Élections fédérales de 2015 : faites vos jeux !

Prévu pour le 19 octobre, attendu par certains dès le printemps, mais inévitable d’ici la fin de l’année, le scrutin fédéral sera le grand rendez-vous politique de 2015.

Photo © Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne
Stephen Harper a connu une bonne fin d’année 2014. Mais personne ne peut pour autant prédire qui l’emportera aux élections fédérales d’octobre prochain. (Photo © Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne)

Contrairement à ce qui se passe pour un autre événement notoire de l’année québécoise — à savoir le choix du successeur de Pauline Marois à la tête du PQ —, personne ne s’aventure à dire que les jeux de la campagne fédérale sont déjà faits. Minoritaire, majoritaire, conservateur, libéral ou néo-démocrate : ces résultats sont tous du domaine du possible.

Les sondages sur les intentions de vote de la fin de l’année 2014 laissent entendre que l’écart se resserre entre le Parti libéral de Justin Trudeau et les conservateurs de Stephen Harper.

Le NPD de Thomas Mulcair tire de l’arrière, mais il est dans la course au Québec. Et l’arrivée d’un chef populaire à la tête du PQ pourrait redonner du poil de la bête au Bloc québécois de Mario Beaulieu. Voici un tour d’horizon de l’échiquier politique en six points.

1. Stephen Harper a eu un bon automne. On l’a beaucoup vu en action sur la scène internationale, ce qui fait rarement du tort à un chef de gouvernement. Sa plus récente nomination québécoise à la Cour suprême a été bien accueillie. Tout est en place pour qu’il puise allégrement dans un surplus budgétaire pour distribuer des largesses aux familles.

La fusillade meurtrière dont la colline du Parlement a été la cible a braqué les projecteurs sur l’éventuelle menace terroriste, dont les conservateurs se servent pour justifier leur politique internationale et certaines lois répressives. En prime, l’épisode a permis au premier ministre — qui a surpris ses rivaux de l’opposition en leur faisant l’accolade le lendemain — de se montrer sous un jour plus humain.

2. Le PLC a perdu du terrain ces derniers mois, mais à l’extérieur du Québec, le parti s’est néanmoins affirmé comme la solution de rechange aux conservateurs en finissant loin devant les néo-démocrates dans qua­tre élections partielles.

Justin Trudeau n’a pas encore réussi à prouver à tous qu’il a la compétence requise pour le poste de premier ministre, mais à la même période lors des élections précédentes, ses deux prédécesseurs libéraux étaient en nettement moins bonne posture.

3. Quand les libéraux se por­tent bien, les néo-démocrates ont la grippe. On en a eu la preuve à répétition l’an dernier. Telle­ment qu’à la fin de la session d’automne le chef néo-démocrate a semblé, pour une rare fois, en perdre son latin.

À la veille de l’anniversaire de la tuerie de Polytechnique, Thomas Mulcair a fait sursauter une partie de ses députés en affirmant qu’au pouvoir le NPD remettrait en place un système fédéral d’enregistrement des armes à feu. C’était une improvisation qui a mal passé la rampe du caucus.

De passage en France la semaine suivante, il a mis les dirigeants européens en garde contre des dispositions du traité de libre-échange Canada−Union européenne. Officiellement, pourtant, le NPD n’avait pas encore pris position sur une entente, négociée par Stephen Harper, mais appuyée par les gouvernements de toutes les provinces, y compris le Québec.

4. Réduit à sa plus simple expression aux Communes, le Bloc québécois est sur la liste des espèces fédérales menacées en ce début d’année. Deux députés ont quitté le parti depuis l’arrivée à sa tête de Mario Beaulieu. Un autre ne se représente pas.

Si Pierre Karl Péladeau devient chef du PQ, en mai, on verra combien de « capital politique » il est prêt à dépenser pour convaincre les Québécois de voter pour le Bloc, un parti fédéral dont il a mis la pertinence en doute en novembre.

5. Le débat de plus en plus vif qui entoure les projets d’oléoducs au Canada tombe à point pour le Parti vert. En 2015, Elizabeth May entend gagner du terrain à la faveur, notamment, du mouvement d’opposition aux pipelines.

6. L’automne dernier, l’ex-député bloquiste Jean-François Fortin a lancé un parti régionaliste dont il espère faire son tremplin de rechange vers la Chambre des communes. Sa première bataille consistera cependant à se faire inviter au débat des chefs.

