En flânant sur l’Avenue Robert-Bourassa

Puisque plusieurs d’entre vous entrent dans leur « semaine de lecture », j’ai pensé vous offrir, chers internautes, l’introduction du Petit Tricheur – Robert Bourassa derrière le masque. Mais ne le dites à personne.

*    *    *

Dix ans après le décès de Robert Bourassa, le maire de Montréal a voulu rebaptiser une avenue en son honneur. Pourquoi pas ? Bourassa fut élu quatre fois par les Québécois entre 1970 et 1993. Il a laissé sa marque dans notre histoire. Il pourrait aussi la laisser sur la carte.

Les journalistes qui m’appelaient, pendant ce débat en 2006, pour recueillir mon opinion étaient un peu surpris. Ils croyaient qu’ayant publié deux livres très sévères sur le personnage, Le Tricheur et Le Naufrageur, j’allais m’opposer à cet hommage avec la dernière énergie. Mais je me déclarais au contraire d’accord avec le maire. J’ajoutais cependant une condition. S’il fallait qu’il y ait, à Montréal, une Avenue Robert-Bourassa, j’insistais pour qu’on aménage sur cette artère une Place des poètes emprisonnés.

Robert Bourassa a beaucoup géré la province en gardant fermement un pied sur le frein. Mais ses partisans comme ses détracteurs braquent, c’est normal, le projecteur sur ce qu’il a fait d’étonnant. On retient d’un homme politique ses décisions hors norme.

Or pour le démocrate que je suis, la décision du Premier ministre Robert Bourassa de faire emprisonner, une nuit d’octobre 1970, plusieurs centaines de personnes pour simple délit d’opinion et spécifiquement cinq poètes (dont Gérald Godin et Gaston Miron) fait sortir Robert Bourassa du rang. Du rang de tous les chefs d’État de démocraties occidentales depuis la seconde guerre qui, jamais, n’ont suspendu les libertés civiles et, au grand jamais, n’ont mis de poètes en prison.

Du rang aussi des premiers ministres québécois. Seul Maurice Duplessis le talonne. Il a, comme Bourassa, emprisonné des syndicalistes. Il a aussi emprisonné des Témoins de Jéhovah. Mais, jamais, de poètes.

Réfléchissant avec le recul à ce que devrait être l’aménagement d’une artère portant le nom de l’ex-premier ministre, j’admets qu’il faudrait y prévoir un « carrefour de l’énergie ». Car sa décision, très risquée à l’époque, de lancer le titanesque projet de la Baie James fut, pour le développement du Québec, proprement formidable.

Mais il faudrait aussi planter à une intersection un de ces panneaux qu’on voit beaucoup sur les routes de France et où on lit : « Toutes directions ». Sur l’avenue Robert-Bourassa, le panneau pointerait vers une rue assez large qui, graduellement, se resserrerait pour, au final, aboutir sur un cul-de-sac.

Car si l’emprisonnement de poètes et le lancement des travaux de la Baie James sont les deux symboles forts des deux premiers mandats de Robert Bourassa (1970-1976), l’acharnement avec lequel le premier ministre a conduit le Québec tout entier dans un cul-de-sac politique lors de son retour (1985-1994) mérite de s’inscrire dans la toponymie.

Pourquoi revenir, en 2012, sur cette personnalité du siècle dernier ? Parce nous soulignerons, en octobre, le 20e anniversaire du référendum qui marqua l’échec de l’immense volonté de changement alors exprimé au Québec et le plus grand échec politique personnel de Bourassa ?

Oui. En octobre 1992, les Québécois furent 57% à rejeter l’accord dit de Charlottetown, qui prétendait offrir une version améliorée de la constitution imposée au Québec 10 ans plus tôt. Cette consultation populaire s’efface aujourd’hui dans l’histoire, plus généreuse avec celles de 1980 et 1995 sur la souveraineté. Octobre 1992 incarne surtout la mort du grand rêve de toute une famille politique du Québec, de la famille de Robert Bourassa : celui d’un pays, appelé Canada, qui accepterait enfin de s’adapter au fait national québécois.

Plus on s’éloigne des faits, plus on prend conscience que la fenêtre ouverte entre 1990 et 1992 pour donner au Québec un statut à sa mesure – à l’intérieur ou à l’extérieur du Canada – était historiquement précieuse. On sait maintenant que l’histoire n’a pas repassé les plats. Qu’elle n’a pas bégayé. Rien de ce qui était possible dans cette conjoncture bénie ne l’a été depuis, et ne semble pouvoir se représenter.

L’histoire québécoise du début du XXIe siècle trouve donc une de ses principales racines dans ces années charnières. On ne peut comprendre le rapport des forces entre le Québec et le Canada (donc la faiblesse structurelle du Québec) si on ne replonge pas dans les événements de l’époque.

Robert Bourassa le dira le jour de sa démission comme Premier ministre en septembre 1993: « J’ai assumé le destin du Québec ». Assumé, c’est dire qu’il a pris sur lui de déterminer ce destin, malgré ou contre la volonté des uns et des autres.

Il a parfaitement raison, et nous sommes dans un de ces exemples historiques où la volonté d’un seul homme a déterminé le cours des choses.

La responsabilité de Robert Bourassa, qui a patiemment et délibérément gaspillé la chance historique qui se présentait aux deux grandes familles politiques québécoises – fédéraliste et souverainiste – n’en est que plus écrasante. Il a arnaqué les souverainistes pendant cette période. Certains diront que c’était dans sa définition de tâche, quoique, parmi ses dupes, on comptait une grande majorité de Québécois qui avaient eu le tort de croire en sa sincérité. Qu’il ait roulé les fédéralistes réformateurs dans la farine et brisé durablement leur élan, voilà qui est encore plus difficilement excusable.

Mais ce 20e anniversaire du référendum de 1992 n’est qu’un prétexte. Partisan de la transparence, je vous livre ici la vérité sur ce qui motive l’existence du petit livre que vous avez en mains.

La publication, en 1994, de mes livres Le Tricheur et Le Naufrageur et la diffusion d’un documentaire basé sur ces ouvrages (qu’on peut visionner en ligne ici) a mis M. Bourassa, alors à la retraite, et ses partisans dans l’embarras.

Aucun proche de Robert Bourassa n’a, jamais, accepté de débattre des révélations du livre avec moi. M. Bourassa lui-même a promis aux journalistes de donner un jour « sa version » des faits, mais n’en a pas écrit une ligne, n’en a pas préparé même le canevas, avant de nous quitter en 1996.

