Une majorité avec 35 % des voix est-elle possible ?

Si les chiffres actuels devaient se confirmer dans les urnes le 1er octobre prochain, il s’agirait d’une première. Mais la vraie campagne commence cette semaine, dit Philippe J. Fournier.

Photo: Antoine Bordeleau

La longue fin de semaine de la fête du Travail est passée, nous entrons dans ce que nous pourrions définir comme le deuxième acte de cette campagne : dans les 10 prochains jours, les chefs de partis qui parcourent les quatre coins du Québec devront préparer le terrain pour la semaine des débats des chefs (le 13 septembre à Radio-Canada, le 17 septembre en anglais à CTV-CBC-Global et le 20 septembre à TVA).

Nous ajoutons à la projection les données suivantes : le dernier sondage Léger–Le Devoir–The Gazette et les sondages Recherche Mainstreet–Capitales Médias (une brève explication de la méthodologie de la projection se trouve à la fin de cet article).

Voici donc la projection électorale Qc125 à la première scène du deuxième acte de cette campagne.

Projection du vote populaire

Encore une fois, il n’y a que très peu de mouvement dans les intentions de vote. En effet, les données de Léger et Recherche Mainstreet convergent généralement vers les mêmes tendances, mais avec une exception importante : les chiffres pour Québec solidaire. Alors que le sondage Léger fait baisser les appuis à QS à 8 % (après répartition), celui de Mainstreet les fait grimper à près de 15 %. Est-ce une divergence temporaire causée par les fluctuations normales des sondages ? Cela reste à voir. En guise de comparaison, rappelons qu’à la mi-août Ipsos–La Presse accordait 12 % à Québec solidaire et CROP–Cogego, 10 %.

En ce lundi 3 septembre 2018, le modèle électoral Qc125 accorde un vote populaire moyen de 35,5 % à la Coalition Avenir Québec, une avance d’un peu plus de cinq points sur le Parti libéral du Québec, dont la moyenne est de 30,4 %.
Les 10 premiers jours de la campagne sont maintenant derrière nous et le Parti québécois se trouve toujours loin en troisième place,  avec 18,2% des intentions de vote. Comme nous le verrons plus bas, de nombreuses circonscriptions péquistes de longue date demeurent en danger, particulièrement dans l’est de la Montérégie et dans Laurentides-Lanaudière. Les prochaines semaines seront déterminantes pour le PQ.

Finalement, Québec solidaire obtient 10,7 %. Avec ce niveau d’appui, la formation de Massé et Nadeau-Dubois est actuellement concurrentielle dans six circonscriptions de l’est de l’île de Montréal. La circonscription de Taschereau, au centre-ville de Québec, vaut aussi la peine d’être gardée à l’œil.

Voici les moyennes des projections du vote populaire avec les intervalles de confiance de 95 % :

Projection des totaux de sièges

Même si le vote populaire moyen de la CAQ oscille toujours autour de 35 % à l’échelle de la province, son avance parmi les électeurs francophones et une division du vote qui lui est favorable accordent à la CAQ une moyenne de 70,9 sièges. Rappelons qu’un vote populaire de 35 % n’a jamais, dans l’histoire politique du Québec, produit un gouvernement majoritaire. Si ces chiffres devaient se confirmer dans les urnes le 1er octobre prochain, il s’agirait d’une première.

Considérez la figure suivante. Il s’agit des moyennes des totaux de sièges avec les intervalles de confiance de 95 % :


Voici les densités de probabilités pour la CAQ, le PLQ et le PQ :



Avec une telle avance, la CAQ remporte plus de 95 % des 50 000 simulations de la projection. Tout comme la semaine dernière, les trois quarts des simulations accordent à la CAQ un total de sièges supérieur à 63, soit le seuil pour une majorité à l’Assemblée nationale.

Distribution régionale

Pour consulter la carte complète de la projection, visitez ce lien. Sur les cartes, les circonscriptions pâles indiquent les circonscriptions pivots, où les probabilités de victoire du parti en tête sont sous les 80 %.

***

Plus tard cette semaine, j’explorerai les détails de la proposition de réforme électorale du Mouvement démocratie nouvelle : un mode de scrutin proportionnel mixte. Cette réforme électorale est dans les plans depuis un bon nombre d’années et, au printemps dernier, la CAQ, le PQ, QS et le Parti vert du Québec ont signé une entente qui engagerait le prochain gouvernement à changer le mode de scrutin des élections québécoises.