En résumé, ce ne sont pas les choix qui vont manquer en 2015. Et les enjeux vont continuer de se préciser au fil des prochains mois. On en reparlera.

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7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je vais voter pour Mr Harper car je ne vois pas Mr Trudeau nous représenter a l’internationnal

Ah, quel commentaire brillant! Comme si la cohorte de Harper a aidé la réputation internationale du Canada! Faut être vraiment aveugle pour ne pas voir la perte de prestige du Canada au plan international depuis le règne du cheuf Harper dont la manifestation la plus patente est la défaite honteuse du Canada pour obtenir un siège au Conseil de sécurité. N’importe qui pourrait faire mieux que les néo-conservateurs, y compris Trudeau. Mais vous pensez probablement comme les troupes harperiennes que l’ONU et la communauté internationale sont dans les patates et que seuls les conservateurs sont les dépositaires de la vérité…

Lorsque vous écriviez ceci dans votre point 1 : « Tout est en place pour qu’il puisse allégrement dans un surplus budgétaire pour distribuer des largesses aux familles. », vous étiez peut-être à jour…. Mais c’est un peu moins vrai aujourd’hui.

La baisse du prix du pétrole, affecte les finances publiques de l’Alberta tout comme celles du Canada. Bien que la situation ne soit pas fort heureusement alarmante, cela signifie — puisque désormais la plupart des spécialistes estiment que ce prix bas du pétrole devrait se stabiliser pour plus ou moins une année -, que les excédents de trésorerie, soient moins élevés que prévus.

Plusieurs institutions financières évoquent la possibilité, que l’équilibre fiscal cette année ne soit pas atteint et qu’il y ait même dans le moins favorable des cas un léger déficit public en 2015 et en 2016.

Rien d’alarmant, je le précise encore ! C’est quoiqu’il en soit, une nouvelle suffisante pour réduire ou reporter ces largesses aux familles telles que vous les mentionniez.

À cet effet, je pense que la politique économique, énergique et environnementale — et pas seulement les finances publiques –, seront encore au cœur des débats de la prochaine campagne électorale.

Depuis quelques années déjà et encore en 2014, l’OCDE rappelait que malgré l’excellence de ses rapports financiers, que le Canada est toujours trop dépendant de ses commodités. Les matières premières en général et les produits issus de l’exploitation des schistes en particulier.

Hors, au cours de ces 10 dernières années, malgré quelques efforts, la gouvernance en charge de ce pays n’a guère travaillé à soutenir la diversification des activités économiques (il s’est perdu notamment beaucoup d’emplois dans les secteurs manufacturiers, il pourrait s’en perdre encore dans la construction) ; le Canada sur le plan des efforts en environnement et la recherche de solutions alternatives, fait comme chacun peut le remarquer, plutôt piètre figure au moment présent.

Ouin! Ce sera aussi palpitant que la course à la chefferie du PQ. Comme le gagnant est déjà connu et qu’il se contente d’échanger avec sa page Facebook et de ne pas se prononcer sur rien sauf révéler des informations qui sont disponibles, je fais bien sur allusion à l’adresse personnelle de P.Couillard où je ne vois pas l’utilité, faire diversion ou niaiser comme un ado pour faire sensation sur les réseaux sociaux. Au Fédéral, je crois que S.Harper se dirige vers un autre mandant à savoir si celui-ci sera majoritaire ou non, reste à voir. Concernant J.Trudeau, il n’est pas prêt et doit faire ses classes dans l’opposition avant d’accéder au trône. Thomas Mulcair et son équipe ne pourra bénéficier de la vague orange qui l’a porté où il est, il est peut-être supporté par le Québec mais ça s’arrête là. Le paysage ne changera pas beaucoup sauf du côté de l’opposition où le PLQ prendra plus de sièges que lors de la dernière élection. Advenant que le NPD soit relégué à la deuxième opposition, il sera intéressant de voir la réaction de T.Mulcair et ce qu’il fera avec cet affront.

Quand on voit la piasse à Harper à 80 cennes US et en dégringolade, on peut se poser de sérieuses questions sur sa gestion de l’économie. Il a mis tous nos oeufs dans le même panier pétrolier et voilà ce qui se passe, au lieu de diversifier l’économie canadienne et de soutenir les énergies vertes et l’industrie manufacturière. ABC (Anything But Conservatives) comme le disent nos compatriotes anglophones.

Faut vraiment être rendu dans le fond du panier pour voter pour cet extrémiste religieux. Il est une honte pour notre pays!