Il n’a abordé la question que de façon incidente, dans une entrevue accordée au Soleil, où il me reprochait de ne pas avoir cité dans les 1200 pages des deux ouvrages une lettre qu’il avait envoyée au premier ministre canadien Brian Mulroney et qu’il m’avait remise. Or la lettre y est longuement citée, accompagnée des commentaires de Bourassa qui en soulignait l’importance. Un mensonge de plus.

Jean-Claude Rivest, son conseiller de toujours, a publié en 1995 un document prenant la défense de son ancien patron, document dans lequel il admet que dans mes ouvrages, « toutes les citations sont vraies ». Ce qui était déjà tout un aveu, mon récit s’appuyant largement sur les témoignages des principaux acteurs, dont Rivest.

En effet, pendant plus de 200 heures d’entrevues réalisés entre 1990 et 1994, Robert Bourassa, ses conseillers, ses ministres, ses députés ont été avec moi d’une grande candeur. Au début parce qu’ils croyaient faire l’histoire, ensuite parce qu’ils voulaient se justifier de ne pas la faire. J’ai eu également accès à des milliers de pages de documents jusque-là confidentiels, du gouvernement, du Parti libéral, du gouvernement fédéral.

Pour la partie qui concerne le jeune Robert Bourassa, j’ai dépouillé la littérature existante, notamment celle produite au moment des faits, ajouté mes propres sources et complété, pour cette édition, avec les nouveaux éléments mis au jour.

Bourassa : l’opération réhabilitation

Les amis de Robert Bourassa souhaitent réhabiliter la mémoire de leur homme. C’est leur droit le plus strict et ils savent que, pour ce qui est de l’opinion publique au sens large, leur combat est déjà gagné.

Des sondages publiés en 2006 ont montré qu’une majorité de Québécois ont une image positive de Robert Bourassa. Je suis prêt à parier gros que, plus les années passeront, plus ce sera vrai. Les Québécois ont l’identité trop fragile pour accepter que plusieurs de leurs anciens Premiers ministres aient été, pour l’essentiel, nuisibles à leur vie collective. Duplessis tient déjà ce rôle, et cela suffit amplement. Ajouter Bourassa, ce serait avouer que nous ne savons pas choisir nos chefs.

Mais les jardiniers de l’image de Robert Bourassa ne veulent pas se contenter de l’adhésion molle d’une plèbe oublieuse. Ils souhaitent mettre dans les bibliothèques et sur les ondes des œuvres solides faisant l’éloge de leur héros.

Ainsi, Radio-Canada a produit en 2005 une biographie radiophonique de l’homme qui sentait bon l’hagiographie et faisait complètement l’impasse sur son double-jeu pendant la période 1990-1992. « Ton livre l’avait assassiné, la série radio l’a encensé, les choses sont en équilibre » m’écrivit un jour un ami de Bourassa, Jacques Godbout, qui avait participé à l’opération de béatification.

L’ex-conseiller en communication de Robert Bourassa, Charles Denis, se livra ensuite à une l’écriture d’une biographie en trois volumes (deux ont été publiés au moment d’écrire ces lignes).

L’opération ne fut pas un succès de librairie. Il faut dire que M. Denis a dû admettre avoir travesti la vérité dans l’affaire des poètes emprisonnés. Il avait écrit que M. Bourassa était intervenu pour faire libérer Gérald Godin pendant la crise d’octobre. Or l’ex-premier ministre avait lui-même raconté en entrevue avoir pris la décision de ne pas se mêler de l’affaire – sauf pour donner aux policiers le feu vert pour les arrestations, y compris celle de Godin.

Il fallait donc trouver mieux pour réhabiliter Robert Bourassa dans les milieux intellectuels et chez les gens qui sont intéressés aux détails. Les amis de Bourassa se sont donc tournés vers une des meilleurs plumes au Québec : Georges-Hébert Germain.

Ils l’ont convaincu, lui, le biographe de Guy Lafleur, Céline Dion et de René Angélil, de mettre – en toute indépendance d’esprit, cela va sans dire – sa plume et son énergie au service du personnage de Robert Bourassa. Il a accepté et publie ce printemps le fruit de ses travaux. Un portrait où il démontre, a-t-il expliqué en entrevue, que Robert Bourassa n’est pas seulement « un honnête homme», mais « un homme honnête».

Cette affirmation prend l’exact contre-pied de la démonstration faite dans Le Tricheur et dans Le Naufrageur. La malhonnêteté intellectuelle est, à mon avis, le mode de fonctionnement principal de Robert Bourassa. On ne peut imaginer, aujourd’hui, la vase mentale dans laquelle il a entraîné pendant de longues années un Québec qui avait pourtant soif de clarté.

On a également peine à imaginer le prix que le Québec paie, encore, pour le refus de Robert Bourassa de se battre visière levée pour ses convictions et ses opinions. Pour son choix parfaitement assumé de tromper, de louvoyer, d’éteindre. De tricher. Que dire d’autre d’un homme qui, pendant six mois cruciaux, a refusé de répondre à la simple question : « êtes-vous fédéraliste ? »

J’ai donc pensé rendre service aux lecteurs d’aujourd’hui et de demain qui veulent en avoir le cœur net sans devoir se plonger dans deux long tomes, en leur offrant une version courte des principaux éléments du récit de 1994 avec des noms, des dates, des témoignages irréfutables et irréfutés.  Ils y trouveront aussi, ici et là, quelques ajouts.

Contrairement à ses deux grands frères, Le Tricheur et Le Naufrageur, ce Petit Tricheur suit notre protagoniste dans l’ordre chronologique. D’abord en examinant son enfance et son parcours pré-politique. Ce que j’appelle L’apprentissage de l’insécurité. Puis vient la construction du jeune Premier ministre avec L’initiation au cynisme. Son rôle dans la Crise d’octobre y est examiné avec soin – et avec les derniers éléments disponibles à ce jour– comme l’est aussi, dans une digression nécessaire pour livrer l’ensemble du portrait, celui de Pierre Trudeau.

Suivent les moments essentiels de la surréaliste saga politique qui s’ouvre avec la mort de l’accord du lac Meech et se referme le jour où les Québécois expriment, en référendum en 1992, leur rejet de la méthode Bourassa, de ses entourloupes, de sa triche.

Au lecteur de juger si on était en présence, là, d’un homme honnête. Et s’il faut nous souhaiter en avoir d’autres, de cette trempe, aux commandes.

Les commentaires sont fermés.

je me souviens très bien d’avoir, littéralement, dévoré les livres de 1994, J’ai compris bien des choses à l’époque.
Bourassa aurait pu passer è l’histoire. Il a plutôt préféré le petit rôle. Il aura fait réculer le Québec pas à peu près.

