Slogans électoraux : vers une campagne plus audacieuse ?

Dans trois cas sur quatre, les partis ont choisi pour slogan un mot unique, symbole de dynamisme et de flexibilité, note Stéphane Mailhiot. Mais attention, ce n’est pas parce qu’on gagne la guerre de la pancarte qu’on gagne l’élection. 

S’ils sont annonciateurs de la campagne, les slogans électoraux laissent présager un automne politique rempli d’étonnement. Les organisateurs ont pris note des victoires surprenantes de Trump, Trudeau, Macron et Plante et semblent avoir compris que ce qui fonctionnait pour les élections d’hier n’est pas garant du succès aux urnes le 1er octobre prochain. Et c’est tant mieux. La dernière chose dont le paysage québécois a besoin, c’est de quatre variations linguistiques d’« Ensemble, pour un Québec fort » sur ses poteaux.

On observe donc une grande nouveauté : dans trois cas sur quatre, les partis ont choisi un mot unique comme slogan. La Coalition Avenir Québec, qui jouit du siège de meneur, propose « Maintenant ». Québec solidaire, qui avait déjà fait campagne « debout », s’affirme « populaire ». Puis le Parti québécois, qui a rassuré l’électorat sur sa capacité d’autodérision cet été, fera campagne sous la devise « Sérieusement ». Sérieusement.

Adjectif ou adverbe = dynamisme

L’utilisation d’un adjectif ou d’un adverbe peut marquer le dynamisme. Une proposition simple et concise est plus facile à mémoriser et à s’approprier. Dans le meilleur des cas, le court slogan devient un leitmotiv de campagne et vient insuffler de l’énergie aux discours des candidats. Peut-on faire ça au Québec ? Yes, we can.

Découvrez dès à présent notre balado Esprit de campagne ! Chaque semaine, Marie-France Bazzo, Alec Castonguay, Philippe J. Fournier, Noémi Mercier et Mathieu Charlebois décryptent l’actualité de la campagne. Rien ne leur échappe !

De plus, les slogans à mot unique offrent souvent plus de flexibilité de communication. Les énoncés les reprenant à diverses sauces se multiplieront. La tendance au microciblage d’électeurs et à la personnalisation des messages invite à cette formule. Le Parti québécois a déjà annoncé que sa campagne d’affichage ferait usage de six différentes propositions, allant de la dénonciation du gaspillage à la dignité pour les aînés. Tout ça sérieusement. La mécanique de communication sera sans doute aussi exploitée par la Coalition Avenir Québec, qui pourra y aller de toutes ses promesses maintenant.

Si trois partis parmi les quatre principaux cherchent à proposer une nouvelle formule, dans tous les cas, les slogans marquent l’intention de corriger une faiblesse de perception. On veut rectifier le tir, dès le début de la campagne.

Le slogan le moins risqué pour le PLQ

Le PLQ fera campagne avec « Pour faciliter la vie des Québécois ». Ce slogan est l’héritier naturel d’« Ensemble, on va s’occuper des vraies affaires », mais la version 2018 porte le poids des années de pouvoir. La devise, la plus traditionnelle des quatre, vise à rassurer les électeurs que le parti veut continuer de gouverner « pour faciliter la vie des Québécois », et non par simple appétit de pouvoir. Le slogan le moins risqué et, dans le contexte de retard dans les sondages, le plus faible des quatre.

Pour la CAQ, c’est maintenant ou jamais

À la CAQ, on veut rappeler l’urgence d’agir. Le slogan, plus qu’un appel au soutien immédiat, est un ultimatum. On le lit et on peut presque compléter dans notre tête : « Maintenant ou jamais ». La formule est habile stratégiquement, et évoque une promesse d’efficacité. Sans aucun doute le meilleur cru de la CAQ. Évidemment, doit-on se réjouir d’avoir fait mieux qu’un jeu de mots foireux avec le nom du chef ?

