Voter mieux, voter localement

En ne vous intéressant qu’à la campagne nationale, vous risquez gros. Mathieu Charlebois vous suggère d’aller voir un débat entre vos candidats locaux, pour éviter (ou découvrir) une mauvaise surprise.

Photo: Antoine Bordeleau

Il a d’abord affirmé qu’il allait rester en place et continuer sa campagne — ce qui est toujours le signe que ce ne sera pas le cas —, mais le candidat Guy Leclair a finalement jeté l’éponge. Accusé de conduite avec les facultés affaiblies et refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix, il s’ajoute à une liste de plus en plus longue de candidats qui mettent leur parti dans l’embarras.

On pense à Philippe Laplante, du Parti conservateur, qui nous a rappelé qu’il ne faut jamais s’attacher à quoi que ce soit sur Internet. Oui, il était drôle à voir dans sa vidéo où il nous parle du prix de l’essence et de sa BMW. Mais laissez la caméra rouler cinq minutes de plus et vous le verrez peut-être écraser une femme autochtone avec son bazou.

On pense aussi à Stéphane Le Bouyonnec, dont le rôle dans une entreprise de prêts privés plombait la campagne de la CAQ, comme un prêt à 90 % d’intérêt peut plomber ton budget.

Il y a aussi eu Pierre Marcotte, le presque candidat que le PQ a failli présenter alors que son passé numérique avait été moins scruté que s’il avait été engagé pour flipper des boulettes chez Ti-Oui. Le cas de Marcotte ressemble beaucoup à celui de Muguette Paillé, qui est venue rappeler que certaines des pires choses qu’on peut lire sur Internet sont écrites par des grands-parents qui partagent aussi des images de couchers de soleil avec phrase inspirante, comme « Le bonheur, c’est le plaisir d’être heureux ».

Et il y a le cas de Michelle Blanc, qui est encore là AU MOMENT OÙ J’ÉCRIS CES LIGNES. (Et il faut le spécifier, parce que qui sait ce qu’on va trouver dans 15 minutes sur son compte Twitter ?)

Michelle Blanc, rappelons-le, est une spécialiste en gestion de crise sur le Web. Elle offre des forfaits complets de type 360 degrés :

  • Elle crée la crise.
  • Elle l’empire.
  • Elle la calme.
  • Elle la règle.

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Cela dit…

C’est normal qu’il y ait des candidats douteux par-ci par-là. Juste avec les quatre principaux partis, à 125 candidats chacun, on se retrouve avec 500 candidats. Ils ne peuvent pas tous être la crème de la crème. La petite crémette à 5 % au travers est inévitable.

C’est pourquoi j’ai pris, il y a quelques élections déjà, l’habitude de me rendre au débat des candidats de mon coin. Il y en a toujours un d’organisé par un groupe communautaire ou le Cercle des fermières, et c’est toujours extrêmement instructif.

En 2011, année de la vague néo-démocrate, j’y ai découvert que mon candidat orange était en fait un citron qui parlait à peine français et ne connaissait pas le programme de son propre parti. Je me suis imaginé ma deuxième voisine, une dame âgée un peu mêlée, entrer dans son bureau et lui expliquer ses problèmes. C’était impossible qu’il comprenne ce qui se passe, et pour ça, c’était impossible qu’il ait mon vote.

L’élection provinciale suivante, j’avais l’œil sur un candidat au CV fort intéressant. Mais au débat à quelques rues de chez moi, j’ai eu l’horreur de découvrir que ce monsieur était complètement vide et qu’on l’avait rempli (et seulement qu’à moitié) avec des slogans du parti. Comme je ne pouvais pas voter pour sa pancarte, qui avait plus de substance que lui en personne, mon X est allé ailleurs.

En ne vous intéressant qu’à la campagne nationale, vous risquez gros. Si vous ne prenez pas une petite soirée de votre temps pour aller voir un débat entre VOS candidats, vous votez peut-être sans le savoir pour un nono raciste qui flashe sa BMW, pour un idiot ou, pire, pour une spécialiste des médias sociaux.

De rien !

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2 commentaires
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La campagne des petits tas, un petit tas d’argent par-ci, un petit tas d’argent pas-là et pour la vision à long terme d’une saine gestion de l’ensemble des ministères, on s’aperçoit vite qu’ils en font pas un gros tas, labia ipsius obsignatæ sunt.