Je vous remercie Monsieur Lisée pour votre perséverance et pour vos efforts.

Les Québécois ont le droit de savoir toute la vérité sur leurs politiciens, particulièrement quand leurs intérêts collectifs sont en jeux.

Z

Les tragédies de l’Histoire révèlent les grands hommes : mais ce sont les hommes médiocres qui provoquent les tragédies.
Maurice Druon
Les Rois Maudits
Quand un roi perd la France!

Bourassa a toujours été pour moi gélatineux. Il a épousé la forme du moule canadien, la feuille d’érable. Pas étonnant qu’il a perdu le Québec.

L’idée de demander une « Place des poètes emprisonnés » sur l’éventuelle avenue Robert-Bourassa n’était pas bête, même si tous les poètes n’ont pas été mis en prison en 1970, il fallait souligner cet épisode honteux de l’application de la Loi des mesures de guerre.
Depuis ce temps, en octobre 2010, un monument aux prisonniers d’opinion incarcérés en vertu de la Loi des mesures de guerre, a été dévoilé à Montréal, rue Sherbrooke, devant les locaux de la SSJB; les noms des poètes emprisonnés, Miron, Godin, s’y trouvent; mais au moins une dizaine d’autres noms ne sont pas inscrits sur le monument, dont ceux de Charles Gagnon, Pierre Vallières (et le mien, même si j’ai été passé 76 jours à Parthenais). Ces noms étaient tous connus au moment où le monument a été conçu; il semble que des personnes, membres du PQ et BQ, qui ont contribué au financement du monument ont exigé qu’il y ait une « épuration » de la liste des prisonniers afin d’y expurger les noms qui étaient associés au FLQ.
Vous avez fait, M. Lisée, un travail pertinent pour documenter l’ère « Bourassa ».
D’autres que vous, mais qui sont proches de votre famille politique, ont agi pour « gommer » certains détails de l’histoire en réussissant à biffer du monument des noms auxquels ils ne voulaient pas être associés.

Pour moi, pas besoin de les relire. Je les avais lus à leur sortie comme un thriller cherchant les mêmes émotions, tout en m’informant, comme Dans l’Oeil del’Aigle qui m’avait ébloui. Et je suis encore imprégné de ces livres.

J’avais 20 ans à l’époque et n’avais jamais vraiment compris cet homme politique qui était mon premier ministre ni su vers où il voulait nous diriger. En lisant les livres de Monsieur Lisée, j’étais sûr de trouver réponses à mes questions; connaître la logique des décisions de mes dirigeants et de ce qui les animent.
Jamais je n’ai senti une attaque personnelle sur la personne même de Bourassa, mais sur l’homme politique qu’il incarnait. Il n’était probablement pas plus tricheur que moi ou vous dans sa relation avec les autres personnellement.
Mais tricheur en politique, encore là un terme qu’il faut peser et soupeser car si métaphorique, ( mot que certains pourraient qualifier de modéré même) et le mettre dans un contexte socio-politique. Et surtout l’associer au style de Lisée; on lit ces livres comme on lit un thriller, l’ai-je déjà écris plus haut. Je parle du style et non du contenu.

Il y en a beaucoup de tricheurs qui pullullent ces temps-ci et à fouiller leur culture politique ,on devine rapidement que leur tricherie fait plus partie de leur personnalité propre que d’une soi-disante stratégie visant le bien-être collectif.

Je ne me précipiterai pas sur le livre de monsieur Germain , un jour je le lirai peut-être, pour la seule raison que connaître la personne de Bourassa en soi, cela ne m’intéresse pas. Et critiquer un confrère écrivain en se demandant pourquoi vouloir écrire des choses négatives sur une personne devant 2 millions d’auditeurs frise la malhonnêteté intellectuelle comme si l’on vivait dans un monde parfait,( c’est juste Céline qui semble y vivre ).

Malgré cela, en lisant Monsieur Lisée , je n’ai jamais senti aussi qu’il voulait le démoniser mais juste établir les faits et comprendre ses choix politiques. La preuve,je garde un grand respect pour Monsieur Bourassa car il a été mon premier ministre et a fait de grandes choses pour notre société. J’assume ce que je suis et d’où je viens, je partage la même société que ceux qui l’ont élu. Il ne reste qu’à ces derniers de regretter certaines de ces décisions plus que douteuses.
– » Il ne nous restera que la souveraineté culturelle de Monsieur Bourassa » avait déclaré Bourgault en direct assis à ses côtés après la défaite de 1980. Mais quand on a eu à emprissonner des artistes, quelle souveraineté parlait-il ? Une souveraineté culturelle emprisonnée dans un espace politique ? Une culture sans liberté politique, cela ressemble au folklore.
La culture peut parfois être politique.
http://www.lenouveleconomiste.fr/david-kessler-la-culture-est-politique-10377/
Pourquoi a-t-on si peur de l’avouer quelques fois. La vie privée des dirigeants et hommes politique me laisse froid, ce sont leur actes et décisions qui m’imtéressent.

J’avais des amis libéraux à l’époque et ils étaient tous convaincus et ravis que Bourassa devienne sympathique à la souveraineté. Moi qui ai toujours été infépendantiste, j’étais plutôt triste, je le réalise maintenant. Triste et dubitatif. Ne le prenez pas au sens négatif…..

Lorsque l’on parle de Bourassa le grand démocrate , on repassera car ce fut un premier ministre mou qui s’est beaucoup laissé influencer dans les dernières années de sa vie politique par Paul Desmarais qui l’a fait reculer sur la souveraineté et cette opportunité manquée de la faire avec un applui de plus de 70% ….

Quant à moi, j’avais cru « au retour du Québec dans le giron constitutionnel dans l’honneur et l’enthousiasme »(discours de Mulroney à Sept-Iles 1984). J’ai, donc, voté pour Bourassa à l’élection provinciale qui a suivi.

Et c’est avec beaucoup d’émotions que je me souviens des 22-23 juin 1990, au retour de Bourassa les mains vides(Meech). Je revois, en pleine télé, au congrès libéral à Banff, Jean Chrétien, en train d’être élu chef du PLC, dire à Clyde Wells(celui qui venait de couler Meech): »Tkanks for all you have done ».

D’autre part, comme vous le soulignez dans votre livre, en ce qui concerne octobre 70, il faut se situer à l’époque…où ça brassait, aussi, aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Ce n’est qu’ici qu’on a eu recours aux mesures de guerre.

À l’origine de ces deux tomes, il y a Meech.