Le PQ, pour être pris au sérieux

Au PQ, la plus grande crainte, c’est de ne pas être pris au sérieux lors de cette campagne. Pour compenser, on annonce une campagne originale, avec un autocar aux accents psychédéliques. Là, on veut réitérer le sérieux avec lequel le parti traite des préoccupations québécoises, pas seulement de la souveraineté. Le PQ s’est doté d’une mécanique de communication plutôt que d’un slogan ; comme le parti a beaucoup de terrain à rattraper, c’est une très bonne stratégie. Pour bien juger de son mérite, il faut maintenant attendre les différentes actions qui lui donneront vie. Cela dit, ça tombe beaucoup moins à plat que la campagne d’autodérision estivale.

Le slogan le plus intéressant pour QS

Chez QS, on a opté pour « Populaire ». Un choix audacieux qui a le potentiel de régler deux des principaux problèmes de perception du parti. Premièrement, QS veut rassurer sur son discours souvent perçu comme moins pragmatique et porté par une certaine élite. Il sera aussi rassurant pour plusieurs de savoir que QS est plus « populaire », moins marginal, que le laisse penser son image médiatique. Après tout, beaucoup d’électeurs sont réfractaires à l’idée de gaspiller un vote si leur parti préféré n’a aucune chance. QS a opté pour le slogan le plus intéressant, mais ce n’est pas parce qu’on gagne la guerre de la pancarte qu’on gagne l’élection.

La course est lancée. Maintenant, il faudra attendre le vote populaire. Sérieusement.

Stéphane Mailhiot est vice-président de la stratégie à Havas Montréal et chroniqueur médias et marques à Radio-Canada.

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Pour bien commencer la campagne, on devrait avoir une distribution de masse des programmes et une fiche pedigree des candidats.

Le principal problème des élections vient du fait que trop de gens suit le vent des sondages sans trop se renseigner sur les programmes des partis. Je rencontre des gens qui souhaitent voter pour la CAQ en pensant que le parti souhaite faire des choses dont il n’a jamais été question. Pathétique.

Je veux bien mais c’est quoi votre programme? Si le PLQ aborde cette élection avec le but de continuer le parcours déjà planifié, ce n’est pas le cas de la CAQ qui avec son slogan »Maintenant » Maintenant quoi? Son leitmotiv d’affirmer que sous le régime libéral on s’enlise un peu plus chaque jour en laissant faire économiquement parlant, le sien m’énerve tout autant surtout quand il dit qu’il faut plus d’emplois payants, dans l’aviation c’est une réalité que les jobs sont payantes mais parlez-en aux propriétaires de PME aux prises avec la mondialisation, s’ils sont en mesure d’offrir des salaires élevés, je pense pas moi. Il fait preuve d’élitisme quand il discourt sur les salaires. Le PQ joue et QS se branche sur les arts martiaux dans son programme, pas mieux.

Le PQ et QS se branchent sur les arts martiaux… un peu de sérieux et d’honnêteté, tout de même. N’attribuez pas les idées farfelues de QS au PQ qui n’a jamais parlé d’arts martiaux. Le PQ se branche sur la réalité des Québécois, QS sur des niaiseries.

J’aimerais ajouter qu’il y a quelques éléments de ponctuation, de typographie et de composition des slogans qui devraient également être pris en considération. Ainsi le « populaire » de QS se décline-t-il en majuscules : POPULAIRES et au pluriel avec ses deux co-porte-paroles. Ce n’est pas QS qui est populaire mais les porte- paroles qui le sont, introduisant ainsi le culte de la personnalité dans cette élection, comme dans la grande période de l’ère Stalinienne…. Ce qui va bien avec le style de QS.

Pour le PQ, ce qui est significatif, c’est la déclinaison du slogan sur deux lignes. Ce n’est pas le PQ mais bien : Le Parti Québécois, une ligne suivie du point. Le point en ponctuation est graphiquement aussi important que le mot. À la deuxième ligne le « Sérieusement. » suivit d’un point donne de l’emphase et de la richesse au slogan.

À la CAQ, le point de ponctuation est aussi important. On aurait tout aussi bien pu ne pas en mettre ou employer le point d’exclamation. Cette formule et cette présentation sont très adroites, car c’est en quelques sortes une forme d’expiration. L’expiration marque le moment, au temps-présent (Maintenant.) de relaxation. Ce qui est plutôt à craindre c’est l’avenir. Et puis quoi après maintenant ?

