Encore l’affaire Dumont

Des observateurs aguerris de la «chose» judiciaire ont sursauté devant la sévérité de mon jugement sur Martin Dumont.

L’ex organisateur d’Union Montréal s’est complètement discrédité en donnant quatre versions différentes d’un épisode au cours duquel Bernard Trépanier aurait amené une valise contenant 850 000 $ en argent comptant dans les locaux du parti. M. Dumont a fini par avouer qu’il avait inventé cette histoire.

À mon avis, le témoignage de M. Dumont ne sera d’aucune utilité aux commissaires. En droit, il est cependant possible qu’ils le retiennent en tout ou en partie.

Dans les affaires criminelles, les délateurs (ou témoins repentis) sont régulièrement utilisés par la Couronne pour obtenir la condamnation des têtes dirigeantes de gangs criminels. Ils sont bien souvent les seuls témoins capables d’imputer des crimes aux têtes dirigeantes du crime organisé. Plus les gangs sont structurés et hiérarchisés, tels que les Hells Angels et la mafia, plus ils sont difficiles à infiltrer par les agents double de la police.

Les policiers infiltrés devraient passer des années à faire leurs classes au sein du gang, et commettre une série de crimes graves, allant jusqu’au meurtre, pour gagner la confiance des têtes dirigeantes. La jurisprudence canadienne ne donne pas aux policiers le droit de jouer aux tueurs à gages dans le cadre d’une enquête, aussi importante soit-elle.

Le recours aux repentis devient par conséquent une alternative inévitable pour piéger les criminels de carrière. Puisqu’ils ont vécu du crime toute leur vie, ces délateurs ne deviennent pas exempts de reproches comme par magie le jour où ils retournent leur veste pour témoigner contre leurs anciens complices.

L’histoire judiciaire regorge de témoins délateurs dits «tarés», pris dans leur toile de mensonges et d’omissions volontaires, comme Stéphane Gagné. C’est pourtant grâce à ce célèbre repenti que l’ex président des Nomads (l’escouade de guerre des Hells Angels), Maurice Boucher, purge une peine de prison à vie pour le meurtre de deux gardiens de prison.

Pour la petite histoire, Stéphane Gagné avait été recruté par l’enquêteur Robert Pigeon (l’actuel directeur des opérations et des enquêtes de la commission Charbonneau), et il était le principal témoin de la procureur de la Couronne (nulle autre que France Charbonneau) lors du deuxième procès de Boucher, en 2002.

Le juge du procès avait relevé 31 contradictions, omissions ou invraisemblances dans le témoignage de Gagné, et il avait servi une sérieuse mise en garde au jury avant de le croire. Il était tout à fait possible qu’il mente sur certains aspects de la preuve, tout en disant la vérité sur d’autres. Pour apprécier sa crédibilité, le jury devait trouver des éléments de preuve indépendants qui corroboraient sa version des faits.

Avec ses déclarations évolutives, mensongères et contradictoires, Martin Dumont a tous les attributs d’un témoin taré. À la limite, les commissaires pourraient s’appuyer sur les parties de son témoignage qui sont corroborées par d’autres témoins. À titre d’exemple, M. Dumont a déclaré que l’argent liquide circulait librement dans les locaux d’Union Montréal. À sa manière, Alexandra Pion l’a confirmé. L’ancienne secrétaire d’Union Montréal a vu la valise remplie d’argent de Bernard Trépanier, mais elle n’est pas en mesure d’évaluer il y avait combien d’argent. Elle a aussi confirmé la présence de deux coffres-forts à Union Montréal (un petit et un moyen).

En fin de journée mercredi, l’ingénieur Michel Lalonde a redonné un semblant de crédibilité à Martin Dumont, en reconnaissant qu’il s’était lui-même rendu aux bureaux d’Union Montréal pour verser son «pizzo» de 3 % à Bernard Trépanier. Les rencontres se déroulaient en privé, derrière des portes closes avec les stores baissés. M. Dumont a décrit la scène en des mots similaires, et il se souvient d’avoir vu Michel Lalonde à une dizaine de reprises aux bureaux du parti.