Meech présenté uniquement comme un échec depuis plus de vingt ans. Alors que la vaste majorité des observateurs voient dans Meech la preuve finale de l’impossibilité de reformer le Canada, moi j’y vois au contraire un quasi-succès. En effet, on ne se souvient jamais de l’accord des 10 premiers ministres en 1987 pour réintégrer le Canada.

L’échec de Meech n’était pas l’échec du Canada ou l’échec de Bourassa (cette conclusion, dans votre introduction semble un véritable détournement de l’histoire)L’échec de Meech c’est plutôt l’illustration de manoeuvres et de magouilles du clan Trudeau (Chrétien et Wells) afin de préserver l’héritage de 1982 et l’héritage d’un Canada centralisateur. J’aimerais bien qu’un jour un écrivain de qualité, comme vous, s’attaque en profondeur aux ramifications de cet échec.

En commençant à lire votre introduction en haut de page, j’ai tout de suite pensé à un cul-de-sac. L’image m’est apparue spontanément, dès les premières lignes.

Oui, un cul-de-sac, c’est exactement cela!

Ainsi allons-nous de sac en ressac depuis lors.

Bourassa, tout comme celui qui a les deux mains sur le volant de la limousine de son patron, Paul Desmarais, auront choisi de trahir notre peuple, préférant enrichir leur « famille ».

C’est le règne de l’hypocrisie et des coups-fourrés, qui perdure. Nous battre ne suffit pas, il leur reste à nos écraser. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons, faut les comprendre, ils sont en guerre. Notre langue, notre culture, notre économie, nos ressources, nos institutions, bref, tout ce que nous sommes, notre identité, sont mises à mal.

Voilà pourquoi nous devons régulièrement descendre dans la rue, manifester notre désapprobation face à toutes ces basses manoeuvres.

Le parti libéral est un parti corrompu jusqu’à la moelle et notre gouvernement est gangrené jusqu’à l’os. La putréfaction dégouline de haut en bas dans les instances gouvernementales. Le fédéral, nous en sommes tous témoins, au provincial, Duchesneau a tiré la sonnette d’alarme…avant d’être discrédité, bien sûr! Au municipal, Montréal, Laval, sont gravement atteintes et les autres, plus ou moins sévèrement.

Je dis que le cancer est généralisé et tandis que le corps social devrait être immédiatement traité aux soins intensifs, une omission d’enquête se prépare…

Pendant cet interminable temps, les mafieux sont rendus ailleurs…ils ont un plan pour nous faire perdre le nord, avec eux!

Oui, c’est vrai, ils ont un plan, mais une absence totale de vision pour l’accomplissement, l’épanouissement de notre nation francophone d’Amérique, c’est le cul-de-sac!…

Mon pays réduit à l’état de monarchie de bananes.

« Et moi je sens en moi, dans le tréfond de moi, pour la première fois, malgré moi, malgré moi, entre la chair et l’os s’installer la colère. » (Félix)

Mr Lisée . Vous avez pas fini avec R Bourrassa…..vous en faites une lubie. Oui Mr nous a trompé..PIS ça c’est dans le passé …on ne peut rien y changer…..ça fait plus de 10 ans que vous en parlez non mais ça vas faire….je ne l’aimes pas plus que vous …mais cout donc laissez le Mr reposez en paix…..regardez donc l’avenir …Le Mr qui est notre 1er Ministre en ce moment J Charest est beaucoup plus dommeageable pour le futur du Québec …..Vous avez une étroitesse d,esprit que je déplore…..vous pensez petit mr Lisée et cela m’attriste…..pourtant vous êtes tellement intelligent…..
C’est vraiment pas fort de votre part de vous acharnez sur un mort comme ça…..
Votre discour ne fait pas avancez le Québec….allez essayez de regardez vers l’avant….
Bonne Chance

Si l’on veut vraiment trouver un lieu qui s’associe parfaitement à l’image de Robert Bourassa, que dire de l’autoroute 30?

-Elle commence nulle part,
-Elle se termine toujours nulle part, même après 40 ans,
-On ignore combien elle a côuté,
-On s’interroge encore sur son sinueux tracé,
-On ne sait toujours pas où elle mènera, au-delà de Ste-Anne-de-Sorel…
-Elle a été construite uniquement pour lui permettre d’aller rapidement de Montréal à sa famille conjugale de Sorel, (tout comme la 55 qui permettait à Jean Chrétien d’aller rapidement à Shawinigan dont il était le fils préféré).
-On l’a baptisée l' »Autoroute de l’Acier » dont il ne reste que peu ou prou,
On ne pourrait trouver meilleure symbolique
Gilles-Philippe Delorme

Robert Bourassa, surnommé « le mangeur de hot-dogs » par PET qui l’a souventes fois mis dans la petite poche de sa redingote toujours épinglée d’une rose d’un rouge écarlate, ne mérite que le nom d’un grand barrage en mémoire d’un BARRAGE de l’élan d’émancipation du peuple québécois vers son indépendance, pour 500 souverainistes, prisonniers politiques, s’étant retrouvés derrière les BARREAUX pour délit d’opinion et pour l’emprisonnement de trois chefs syndicaux du Front commun en mai 1972 suite à la gréve des employés de l’État. Non seulement a-t-il été un tricheur et un naufrageur, il aura aussi été une marionnette de première classe du régime totalitaire de PET.

@Christian 2003:

Je te rappelle que ce n’est pas JFL qui a ramené ce sujet sur le tapis, mais bien Georges-Hébert Germain.

@Martin Duval

L’échec de Meech, c’est la preuve, plus qu’évidente, qu’il est impossible de réformer la constitution de 1982 pcq.:1-ça prend le ok de tout le mode et son père 2-le Canada anglais n’est pas intéressé à changer une virgul, c.à.d. à donner des pouvoirs concrets spécifiques à la société distincte.

Ce qui suit est le fruit de notes prises dans différents livres dont ceux de M. Lisée.

3 juin 1987
Accord du lac Meech.Le Parlement fédéral et tous les parlements provinciaux doivent, pour qu’il fasse force de loi, entériner cet accord avant le
23 juin 1990.

Dès le mois de mai 1987, Trudeau attache le grelot et se déchaîne contre l’accord de principe du 30 avril. Il déclare que Mulroney est devenu un premier ministre provincial;les femmes, les autochtones et d’autres personnalités protégés par la Constitution se sentent exclus du nouvel
accord. Les Territoires du Nord-Ouest se plaignent qu’ils ne pourraient devenir une province sans l’accord unanime des provinces déjà
existantes…Déjà Meech est contesté !!!!!!

