Étranges accommodements étrangers

Jusqu’où doit-on aller pour accommoder les comportements misogynes des dévots, dans l’espace public ? Voilà une des questions posées au Québec ces dernières années. Aujourd’hui, deux éclairages étrangers: britannique, mais d’abord, suédois.

Dans cet exemple rapporté la semaine dernière par le quotidien suédois Dagens Nyheter (non, je ne suis pas abonné, j’ai lu la traduction dans le Courrier International ), un chômeur musulman tenu de faire une recherche active d’emploi pour avoir droit au maintien de ses prestations ne contrevient pas à cette condition si, lors de rencontre d’embauche, il refuse de serrer la main ou de regarder dans les yeux la dame responsable des embauches.

La journaliste suédoise qui rapporte le fait, Lena Andersson, probablement une laïque stricte, affirme:

«N’importe qui estimerait normal qu’une personne qui refuse de serrer la main d’un noir ou d’un musulman se voie refuser un emploi. En revanche, si Dieu proclame qu’il est interdit de toucher les créatures du sexe opposé, on peut compter sur le soutien des pouvoirs publics suédois.»

L’article ne dit pas si le chômeur a le droit de refuser toute offre d’emploi qui le mettrait en contact avec des femmes, du moins dans les cas (à vue de nez, 98%) où il arrive de devoir regarder dans les yeux ses collègues féminins — situation qui se pose également, précisons-le, lorsque ladite collègue porte un niqab. Le médiateur chargé de trancher ce débat a pour mandat de s’opposer aux « discriminations relatives au sexe, à l’identité sexuelle, au genre, à l’appartenance religieuse, à la religion ou autres convictions personnelles, au handicap, à l’orientation sexuelle et à l’âge.» Dans ce cas, il a choisi de faire primer l’appartenance religieuse du chômeur sur la discrimination relative au sexe. Ce n’est donc pas qu’au Québec que cette primauté du droit religieux sur l’égalité des sexes pose problème.

Les Britanniques étendent le champ

Je l’ai souvent écrit ici (suivre la clé Identité pour mes autres textes), le grand problème de l’aménagement actuel du rapport au religieux est la préséance qui lui est donné sur les autres affiliations ou opinions. Sur les autres, donc, libertés de conscience, pour reprendre l’expression de Charles Taylor et de Jocelyn Maclure, auteurs d’un récent ouvrage sur la question.

Or les tribunaux britanniques ont été confrontés en novembre dernier au cas suivant: Un grand PDG avait quitté Londres pour l’Irlande en oubliant son Blackberry derrière lui. Il a demandé à un membre de son personnel de prendre le Blackberry et de sauter dans un avion pour venir le lui donner. Tim Nicholson, responsable des politiques environnementales de l’entreprise, s’oppose à cette décision énergivore. Quelques mois plus tard, il est viré. Il poursuit l’entreprise, affirmant avoir été victime de discrimination fondée sur ses opinions vertes.

Or voilà, seule les convictions religieuses ou «philosophiques» lui auraient permis de contester son renvoi. Le juge Burton a changé tout cela, affirmant que les personnes qui ont des croyances fortes sur d’autres sujets ont un recours assimilable au motif religieux, en donnant une interprétation plus large de ce en quoi consistent des croyances «philosophiques». Un jugement qui ouvre la porte à d’autres libertés de consciences: féministe, végétarien et autres. Le juge n’a donné que quelques autres exemples: l’humanisme, oui, mais la croyance dans les pouvoirs des Jedis ou l’adhésion à un parti politique, non.

L’excellent exercice de Gérald Larose

On se demande pourquoi (pour la politique – pour les Jedis, on comprend). Et cela nous ramène chez nous, et au débat sur les signes religieux dans la fonction publique.  Taylor et Maclure, précités, défendent le droit au port de signes religieux. Gérald Larose, dans son blogue, a posé la question qui tue: pourquoi permettre les signes religieux et non les signes politiques ? On le sait, il est rigoureusement interdit, lorsqu’on est fonctionnaire, de porter un macaron, une casquette ou autre attribut politique et personne n’y trouve rien à redire. Pourtant, l’article 10 de la Charte québécoise des droits met sur un pied d’égalité, et côte à côte, la protection de «la religion, les convictions politiques». 

Gérald propose qu’on reprenne le texte de MM Taylor et Maclure en remplaçant les termes religieux par des termes politiques. Suggestion reprise sur un blogue dit du TViste (je n’en connais pas l’auteur). J’en reprends ici quelques extraits savoureux. En italique, le texte d’origine. Vous reconnaitrez facilement le texte retouché:

On voit mal pourquoi il faudrait penser, a priori, que ceux qui affichent leur appartenance religieuse sont moins capables de faire la part des choses que ceux dont les convictions de conscience ne sont pas extériorisées ou le sont de façon moins visible (pensons au port de la croix). Pourquoi refuser la présomption d’impartialité à l’un et l’accorder à l’autre?

