Et c’est parti

Les premiers pas de ce blogue coïncident avec ceux de Stephen Harper à la tête d’un gouvernement majoritaire. Premier arrêt: la formation de son cabinet. Et l’exercice a été révélateur. On a eu, si on en doutait,  la confirmation qu’il ne changera pas grand chose à son style de gestion. Il ne fera pas de quartiers pour arriver à ses fins, n’arrondira pas les angles. Pour montrer le peu de cas qu’il fait des décisions du président de la Chambre et des accusations d’outrage portées contre son gouvernement, il maintient Bev Oda à son poste de ministre de la Coopération inernationale. Avec le contrôle complet de l’ordre du jour parlementaire aurait pu venir un léger esprit de conciliation. Mais non. Il ramène au poste de leader parlementaire Peter Van Loan, réputé pour sa partisanerie et ses relations difficiles avec l’opposition.

Le confort de la majorité semble avoir accentué l’arrogance. Nommer au Sénat trois candidats défaits  il y a un peu plus de deux semaines pour soi-disant promouvoir la démocratisation de l’institution relève d’un cynisme peu commun. Si le Sénat était élu, comme dit le souhaiter Stephen Harper, ni Josée Verner, ni Larry Smith, ni Fabian Manning n’y aurait fait son entrée.

Dans le cas du Terre-Neuvien Fabian Manning, c’est la deuxième fois qu’il profite du stratagème. Défait en 2008, il a été nommé au Sénat peu après pour démissionner, comme Larry Smith, à la veille des dernières élections. Comme Larry Smith, il a mordu la poussière. Pour la seconde fois, les électeurs n’ont pas voulu de lui, mais le premier ministre passe outre. Et cette annonce a été faite par voie de communiqué dans les minutes qui ont suivi le point de presse de Stephen Harper, lui épargnant ainsi d’avoir à rendre des comptes. Là encore, une vieille habitude, comme le refus de prendre plus que quelques questions de membres choisis de la presse parlementaire.

Le tumulte provoqué par cette annonce a  éclipsé les quelques annonces faites en marge de la cérémonie. On a au moins appris deux choses que  ce nouveau gouvernement fera rapidement. Le premier ministre a indiqué que le Parlement tiendra dès juin un second débat sur l’intervention en Libye, ce qui laisse présager une prolongation de la participation canadienne. Le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, a pour sa part confirmé, à sa sortie de Rideau Hall, qu’il voulait agir rapidement pour mettre fin au monopole commercial de la Commission canadienne du blé.

***

Je débute aujourd’hui ce blogue sur la politique fédérale, mais je ne suis pas tout à fait nouvelle à L’actualité.com. En 2009, j’y ai tenu un blogue sur les coulisses de la politique estivale, que vous pouvez lire plus bas.

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« Le tumulte provoqué par cette annonce »

Quel tumulte? A part chez les journalistes je veux dire.

Et puis de toute façon si ça emmerde les médias ça peut pas être si mauvais…

Ceux qui croyaient que M Harper allait mettre un peu d’eau dans son vin viennent de prendre un coup. C’est le reform party déguisé en conservateur qui est au pouvoir ne l’oublions pas. Ceux qui dénoncent les accrocs à la démocratie, le non-respect de règles parlementaires et le manque de tranparence du gouvernement ne sont pour lui que des gens qui critiquent pour des niaiseries

Les media ont tout un rôle à jouer pour éclaircir cette question. J’ai lu les différents projets de loi et les jugements de la CSC. Ce que l’on a vu hier est précisément ce que l’on pourrait voir à l’avenir.

Le gouvernement ne peut changer le rôle et la nature du Sénat. C’est le GG qui nomme les sénateurs, selon l’avis du PM. Ce que Harper propose ce sont des élections pour choisir des candidats dont les noms sseraient placés sur une liste que pourrait consulter le premier ministre – ou il pourrait continuer de nommer qui il veut! C’est comme les élections à date fixe : malgré ce qu’écrivent les journalistes ces temps-ci, on aurait des élections le 19 octobre 2015, selon la loi. Mais le fait demeure que le premier ministre peut demander la dissolution de la chambre quand bon lui semble (et il l’a déjà fait!) De telles lois ne changent pas la Constitution. Dans le cas du Sénat, c’est plus délicat car des provinces ont déjà déclaré qu’elles contesteront en Cour.