Au cours de l’été 1987, un Comité mixte spécial du sénat et des Communes fit ressortir qu’il y avait au Canada anglais une vive opposition à cet
Accord….
Des groupes de femmes, d’autochtones, de communautés culturelles,les
Francophones hors Québec(ils se rallieront sur le tard), Alliance Québec s’opposeront à
l’Accord.

Toutes les nations autochtones du Canada s’opposèrent farouchement au
libellé de l’accord du lac Meech parce « qu’il enverrait aux calendes grecques une de leurs revendications les plus chères, soit le droit à
l’autonomie gouvernementale, etc., etc. » (…) .

Quant au chef du PLC,John Turner après s’être opposé à l’Accord en avril
1987 il finira par l’appuyer.Le moment de vérité se présenta aux
Communes lors du vote sur l’Accord aux Communes.Le quart des députés
libéraux votèrent contre…Faisant fi de la position officielle du
parti, les sénateurs libéraux, presque tous nommés par Trudeau,
refuseront d’entériner l’Accord.

Elu en octobre 1987 en s’affichant clairement anti-Meech et en en faisant un de ses thèmes dans sa campagne électorale(notamment contre le
droit de retrait) arrive Frank McKenna au Nouveau-Brunswick. Donc McKenna ouvrit le bal en étant le premier chef de gouvernement à rejeter l’Accord et à renier la signature de son prédécesseur.Il se ralliera plus tard….mais trop tard….et le regrettera amèrement…McKenna
traînera toute sa vie son erreur magistrale!

Une fois élu,McKenna s’est joint à Alliance Québec et à un fort mouvement de contestation dans tout le Canada anglais contre la
reconnaissance de la « société distincte » et le « droit de retrait »…..

@Martin Duval….suite de mes notes de lectures.

Le 26 avril 1988, Gary Filmon prenait le pouvoi au Manitoba avec un gouvernement PC minoritaire.Le NPD dont le chef Howard Pawley avait appuyé l’Accord se retrouvait en 3e place avec Gary Doer.Sharon Carstairs chef des libéraux(et une trudeauiste pure laine) et Doer
encouragés par une opinion manitobaine fortement défavorable à l’Accord, et aiguillonnés par l’opposition grandissante du PLC et du NDP
national(la nouvelle chef du NDP était anti-Meech) rejetaient carrément Meech. Minoritaire, Filmon cherchait un prétexte pour ne pas déposer
l’Accord à la législature manitobaine.

L’occasion lui fut fournie lorsque le gouvernement Bourassa décida de se soustraire
au jugement de la Cour Suprême invoquant la claude « nonobstant ».

Le 19 décembre 1988, La Cour suprême déclare illégales certaines dispositions de la loi 101 et oblige donc le gouvernement québécois à
trancher en matière linguistique: « Le français peut être prépondérant dans l’affichage commercial, mais on ne peut interdire l’usage d’une autre langue » Robert Bourassa et Claude Ryan élaborent un compromis
astucieux en ayant recours à la clause nonobstant : la loi 178 stipule
que l’affichage commercial doit être en français à l’extérieur maisautorise l’affichage bilingue à l’intérieur des commerces à la condition
que le français soit nettement prédominant. Le premier ministre de l’Ontario, David Peterson, déclara plus tard que de s’en remettre à la
clause nonobstant équivalait à un « pieu enfoncé dans le cœur de l’Accord du lac Meech » et que s’il avait eu plus confiance en l’opinion publique, il aurait peut-être sauvé l’accord.

Le lendemain, la résolution d’appui à Meech
fut retirée de l’agenda législatif manitobain..

Le 20 avril 1989, Clyde Wells(trudeauiste pur) Wells est élu p.m. à TN.Quelques heures après son élection, il se déchainait contre Meech.Il
canalisera et attisera les sentiments anti-francophones et anti-Québec à travers le pays. Les sympathisants de Wells, qui devint très populaire, étaient peu sympathiques aux aspirations du Québec, s’opposaient à toute
forme de protection de la langue française à l’intérieur et à l’extérieur du Québec, et approuvaient l’attitude de villes comme
Sault-Ste-Marie et Thunder Bay dans leur unilinguisme anglais. Et si Wells est allé au bout dans la saga Meech, c’est p.c.qu’il se
savait fort de l’appui de la majorité des canadiens et qu’il se savait cautionné par le tandem Trudeau/Chrétien.Pour obtenir l’échec de Meech, Trudeau et Chrétien auront été les alliés objectifs des forces les plus
réactionnaires et les plus anti-francophones du pays.

@Martin Duval suite partie no 3

L’élection fédérale de novembre 1988, sur le libre-échange, n’aide pas le Québec sur la question de Meech…Au Canada anglais, surtout en
Ontario, il y eut du ressentiment profond à l’égard du Québec qui avait appuyé fortement le libre-échange….et de nombreux sympathisants à la cause du Québec(société distincte de Meech)devinrent des opposants…Alors plusieurs Canadiens anglais trouvèrent que Meech était
la goutte d’eau qui faisait déborder le vase après le libre-échange et l’élection de Mulroney grâce à une forte députation du Québec en
nombre..L’appui du Québec et de Bourassa au libre-échange lors de l’élection fédérale du 21 novembre 1988, et le contrat d’entretien des
F-18 octroyé à Bombardier plutôt qu’à une cie manitobaine allaient fournir au Canada anglais les premiers d’une longue série de prétextes
pour s’opposer à cer accord…Y seront passés la réforme du Sénat, les femmes, les autochtones, les Anglo-Québecois, les Francophones hors Québec, les communautés ethniques…etc…

Quelques mois avant l’échéance fatale du 23 juin 1990, McKenna du NB se rendit compte que, contrairement aux certitudes exprimées par le tandem Trudeau/Chrétien, l’échec de Meech risquait de provoquer la dislocation du Canada. Il constata que la boîte de Pandore qu’il avait ouverte avait permis à de nombreux extrémistes anti-francophones et anti-Québecois de
se faire valoir. IL décida de participer à l’opération de sauvetage téléguidée par le fédéral.Il accepta de déposer à la législature du NB une « résolution d’accompagnement » qui devait explorer les bases d’un compromis éventuel.

Cette résolution McKenna, de dilution de l’accord de 1987, rajoutait une dizaine d’éléments dont le plus remarquable élargissait le rôle du
fédéral par rapport à la dualité linguistique. Alors que dans l’accord il devait uniquement la protéger, le projet de résolutiond’accompagnement lui assignait de plus l’obligation de la
promouvoir(bilinguisme).

