Et si DSK avait été arrêté en France ?

Que se serait-il passé si Dominique Strauss-Khan avait été arrêté en France ? Je pose la question, dans le dernier Planète Terre, au juriste Alexandre Stylios, spécialiste de la comparaison entre les système pénaux français et américain.

Une entrevue assez longue, mais qui permet de comprendre les similitudes et les différences entre les deux systèmes, leurs forces et leurs faiblesses.

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En France, je pense qu’une bonne dizaine de lèches bottes se seraient jetés sur cette occasion afin d’éviter que l’affaire ne s’ébruite et ce en débutant par le directeur de l’hôtel qui se serait assuré que la femme de chambre ne porte pas plainte en la menaçant de la mettre à la porte. De ce coté de l’Atlantique, on a même l’impression d’entendre des légions de lèches bottes crier l’innocence de DSK.

Très instructif! J’aurais cependant aimé l’entendre sur les différences légales spécifiques aux allégations d’agression sexuelle entre ces deux pays.

Question à un spécialiste : la police dépend-elle du pouvoir exécutif ou du pouvoir judiciaire? Si elle est le bras armé du Judiciaire, avec des arrestations mises en scène spectaculairement, exposant les prévenus ou les accusés à la vindicte populaire avec le support très actif des médias, elle punit avant jugement. Si elle est dépendante de l’Exécutif, le principe de séparation des pouvoirs est en cause. Avec les inconvénients et les possibles jeu d’influence du système français, celui-ci semble moins Loi de Lynch pour la réputation des futurs innocents que le système britannique adapté par les Américains et développé au maximum à cause de l’élection des juges et des procureurs et le besoin de publicité populiste qui en résulte.

Une chose m’agace depuis que ce scandale méprisable discrédite toute la gauche, incluant la gauche québécoise, c’est le silence complice de Louise Beaudoin du Parti québécois, elle qui n’en finissait plus de s’aplatir devant la gauche française lorsqu’elle était Ministre québécoise des Affaires internationales.

Compte tenu que les « problèmes » de DSK étaient connus de toute la « haute » française, Mme. Beaudoin, très bien branchée dans les milieux snobinards de la Frônce, ne pouvait ignorer ces faits.

Qu’attend-elle maintenant pour dénoncer l’attitude de la gauche française qui continue malgré tout à vouloir excuser DSK au détriment de la VRAIE victime!

À lire. Absolument!:

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/lysiane-gagnon/201105/25/01-4402778-troussage-de-volaille.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_lysiane-gagnon_3265_section_POS1

Extrait: «Mais après tout, il n’y a pas mort d’homme!» dixit Jack Lang, ci-devant ministre de la Culture de Mitterrand.

«Strauss-Kahn, traité comme un justiciable ordinaire!» dixit le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui s’en étrangle d’indignation.

«Ce n’était que… du troussage de domestique», dixit Jean-François Kahn, journaliste (de gauche) renommé. Solidarité de mâles, solidarité de caste…

Comme le mot est peu utilisé depuis l’Ancien Régime, allons au dictionnaire. «Trousser» se dit d’une volaille dont on attache les pattes et les ailes avant de la faire cuire. Se dit également de l’homme qui relève les jupes d’une poule (ou d’une servante) pour la posséder par derrière.

Ces beaux esprits de la gauche française ne se sont pas grandis quand, sous le coup du scandale mettant en vedette leur ami Strauss-Kahn, ils ont spontanément exprimé le fond de leur pensée.

Si tout cela s’était passé en France: une femme porte plainte à la police pour agression sexuelle contre le directeur du FMI. La France étant partie à la Convention sur les privilèges et immunités des institutions spécialisées (des Nations Unies), elle aurait dû constater que le directeur du FMI est au bénéfice d’une immunité complète de juridiction. La France n’aurait pas eu le droit d’arrêter le directeur du FMI et aurait dû se contenter de lui demander de quitter le territoire. Ou demander au FMI de lever l’immunité de son directeur. Mais les États-Unis (ni le Canada) ne sont pas partie à ce traité international.

@Francois1: j’attire votre attention qu’interrogée par TVA dès le lendemain de l’arrestation de DSK, L Beaudoin a appelé à penser à la présumée victime avant de pleurer sur le sort de l’accusé. Elle a ajouté que son avenir au PS était évidemment scellé. Au Q., on se complait à jouer les parangons de la moralité et de la sévérité en matière de crime sexuel. Pourtant, un célèbre violeur, qui a violé à répétition pendant près de 10 ans, des sa neuvième année, une non moins célèbre fillette n’a passé que quelques mois en prison. En France, combien de temps aurait-il fait: examinez la jurisprudence: au moins 10 ans.

« Et si DSK avait été arrêté en France ? »

J’ai plutôt une autre question encore plus malsaine: « ET si DSK avait été de droite? »

Si vous croyez que DSK est malmené dans les médias, imaginez d’ici le charivari.