On voit mal pourquoi il faudrait penser, a priori, que ceux qui affichent leur appartenance politique sont moins capables de faire la part des choses que ceux dont les convictions de conscience ne sont pas extériorisées ou le sont de façon moins visible (pensons au port du petit macaron ‘Je suis souverainiste’). Pourquoi refuser la présomption d’impartialité à l’un et l’accorder à l’autre?

Par exemple, ce qu’il faudrait proscrire, dans le cas d’un employé portant un signe religieux visible et faisant du prosélytisme au travail, ce serait le prosélytisme et non le port du signe religieux, qui n’est pas en soi un acte de prosélytisme.

Par exemple, ce qu’il faudrait proscrire, dans le cas d’un employé portant un drapeau canadien comme veston et faisant du prosélytisme au travail, ce serait le prosélytisme et non le port du drapeau canadien recouvrant tout son corps, qui n’est pas en soi un acte de prosélytisme.

Il se peut que des citoyens soient choqués par la vision d’un agent de l’État affichant son appartenance religieuse, peu importe les compétences de ce dernier. Mais comment s’explique cette réaction? Est-il possible que, dans bien des cas, elle provienne d’une suspicion, voire d’une intolérance, envers la religion en général ou envers les religions minoritaires en particulier?

Il se peut que des citoyens soient choqués par la vision d’un agent de l’État affichant un macaron disant ‘Je vote Parti Québécois’, peu importe les compétences de ce dernier. Mais comment s’explique cette réaction? Est-il possible que, dans bien des cas, elle provienne d’une suspicion, voire d’une intolérance, envers les partis souverainistes en général ou envers le Parti Québécois en particulier?

Un dernier mot sur cet inépuisable sujet. Mon ami Camil Bouchard me faisait récemment remarquer que l’expression «ostentatoire» utilisée pour baliser les signes religieux qui pourraient être interdits pour les représentants de l’État n’est qu’une échappatoire pour les petits signes religieux. En effet, les petits signes — épinglettes par exemple — syndicaux, politiques ou écologistes sont bannis. Ce n’est pas une question de taille, mais de principe.

Merci à l’alertinternaute Sylvie
pour certains de ces signalements.

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Tolérance et laîcité.

Être accueillant ou se montrer ouvert à l’autre ne veux pas dire, à mon avis, être conciliant au point de s’effacer graduellement soi-même au profit de plus en plus exclusif de l’autre, surtout s’il est intégriste. Et cela vaut pour tous et chacun, au Québec comme partout ailleurs au Canada, dans le respect des chartes existantes des droits et libertés.

Mais encore faut-il que les droits et libertés inscrits dans ces chartes soit appliquables intégralement à tous et ne souffrent pas d’exception, soit pour accommoder une minorité culturelle par le biais de sa ou ses religions ou pour toute autre raison. Car n’oublions pas que personne ne doit pouvoir prétendre être ou, par le biais de quelqu’exception ou privilège, pouvoir se hisser, au-dessus de la loi.

Les principaux problèmes de coexistance sociale proviennent, selon moi, du fait que, dans la plupart des pays occidentaux, la loi reconnaît de fait, par le biais de la liberté de religion, le quasi-statut de société distincte à toute religion, qui peut ainsi en pratique, selon ses réseaux et autres ressources, vivre, comme entité quasi-distincte, en marge de sa société d’accueil, échapper à plusieurs de ses lois et règles et lui imposer graduellement ses propres valeurs et préceptes de vie, pouvant s’étendre, à titre d’exemple non limitatif, jusqu’à la demande d’acceptation ou, comme en Angleterre actuellement, à la tolérance des lois, prescriptions, pratiques et tribunaux religieux qui appliquent la charia (bible des juristes islamiques) des musulmans fondamentalistes.

Nous ne devons pas accepter, au risque de déchoir lamentablement comme société, que cette liberté de religion ”tous azimuts” continue de permettre aux minorités culturelles les plus envahissantes de déborder impunément le domaine privé, de s’afficher et de s’imposer dans le domaine public et de transformer ainsi, de l’intérieur, la nature de notre société avec ses lois et règles existantes.

C’est pourquoi il ne faut pas permettre à quelque groupe religieux que ce soit de déborder le domaine privé, soit en lui accordant des accommodements dits raisonnables ou en permettant à ses institutions, même privées, de déroger ou de se soustraire aux lois et régles applicables à tous.