Le 20 mars 1990, Trudeau publie son livre « Lac Meech,Trudeau parle ». Au même moment,
la législature de Terreneuve débat le retrait de la ratification qu’elle a déjà votée. Et le lendemain la résolution McKenna sort du
chapeau.Le 22 mars Mulroney salue « cette belle contribution au sauvetage de Meech » et la dépose le 23 mars au Parlement et la soumet à la
consultation fédérale. Il crée un Comité spécial de la Chambre, présidé par Jean Charest, qui tiendra des audiences et essaiera de récupérer
l’Accord en péril à partir de la résolution McKenna…

Le 5 avril 1990,l’Assemblée Nationale adoptait une résolution par laquelle péquistes
et libéraux rejetaient la résolution McKenna et affirmaient l’inviolabilité de l’Accord déjà signé. Deux jours plus tard, la législature de Terreneuve annule la ratification votée sous
Peckford avant sa défaite devant Clyde Wells.

On n’a qu’à se rappeler que le p.m. manitobain Howard Pawley avertissait Bourassa que Meech risquait maintenant d’en écoper sérieusement à cause de son appui au libre-échange, reconnaissant du même coup que la majorité des députés des 3 partis provinciaux était de toute façon farouchement opposés à l’Accord(Michel Vastel, Le Devoir 18-12-87
« Bourassa paiera cher son appui à Mulroney »).

D’ailleurs Maurice Girard dans La Presse du 16-03-87 écrivait: »Pawley reconnaît qu’il existe un
ressac anti-Québec dans l’Ouest ».
………………………………………
Pour clôre mon intervention et résumer. Bourassa dira, une fois l’échec consommé, en parlant du Canada anglais: »On ne peut se fier à eux dans une négociation ».

Terreneuve et Manitoba ne ratifieront pas Meech pcq le Canada anglais était très majoritairement contre. D’ailleurs de nombreux sondages l’ont démontré en 1990.

D’ailleurs dans les livres de M. Lisée, on peut lire toutes les tractations tentées, en vain¯ par Joe Clark en 1992( Charlottetown), ministre de Mulroney, pour essayer de convaincre les chefs politiques de tous les partis politiques, à travers le Canada, d’accorder quelque spécificité au Québec…

Conclusion: la constitution de 1982 est bétonnée, irréformable !!

Comme vous le dites, «la constitution de 1982 est bétonnée, irréformable»…

Il n’y a qu’une façon de changer les choses dans la vie : sortir du cadre de référence.

Tant qu’on se sentira collectivement partie prenante de cette patente à gosse, qui a été rejetée formellement par l’Assemblée Nationale à plusieurs reprises, on en restera prisonniers…

Et pour commencer il faut reprendre en main notre développement. Redevenir Maîtres chez-nous.

En repartant sur cette base, on pourra penser au reste, à savoir comment on se sort de cette prison fédérale.

@ Gilles Jean (# 14):

« L’échec » de Meech???

Pourtant, votre camp était CONTRE Meech. Vous éteiz en osmose avec Pierre-Elliot Trudeau et Jean Chrétien. Rappellez-vous les emportements de Parizeau aux nouvelles, à chaque soir.

Vu que Meech n’a pas passé, vous devriez plutôt parler de « victoire » non?

Et voilà que toute votre théorie qui s’ecroule…

@Gilles Jean,

Merci de vos interventions éclairantes. Oui, une majorité de canadiens anglais étaient contre Meech, oui, il y avait un réel sentiment anti-Québec. L’émotion était à fleur de peau et de nombreux dérapages. Il n’en reste pas moins que les premiers ministres des 10 provinces l’ont tout de même signé cet accord en 1987.

Votre démonstration souligne comme moi, que cette fois-là, encore, c’est la vision du Canada de Trudeau (Chrétien, Wells et cie) qui a triomphé. Mais cette vision n’est pas unique au Canada. Le ROC n’est pas un bloc monolithique. C’est un raccourci si pratique de parler du « CANADA ANGLAIS », comme si cela avait une existence propre. Pourtant il y a d’autres vision concurente de celle de Trudeau. Pensons à Clark et son « Canada des régions », au philosophe John Saul et l’image des « deux frères siamois », à Jack Layton et son « fédéralisme flexible ».

Un des faits bruts dans la démonstration de Lisée c’est qu’environ 80 % des québécois ne veulent plus du statu-quo. (En gros: 20 % indépendance + 20 % souveraineté-association + 20 % Fédéralisme à l’européenne + 20 % véritable confédération). Au fond, il n’y a qu’environ 20 % de fédéralistes « indécrottables ». Me semble qu’on devrait construire quelque chose sur ce 80 % au Québec. Me semble qu’il y a là une base solide pour du changement.

Vous me traiterez assurément de naïf, mais je crois qu’une nouvelle alliance comme celle de jadis entre Baldwin et Lafontaine n’est pas complètement impossible…

La Loi sur les mesures de querre fut invoquée par le Gouvernement de Pierre Trudeau à la demande expresse du Maire de Montréal et du Premier Ministre du Québec, Robert Bourassa.
Ils portent conjointement la responsabilité d’avoir déposer la requête auprès du gouvernement fédéral.
Ni Trudeau, ni Drapeau ni Bourassa n’ont participés à l’identification des suspects à emprisonner.
Les forces policières, composées en très grande majorité de québécois francophones, ont commis les erreurs sur la personne que vous attribuez tendentieusement à Robert Bourassa.

Vous faites erreur. La responsabilité personnelle de M. Bourassa est clairement établie dans Le Petit Tricheur.
jfl

@Martin Duval

Nous savons déjà que toutes les tentatives de
réforme ont échoué:Fulton Favreau (1964), Victoria(1971),1982, Meech no 1(1987),Meech no 2(1990),
Charlotttetown(1992). Et pourquoi elles ont
échoué?

« En outre, la procédure d’amendement constitutionnel en vigueur au Canada est un cadenas dont la clé a été jetée au fond de l’océan. L’undes grands spécialistes canadiens des affaires constitutionnelles,
Alan Cairns, n’hésite pas à parler de «paralysie
constitutionnelle». Le Devoir 23-05-00
http://www.ledevoir.com/que/2000b/refe230500.html
La constitution IMPOSÉE UNILATÉRALEMENT en 1982 est cadenassée!!