Bref, Martin Dumont a perdu beaucoup de crédibilité. Toute? Non. Mais je persiste à croire qu’il sera relégué au rang d’une note de bas de page dans le rapport final de la commission.

 

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Episode 2
Témoignage de Dumont du 11 décembre: out
Un à zéro pour Me Gagné. Moins un pour la
Commission et « ses enquêteurs ». Dossier qui
reviendra bientôt.
Témoignages de grosses pointures. Grosses surprises! Mais la saga Dumont n’est pas terminé.

Le fait principal est que l’argent circulait dans des valises,aux urinoirs, dans un coffre fort et que la secrétaire a confirmé. avoir séparer les 20$des5$. M.Lalonde a confirmer avoir donné 100,000 et que d’autres devaient donner 200,000, en plus des cotes des entrepreneurs. Tout cet argent en argent comptant ou presque.
Que Dumont en est mis un peu trop cela n’a aucune importance car certains témoins en mettront probablement un peu moins.Tout ce monde qui a fraudé le peuple sont généralement des gens habitués a filouter, c’est dans leur ADN de fraudeurs et de menteurs . Ce que M »Dumond a tenté d’établir c’est qu’il ne faisait pas parti de ce monde et lui était plus pur que les autres. Le fait est que la population c’est faite rouler par la supposé élite. Certain journalistes comme certain citoyens qui ont la foi sont aussi désarçonné par ces révélations que le bon catholique qui apprend que le curé de la paroisse ou le frère enseignant a abuser d’un jeune. Comme disait une certaine journaliste de La Presse »Je suis tombé en bas de ma chaise en entendant … ». Je dis au journalistes de s’attacher sur leur chaises sinon ils risquent des blessures avec ce qui s’en vient a la commission.

Ton jugement est très sévère. Tu es trop proche de l’arbre, tu ne vois plus la forêt derrière.Que la Commission fasse un plat avec la présence du Maire Tremblay ou pas à une rencontre avec ses « patroneux », les poches pleines d’argent volé
aux contribuables, ça ne changera pas grand chose quant à l’empleur du tsunami de révélations qui s’envient! Faut pas s’étouffer avec les « pieux mensonges » de Dumont car tu vas manquer d’oxygène bientôt! J’ai hâte de voir Mme La Commissaire pour la suite des évènements si elle va se scandaliser aussi facilement qu’elle l’a fait avec le mot « banal » de Dumont. Avec la réputation qu’on lui prête, ça sonnait « faux » dans cette épisode. Les stratèges de la Commission ont du ratrappage à faire pour nous faire oublier le cafouillage du départ.

Lundi matin, en regardant la Commission dans un lieu public, je me suis demandée qu’est-ce qui avait bien pu piquer la Juge Charbonneau pour qu’elle nous montre un aspect plus irritant de sa personnalité. J’ai mieux alors saisi le sens de l’ajournement de la Commission, à la mi-décembre. Certains faits auraient dû être validés et cela ne l’a pas été. Donc, il fallait que la Commission aille percuter l’imagination populaire. Martin Dumont a-t-il menti? Je n’en suis pas si certaine compte tenu de la présence du témoin vedette de la semaine. Que la Juge fasse presque une crise d’apoplexie avec le mot banal dans l’intervention de M. Dumont, je me suis dit, anguilles sous roche. Et qu’elle est tancée vertement l’avocate de M. Dumont, autre preuve que quelque chose avait cloché derrière les portes closes de la Commission. La juge Charbonneau devait protéger sa Commission, ses enquêteurs. Et c’est ce qu’elle a fait. La population n’y verrait-elle que du feu, je l’ignore. Cependant, j’espère bien qu’on reviendra sur la liste du Club 357C, avec le même empressement qu’on a voulu ridiculiser le témoin Dumont. Parce qu’en bout de ligne, c’est à cela qu’on a assisté cette semaine. Point à la lige et les fleurs du tapis s’y sont vues piétiner. La démission de M. Tremblay n’aurait été que remise à plus tard, même sans l’intervention de M. Dumont.

Mme Sandra Lefebvre a mis le doigt sur le malaise sur fond de toile qui semble avoir hanté la Commission Charbonneau ceiie semaine.

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