C’est un peu comme au yoga, après une séance vous vous sentez très très bien, vous ne savez pas le moins du monde quelle tuile tôt ou tard va vous tomber sur la tête. Or, la tuile arrive toujours, inéluctablement !

Le slogan du PLQ reflète bien concrètement les objectifs de ce parti. Le PLQ contrairement aux autres partis en lice est le seul parti qui offre du concret, le seul parti qui puisse tenir ses promesses sur 4 ans, ce simple détail qu’on le veuille ou pas, cela va contribuer faciliter la vie de bien des gens incluant celle de ses opposants.

Avec les autres partis, on est dans la rêverie, dans l’éthéré, dans la vision. Rien de bien convainquant sur l’horizon.

Enfin, je dois dire que l’élection de Donald Trump, Justin Trudeau et Emmanuel Macron ne m’ont nullement surpris. Concernant Macron, je pense que j’ai été l’un des tous premiers au Canada ou peut-être le seul à en avoir fait mention dans une chronique de L’actualité alors que personne ne le voyait. Pour Plante, c’est un peu différent, je ne voulais pas qu’elle gagne… mais elle a gagné.

Actuellement, la démagogie où que ce soit dans le monde, cela a le vent en poupe. Nous avons pu encore l’apprécier récemment en Ontario. Chez nous, le plus fort à ce petit jeu est sans conteste François Legault. Il convient de mentir impunément à tous « ici, toujours et maintenant ». N’oublions pas que c’est le mensonge qui conduit immanquablement l’humain aux plus grands sacrifices. C’est le seul spectacle qui vraiment ait un quelconque intérêt pour Dieu.

Il ne faudrait donc pas trop s’émouvoir si « l’homo-quebec-issime » confondait dans les prochaines semaines quelques vessies avec des lanternes.

couper dans le gras (gang de rue, voie reservee, frais des avocats, extras) et investir dans les proteines (sante, education, entrepreunariat)

Investir en santé et en éducation… Hum.

À eux seuls, ces 2 ministères accaparent presque 75% de nos finances provinciales. Que voulez-vous de plus?

Je viens de lire ceci: Le slogan le moins risqué pour le PLQ pas sûr du tout…

Maintenant et Sérieusement, et toujours Populaire, oui Pour faciliter la vie des Québécois ont fou les libéraux dehors. Moins risqué celui du PLQ…;-)

Qs: populaire ! Ou qu’ ils sont populaire? PQ: sérieusement ! Sérieusement , il nous coûte cher avec le modèle québecois ; en plus ils veulent faire manger les étudiants à nos frais et le gouvernement n’ est même pas capable de faire manger adéquatement les aînés !!!!! CAQ: maintenant ! Comme le parti québecois en 1976 , le changement après presque 15 de régime libéral! Et PLQ: Je sais pas trop . c’ est long leur affaire et j’ ai l’ impression qu’ ils veulent nous aider à prendre le pouvoir! Pouvoir! Pouvoir!

je trouve que le peuple oublie vite, on s’est fait arnaquer beaucoup et ceci surtout dans les dernières années et on est prêts à les laisser continuer à nous varloper, c’est bien nous les moutons, on se laisse manger la laine sur le dos et on en redemande, on ne changeras jamais ! Que diriez-vous si je prenais de l’argent dans vos poches et qu’ensuite je ferais don de cet argent à gauche et à droite, diriez- vous que je suis charitable ou bien un escroc !!!!!! Faites vos propres déductions si vous êtes conscients !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ayant la prétention d’être assez conscient….

…. dans une vie antérieure, je me rappelle que je fus un mouton. Pas très différent de ma vie actuelle, vous me direz ! Si ce n’est que dans ma vie antérieure, je me rappelle aussi que certains tondeurs tondaient plus en douceur que d’autres.

La question de l’urne est peut-être bien là ! Par qui et comment voulez-vous être tondu ? – Avant de faire votre choix, songez-y bien.