Élections en Alberta : duel historique

Les Albertains iront aux urnes le 23 avril prochain et on sait déjà qu’ils éliront une femme au poste de premier ministre. On le sait car deux femmes dirigent les deux principaux partis en liste, une première au Canada. Danielle Smith est à la tête du Wildrose Party, un jeune parti formé au départ de conservateurs désenchantés. Il se présente comme plus à droite que le Parti progressiste-conservateur, lui-même piloté par sa nouvelle chef Alison Redford, qu’on associe à l’aile progressiste du parti.

Depuis le début de la campagne, les paris favorisent Mme Smith car près la lune de miel qui a suivi son élection à la tête du PPC, Alison Redford a affronté quelques controverses au cours des semaines qui ont précédé le déclenchement des élections, le 26 mars. Son étoile a pâli, au point où le PPC a reculé, selon quelques sondages, d’une dizaine de points derrière le Wildrose Party de Danielle Smith.

Danielle Smith demeure largement favorite, mais selon un sondage Léger Marketing, l’écart aurait rétréci et les deux partis seraient même au coude à coude. Si cela se confirmait, un gouvernement minoritaire deviendrait une possibilité. Inutile de dire que dans ce contexte, le seul débat des chefs, qui a eu lieu hiersoir et auquel participeront le libéral Raj Sherman et le néo-démocrate Brian Mason – est attendu avec impatience. Tout le monde est persuadé qu’il fera la différence, surtout qu’il y a encore beaucoup d’indécis après deux semaines de campagne pimentées d’attaques personnelles et de controverses locales.

La soif de changement avantage Mme Smith et pourrait avoir raison de l’apathie des électeurs albertains qui affichent un des plus bas taux de participation au Canada. Tous les sondages montrent qu’environ la moitié d’entre eux en ont assez d’être gouvernés par les progressistes-conservateurs. L’Alberta a une tradition dynastique. Les partis qui y prennent le pouvoir y restent habituellement très longtemps pour finalement être délogés par un nouveau venu qui s’incruste à son tour.

Le PPC est au pouvoir depuis 1971 et a survécu à 11 élections. Il a été précédé par le Crédit social qui a gouverné de façon ininterrompue pendant 36 ans, après avoir enlevé le pouvoir aux United Farmers of Alberta qui, eux, l’ont détenu de 1921 à 1935 (14 ans). Ils avaient été précédés par les libéraux qui ont dirigé la province de sa naissance (1905) à 1921 (16 ans).

Mme Redford porte le poids de ces années au pouvoir. Tous les reproches et les louanges des Albertains atterrissent à ses pieds. Il n’y a que son parti qui peut prendre le crédit et… le blâme de tout ce qui s’est fait depuis 41 ans. Ceci explique qu’elle ait tenté, non seulement de compter sur le changement d’image, mais de proposer de nouvelles politiques qui ont le mérite de plaire. Du moins, selon les sondages.

Seul chef à ne pas siéger à l’assemblée législative, Danielle Smith a pour sa part été forcée de préciser ses positions sur des questions comme l’avortement et les droits des gais après qu’elle ait promis de permettre aux fonctionnaires d’invoquer leur liberté de conscience pour refuser de poser certains gestes, comme procéder à un mariage de couples de même sexe. Elle n’a pas eu beaucoup plus de succès avec son onéreuse promesse de verser, une fois le déficit effacé, un «dividende énergétique» de 300 $ à chaque Albertain.

Ce genre d’engagements démontre combien la riche Alberta vit dans un autre monde que la majorité des provinces. Le Wildrose n’est d’ailleurs pas le seul à délier ses goussets. Le PPC a promis la création de 140 nouvelles cliniques de médecine familiale, la construction de 50 nouvelles écoles et la rénovation de 70 autres, la présentation d’un plan de lutte contre la pauvreté, un autre pour l’Alberta rurale qui inclut l’offre d’incitatifs financiers pour y attirer des médecins.

Selon le journaliste Don Braid, du Edmonton Journal, le PPC a repris pied à mi-campagne parce que ses promesses sont au diapason des besoins des gens. Le programme du Wildrose, en revanche, fait plutôt la part belle à des engagements en matière de gouvernance, de reddition de comptes et de réforme démocratique. Il promet une réduction de salaire pour les ministres, des élections à date fixe, un mécanisme de destitution des députés et des référendums d’initiative populaire. «Un fossé clair entre l’idéalisme conservateur et le pragmatisme progressiste, les deux génies qui coexistaient dans la bouteille du PC avant que le Wildrose s’échappe», écrit Braid.

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Quoi?

Les gros méchants albertains de l’Ouest canadien qui polluent notre air avec leurs sales sables bitumineux éliront une FEMME???

Et tout ça, avant le angélique et impeccable?

Naon… Pas vrai…

Et en plus, les femmes en question sont de DROITE! Comme Margareth Tatcher, Golda Meir, Angela Markel et autres.

Eh ben…

Personnellement, je crois que la meilleure chose qui puisse arriver est que le Wildrose soit élu avec une forte majorité et qu’il menace de couper les vivres et de foutre dehors du Canada le Québec, indéfectible représentant du BS du système de péréquation canadien.

Nous devrons alors VRAIMENT faire face aux conséquences néfastes de nos politiques gauchistes et interventionistes qui ont miné nos finances depuis les années ’60.

Bravo aux albertains!!!

