En Colombie-Britannique, le NPD est là pour rester

L’attrait d’un gouvernement majoritaire était si fort pour le NPD en Colombie-Britannique que le chef John Horgan a déclenché des élections en pleine pandémie. Et il risque fort de remporter son pari samedi.

Crédit : L'actualité

Les électeurs de la Colombie-Britannique se rendront aux urnes ce samedi 24 octobre, pour voter à l’occasion d’une élection provinciale qui ne devait pas avoir lieu avant octobre 2021. Afin de tenter d’obtenir une majorité à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, le premier ministre néo-démocrate John Horgan a demandé la dissolution de la législature à la fin de septembre. En effet, les sondages publiés depuis le début de cette campagne sont unanimes : avec presque 50 % d’appuis dans les intentions de vote des Britanno-Colombiens, John Horgan et le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique semblent bel et bien se diriger vers un gouvernement majoritaire à Victoria.

En 2017, l’élection générale y avait été une des plus chaudement disputées de l’histoire des scrutins au Canada. Dans cette province de plus de cinq millions d’habitants, moins de 1 600 votes séparaient le NPD du Parti libéral au suffrage universel. Au pouvoir sans interruption depuis 2001, le Parti libéral de la Colombie-Britannique (au centre droit de l’échiquier politique, avec un logo ayant le bleu comme couleur principale) avait remporté 43 sièges, soit un de moins que le seuil pour la majorité à Victoria. Le NPD, avec ses 41 sièges, avait alors conclu une entente avec le Parti vert (détenant 3 sièges) pour former un gouvernement de coalition : 44 sièges contre 43.

Depuis le printemps dernier, les sondages hebdomadaires de Léger accordent à John Horgan un taux de satisfaction parmi les meilleurs du pays quant à sa gestion de la pandémie de COVID-19, avec un score oscillant autour de 80 %. Même si l’entente entre le NPD et les verts ne devait prendre fin qu’à l’automne 2021, moment prévu pour les élections générales par la loi électorale de la province, la possibilité de gouverner sans les verts était probablement devenue une tentation trop forte pour Horgan.

Voici donc la projection Qc125 pour la Colombie-Britannique à deux jours seulement du scrutin. Vous trouverez la liste de tous les sondages de cette province ici. Les chiffres seront mis à jour jusqu’à tard vendredi soir afin de compiler les sondages qui seront assurément publiés d’ici là.

La projection du vote populaire, même en tenant compte des intervalles de confiance, donne une avance imposante au NPD, avec près de 48 % en moyenne. Le Parti libéral se trouve loin derrière, avec une moyenne de 37 % :

Le Parti vert de la Colombie-Britannique, qui avait obtenu le meilleur résultat électoral de son histoire en 2017 avec près de 17 % des suffrages et trois sièges, n’obtient que 14 % en moyenne. Notons qu’en raison de la nature imprévue de cette élection, le Parti vert n’a réussi à présenter que 74 candidats (sur un total de 87 circonscriptions).

Avec de tels appuis, le NPD remporte en moyenne 52 sièges, 8 de plus que les 44 nécessaires pour une majorité. Quant aux libéraux, la projection leur accorde une moyenne de 33 sièges :
Cet écart de 19 sièges entre les deux partis principaux constitue un fossé majeur, particulièrement lorsque l’on considère que le NPD peut compter sur une base importante de circonscriptions quasi inébranlables dans la métropole de Vancouver, ainsi que dans la grande région de Victoria. Au moment où ces lignes sont écrites, la projection de sièges du NPD compte pas moins de 37 circonscriptions « solides » (dont les probabilités de victoire dépassent 99 %). Si ces circonscriptions se concrétisent, le NPD n’aura alors qu’à remporter sept sièges supplémentaires pour atteindre le seuil de la majorité (pour la première fois depuis 1997 dans le cas de ce parti).

Par contraste, les libéraux ne peuvent compter que sur neuf circonscriptions « solides » et neuf « probables ». Avec la moyenne actuelle de 33 sièges selon cette projection, ils ont autant de chance de talonner le NPD avec 40 sièges que de subir une des pires défaites de leur histoire avec quelque 25 sièges :
En effet, les courbes de probabilités de sièges pour les deux partis principaux sur le graphique ci-dessus se croisent à peine. Pour causer la surprise et l’emporter samedi prochain, les libéraux devront compter à la fois sur un vote extrêmement efficace et sur une erreur substantielle des sondages (ce qui n’est pas impossible, mais fort improbable).

