Enquête d’Élections Canada : le Parti conservateur cherche dans ses rangs

L’enquête d’Élections Canada sur ces appels robotisés logés le 2 mai dernier auprès d’électeurs de la région de Guelph, dans le but de les décourager de voter, crée des remous et semble rendre nerveux le Parti conservateur.

Rien ne prouve que le PC soit directement responsable de ce stratagème, mais de plus en plus de détails émergent sur les liens qui existent entre plusieurs de ses députés et l’entreprise Racknine Inc, d’où ont été faits les appels. Et le parti est assez inquiet pour avoir demandé à son avocat Arthur Hamilton (le même qui avait supposément enquêté sur Helena Guergis) de mener une enquête interne et de vérifier si un membre de son équipe locale ne serait pas derrière la manœuvre.

Le PC alimente lui-même cette hypothèse. Dès jeudi, deux sources conservatrices anonymes ont livré en pâture à SunNews le nom de Michael Sona, le directeur des communications du candidat conservateur durant la dernière campagne. Selon SunNews, ce dernier serait la cible de l’enquête du PC.

Mais un simple travailleur d’élections peut-il être derrière une opération qui semble avoir été répétée dans d’autres circonscriptions? Et même si elle ne s’était produite que dans Guelph, il est difficile de croire qu’un jeune militant de 23 ans ait payé de sa poche pour ces appels.

Serait-on en train de chercher un bouc émissaire? La question se pose car les conservateurs ont souvent ce réflexe de blâmer des subalternes pour des affaires embarrassantes. Ainsi, quand on a appris récemment que des fonctionnaires avaient agi comme figurants lors d’une cérémonie de citoyenneté tenue dans les studios de SunTV, organisée avec la collaboration du bureau du ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, ce dernier a rejeté le blâme sur des bureaucrates.

Quand on a découvert en octobre 2010 qu’un adjoint du ministre Christian Paradis avait intercepté une réponse à une demande d’accès à l’information pour la faire modifier, on avait juré que le personnel politique n’avait pas pour consigne de revoir les demandes d’accès. Qu’il s’agissait d’un geste isolé. Pourtant, en décembre de la même année, on apprenait que deux autres adjoints du même ministre avaient tenté d’empêcher la divulgation de documents demandés en vertu de la Loi d’accès à l’information. Mais diffusée à la veille de Noël et d’une élection générale, l’information est passée presque inaperçue.

Je peux continuer. Prenez l’affaire Bev Oda. À l’automne 2010, un comité parlementaire enquête sur les raisons qui ont conduit au rejet d’une demande de financement de l’organisme Kairos par l’Agence canadienne de développement international. Le mot «not» («non» ou «pas» en anglais), ajouté à la main, apparaissait au-dessus de ce qui semblait être une recommandation positive des plus hauts fonctionnaires de l’ACDI et de la signature de la ministre de la Coopération internationale. Interrogée sur ce changement, la ministre a répété en comité et en Chambre, répété qu’elle ignorait qui avait fait l’ajout, comme s’il s’agissait de l’initiative d’un employé. Démasquée, elle a fini par reconnaître avoir elle-même demandé le changement. Bref, elle avait menti à la Chambre, ce qui lui a attiré une remontrance du président et… de garder son poste.

L’abandon du formulaire long du recensement suit un peu la même trajectoire. Le ministre de l’Industrie de l’époque, Tony Clement, laissait entendre que Statistique Canada était d’accord, alors que la décision était celle du gouvernement. Il a fallu que le statisticien en chef Munir Sheikh démissionne pour que la vérité éclate. Aujourd’hui, Tony Clement est président du Conseil du trésor, une promotion obtenue en juin dernier.

Les ministres ne sont jamais responsables, les dirigeants du parti non plus… En fait, ils sont récompensés, comme ces deux dirigeants de la campagne de 2006 qui ont été nommés au Sénat par la suite. C’est durant cette campagne que le PC a délibérément dépensé plus que la loi ne le lui permettait, ce pour quoi il a plaidé coupable et payé des amendes totalisant 52 000 $ en novembre dernier. En échange de la levée des accusations portées contre les deux sénateurs en question.

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Vous auriez pu ajouter les 50 millions dépensés «au diable vert», dans le comté du ministre Clement, lors du sommet du G20. Il suffit alors de faire dire à un illustre fonctionnaire inconnu que tout cela était justifié. Et le tour est joué …
En plus d’avoir ridiculisé la Cour suprême, dans le dossier d’Omar Khadr.
Etc…etc…
Gouvernement amoral.

Ce gouvernement est pourri jusqu’à l’os.

Je me demande ce qu’en disent les journaux anglophones. Eux qui ont élu ce gouvernement.

Mme Cornellier, j’apprécie vos articles.

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