Heureuse journée à tous,

Claude Pelletier
Montréal, QC

2 citations lumineuses et appropriées ici, je crois, sur la religion, la politique, la bêtise et l’intelligence, rapportées dans un autre contexte il y a quelques semaines sur ce blogue:

1.«La religion est la maladie honteuse de l’humanité. La politique en est le cancer.»
[Henry de Montherlant]

2.«La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence : L’intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n’en a pas.»[Claude CHABROL]

Pardonnez-moi mais il me semble qu’on rend le débat inutilement complexe en mêlant tout; ici la neutralité politique, la neutralité religieuse, l’ostentation et différents systèmes de droit.

Pour la laïcité (i.e. la neutralité RELIGIEUSE de l’État) et les raisons de son introduction stricte en France, je recommande le texte d’Émile Combes (en version MP3 [1] ou en version texte [2]). Il s’agissait d’une décision pragmatique dans les circonstances d’alors. Aujourd’hui, on la traite comme une question de principe. Avant de pointer les agents de l’État sans pouvoir réel parce que soumis à des lois régissant l’exercice de leur travail, ce beau principe devrait se réaliser d’abord dans la neutralisation de l’exercice des Pouvoirs : Assemblée nationale (qui a encore le crucifix amené par Duplessis), Constitution (qui invoque Dieu), etc.

Pour la neutralité POLITIQUE des agents de l’État, ce fut aussi une décision pragmatique issue d’un contexte de patronage intensif sous Duplessis (encore lui). Patronage qui prend aujourd’hui des formes plus périphériques parce que la fonction publique s’est professionnalisée et s’est déployée dans la modernité. La neutralité est, aujourd’hui, acquise. Au détriment de la liberté d’expression des fonctionnaires, effectivement et peut-être pourrait-on penser à la leur redonner, ce qui serait peut-être un signe de maturité. Il faut cependant la mettre en lien avec l’imputabilité ministérielle.

Le pont central est le pouvoir des juges. Si des juges se trompent en interprétant à outrance des textes utilisés dans des situations que le législateur (fut-il suédois, britannique ou québécois) n’avait jamais lui-même envisagées, il appartient au législateur actuel d’apporter les corrections. Avouons qu’il est très improbable que les rédacteurs de chartes ou de lois sur l’assurance chômage ou sur l’interdiction de la discrimination, aient pu prévoir un jour qu’une salutation civile (main serrée) puisse conduire à une suspension de prestation et à l’invocation de la discrimination sexiste.

Quant au cas britannique, je citerai simplement ceci [3] qui relate l’événement :
Nicholson’s case came about because of a peculiarity of British law. Prior to 2003, Britain had no statute that protected employees from religious discrimination. The Religion and Belief Regulations were meant to remedy this. But because the law offered only a vague definition of « religious or philosophical beliefs, » it has fallen to judges to interpret it and define which beliefs deserve protection. In the most important ruling so far, Burton’s generous interpretation of the law will have far-ranging and complicated ramifications, employment experts say.

Le droit britannique en jeu fait référence non aux croyances RELIGIEUSES mais aux croyances PHILOSOPHIQUES. Le juge n’est pas passé de l’une à l’autre par interprétation, c’est la loi même qui prévoit l’une ET l’autre. On est loin du droit canadien.

[1] : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/combes-emile-discours-sur-la-separation-des-eglises-et-de-letat-extraits.html

[2] : http://classiques.uqac.ca/collection_documents/assemblee_nationale/separation_Eglises_Etat/discours_combes_1904/discours_Combes_1904.pdf

[3] : http://www.time.com/time/business/article/0,8599,1936074,00.html

Gérald Larose vise juste … très juste.
On dirait un champion de Biathlon.

Toutefois en relisant la clause 10 de la
charte plusieurs fois je me pose encore
les deux questions suivante :

Est-ce qu’un agnostique est protégé par la
charte ?
Est-ce qu’un athée est protégé par la charte ?

L’absence de religion ou de croyance n’est pas couvert par la clause 10.

Suis-je dans le champ ?

Relisez la clause 10 ci-jointe.

Guy LeVasseur
Rimouski

10.

Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne,

sans distinction, exclusion ou préférence fondée
sur

la race,
la couleur,
le sexe,
la grossesse,
l’orientation sexuelle,
l’état civil,
l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi,
la religion,
les convictions politiques,
la langue,
l’origine ethnique ou nationale,
la condition sociale,
le handicap
ou
l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Bonjour M. Lisée, et autres lecteurs,
Dans le premier paragraphe sur G Larose, il faudrait lire : «la religion, les convictions politiques» plutôt que «la religion, les convictions religieuses».