Le Québec s’est vu imposer, conséquemment au rapatriement de 1981, une formule d’amendement qui se satisfait de l’appui de 7 provinces,
totalisant 50% de la population, alors qu’elle requiert l’unanimité des provinces ainsi que l’accord du sénat et de la Chambre des Communes
pour être modifiée. Selon cette formule, il serait plus facile pour le Québec de se retirer de la fédération que d’aspérer obtenir satisfaction à ses revendications……..Ailleurs au Canada, on se refuse à accepter
sur les plans juridiques et constitutionnel cette spécificité(partage de pouvoirs reconaissant la spécificité du Québec) en se cantonnant
derrière les principes de l’égalité des provinces, de l’égalité des
personnes et de l’intérêt national…

De plus, dorénavant il ne sera plus possible de faire des projets de réforme constitutionnelle entre premiers ministres seulement comme à
Meech. Car des provinces anglophones ont adopté des législatioons
s’obligeant à aller en référendum!!!

@ Martin Duval

« Durant la saga de Charlottetown, Joe Clark le ministre responsable du dossier « se met à téléphoner(début 1992) dans les capitales provinciales, pour tester la réaction des premiers ministres à l’idée d’un fédéralisme
asymétrique pour accomoder le Québec.

« J’ai parlé même aux chefs de l’opposition des provinces,chefs du NPD, chefs libéraux, chefs conservateurs. » Que pensez-vous de l’asymétrie? leur demanda-t-il.Pourriez-vous l’acheter? ».- « Je ne peux pas acheter ça, lui répond-on. »J’ai appelé et appelé, raconte Clark, et JE N’AI PU TROUVER UN SEUL ÉLU OÙ QUE CE SOIT,même un chef de l’opposition, même un leader d’un
tiers parti, qui pense sérieusement que l’asymétrie puisse être acceptée par
une seule assemblée législative provinciale au pays ». Le Canada à 2 vitesses,conclut-il, n’est pas viable ».Fin de l’embellie.-Raconté
parJ.F.Lisée dans Bourassa 1991-1992-.

Claude Castonguay avait été demandé par Mulroney pour co-présider une Commission parlementaire,en septembre 1991,sur le projet de Charlottetown.
Après un certain nombre de rencontres au Canada anglais, il désenchante.

« Revenu de son escapade canadienne, Castonguay fait un constat pessimiste. « Les Canadiens anglais veulent un gouvernement central fort, on a entendu ça dans tout le pays », soupire ce nationalisme québecois modéré.Il ne voit pas
comment concilier le Québec et le ROC: »Le pays est divisé. On retrouve ça à tous les niveaux:au niveau de la classe politique, au niveau du
fonctionnarisme ». La réforme du fédéralisme lui semble donc « presque une mission impossible », à moins que le Québec ne soit prêt à accepter « des
choses plus ou moins valables ». J.F.Lisée Bourassa 1991-1992….Et Castonguay
abandonnera la co-présidence p.c.q. il sentait que la mission était impossible.

« Rien ne résume mieux que les propos de Moe Sihota,ministre de BC responsable
des affaires constitutionnelles,selon qui Robert Bourassa(à Charlottetown
1992)alors p.m. du Québec, avait « frappé un mur de briques formé par les 9 autres provinces qui lui ont dit: »Ecoutez bien; jamais vous n’obtiendrez de statut particulier »-J.F.Conway-

@Francois 1

Le soir du 23 juin 1990, échec de Meech, je suis devenu indépendantiste. Monsieur, j’ai suivi Bourassa jusqu’au 23 juin 1990. J’avais voté conservateur en 1984 et 1988 et j’ai voté Bourassa.

Le 23 juin 1990, j’ai compris!

En résumé, le Canada anglais a triché Bourassa,le Canada anglais a renié sa parole. Après le 23 juin 1990, Bourassa a triché son parti, la Commission Bélanger Campeau, les Dumont et Allaire, a triché le peuple québécois!

Votre ouvrage confirme plutôt la thèse de l’erreur policière:

Je cite vos propos:

Dans ses Mémoires, Trudeau prétend reconnaître que, « de toute évidence », la liste était « trop longue et mal vérifiée », peuplée de « militants et de protestataires, vociférants mais bien incapables d’activité criminelle ». Mais c’est l’« erreur » de la Sûreté du Québec, affirme-t-il. Il ne s’excuse pas de lui avoir donné le pouvoir de la commettre. Il ajoute d’ailleurs : « Je ne jette pas la pierre à ces corps policiers. »
Trudeau a vu la liste, du moins une version de 158 noms donnés par la GRC, et affirme y avoir vu des « noms à consonance maoïste et trotskiste », ce qui lui semble étrange. Comme Bourassa, il a l’autorité de biffer des noms ou d’exiger une liste plus restreinte et mieux motivée. Comme Bourassa, il ne le fait pas. »

Les autorités policières auraient gagné à agir avec plus de circonspection.

Messieurs Trudeau et Bourassa ont trop fait confiance aux services du renseignement de la police.

Il ne faut pas non plus minimiser la sympathie que le FLQ attirait dans les milieux universitaires et syndicaux.

@ Jean-François Lisée (# 21):

Ça c’est VOTRE version vécue au travers de VOTRE idéologie.

Pour l’avoir vécu de près, et mes souvenirs sont très exacts à ce sujet, je suis assuré que c’est Drapeau qui a tout premièrement demandé l’intervention policière et Drapeau était, à l’époque, un poids lourd dans la politique québécoise et pas seulement à Montréal.

@ Gilles Jean (# 24):

« Le 23 juin 1990, j’ai compris! » (sic)

…et vous avez rejoint le camp de Trudeau et de Chrétien.

Bravo!!!

@John Peters

L’ignoble Loi des mesures de guerre, EN TEMPS DE PAIX, a fait du Canada le seul pays démocratique à avoir eu recours à une telle infamie en temps de paix. Même les USA et l’Italie n’ont pas eu recours à une telle loi après l’assassinat de leur président, Kennedy et Moro.

1-Rapport des activités policières du début de la Crise d’octobre 1970
jusqu’au 15 février 1971(Source: « la Grande peur d’Octobre 1970 par Jean Provencher 1974):

Personnes arrêtées et fichées:502
Personnes relâchées sans qu’aucune accusation ne soit portée:467
Personnes ayant effectivement « trempé » dans les enlèvements et l’assassinat de Laporte: une vingtaine
Perquisitions avec saisies:4600(on a même saisi des livres sur le cubisme en confondant avec Cuba)
Perquisitions lors de ratissages de rues, quartiers,villages:plus de 31 700(chiffre vérifié auprès du Protecteur du Citoyen)
Armes trouvées:-fusils,carabines,revolvers:33——Armes
ofensives(coûteux,machettes…):21—–Grenades fumigènes:3
-dynamite:AUCUNE…car apres enquête, elle appartenait à des voleurs ordinaires—-

….Environ 200 personnes relâchées après 10 jours sans avoir été inculpées
de quoi que ce soit.Pire: elles n’ont pu rencontrer un avocat, ni connaître,
avant le jour de la libération, les raisons de leur détention.