@François 1
Félicitation pour votre beau délire.
Quand on accuse quelqu’un d’être polluant, on ne l’accuse pas de misogynie.

Mrs Smith semble avoir marqué des points, mais Mrs Redford semble avoir sauvé les meubles.

Comme l’Alberta est divisée entre environ 1/3 des électeurs à Calgary, 1/3 à Edmonton et l’autre 1/3 dans les contés ruraux de la province, rien n’est encore joué. Les ruraux étant attirés par des idées plus à droite de l’échiquier et les urbains votant de manière disons plus progressive.

J’aimerais bien que le délire insomniaque de François 1 puisse se réaliser et assister à la naissance d’une alliance réformiste Edmonton/Ottawa, ça contribuerait à rafraîchir (pour ne pas dire refroidir) les relations Québec/Ottawa.

Qui vivra, verra…

Peu importe qui gagne, la tendance est claire et elle ne favorise pas les bénéficiaires chroniques de la péréquation comme le Québec.

Décidément le temps où le Québec faisait chanter le reste de la fédération est réellement en train de devenir chose du passé.

La prochaine décennie sera intéressante…

@ François 1

Quoi?

Angela Markel est de droite? Allez donc dire cela aux Allemands qui sont en furie après leur PM pour avoir spoliée la Deutschland au profit de l’Europe.

« Personnellement, je crois que la meilleure chose qui puisse arriver est que le Wildrose soit élu avec une forte majorité et qu’il menace de couper les vivres et de foutre dehors du Canada le Québec, indéfectible représentant du BS du système de péréquation canadien. »

Vous avez ici, assurément raison. J’espère de tout coeur que cela se produira. Mais, une question me vient à l’esprit: Est-ce que ça vous prend vraiment quelqu’un de l’externe pour faire votre travail?

Pour être conséquent avec votre discours, n’avez-vous pas assez de bravoure et de courage pour travailler vous-même à ce que ce Québec de BS sorte du Canada ASAP? À titre de juriste, vous devriez connaître la signification de la « conséquence » Non?

N’importe quoi… une fois de plus

« Le PPC a promis la création de 140 nouvelles cliniques de médecine familiale, la construction de 50 nouvelles écoles et la rénovation de 70 autres, la présentation d’un plan de lutte contre la pauvreté, un autre pour l’Alberta rurale qui inclut l’offre d’incitatifs financiers pour y attirer des médecins. »

Venant d’un parti qu’on dit de droite, ces mesures sont un peu surprenantes.

Pour ce qui est du Wildrose, la seule mesure que l’on mentionne est le dividende pétrolier de $300.
C’est un peu mince comme programme.

« C’est un peu mince comme programme. »

Le seul programme d’un parti politique devrait être d’assurer l’ordre et la justice (et pas devenir un état policier, naturellement)

@ Mathieu K (# 2):

« Quand on accuse quelqu’un d’être polluant, on ne l’accuse pas de misogynie. (sic)

???

@François 1 :
«Les gros méchants albertains de l’Ouest canadien qui polluent notre air avec leurs sales sables bitumineux éliront une FEMME??? »

Pourquoi s’étonnerait-on que des pollueurs élisent une femme ?
À moins de vouloir volontairement tout mélanger pour faire de la grosse démagogie, je ne vois pas trop le sens de votre intervention. Je serais intéressé à entendre votre explication.

Un gouvernement Wildrose donnera surement du vent dans les voiles aux Conservateurs fédéraux les plus enclins à vouloir légiférer sur les questions de moralité.

Des référendums d’initiative populaire?? Bizarre, ici on dit que c’est la gau-gauche qui propose ce genre de choses alors qu’en Alberta, c’est la droite! Les séapratistes albertains doivent certainement être derrière tout ça (sarcasme)!!

Entendu aujourd’hui aux nouvelles. Mme Smith aurait l’intention de demander à Ottawa de modifier ses règles de péréquation afin que des provinces comme le Québec cessent de se payer des services au dépend des autres provinces (garderies à 7$, etc). J’ai déjà lu dans l’Actualité une étude très sérieuse démontrant clairement que le Québec, avec ses impôts plus élevés, se payait ses services sans nécessité d’utiliser les sommes reçues de la péréquation. Quand cessera-t-on dans le ROC de faire de la démagogie sur le dos du Québec?

Me semble que je paies plus de taxes et impôts au Québec. Si c’est si vrai que c’est l’Alberta qui nous ferait vivre comment y font pour être aussi efficace avec leur impôt réduit et la moitié de la population du Québec pour se payer toutes ces écoles et hopitaux en plus de nous payer des garderies et eccetera… Foutaise que ce discours culpabilisant.

Lise D. :

Eh bien lorsque l’Alberta aura couper 10 milliards au Quebec, on verra bien si cet argent n’allait nulle part…

Il y a demagogie et il y a savoir simplement additionner.

Guy Masson :

« Bizarre, ici on dit que c’est la gau-gauche qui propose ce genre de choses »

Et on dit ca ….ou exactement?

« J’ai déjà lu dans l’Actualité une étude très sérieuse démontrant clairement que le Québec, avec ses impôts plus élevés, se payait ses services sans nécessité d’utiliser les sommes reçues de la péréquation. »

C’Était de la foutaise. Sans les 8G$ du ROC, on ne pourrait pas se payer ces programmes.

Peut être que ce sont les milliards qui servent à tous nos entrepreneurs en croisière. Si on controlait mieux ces opportunistes on aurait plus besoin du père Équation.

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