Quel triste époque politique nous vivons depuis des décennies. Le vainqueur sera-t-il de la COP24 à Katowice en Pologne pour se prendre en selfie avec les grands »jaseurs » écologique et ce dans le pays du charbon (80% de son électricité). Peut-être qu’on pourrait leur bâtir un grand barrage pour qu’ils puissent se chauffer l’hiver et se climatiser l’été. Qu’en pensez-vous M.Legault, ça rentabiliserait la cimenterie Bombardier de port Daniel un énorme barrage en ciment sur le Vistule en PPP avec la caisse de dépôt du Québec comme prêteur, SNC-Lavallin comme gestionnaire et une couple de Polonais bien »ploguer » pour gérer le chantier à la petite semaine, pareils comme chez nous.

Ça doit pas être votre propriétaire de bar qui vous a proposé un projet de cette ampleur, ça pis votre plan maritime pour sortir le ciment de la Gaspésie, on est en bateau pour un boutte.

Ah que ça peut différer, que ça peut n’être « pas pareil » d’une aire à une autre, (locale, régionale, nationale), même lorsque séparées que par un cours d’eau!…

« Ce qu’il y a de plus universel, ce sont les particularismes », assénait, il y a assez longtemps déjà, un éminent philosophe.

Ce qui s’avère frappant, plus qu’à l’habitude, en cette campagne électorale, c’est la différence — (une «société distincte»?…) — se dessinant entre LA Ville et l’extérieur de la grande ville. On y constate d’une part en effet, et ce sans surprise, que le PLQ y demeurera ‘outrageusement’ présent, pour ne pas dire envahissant ‘en-Ville’; et d’autre part que non seulement le parti ‘pressenti’ pour former le prochain gouvernement mais également l’autre ‘grand’ parti pourraient n’avoir aussi peu que presque pas d’élu-e-s «en Ville». Assez questionnant ou interpellant, cela, n’est-ce pas? Y aurait-il donc, chez nous, déjà, comme une césure, voire une ‘cassure’, une ‘brisure’, un «mur» – virtuel ou symbolique entre ‘territoires’? Se pourrait-il qu’une majorité ne se sente pas chez soi en Ville et qu’inversement les Métropolitains, eux, ne se ‘reconnaissent’ pas à «l’extérieur»?

On peut percevoir ce fossé, profond, jusqu’en certains propos ou propositions, des plus banals, du chef du PQ. Qui suggérerait maintenant qu’en certains centres de garde d’enfants, les éducatrices ne puissent plus porter de signes à connotation religieuse. Où est l’problème, dites? À qui, en quoi cela fait-il «mal» — qu’il y ait e.g. une voilée ici, une pas voilée là? A fortiori en milieu métropolitain, où ce genre de diversité courante bien visible «circule» un peu partout sans problème, apparemment. Pourquoi, donc, au tout premier lieu d’apprentissage et socialisation autre que le milieu familial même devrait-on s’abstenir de refléter — (la réalité de ce qui se passe en) — la proche société environnante? Ne serait-ce pas l’interdit, plutôt que la liberté, qui, pour ces tout-petits, pourrait s’avérer «perturbant» ou désorientant ou encore, à tout le moins, fort peu pertinent?

Autre exemple? Il a été question et il re-sera question de la possibilité ou pas pour des policiers d’arborer des signes à caractère religieux. Où serait le «problème»? Là encore, il semble se présenter entre ‘en-Ville’ et à «l’extérieur». À tel point que l’actuel dg, intérimaire, du SPVM, et aussi ex-dg (en attente de retour) de la SQ, pourrait être appelé à se prononcer là-dessus différemment, suivant qu’il le fasse de son siège d’«en-Ville» ou de celui d’en province. Et pourquoi? Parce que la problématique, parce que le contexte, parce que le milieu, parce que… les gens, quoi, n’y sont pas les mêmes. Bref, pour être plus clair/explicite, l’acceptation du port de «signes» au SPVM pourrait être bien ‘reçue’, considérée acceptable, allant de soi même; alors qu’elle pourrait être «mal ‘vue’», voire conspuée en province. « Que voulez-vous? », comme disait l’autre, la Grande Ville et « les ‘régions’ » ne seraient-elles pas en quelque sorte des «pays» différents?…

Que ce soit, en effet, eu égard à cette question de signes à évocation religieuse, où que ce soit, ou à celle de la langue française; appert une réalité différente sur l’Ile d’hors l’Ile. Hors l’Ile, on voit bien que le voile voile le voile, par exemple. Au sens où on n’y voit plus. La ‘chose’ choque tellement en lien avec un passé catholique puis catholaïque, qu’on s’y avère incapables d’apercevoir l’inoffensif ou l’innocuité de ce genre de choix, ici (i.e. au Québec), inassimilable au non-choix qu’il peut encore incarner ailleurs ou qu’il a pu constituer en des temps révolus.