Moins de 7% des détenus seront traduits devant les tribunaux.De plus les accusations portées contre les felquistes le seront en vertu du Code
criminel et non en vertu de la Loi des mesures de guerre.

2-« C’Était l’histoire de 6 gamins qui essayaient de faire une révolutoion »-James Richard Cross quelques instants après sa libération Cité
par J.F.Lisée « Dans l’oeil de l’aigle ».

Déclaration aux Communes de Jean Marchand décrivant « un complot impliquant
jusqu’à 3000 terroristes armés de mitraillettes, fusils et dynamite, et l’infiltration par le FLQ des niveaux décisionnels des gouvernements de
Québec et d’Ottawa »…déclaration faite peu après la mise en place de l’imposant filet policier mis en place à 4h00 a.n. le 16 octobre par
l’adoption dees mesures de guerre.-J.F. Lisée « Dans l’oeil de l’aigle »

« Arrêté le 5 novembre Bernard Lortie(dans un appartement où 2 autres responsables du rapt de laporte échappent aux policiers en se dissimulant
dans le double plafond d’un placard), Lortie déballe sa marchandise et raconte l’amateurisme avec lequel la prise d’otage fut improvisée, en 48 heures et sans un sou vaillant ». « L’enlèvement banal, fantaisiste de Pierre Laporte par 4 jeunes ratés met en cause le concept d’un FLQ à la structure élaborée et capable de mettre à genoux le gouvernement du Québec ». écrit le
consul général John Topping des USA(pour ses supérieurs) à Montréal John
Tupping- » Moins que la cellule Libération(qui détient toujours Cross) et
les autres cellules du FLQ ne s’avèrent plus expertes et mieux organisées
que ne l’étaient Lortie et cie, les doutes sur la nécessité d’imposer la Loi
des mesures de guerre vont s’accroître ».

@John Peters

Au tournant des années 70, il y avait des troubles sociaux aux États Unis tout comme en Europe de l’Ouest.Les bombes s autaient un peu partout. Il n’y a pas eu de « mesures de guerre ».

La guerre des motards…ces dernières années a fait, à elle seule, plus de 150 morts
sans compter les dommages matériels considérables suite aux bombes…etc et n’a jamais requis les mesures de guerre et la suspension des libertés
civiles!

Vous est-il venu à l’idée de réaliser que malgré les attaques terrifiantes contre le WTC aux USA ou près de 7000 personnes ont perdu la vie,les
Américains continuent de jouir de toutes les libertés civiles dont ils
avaient le privilège avant les attentats?

@En final à John Peters

« Loin d’arriver comme un coup de tonnerre dans un paysage calme, octobre 1970 se déroule dans un contexte international agité et violent, y compris en Occident. Comme le rappelle l’ex-ministre de Trudeau, Éric Kierans, au cours des 2 seules années précédant immédiatement Octobre, les mouvements extrémistes aux États-Unis avaient fait exploser 4 500 bombes, provoquant 43 morts et 384 blessés.` »À New York, écrit-il on comptait en moyenne un attentat à la bombre tous les 2 jours ».-« Le Petit tricheur Robert Bourassa derrière le masque »

Sur l’artère portant le nom de l’ex-premier ministre, il faudrait bien y prévoir aussi une Place de la langue française. Plus de 200 ans après la conquête et 3 ans avant la Loi 101, n’a-t-il pas fait de la langue française, la seule langue officielle du Québec ?

@François

J’ai compris que le Canada anglais nous rejetait alors que nous voulions nous y joindre.

J’avais cru « au retour du Québec dans le giron conbstitutionnel dans l’honneur et l’enthousiasme »(discours de Sept-Iles de Mulroney en 1984…et discours de Charest candidat PC)..

J’ai compris pourquoi toutes les tentatives de réforme du fédéralisme, de Fulton Favreau(1964)à Charlottetown (1992) avaient échoué. J’ai,surtout, compris que la réforme ILLÉGITIME de 1982 est IRRÉFORMABLE!

J’ai compris que la seule option honorable pour le Québec est: SON INDÉPENDANCE.

@François 1

Les 3 livres de Lisée sur Bourassa n’ont rien « d’idéologique ». Il s’agit de résultats d’un travail de journalisme d’enquête remarquable.

Ce qu’affirme Lisée est basé sur des citations, des témoignages…..qui n’ont jamais été contredits. Même Bourassa n’a pas été capable de réfuter quoi que ce soit.

Si ce que Lisée écrit était « idéologique »,et non solidement prouvé ça ferait longtemps qu’il aurait été poursuivi pour diffamation.

La « plousse meilleure », c’est Jean Lapierre déclarant, devant le magnétophone, en parlant de Bourassa: »Il(Bourassa) nous a fourrés. Il nous a amené en bateau ».

Quant à l’implication de Bourassa, en ce qui concerne les personnes emprisonnées injustement en 1970, Lisée en fait une démonstration évidente.

A ceux qui parlent « d’idéologie », je dis: »Allez consulter les témoignages de Bourassa et de ses proches du temps ». Oubliez « l’idéologie » et regardez les témoignages de Bourassa lui-même et de ses proches.Allez lire les 3 livres de Lisée.

@Gilles Jean
@ J-F lisée

Je vous invite à lire les pages où vous dirigeront ces liens:
http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-terrorism_legislation#United_States

http://en.wikipedia.org/wiki/National_Defense_Authorization_Act_for_Fiscal_Year_2012

Vous y constaterez que la détention préventive de présumés terroristes est autorisée aux USA, comme en France et dans de nombreux pays.

Octobre
Un responsable politique peur refuser les recommendations des forces policières. Messieurs Bourassa et Trudeau auraient pu biffer des noms comme le pense M. Lisée.
Mais si l’une des personnes (parmi la vingtaine de membres du FLQ) avaient commis un autre enlèvement ou crime du même genre, Messieurs Bourassa et Trudeau auraient été sévèrement condamnés par l’opinion publique québécoise sans parler de la réaction dans le reste du pays et ailleurs.

Je corrige mon erreur:

J’ai écrit: »J’ai compris pourquoi toutes les tentatives de réforme du fédéralisme, de Fulton Favreau(1964)à Charlottetown (1992) avaient échoué. J’ai,surtout, compris que la réforme ILLÉGITIME de 1982 est IRRÉFORMABLE! »

Il aurait fallu lire: »J’ai,surtout, compris que la CONSTITUTION ILLÉGITIME de 1982 est IRRÉFORMABLE! ».