Avec les chiffres présentement disponibles, le NPD remporte le plus grand nombre de sièges dans 90 % des simulations effectuées par le modèle Qc125.Effet du retour périodique du balancier, les gouvernements provinciaux du Canada ont pris un virage vers la droite du spectre politique dans les dernières années. En effet, un voyageur qui part de Fredericton et qui franchit les 4 500 kilomètres de l’autoroute transcanadienne jusqu’à Edmonton ne traversera que des provinces dirigées par des gouvernements de droite et de centre droit. Les seules provinces pilotées par des gouvernements libéraux sont la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, qui iront d’ailleurs aux urnes dans les 12 prochains mois.

De son côté, la Colombie-Britannique semble s’orienter vers une direction diamétralement opposée avec le seul gouvernement néo-démocrate du pays. Reste à voir si John Horgan et son équipe parviendront à franchir la ligne d’arrivée samedi soir.

Pour les projections des 87 circonscriptions provinciales de la Colombie-Britannique, visitez la page Qc125 de cette province ici.

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Il faut noter que le NPD de CB est plus à droite que le NPD fédéral et qu’il est réellement le parti des syndicats. C’est la raison pour laquelle ils voulaient se débarrasser des Verts car c’était un boulet à traîner, devant faire des compromis sur bien des dossiers. En fait le BCNDP et sa base syndicale fait tout pour créer le plus d’emplois et c’est la raison pour laquelle ils ont tenté de bloquer l’oléoduc TMX du bout des lèvres car c’était une promesse aux Verts en échange de leur appui.

De plus, ils ont continué le projet pharaonique du barrage du Site C qui détruit la région agricole de la rivière La Paix, un projet vivement critiqué par les environnementalistes, les agriculteurs et les Premières Nations. L’autre gros dossier, c’est celui du gaz naturel liquéfié et la construction du gazoduc Coastal GazLink (CGL). C’est effectivement le BCNDP de John Horgan qui a envoyé la GRC dans une attaque de style miliraire (francs-tireurs, chars légers et hélicoptères) contre les Protecteurs du territoire des Wet’suwet’en qui agissaient pour les chefs héréditaires, ce qui a déclenché la vague de blocages que nous avons connue à travers le pays.

Encore récemment, alors que les pêcheurs commerciaux allochtones attaquaient les Mi’kmaq dans l’est du pays devant des policiers de la GRC aux bras pendants, au même moment, le même corps de police à la solde de la Colombie-Britannique, attaquait de nouveau les Protecteurs du territoire, cette fois-ci chez les Secwépemc, qui s’opposaient à l’oléoduc TMX (celui-là même que le BCNDP avait promis de bloquer lors des dernières élections), ce qui a donné lieu à des arrestations, dont des matriarches, des grand mères de cette nation.

Ce n’est pas tout. Le BCNDP a continué les politiques de destruction des forêts anciennes des BCLiberals et les a même intensifié pour créer des emplois de sorte que les forêts anciennes, millénaires, enfin le peu qu’il en reste, sont détruites à une vitesse grand V, au mépris des dangers que cela cause aux espèces menacées comme la chouette tachetée dont le peu d’habitat qu’il lui restait est détruit par les forestières. Le gouvernement Horgan a aussi continué d’autoriser l’exploitation industrielle du territoire du caribou forestier, une autre espèce en danger, et pour paraître défendre les caribous a mené une lutte intensive contre les loups en investissant des millions de dollars pour détruire les meutes qui, en fait, ne sont pas responsables de la disparition du cheptel mais c’est plutôt la destruction de l’habitat par la déforestation et la construction de routes qui est en cause.

Oui, le BCNDP est à gauche des BCLiberals mais, comme ces derniers sont en fait des conservateurs de droite, on peut dire que le BCNDP est de centre-droit, vraiment à droite du NPD fédéral et en ligne avec les libéraux fédéraux.

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