À bientôt !

À propos de la méthodologie :

Cette projection électorale Qc125 est basée sur le dernier mois des sondages publiés au Québec, provenant des maisons Léger, CROP, Recherche Mainstreet et Ipsos depuis août 2018. Également, le modèle utilise les données du recensement canadien et l’historique électoral des 125 circonscriptions du Québec afin de déterminer les tendances et corrélations entre les régions du Québec. De plus, il utilise une distribution non proportionnelle des indécis liée à l’historique des résultats des sondages électoraux au Québec.

Chaque sondage utilisé dans cette projection est pondéré selon la taille de son échantillon et sa date de terrain. Les sondages récents possèdent une pondération plus importante. Au cours de la campagne, l’étendue des sondages utilisés ne dépassera pas deux semaines, mais comme il s’agit toujours de la précampagne, les sondages du dernier mois ont été considérés. Pour plus de détails sur la méthodologie Qc125, visitez cette page.

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28 commentaires
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J’ai remarqué au fil des années que le sondage le plus réaliste est celui publié
au début de la campagne électorale.
Les sondages durant la campagne varient mais à la fin c’est le retour à la case départ. Bien sûr il y a eu quelques exceptions à cette observation.

Je suis satisfait de constater que le titre de ce billet, tout comme son préambule me donnent raison. Contrairement aux affirmations les plus insolites tenues dans le billet précédent. Si un parti devait être majoritaire avec quelque 35% des suffrages populaires, ce serait bien une première.

Il n’y a effectivement jamais eu une multitude de situations identiques dans l’histoire électorale du Québec, comme quelques-uns pouvaient l’attester.

Je pense que l’étude des transferts des électeurs indécis (ou qui ne souhaitent pas répondre à la question), que cela devrait être déterminant dans la répartition finale des sièges de la future Assemblée nationale. Il pourrait y avoir des différences significatives suivant les circonscriptions et/ou les régions. Les transferts ne sont pas stéréotypés.

De plus, il faudra cette fois-ci observer tout particulièrement le vote obtenu par les tiers partis (tout comme le cumul de ces votes) en proportion de l’ensemble des suffrages exprimés. Selon moi ce sont de tels aspects qui pourraient permettre à des sortants de se maintenir, comme à des candidat-e-s inattendu-e-s de gagner l’élection dans des circonscriptions.

À cet effet, il reste toujours un réel niveau d’incertitude quant à savoir qui formera le prochain gouvernement. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les messages mis-en-œuvres par tous les partis, relèvent trop souvent de ce que les anglo-saxons appellent les « wedge politics » lesquelles génèrent immanquablement des « wedge issues ». En d’autres termes des annonces qui engendrent toutes formes de controverses qui poussent à la division des électeurs.

Je m’abstiendrais ici de produire des exemples, je pense que chacun devrait être en mesure de trouver les siens.

— J’aimerais conclure par un souhait : C’est de trouver enfin, un milieu et une fin de campagne qui nous élèvent sensiblement, pour de la sorte nous rassembler vraiment.

Je remarque après voir lu dans les articles diffusés sur le réseau de TVA qu’il manque une très forte impartialité pour la diffusion de la promotion de chaque parti et ils ont un favori dans presque toutes les 200 articles.

Ce que je trouve encore plus insolite dans tout ça c’est qu’une province en admettant que selon cette projection que la CAQ serait élu. Remarquez bien peu importe le parti qui serait à 35%; cela voudrait dire que le Québec serait dirigé par un parti que seulement 35% de la population aurait voulu.

Si on est dirigé par un parti élu avec 35% des soufrages alors on n’aura pas fini d’entendre de la contestation en chambre, de la partisanerie etc.
C’est un peu le dilemme d’une élection multi-partie. Au États-Unis, tu es sois républicain sois démocrate!!!!

Sois républicain, soit démocrate?? On voit ce que ça donne: un dictateur!
J’aime mieux notre système actuel. Et oui il y aura de la contestation en vue mais cela permet certain redressements de programmes ou d’initiatives.

Euh…as-tu vu ce qui se passe à Tawa? Chrétien a déjà dirigé le Canada majoritaire avec 38% des voix. Trudeau nous mène par le bout du nez avec 41%, dont presque la moitié du vote ethnique.

