Encore plus de mépris à l’endroit du Parlement

La fonction centrale de toute assemblée législative est de surveiller l’utilisation que le gouvernement fait des fonds publics et d’exiger des comptes à chaque détour. Les conservateurs n’ont jamais aimé être soumis à cet examen et maintenant qu’ils sont majoritaires, ils s’en donnent à cœur joie pour ligoter le Parlement. Après avoir limité le temps de débat sur le projet de loi omnibus en matière de justice, ils veulent faire de même avec rien de moins que le projet de loi de mise en œuvre du budget. Ils utilisent aussi leur majorité au sein de certains comités, dont celui des comptes publics, pour imposer un huis clos sur les débats autour de motions de l’opposition qu’ils veulent rejeter. Cela n’a rien d’anodin puisque l’opposition demandait, entre autres, que le comité des comptes publics étudie plus à fond certains rapports du vérificateur général.

Comme la discussion a eu lieu à huis clos, on ne peut pas savoir pourquoi les conservateurs mettent carrément ces rapports sur une tablette, des rapports réalisés par un fonctionnaire indépendant du Parlement pour aider les parlementaires à garder le gouvernement responsable. Et il ne s’agit pas des rapports les plus insignifiants. On parle de ceux sur les dépassements de coûts pour l’achat d’hélicoptères militaires, sur l’indemnité de départ de l’ancienne commissaire à l’intégrité et sur la mauvaise gestion des rénovations sur la colline parlementaire. Liés par le huis clos, les députés de l’opposition ne peuvent rien dire et la population ne peut pas savoir ce que tricotent les conservateurs ni leur demander des comptes.

Pour ce qui est du projet de loi de mise en œuvre du budget, certains diront qu’il sera adopté de toute façon, mais avec cette logique, aussi bien mettre la clé dans la porte du Parlement. Le gouvernement doit gouverner pour tous et, par conséquent, écouter ce que les élus d’autres allégeances, qui représentent 60 % de la population, ont à dire. Le projet de loi de mise en œuvre du budget réunit une série de promesses des conservateurs, mais va bien au-delà des énoncés partisans. Il les précise et ces détails méritent examen.

Un exemple : les crédits d’impôt non remboursables, c’est-à-dire qui ne servent qu’à diminuer la somme des impôts à payer d’un contribuable. Le projet de loi en est truffé, comme le faisaient remarquer les libéraux. Ainsi, un pompier volontaire au chômage ou à faible revenu ne pourra pas bénéficier du crédit qui lui est supposément destiné alors qu’un autre, mieux nanti et qui paie des impôts, pourra le réclamer. Le gouvernement a fait le choix, avec tous ses crédits, de privilégier la classe moyenne et d’ignorer les personnes à plus faible revenu. Cela mérite d’être discuté par les députés.

Après tout, on les a élus pour être, non seulement nos yeux et nos oreilles, mais notre voix. Il ne faut pas s’étonner de voir les citoyens, désabusés, bouder les urnes si tout ce qu’ils voient est un Parlement relégué au rang de spectateur ou de vulgaire théâtre.

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Il n’y a pas de façons faciles de régler cette solution. Mais je vais essayer d’en formuler une. 1) Tous les élues dans l’opposition n’iraient plus à la chambre des communes pendant les quatre prochaines. Cela ne sert à rien car tout se fait en catimini.
2) Qui gère le Canada? Le gouvernement. Les banques. Les investisseurs… Dans les trois choix, le gouvernement ne gère pas. Il est influencé très très fortement par les deux autres.
3) Il n’y aurait pas de gouvernement élue et les fonctionnaires continueraient à gérer la business et à prendre des décisions. En aucun temps, le gouvernement est essentiel.

Je dirais même plus de mettre un terme au politique. C’est un ramassis de cachette pour les riches pour qu’il puisse faire ce qu’ils veulent.

Je dois sans doute faire erreur, mais n’est-ce pas l’aspirant premier ministre Harper qui entendait diriger un gouvernement « accountable ». Ce qui signifie si ma traduction n’est pas fausse qu’il entendait par là être responsable et rendre scrupuleusement des comptes à la population.

– N’est-ce don’ point ce qu’il fait ?

Mais qu’importe ce qu’on en dise, les Conservateurs sont là pour rester. Et je me dis qu’à bien y penser. Mieux vaut en sourire que d’en pleurer. 🙂

Souvenons-nous que le despote national nous avait solennellement promis, lors de la campagne électorale où il a pris le pouvoir pour la première fois, que son gouvernement serait transparent et responsable.

Il serait bien que les journalistes lui rappellent cette promesse à chaque fois qu’il la viole, c’est-à-dire quotidiennement ou presque.

Pour que le Parlement ait encore une signification, il faudrait que l’on soit en démocratie.

Tout indique que l’on est maintenant en oligarchie. Lisez Kempf il décrit parfaitement ce phénomène qui s’étend graduellement à l’occident dans son entier pas seulement ici. Mais aussi ici.

Que faire ?

Félicitations à ceux et celles qui ont voté pour cet homme, on a pas fini d’en payer les conséquences.

Je l’ai déjà dit et je le dis à nouveau: le premier ministre Harper a les caractéristiques d’un dictateur et, si nous ne faisons pas attention comme citoyen, nous nous retrouverons sous son joug encore pour longtemps. Il transforme peu à peu la charge et les responsabilités du bureau du premier ministre et esaie de transformer son mandat en «principat» qui caractérisait le règne d’un empereur romain. Le principe est simpl: parce que l’on est au pouvoir et majoritaire, on change les règles des institutions afin que ces dernières nous donnent des avantages à long terme et permanents. La fin du financement des partis politiques en est un bon exemple, mais pas le seul malheureusement.

Merci, « Sylvain ». Maintenant que vous nous avez expliqué votre nette préférence pour la dictature, pourrions-nous au moins savoir si vous avez quelque expérience que ce soit desdites dictatures et si oui, quelle est votre préférée? Pinochet cuvée 1973 ou si vous avez un faible pour les dictatures à la Mugabe, genre 1998?

Harper a été ÉLU majoritairement et il gouverne…

On est bien sûr pas habitués à ça au Québec gauchiste!

@Francois1

Les droitistes ont vraiment pas l’air d’aimer le principe de proportionnalité, ils disent toujours: AH ils sont majoritaires la majorité a voté pour eux, je ne comprend jamais pourquoi il ne parle pas du % de vote pour chaque parti (39% pour conservateur, loin d’une majorité d’électeur). Ils ramenaient la même rengaine lorsqu’il y avait l’option de la coalition, ah ce n’est pas démocratique les gens ont voté pour un gouvernement conservateur bla bla bla… tout en sachant que la majorité de la population n’avait pas voté pour eux.

@ Maxime (# 10):

Le système actuel uninominal à un tour quoiqu’imparfait favorise la stabilité des parlements, contrairement à la proportionnelle qui, elle, crée des bordels politiques (voir Italie).

D’ailleurs, au Canada (provinces et fédéral confondus) cette dite proportionnelle est emmenée sur le tapis par à peu près tous les partis d’opposition et vite oubliée aussitôt que ces dits partis d’opposition prennent le pouvoir.

Avec notre système politique, si vous voulez prendre le vrai pouvoir, vous devez plaire à la majorité des électeurs votants contrairement à la proportionnelle qui donne du pouvoir à des groupuscules qui ne prerpésentent finalement qu’une infime partie de l’électorat.

Stabilité politique = prospérité économique!