Je sais que tout le monde avait compris, c’est juste au cas où.

Voila ou cela peut mener , l’absurdité de toutes demandes religieuses ! Ce qui me titille le plus est que ces ultras religieux profitent de notre contexte de chartes et de droits et libertés pour EXIGER des CONCESSIONS qu’ils N’ONT PAS DANS LEUR PAYS D’ORIGINE ! Ces ultras sont obligés de rentrer dans le rang car ils risquent d’être emprisonnés car les dirigeants de ces pays ne tolèrent pas les fondamentalistes ! Alors ils émigrent vers les pays démocratiques et revendiquent ce qu’ils n’ont pas , tel des lieux de prières dans les universités magrébiennes et Égyptiennes ….

Le parallèle entre la religion et la politique est très intéressant, mais leur rôle est très différent. La religion demeure quelque chose de personnel, et le fait qu’une majorité de personne adhère à une religion plutôt qu’à une autre n’a aucun (ou ne devrait avoir aucun) impact sur les autres. En politique, le parti politique qui reçoit le plus de vote gère le gouvernement. Des décisions qui affectent tous les citoyens sont prises par ceux qui ont eu le plus d’appui aux élections. Le symbole religieux porté par un pratiquant n’est pas une façon de recruter plus de membres, les signes d’appartenance à un parti politique, oui.

L’invasion de l’Occident par le Moyen Orient se poursuit sans relâche et c’est le Moyen Orient qui va gagné. Compte tenu de l’évolution des choses, nous devrions être forcé de parler le Mandarin et de devenir musulman d’ici quelques décades.

Catholique non pratiquant, bilingue anglais français est passé date comme un vieux yogourt. C’est dommage, j’aimais bien.

Je suis bouche bée. À ce rythme nous nous dirigeons à vitesse grand V vers l’installation du gouvernement des juges qui deviennent les arbitres ultimes du vivre ensemble.

je présume que les prochaines victimes du politiquement correct pourraient être les amoureux qui se «bécotttent sur un banc public, banc public».

Spectacle équivalant certainement à de la torture psycholigique pour un musulman croyant, qui n’en reviendra pas de voir un homme et une femme se toucher.

Et dire qu’on a fermé Mirabel.

Ici on est pas très loin de la quadrature du cercle ! Chercher à concilier les inconciliables nous fait entrer de plain pied dans le rédicule qui tue.

Si la liberté consiste à savoir accepter les contraintes, alors là, on se dirige tout droit vers le pays le plus libre du monde…

Que veulent les immigrants « conservateurs » ? S’intégrer au pays d’accueil ou intégrer les personnes qui y vivent déjà à leur univers ?

Lorsque la Cour Suprême rendra son jugement sur la cause de l’étudiante d’origine égyptienne on verra qu’un cercle est assimilable au carré, puisque la Loi le dit…

Naguère, les québécois étaient tolérants et ouverts d’une façon générale à l’endroit des immigrants. Il est dommage que certaines personnes ignorent les effets négatifs qu’engendrent leurs attentes irréalistes à l’endroit de la société d’accueil.

Y a-t-il un agenda politique caché de certains groupes religieux et politiques derrière les demandes des accommodements raisonnables ?

J’ai lu qu’en Turquie le voile n’était pas permit, c’est le reglement, point.

Il y a, en effet, des choses plus sacrées, plus essentielles, que la partisanerie politique ou sportive. Il y a, en effet, une différence entre obligation, caprice et désir de porter en macaron son opinion.

Une différence que tous, à l’évidence, ne saisissent pas. Cela nous ramène à l’essence: avec certains, on ne peut discuter que de celle qui se vend au litre. Un peu comme il est peine perdue de discuter des variantes du rouge avec un aveugle de naissance.

Cela n’enlève cependant rien ni à l’existence du rouge, ni à celle du sacré.

Il faut savoir respecter l’essence des gens sans nécessairement tolérer tous leurs caprices.

Dommage que Mme Anderson n’ait pas saisi la nuance élémentaire entre ne serrer la main de personne, et ne pas serrer la main des noirs ou des musulmans à l’exclusion des autres.

Ouf ! Entourloupettes acrobatiques autour de la quadrature du cercle. Et dire qu’on m’accusait jadis, étudiant en philosophie, de perdre mon temps à discuter du sexe des anges. Ce serait pour le moins plus amusant, disons moins assommant si ce n’est moins déprimant. Y a-t-il un ministre quelque part qui fait autre chose que de ménager la chèvre et le choux ?

Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions. L’humanité n’est pas sortie du bois. L’angélisme des chartes et le gouvernement des populations par les juges y sont pour quelque chose.

On ne devrait accepter d’accommodements que pour des raisons de handicap, et non pour des motifs religieux qui ne sont basés que sur du lavage de cerveaux.

Quant va-t-on retirer « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu … » de la Charte canadienne des droits et libertés? Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l’Histoire.

Avec un peu de recul, lorsqu’on regarde l’ensemble des troubles qui touchent notre société dite moderne, le problème des religions me semble un outil de diversion et soumission par exellence pour le petit peuple, tout en gagnant des votes. l’actualité quotidienne est détourné vers ce nouveau problème inventé de toute pièce par nos dirigeants un peu déphasés. Svp Mr. Taylor arrètez de nous prendre pour des valises on commence a comprendre votre jeu de la division des masses populaires. libertés de consciences, a la Pierre Eliot Trudeau, et la suite des mesures de guerre d’octobre 70 rien de moin.

Quand vous dites: On se demande pourquoi (pour la politique – pour les Jedis, on comprend ». Moi je ne comprends pas. J’ai connu des gens qui croyaient au Jedi et leur discours ressemblent exactement à ce que me raconte des connaissances musulmanes. La même ferveur, intransigeance et croyance!

Toutes ces opinions devraient etre refusées selon moi; ou alors toutes acceptées. Au moins si je dois endurer des hidjabs et des barbus, je pourrai dire que mes convictions féminites et athées m’interdisent de me faire servir par eux!

Et c’est aussi oublier que plusieurs religions ont en leur écrits tout un programme politique.

Pour l’Islam, c’est de « théocratiser » tous les gouvernement du monde au nom d’Allah et l’application de la Charria, pour les Bahaï, c’est la création d’un gouvernement mondial, pour les Raëliens, c’est la géniocratie au pouvoir, pour les catholiques, c’est être contre l’avortement, le mariage gai, l’euthanasie, et les exemples seraient nombreux.

Donc, pratiquer une religion, ce n’est pas juste de croire en un Dieu, des dieux ou aux extra-terrestres, c’est aussi prendre position sur des enjeux politiques importants de notre société.

Je suis donc d’accord que les symboles religieux soient mis au même niveau que les symboles politiques.

Pourquoi tout ces problèmes d’accommodements.

Pour accommoder l’économie d’abord. Cette même économie a besoin de cette immigration afin qu’on se bouscule à la porte pour maintenir un plancher salarial acceptable,pour eux bien sûr.L’employé au salaire minimum qui demande une augmentation se voit indiquer la file de gens à la porte qui sont prêt à prendre sa place et probablement à moins chère .

Ces immigrants avant d’être accepter sont sélectionnés selon des critères précis, ce ne sont certainement pas les cancres qui sont recrutés, on peut même dire qu’il doivent certainement avoir une compétence au dessus de la moyenne de leur pays.
Sur les 55,000 accueillis au Québec annuellement, plus les 200,000 autres au Canada on peut dire que la très grande majorité proviennent de pays en voie de pays développement eux-mêmes.

Donc nous privons ces pays du premier ingrédient nécessaire au développement c’est à dire les cerveaux, retardant d’autant l’avancement de ces pays. Haiti en est le plus bel exemple je dirais extrême,la liste des autres pays est longue.

Plus encore, nous sommes solliciter financièrement pour l’aide au pays en voie de développement, aberrant n’est-ce pas. Tant qu’à contribuer de cette façon autant doubler cette aide et avoir des gens encore mieux formé toujours à moindre coût.(applaudissement ici des lucides)
À bien y penser, non, mieux formés ils pourraient en venir à poser des questions non souhaitées,qui sait,pire un peu plus conscient il pourraient décider de ne plus émigrer et contribuer au développement de leur propre pays nous privant de notre retour sur l’investissement à leur éducation.
Parmi ces immigrants se glissent évidemment les missionnaires qui insidieusement espèrent convertir les impies, à long terme évidemment. Si on recule un peu c’était les païens que nos missionnaires devaient convertir à l’époque, retour du pendule, quoi. Si on revient à notre époque, la société s’occupe d’accommoder ces gens avec tous les problèmes collatéraux et les coûts sociaux, pendant qu’une minorité engrange.

Il y a encore beaucoup à dire sur cette dynamique économique ce sera pour plus tard.

Alain

Ce qui est inacceptable ce n’est pas laisser une personne afficher ses convictions car ceci est bon pour connaître une personne .
Ce qui est inacceptable ce sont les totalitaires qui obligent les citoyens à tous s’afficher ou au contraire veulent obliger tous les citoyens à ne pas s’afficher.
Pour ce qui est des différences complémentaires homme et femme cette réalité est incontournable et doit être respectée par tous et par toutes car les conséquences désastreuses de l’irrespect de ces différences sont terribles .