Monsieur Boyer c’est encore pire que ça. Le 35% ne signifie pas que c’est 35% de la population mais 35% des gens qui se sont rendu voter. Or, comme le taux de participation moyen historique d’une élection est depuis 5 élections aux alentours de 80% (à l’exception de celle tenue en décembre à 58%) cela voudrait donc dire qu’une province diriger par un parti élu à 35% signifierait en réalité que 24% des électeurs.

Srege Boyer, tant qu’ à moi 35 ou 40% , c’ est pas la majorité des électeurs!!! Tant qu’ a y être ce n’ est pas 100 % des électeurs qui votent!

Ça vient donner du poids à l’introduction de la représentation proportionnelle. Avec 3 partis frôlant le tiers des pourcentages, la distribution des comtés ne sera vraisemblablement pas représentative du vote. Mais on entend cela depuis des décennies. Qui aura le courage de changer cela?

La première semaine a été catastrophique pour la CAQ.
Or il n´y a pas eu de sondage publié depuis lors.
Donc , analyse à prendre avec beaucoup de précaution !

Considérant que le taux de participation des jeunes est moins élevé que celui de leurs ainés, je ne vois pas comment le fait d’abaisser l’âge du vote à 16 ans pourrait augmenter ce taux ?!

Pas grand chose à dire sur les sondages, si ce n’ est que j’ ai vraiment hâte que tout ce cirque se termine et qu’ on passe au vote ! Un chef de parti qui pète deux fois plutôt qu’ une et le parti baisse de 2 points dans les sondages !!! C’ est vraiment ridicule ! Et que dire de la coalition Lisé-Couillard ; c’ est hilarant et c’ est prendre les électeurs pour des valises! Question comme ça ; pourquoi les partis d’ opposition ne se questionnent pas sur la perfomence du parti au pouvoir?? Pourquoi tous les partis ont dans leur objectif d’ attaquer constamment la CAQ ? Pourquoi le premier ministre envoie régulièrement ses GOONS démoniser la CAQ ( encore en fin de semaine) ? Qu’ est-ce qu’ il a ce parti-là alors qu’ il était la troisième opposition lors de la fermeture de la chambre ? Pourquoi le PQ ne parle t’ il pas de son dessein primordial de faire un référendum à son deuxième mandat s’ il est élu en considérant qu’ au premier mandat d’ ici les prochaines 4 années ,il va préparer son référendum ? Pourquoi les libéraux ne s’ attaquent t’ il pas aux péquistes? En résumé on connaît les réponses à ces questions ! À date c’ est une bataille de chats de ruelles et personne ne parle des vraies affaires ; c’ est à dire comment on va faire pour augmenter les revenus de l’ état pour livrer toutes ces promesses électorales ? Aie! Les vertueux verts que va t’ on faire avec nos ressources naturelles ? Aie !! Les partis politiques ( à part bien sûr les illuminés QS) pourquoi ne parlez-vous pas de projets stucturants d’ avenir qui va nous hisser parmi une des provinces les plus riches du Canada ? Avez-vous peur des verts?

« Rappelons qu’un vote populaire de 35% n’a jamais, dans l’histoire politique du Québec, produit un gouvernement majoritaire. »

Qu’entend Philipe J. Fournier avec son 35 % du vote populaire ? Signifie-t-il 35 % du vote en fonction des votes exprimés ou 35 % en fonction des électeurs inscrits qui prend en considération les abstentions comme son modèle et les sondages font ? Dans ce dernier cas, il se trompe.

J’ai pour exemple l’élection de 1944 où l’Union Nationale avec 27 % du vote (% des électeurs inscrits) obtint une mince majorité de cinq sièges sur ses adversaires. (UN = 48, autres = 43)

35% c’est possible mais peu probable.

Ce que je constate, c’est que les gens commencent tout juste à mesurer l’ampleur du désastre que serait un gouvernement caquiste et qu’après tout, les Libéraux nous ont quand même laissé une province qui vit un âge d’or financier et qui sert de modèle pour tout le Canada et que Lisée n’est, somme toute, pas si mal.

Ce sera un gouvernement Libéral minoritaire avec 35% des voix exprimées.

