Et si les jeunes se rendaient aux urnes ?

Une plus grande participation au vote des moins de 35 ans pourrait changer radicalement le portrait politique au Canada. 

Nadia Bormotova / Getty Images / Montage L'actualité

Depuis le début de la campagne fédérale, nous avons eu droit à un festival de données de sondages sur une panoplie de sujets, y compris évidemment les intentions de vote des Canadiens. Quelques tendances se dessinent, même si le portrait général, lui, semble toujours nébuleux :

  • Les appuis au Parti libéral du Canada ont glissé depuis la dissolution de la Chambre, le 15 août. La baisse d’environ deux points demeure relativement modeste, mais elle est mesurable dans la moyenne des sondages, soit de 35 % à 33 %.
  • Le Parti conservateur se maintient tout juste derrière avec une moyenne de 32 %, mais comme ç’a été le cas en 2019, le PCC souffre d’un vote beaucoup moins efficace que celui des libéraux en raison de sa concentration dans l’Ouest canadien. Résultat : bien que le PCC soit à égalité statistique avec le PLC dans la projection du vote au niveau national, il tire tout de même de l’arrière dans la projection du nombre de sièges.
  • Le Nouveau Parti démocratique est légèrement en hausse depuis la dissolution de la Chambre, particulièrement en Ontario, où la formation pourrait enregistrer des gains importants si elle parvient à conserver les appuis actuels d’ici le jour du scrutin, soit le 20 septembre.
  • Pour le Bloc québécois, les perspectives varient selon que l’on perçoit le verre à moitié vide ou à moitié plein : ses appuis sont légèrement en baisse si on les compare avec ceux de 2019. Cependant, rappelons-nous qu’Yves-François Blanchet n’avait commencé à gagner du terrain qu’après le premier débat des chefs lors de cette campagne. Au Québec, le Bloc est présentement deuxième, derrière les libéraux et devant le PCC.

Dans la myriade de sondages qui ont été publiés cette semaine, certaines données ont attiré mon attention, plus particulièrement les intentions de vote des jeunes électeurs. Nous savons par de nombreux sondages des dernières années que le NPD et le Parti libéral font le plein d’appuis auprès des jeunes adultes, alors que le Parti conservateur et le Bloc québécois sont plus populaires chez les électeurs plus âgés.

Regardons les données de quelques sondages publiés plus tôt cette semaine. Selon les derniers chiffres de Léger, le Parti libéral (33 %) et le Parti conservateur (31 %) sont présentement à égalité statistique en tête des intentions de vote des Canadiens. Le NPD se trouve à 21 % à l’échelle du pays. Lorsque nous divisons les résultats de ce sondage selon les tranches d’âge, voici les pourcentages pour les électeurs de 18 à 34 ans au Canada :
Nous observons une domination du NPD à 37 % (avec un sous-échantillon de taille respectable de 447 répondants). Le PLC est au deuxième rang avec 27 %. Les conservateurs sont troisièmes avec 23 %. Notons aussi le Bloc québécois avec 4 % au niveau canadien, ce qui équivaut à environ 18 % au Québec (les intentions de vote par tranche d’âge n’étaient pas accessibles pour le Québec seulement). Parmi les 55 ans et plus, le Bloc se hisse à 9 % au Canada, ou autour de 41 % au Québec.

L’Institut Angus Reid a également publié ses chiffres mardi, et ceux-ci demeurent somme toute semblables à ceux de Léger. Au niveau fédéral, le PLC obtient 33 %, le PCC, 31 % et le NPD récolte 22 %. Chez les jeunes électeurs, le NPD (33 %) et le PLC (31 %) sont loin devant les conservateurs :
La maison Abacus Data a elle aussi publié son plus récent sondage fédéral mardi. Selon celui-ci, le PLC (33 %) détient une mince avance de quatre points devant le Parti conservateur (29 %). Quant au NPD, Abacus évalue ses appuis à 23 % au pays. Chez les jeunes, Abacus mesure que le NPD (35 %) et le Parti libéral (32 %) se hissent loin devant le PCC :
Or, selon les chiffres d’Élections Canada, les électeurs canadiens âgés de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote dans une proportion de 57,1 % lors des élections fédérales de 2015. Les 25 à 34 ans n’ont guère fait mieux avec un taux de participation de 57,4 %.

Dans les deux cas, ce fut une amélioration marquée par rapport à 2011, avec 38,8 % et 45,1 %, respectivement. Toutefois, ces taux demeurent bien peu élevés en comparaison avec la tranche d’électeurs de 55 à 75 ans, dont plus de 75 % ont voté en 2015 (73 % en 2011).

En regardant les tendances actuelles, le taux de participation des jeunes électeurs au pays, quel qu’il soit, pourrait complètement changer la configuration du 44e Parlement à la Chambre des communes. Si Justin Trudeau désire rester au pouvoir et si Jagmeet Singh convoite toujours la balance du pouvoir en cas de minorité, ces chefs devront s’assurer de convaincre les jeunes Canadiens d’aller voter en grand nombre.

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Entendre YFB affirmer hier que le Bloc est un parti fédéraliste parce qu’il siège au parlement du Canada, ça se discute. Je ne suis pas d’accord avec la lecture qu’il en fait puisque la réalité, il est une succursale tantôt du PQ, QS ou la CAQ selon ses positions du moment. Brian Gallant aux Mordus de politique cette semaine, le Bloc ne parle qu’au nom du Québec, si chacune des autres provinces avaient son Bloc pour défendre les intérêts de leurs provinces respectives, imaginons le nombre de partis politiques reconnus et la répartition des sièges et l’étalement des votes? Cette multiplication des partis, des idees qui s’entrechoquent à l’intérieur des partis est devenu un labyrinthe qui au lieu de susciter l’intérêt et la volonté d’exercer son droit de vote, fait tout le contraire. Les débats maintenant, chacun a sa formule, il y en a trop quand un seul en francais et un autre en anglais, un lieu neutre accessible aux médias que les partis présentent leurs programmes sans débattre ou face à face. Je crois que la population est capable de juger sans l’influence des médias. Les médias sont les premiers responsables de ne pas s’adapter, il ne suffit pas de conclure que les médias sociaux sont leurs plate-formes de prédilection pour les rejoindre c’est aussi la formule des campagnes électorales. Rien pour inciter les plus jeunes, c’est d’un ennui épouvantable. Changer SVP et le vote électronique c’est pour quand?

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