Par contre, le gouvernement peut légiférer pour limiter la durée du mandat – c’était autrefois une nomination à vie, maintenant jusqu’à 75 ans, et Harper proposerait de limiter le mandat à 8 ans. Mais est-ce une bonne chose? J’en doute. Je me souviens d’avoir entendu Sheila Fraser expliquer à un comité des finances des communes que ses présentations à ce comité servaient surtout à instruire les députés sur le fonctionnement de son organisme et du gouvernement en général. Ce n’est que lorsqu’elle se rendait devant le comité du Sénat que les questions difficiles lui étaient posées. Les sénateurs ayant eu à lire son rapport depuis vingt ans comprennent mieux les implications des éléments des rapports.

On a besoin d’un débat bien informé là-dessus.

Là on va voir LE DICTATEUR émerger de sa caverne. Si c’est ce genre de politicien que se méritent les Canadiens, grand bien leur en fasse ! Au moins au Québec, ses agissement vont sans doute « réveiller » la conscience et l’URGENCE de SORTIR de cette fédération de Cons… ou bien de « Sortir le Canada du Québec »-(Manifeste de Claude Bariteau & coll. 2002)en rapatriant d’Ottawa tous nos pouvoirs décisionnels et politiques nationales. Merci Mme Cornellier de continuer à « sortir le chat du sac » pour nous.

Je rouve ça intéressant. Ça nous ramène au papier de Josée Blanchette avant les élections.

Harper majoritaire, inflexible à droite toute et sans compromis, quelle bonne nouvelle!

J’aime bien que l’Actualité donne de l’espace à des journalistes de qualité. Bienvenue madame Cornellier, que je lis toujours avec grand intérêt dans Le Devoir.

A M. Brasseur.Que voila un raisonnement simpliste, facile et paresseux. Pas besoin de réfléchir par soi-même, trop compliqué
Dans le fonds c’est assez simple, si les médias sont » emmerdés » comme vous dites c’est que vous avez sans doute raison. Facile

Il est dommage que Stephen Harper n’est pas la sensibilité d’un Obama. Notre Premier ministre ne cherche qu’à diviser et à écraser tous ses opposants, tandis qu’Obama lui est conciliateur et réconciliateur, autant que possible. Abraham Lincoln était aussi très soucieux des opinions de ses opposants, et Obama poursuit cet héritage politique pour l’unification pacifique de l’Amérique. Monsieur Harper lui, c’est le pouvoir qui l’intéresse. Le pouvoir pour l’usage qu’il peut en faire. La doctrine Bush quoi…

Bonjour Mme Cornellier, re-bienvenu dans la blogosphère.

Les canadiens ont élu un «gouvernement conservateur fort, stable et majoritaire».

Ceux qui croyaient que les conservateurs allaient modifier leur plan de match se berçaient d’illusions. Chassez le naturel et il reviendra au galop! Et plus ça va changer, plus ça sera pareil!

Même si les québécois ont rejeté très majoritairement ce gouvernement, les conservateurs viennent de démontrer que les « canAdianz » peuvent former le gouvernement qui leur plait, à leur image et à leur ressemblance sans nécessité du Québec. Il fut un temps où le Québec pouvait faire ou défaire les gouvernements, force est de constater que ce temps est définitivement révolu.

Mais les québécois veulent demeurer Ô Canada et ils l’ont affirmé haut et fort à deux reprises. Donc, vous l’avez voulu et vous l’avez eu. « Le Canada, j’y suis, j’y reste » et bien j’en ai fait mon parti (je m’y suis résigné).

Stephen Harper est beaucoup plus intelligent et fin stratège que vous ne pouvez le penser, et nous sommes plus dupes que nous pouvons l’imaginer.

