son incapacité de gérer complètement lui-même sa politique environnementale. » (idem)

6 – l’immigration, où « le Québec ne contrôle pas ses frontières ni les accords qui les régissent. C’est un gouvernement hors Québec qui détient ce pouvoir sur notre territoire … » (idem)

En conclusion, tout en partageant l’avis d’Aussant :

« Quoi qu’en disent les commentateurs [en particulier ceux qui sont trop aveugle pour ne pas voir les « vraies affaires »] à l’approche de la campagne automnale, chaque dossier qui fera les manchettes sera une illustration supplémentaire de la nécessité de faire la souveraineté pour pouvoir agir selon nos intérêts et nos façons de voir les choses comme Québécois. » (idem)

@Marc S.
Vos points 1 et 5 se contredisent: si vous refusez les pipelines, vous devriez exiger que l’essence se vende au juste prix au Québec, i.e. au même prix que les autres pays industrialisés (sauf les USA de Trump), à savoir environ $2,50 le litre, grâce à des taxes plus élevées. Si l’essence se vendait ce prix, on n’en aurait pas besoin de pipelines, la consommation en nette baisse ne le justifierais pas.

Quoi qu’en dise Aussant, ce n’est pas en traitant les autres d’aveugles qu’on réussit à les convaincre, mais avec des arguments solides et crédibles. Il ne me convainc pas et vous non plus. Ni moi, ni 65% des québécois.

@ Marc Sauvageau:

Misère… Les séparatistes nous chantent le même refrain de puis 50 ans: si le Québec était indépendant il ferait ceci…cela…et ce serait le paradis sur terre. SAUF qu’à chaque fois où il a pris le pouvoir, il n’a jamais été capable de convaincre le peuple du bien-fondé de ses lubies. Tout au contraire, il a si mal géré le Québec qu’il s’est fait foutre à la porte rapidement. Le seul gouvernement péquiste qui a été digne de mention, selon moi, c’est le gouvernement Lévesque de 1976. Et encore… Ses propres ministres seniors l’ont lâchement abandonné lors de son deuxième mandat.

Revenez sur Terre et reconnaissez votre humiliante défaite et cessez de tenter de laver le cerveau des Québécois. Même votre propre parti (un parti INDÉPENDANTISTE!) tente par tous les moyens de NE PAS parler d’indépendance. Ça ne suffit pas pour vous persuader de l’incohérence et de l’absurdité du jugement de vos complices?

Quelqu’un le moindrement allumé aurait compris depuis longtemps…me semble.

@laleli
Il n’y a aucune contradiction entre la construction de pipelines destinés à l’exportation du pétrole d’Alberta -qui gonflerait le prix vendu du pétrole Albertain sur les marchés – et la vente au détail de l’essence par des pétrolières avides de profit qui jouent avec leur marge pour vous faire suer.

@François 1
Lâchez-nous avec votre catéchisme, comme à l’époque de votre enfance, vous le récitez sans comprendre. Donnez-moi à la place vos solutions aux 6 points qu’Aussant a suscité.