Un parti dont le seul but est de nous minoriser toujours plus et de nous transformer en Grosse Louisiane…

Autre petit point: la CAQ semble « pogner » surtout en région. Comme Duplessis dans le temps…

Il faut être près des médecins pour parler d’âge d’or financier! Les régions ont subit suffisamment de coupures de l’aide au développement, de fermetures de services des ministères, de déplacement et de centralisation des soins et services de santé, pour être tentées de voter pour quelque chose d’autre que les fabuleux libéraux! L’austérité et les promesses brisées…

@ Magali Tremblay:

C’est quand même pas la faute des Libéraux si les Québécois ont décidé de ne pas faire d’enfants.

Si l’on veut assurer la pérennité de nos services, il faut forcément qu’il y ait des successeurs pour continuer de payer pour ceux-ci. Si on ne fait plus d’enfants, faut bien faire venir les successeurs d’ailleurs. Tous les partis politiques sont en accord avec ceci.

Les autres provinces qui vivent dans le même Canada que nous ont un taux de fécondité plus élevé que le nôtre sans les CPE, et ils acceptent quand même l’aide des nouveaux arrivants…

Je trouve bien drôle tout ces grands savants qui font des calculs mathématiques pour tenter de nous faire croire que leurs statistiques est la meilleure. Sacher que l’ont voient pleins de sondages et qu’il y en a pas un qui dit pareil !!!!! Donc il faudrait arrêter de nous prendre pour des cons en tentant de nous faire croire n’importe quoi !!! Pour terminer mes grands professionnels de la politique vous qui penser tout connaître, bien lors des dernières élections fédérales, avec tout vos savants calculs, personne n’a vu venir Justin Trudeau MAJORITAIRE.

Encore une fois, nous pouvons constater la distorsion entre le nombre de votes et le nombre de sièges.
Changeons le mode de scrutin et jamais plus nous ne verrons un gouvernement pseudo-majoritaire avec environ 40 % des soufrages comme c’est le cas à Québec et à Ottawa actuellement !
Avec le mode de scrutin proportionnel compensatoire par région tel que proposé par le Mouvement pour une démocratie nouvelle, le pourcentage des sièges au gouvernement correspondrait au pourcentage du vote populaire.
Les partis provinciaux autres que le PLQ ont signé un engagement à travailler sur la réforme du mode de scrutin. Ce sera un test pour la CAQ si elle gagne les élections. Nous avons bien vu Justin Trudeau se défiler une fois au gouvernement « majoritaire » avec 39,47 % des votes…
Il est temps que les politiciens se rendent compte que la société québécoise est pluraliste, que le bipartisme est artificiel et dépassé et que les députés de différentes formations doivent coopérer au lieu de se chamailler.

Alors adoptons le model français .Un deuxième tour.Les deux parties en tête lors du premier tour s’affronte lors du deuxième.Là on serait certain que le parti qui dirigerait le Québec aurait 50% plus un du vote populaire.

Bien que le vote à deux tours ouvre plus de possibilités que celui à un tour, il présente des désavantages.
Au deuxième tour, les électeurs sont forcés de choisir entre deux candidats même si leur réel choix est autre. Cela explique peut-être que le taux de participation lors des deuxièmes tours est généralement moins élevé que lors des premiers tours.
Il est plus coûteux que les autres systèmes électoraux à cause de la nécessité d’organiser le deuxième tour.

Justement, la proportionnelle est un ticket tout droit vers des chicanes stériles et sans fin. Voir ce qui se passe en Italie entre autre…

Notre système actuel nous apporte une stabilité politique que plusieurs pays nous envient.

En ce qui me concerne, je ne saurais que trop recommander, le système électoral de la République de Venise en vigueur de 1268 à 1797 pour l’élection du Doge. Un système exceptionnellement démocratique puisqu’il ne comprenait pas moins de dix tours de scrutin. Impossible dans un tel système de favoriser injustement qui que ce soit. Seul le candidat qui reflétait les intérêts communs et largement l’opinion de la majorité pouvait accéder à la charge qui lui était confiée.

— Ne devrions-nous pas considérer cela pour la désignation de tous nos députés pour et par leur probité ?

Si je vous suis bien, en 2011, le Bloc a conservé la majorité des sièges au Québec et le NPD de Layton n’a eu qu’un siège ?
En 2012, le PLQ est tombé en 3e place derrière la CAQ ?
En 2014 Marois a conservé le pouvoir et est même devenue majoritaire ?
En 2015, le NPD a gagné les élections et Mulcair est maintenant le PM du Canada tandis que Trudeau a dû abandonner son poste de chef du PLC, étant arrivé 3e ?