Dans un précédent commentaire j’ai oublié de préciser que je parlais de l’état actuel (système?) des accommodements et non de l’auteur de l’exercice rapporté (TViste). Mes excuses pour cet oubli qui a dû être interprété comme une attaque personnelle.

Je ne parviens toujours pas à comprendre ce que font les états modernes sur le terrain miné des religions ou des convictions personnelles. Le rôle d’un état est d’édicter des règles pour le mieux être de la société en général. tout ce qui devrait être contestable est le caractère abusif ou déraisonnable de ces règles. Qu’est-ce qui empêche un état par exemple de dire simplement que dans le cas d’une demande de service public, le demandeur et celui qui rend un service doivent être aisément identifiables. Il n’est pas nécessaire d’ergoter sur le port de la burqa, du niqab ou de la cagoule…

Dr Michael Laughrea, MPhil, PhD, si je comprend bien votre propos, ce dont je ne suis pas certaine, il me semble que Mme Snderson a bien compris la nuance élémentaire dont vous parlez puisqu’il n’y a qu’à la femme présente en l’occurrence que ce monsieur a refusé de serrer la main!

La Constitution est en principe détaillée parce que c est elle qui forme c est quoi le pays et comment il est fait…..La Chartre, elle, elle ne l est pas!….En hébergeant toutes sortes de notions auxquelles on n a pas jugé nécessaire ou on a pas eut le temps d encadrer par des balises ont cré un -free for all- difficile a gérer….. Donc! Si on est multiculturalistes….en principe toutes les cultures doivent etre égales!…Les langues? Il ne devrait pas y avoir deux langues officielles, mais des milliers de langues officielles!…Des religions?….Comment ce fait-il qu un huluberlu ne peu pas pratiquer sa foi en dansant tout nu et en chantant autour d un arbre les soirs de pleine lune? Lol!….
En fait, en éliminant les deux (En fait 3) peuples fondateurs on a détruit ce pays pour en faire un club privé ou le certificat de citoyenneté sert de carte de membre…Le passé?….C est niet! L ancienneté? C est niet!…Celui qui est arrivé hiers soir est aussi citoyen canadien que vous, meme si la notion de démocratie lui donne des boutons! Et n oubliez pas! Une carte de membres ( La votre!..Hi!Hi!.. Ca se cancelle!!!
Terre d acceuil!….Ca c est la création du Nouveau Far West!…. Au lieu de s entre tirer avec des colts….Ca se tire a coup d avocats!….Bang!Bang!….Le Saloon, les Demoiselles a la cuisses légeres…le pretre austere qui crie des malédictions…Beau village de tordus!
Il aurait pourtant été facile de recevoir des immigrants et de s accomoder!…. avec leurs coutumes étapes par étapes!……Faire de l immigration de L IMMIGRATION! Pas une religion aux dogmes rigides!
Moise menait les juifs…A un moment donné il s absenta….et quand il revint les Juifs avaient cré un Veau d Or……Ce qui interrompait le destin des juifs….Ainsi le destin des Canadiens a été dévié…pas par un Veau d or! Bien sur!…Mais par un Pet d Or….(Qui se pensait l etre..en fait..)
Les immigrants qui viennent ici s en viennent en Amérique….Pourquoi l Amérique changerait? Si c est ca qu ils veulent?…L Africain ne veut certainement pas déménager en Afrique, l Asiatique non plus…a moins de vouloir créé une mini colonie et de la séparer ensuite? Lol!……
En voulant tout faire d un coup, d un coup de crayon…..Et probablement aussi, en voulant s attirer (?)les louanges…d avoir retrouvé LE Paradi Perdu a lui tout seul….Le Pet d Or nous a légué un probleme de la taille d un Dieu……Redevenons humain! SVP!
Pour terminer. 1940 P.E.Trudeau est a Harvard, il étudie….dans sa porte il a placardé cette petite phrase….CITOYEN DU MONDE!…Pendant que l Europe est a feu et a sang! Notre grand dévoué est a l école en tant que Citoyen du monde!…Lol!….On avait besoin d un Canadien! Pas d un citoyen du monde!…Un citoyen qui a déja dit que la promotion du Québec serait un Crime contre l humanité!…..Maintenant avec le recul…on peu dire ceci!…..Ca vat en prendre des commissions Taylor!…pour réparer ce que Pet nous a laissé…en Pétant plus haut que le trou!…..En se servant de notre tete ca serait beaucoup mieux….parce que ce grand pays aceuillant aux grandes notions…a toujours eut de la difficulté a accepté deux langues!…..et n a meme pas le Québec d inclus dans sa Constitution….
A moins que ce ne soit qu un club…Formé de producteurs…et de consommateurs……Ca!… C est une autre histoire!……