Il semblerait que les québécois ne seront jamais assez écoeurés de mourir. Serions-nous une bande de caves?

Quand Stephan Harper pose un geste, les Québécois le juge comme une trahison. S’il nomme des sénateurs, avant ou après les élections, c’est un tricheur malhonnête. S’il obtient une majorité de sièges, il n’a pas le droit d’agir en majoritaire. S’il est autoritaire et cachottier, il est sûrement le premier à agir de cette façon. Les Québécois sont comme ça et ils ont surtout la mémoire courte. Je me souviens d’un débat entre le chef conservateur Brian Mulroney et le premier ministre Turner, un vrai bon gars, qui venait tout juste d’entériner les dernières nominations au Sénat de son prédécesseur démissionnaire Pierre Trudeau, en 1984. « Vous auriez pu dire non, vous opposer, vous aviez le choix, c’est une honte », avait lancé le futur premier ministre conservateur. Cette sortie contre un Turner décontenancé avait entraîné son équipe libérale dans l’Opposition. Le débat du siècle, disait-on. À Ottawa, tous les premiers ministres ont nommé des sénateurs et ils n’ont pas toujours choisis le bon moment pour le faire et, de surcroît, leurs candidats n’ont pas toujours été les plus appropriés. Ils ont aussi été autoritaires et cachottiers. En politique, c’est presque devenu la norme. Jean Chrétien et Paul Martin aussi ont nommé leurs petits amis au Sénat. Que ce soit avant ou après une élection, le geste est le même. Prenez le temps de relire la liste des nominations de sénateurs des 30 dernières années et vous verrez que le péché d’un Harper n’est pas plus dégoûtant ou inapproprié que celui des tous ses prédécesseurs. Si les Canadiens, contrairement aux Québécois, ont donné une majorité à Harper, c’est pour qu’il réalise son programme à sa façon. En passant, Harper n’est pas plus dangereux, par exemple, qu’un Trudeau qui a quand même déjà assommé le Québec avec la Loi des mesures de guerre. Tous les premiers ministres ont eu leurs travers et leurs façons d’exercer le pouvoir.

@SensCommunRugueux

« Les canadiens ont élu un «gouvernement conservateur fort, stable et majoritaire». »

24.3% des canadiens ont votés pour un « gouvernement conservateur ». On est loin d’un vote fort, stable et surtout majoritaire. Les conservateurs ont plutôt profité de la faiblesse du système démocratique canadien!

Et le pire à les voir agir, c’est qu’ils vont rendre le système démocratique encore plus faible, cela les avantages grandement.
Ça, 37% l’ont vues et n’ont pas votés pour un gouvernement Harper!

@ Benton #11

C’était leur «slogan» tant en anglais qu’en français. (« a strong, stable, conservative majority ») Je ne sais pour vous, mais moi je l’ai entendu à satiété et force est d’admettre que les canadiens ont répondu: présent.

Pis quant à leur majorité, ils l’ont obtenu dans le même système politique en vigueur depuis 1867 et sont aussi légitimes que les gouvernements antérieur.

Si ça fait pas votre affaire, ni celle d’une majorité de québécois, on avait rien qu’à se réveiller le 31 octobre 1995.

Les québécois on voulu demeurer au sein du Canada et bien assumons notre choix collectif et subissons-le maintenant.

@SensCommunRugueux

Que leur « slogan » soit de la propagande ou la question souverainiste m’importe peu.
Un gouvernement responsable se doit de gouverner pour l’ensemble des canadiens. Mais un gouvernement responsable ne concorde pas avec le programme politique des conservateurs, c’est-à-dire Harper en faite.
Harper sait que son programme n’adhéra jamais plus du quart de l’électorat et sait aussi pertinemment que pour être « ré-élu » a la prochaine élection, il se doit de saper dans les règles démocratiques canadiennes.
L’abolition du financement publique des parties est un commencement. De plus, l’exemple des nominations aux sénat est un autre élément pour encourager le désabusement des électeurs de la politique puisque que plus le taux d’abstention est bas, plus il en tire avantage….

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