Je suis d’accord avec les accommodements raisonnables sauf ceux religieux. La religion étant, de par sa nature même, un acte de foi et non pas de raison, comment peut-on alors parler d’accommodements raisonnables?
On donne beaucoup trop d’importance publique à ce qui ne devrait être que personnel.
Quiconque peut croire à ce qu’il veut,ça le regarde, mais que ça demeure personnel.

Mes chers petits (on est Père ou on ne l’est pas),

Le problème avec vous c’est que vous vous imaginez que vous savez qui je suis. Alors vous vous querellez depuis des millénaires en prenant chacun pour vérité le produit de votre imagination. Or la première chose que vous devriez savoir c’est que je n’aime pas la chicane sur des choses aussi ridicules.

Prenons les choses du début. Supposez d’abord que J’existe. Non, non, ce n’est pas évident pour tout le monde. Contentez-vous donc de faire la supposition. Si J’existe, donc, je ne suis en aucune façon représentable. Je ne ressemble pas au Prophète, ni à Shiva, ni à Moïse, ni à Jésus dont vous n’avez aucune idée de ce qu’il avait l’air. Si J’existe, c’est sous une forme totalement incorporelle. Je suis comme une sorte d’ordre, d’intelligence qui fait que les choses se sont mises en place d’une certaine façon. Si ça vous fait plaisir, vous pouvez dire que je suis la Nature, puissance inépuisable de création de formes multiples.

S’il vous plaît, lâchez-moi avec vos folies. Je me fiche éperdument de ce que vous mangez ou buvez. Je n’ai rien à cirer de vos façons de vous vêtir. Dans les temps très très anciens, je vous ai fait savoir, il est vrai, qu’il fallait essayer de vivre différemment des bêtes. Eh oui! ça m’est arrivé de «demander» que les femmes soient vêtues «modestement», mais c’est que trop souvent vous ne pensiez qu’à ça et pas tellement à développer la connaissance qui vous aurait permis de comprendre plus vite comment se déroulent les chose du monde auquel vous appartenez. Si vous compreniez plus vite, vous passeriez moins de temps à vous entretuer pour toutes sortes de raisons futiles.

Je voudrais être clair: le plus important, pour moi, c’est que vous vous serviez de votre tête, pas seulement de vos émotions primaires. Je sais que ce n’est pas facile pour vous; on vous a mis dans la cervelle, que j’exigeais ceci et cela. C’est faux. je n’exige rien du tout, même pas que vous croyiez en moi. Que vous y croyiez ou non, cela ne changera strictement rien à l’ordre des choses. Vous voulez savoir pourquoi? Parce que la nature va continuer de suivre ses propres lois. Et puis vous avez, pour la plupart, intériorisé certains «commandements» humanistes. Ce n’est pas encore tout à fait au point, mais une certaine manière humaine de vivre gagne du terrain. Ça devrait vous amener à respecter la nature et à prendre la mesure de la place que vous devriez y tenir. Alors, je vous en prie, laissez tomber les guerres saintes (croisades, djihad…) comme vous avez fini par laisser tomber les sacrifices humains, les rituels imagés, les simagrées de toute sortes.

La meilleure façon, pour le moment, (parce qu’on dirait que vous avez un problème), de mettre un terme à ces histoires de religion, c’est -je vais vous surprendre- la laïcité totale de l’état. Il faut ajouter à cela la suppression, dans les constitutions des États, de toute référence à ma Suprématie. Ça ne fait que fournir des ouvertures à des procès dérisoires. Faites en en sorte que jamais la religion, quelle qu’elle soit, ne puisse donner ouverture à quelque droit que ce soit. Contentez-vous donc de protéger les pauvres, les malades, les infirmes. Ce sont ceux-là qu’il faut accommoder, pas le évêques, les imams, les rabbins, tous ceux qui pensent savoir quelque chose et qui savent si peu.

Bonne nuit, beaux rêves, mes enfants.

Dieu le père

Oui au respect d’une laicité positive (non négative)dans les institutions démocratiques de l’État qui sous-entend que la croyance du citoyen quelle quelle soit doit rester dans son for intérieur. L’espace public doit être neutre de toute interférence politique, philosophique ou religieuse.À mon humble avis le port de la burka ou du niqab est loin d’être un fait religieux. C’est juste un fait culturel et traditionnel répandu chez certains milieu archaiques.Celles qui véhiculent ce mode vestimentaire se trompent d’époque et de lieux. En revanche je peux comprendre le port du hijab qui est une recommandation dans l’islam laisée à l’appréciation libre et éclairée de l’intéressée si sa pudeur en souffre, le cas échéant. Point de contrainte en religion, pas plus qu’en démocratie.

Bonsoir,
D’une facon générale, les pays formant cet empire qu’est le Commonwealth ont peu ou presque pas de problèmes avec l’ouverture à l’autre. Ici, dans ce Québec, Monsieur Charles Taylor déclarait il y a de cela un mois à l’émission Second Regard que même la Turquie est plus ouverte que le Québec. Et pourquoi dans le reste du Canada, le nouvel arrivant est-il accepté dans ses différences ? Le Québec se doit d’arriver au 21ème siècle car l’excuse de cette pseudo-laicité sent le soufre et rappelle le triste passage de l’ADQ dans son virage identitaire où ce parti est venu bien près du pouvoir. Merci, John Bull.

Dans le cours d’ECR, les élèves devraient être appelés à réciter le texle de « Dieu le Père » (commentaire no 26 ci-haut) au début de chacune des nombreuses heures de cours qu’ils auront à subir pendant ONZE ans, à partir de le première année du primaire jusqu’à la dernière année du secondaire.

Cela pourrait les aider à former leur jugement sur les quelques 40 000 religions qui sévissent dans le monde … et peut être aussi sur le jugement de ceux qui ont imposé ce cours à nos Québécois.

« Il se peut que des citoyens soient choqués par la vision d’un agent de l’État affichant son appartenance religieuse, peu importe les compétences de ce dernier. Mais comment s’explique cette réaction? Est-il possible que, dans bien des cas, elle provienne d’une suspicion, voire d’une intolérance, envers la religion en général ou envers les religions minoritaires en particulier? »

D’après moi, la clé du problème est là. Pourquoi être choqué par le port du voile intégral quand, en hiver, en pleine tempête de neige, on ne voit plus que les yeux des québécois?

http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/archives/2007/volume-14-no-02/article/le-martien-et-les-accommodements

Nous ne sommes pas outrés par cette vision. C’est ici une preuve que nous avons tendance à attacher de l’importance à la signification des objets et non aux objets eux-mêmes. Pareillement, un professeur peut penser qu’un élève porte une casquette pour défier son autorité, mais, là encore, ce n’est qu’une interprétation possible de la signification plus ou moins explicite derrière le port de la casquette.

La tolérance est une notion qui s’utilise quand on conçoit l’autre comme différent de nous. Je suggère que nous ne devrions même pas faire appelle à la tolérance si nous considérons que nous sommes identiques, que seules nos expressions culturelles, religieuses et autres varient par la forme qu’elles prennent: couscous ou poutine, ce sont deux mets. Protestant ou Indou, deux croyances. Joueurs de hockey ou lanceur de javelot, deux sports. Peut-on conclure que les humains sont des sportifs qui ont souvent des croyances et qui aiment l’art culinaire?

Je le crois.

Réaction tardive à votre blogue du 1er mars

Comment un intellectuel de votre calibre peut-il devenir admiratif de procédés manière Gérald Larose?

La question des accommodements fondés sur la liberté de religion n’est pas simple et des réponses divergentes sont recevables. Encore faut-il avoir l’honnêteté de ne pas caricaturer les positions qu’on ne retient pas pour mousser la sienne.

On peut ne pas partager les opinions de Maclure et Taylor, mais ne même pas faire écho à leur très honnête prise en compte des risques de prolifération et d’instrumentalisation inhérents à leur position en dit long sur les raccourcis au secours des postures adoptées.

Bien conscient que la position cartésienne et colbertine est défendable, et d’ailleurs plus facile à défendre, j’ai tendance, en ces matières, à raisonner comme dans le débat sur la peine de mort et à privilégier la manière de Maclure et Taylor quand ils affirment que malgré les risques d’excentricités, «Toute théorie ayant ses angles morts, … une théorie dont le point faible est l’éventuelle inclusion de cas hypothétiques hautement improbables est de loin préférable à une autre qui exclut les croyances ou des valeurs fondamentales sous prétexte qu’elles ne ressemblent pas suffisamment aux convictions fondamentales religieuses ou séculières paradigmatiques.».

M. Lisée, laissez le militantisme facile aux Larose, le délire identitaire aux Bock-Côté et la pensée courte aux Richard Martineau, vous n’êtes pas de cette farine.

Benoit Lauzière