Être arabe en Israël

Pourquoi les citoyens arabes d’Israël n’ont pas du tout l’intention de vivre dans un futur État palestinien ? C’est ce qu’explique à Planète Terre la politologue Laurence Louër et auteur d’un livre sur le sujet Les citoyens arabes d’Israël.

Pendant les vacances, je vous offre quelques entrevues, toujours actuelles, de Planète Terre qui vous ont peut-être échappé.

 

Une minorité dans la minorité. Fascinant.
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25 septembre 2009, et pourtant toujours très intéressant, toujours très d’actualité.

2 ans plus tard l’immonde «bouffone» Berlusconi est toujours en poste, toujours en position de pouvoir, même affaibli.

Ici certains de ses congénères d’origine continuent de dominer l’univers de la construction publique dans des odeurs d’argent sale et de combines malpropres. Ils sont coupables mais on ne saura pas veraiment de quoi, la Charte à Trudeau les protège.

Et ils le sont aussi, bien protégés par notre gouvernement qui fera tout pour que l’on ne sache rien. Il n’y aura pas d’enquête sur la construction que domine notamment la mafia Italienne chez nous.

Guidounes en moins, sommes-nous bien loin de l’Italie ?

Puis à propos d’Israël que certains, drapés dans leur manteau de vertu nous proposent comme étant le modèle de démocratie au Moyen-Orient, on apprends que certains issus de certains groupes sont interdits de fonction dans des secteurs bien définis.

Si au Québec on interdisait aux anglos de faire partie de la Sureté du Québec que pensez-vous qu’en penserait la Supreme Court of Canada…?

Mais c’est pas grave. Après tout Israël est une société démocratique. Mais surtout c’est le seul État appartenant au Peuple Élu… Alors ils peuvent faire comme bon leur semble. Et c’est entre autres, ce qu’on voit à Gaza.

Très intéressant ces émissions. Comme disait Claude charron c’est pas la date qui compte, c’est le contenu.

Quelques précisions sur les explications de Laurence Louer:

-Le fait que seuls les Juifs de la diaspora, et non les réfugiés palestiniens soient autorisés à immigrer librement en Israel n’est en rien une discrimination. La plupart des pays d’Europe de l’Est donnent aux membres de leur diaspora un droit au retour alors que les Allemands qui y ont été expulsés, ainsi que les minorités ethniques n’y ont pas droit. En fait, un État démocratique, est censé garantir l’égalité de ses citoyens, mais pas des groupes qui le compose. C’est justement ce que fait Israel, comme le Québec d’ailleurs, qui donne à la culture franco-québécoise, un statut supérieur à la culture anglophone du Québec. Il n’y a rien de choquant là-dedans. Très peu d’États sont «neutres» au niveau de leur identité.

-Deuxièmement, pour ce qui est du système scolaire, il faut rappeler que les Arabes sont libres de fréquenter des écoles juives s’ils le souhaitent. Ce n’est pas un système scolaire ségrégationniste, contrairement à ce que plusieurs disent. Son but est justement de permettre aux Arabes de suivre leur scolarité dans leur langue maternelle.
Aussi, pour ce qui est de l’absence d’universités arabes, certains progrès ont été faits à ce chapitre. Depuis plusieurs années déjà, les gouvernements israéliens se disent prêts à accepter la construction d’une université arabe. À l’époque où il était premier ministre, Ehud Barak a même promis d’y consacrer des fonds, je crois. Cependant, le projet est toujours sur la glace, bien que je pense qu’une première université arabe aux dimensions très modestes,
vient d’être reconnue par le ministère de l’éducation, il y a quelques mois à peine.

Toujours pour ce qui est des discriminations dont les Arabes israéliens sont victimes, il faudrait rappeler que malgré leur existence qui est impossible à nier, il existe toutefois plusieurs programmes de discrimination positive mise
en place par le gouvernement depuis une dizaine d’années environ. Ainsi, 10% des nouveaux postes dans la fonction publique sont dorénavant réservés à des arabes. Il les également plus facile pour les étudiants arabes d’être admis dans les programmes universitaires contingentés et les municipalités arabes ont reçu en 2010, 40% des crédits voués à l’amélioration des infrastructures, alors qu’elles ne regroupent que 20% de la population.

Pour ce qui est des postes de décision, il est vrai qu’ils ont longtemps été la chasse gardée des Juifs (ashkénazes surtout)car permettre à un Arabe de siéger au cabinet des ministres, voudrait dire, lui donner accès aux discussions concernant les questions militaires et aux secrets militaires. Toutefois, (et heureusement) cela tend à changer. L’ancien directeur du ministère de l’intérieur est un Arabe. Il y a eu également quelques uns des vices-présidents du parlement qui étaient arabes, et plusieurs sous-ministres arabes ont été nommés. Aussi, un Arabe sunnite a été nommé ministre en 2007. Ce n’est certes pas suffisant, mais la situation s’améliore.

De plus, pour ce qui est de transférer les régions arabes d’Israel, il ne s’agit pas d’un projet du gouvernement, mais bien de celui de l’extrême-droite, qui est présente au gouvernement israélien, mais qui ne le domine pas.

Enfin, pour ce qui est du service militaire, il est vrai que très souvent, les Arabes qui en font la demande en sont exclus. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Des Arabes israéliens se sont illustrés dans l’armée israélienne. Néanmoins, par peur que des Arabes israéliens enrôlés dans l’armée israélienne, n’espionnent Israel pour le compte d’organisations hostiles (il y a déjà eu un soldat druze qui a subit un procès pour espionnage au profit du Hezbollah) il est vrai que le gouvernement les a toujours encouragés à faire le service civil plutôt que le service militaire. Elle est justement là l’erreur de Laurence Louer. Israel ne cherche pas à exclure les Arabes de la société en les excluant de l’armée. Les Arabes israéliens sont encouragés à accomplir le service civil qui consiste en gros à faire du bénévolat. Ce service procure à peu près les mêmes avantages que le service militaire (quoi qu’on ne peut pas en dire autant pour ce qui est du prestige). Toutefois, les pressions sociales font en sorte que seule une minorité d’Arabes acceptent de se porter volontaire pour le service civil, alors qu’il leur ouvrirait pleins de portes.
Ces pressions sociales et politiques sont d’ailleurs un problème récurrent qui fait stagner la communauté arabe israélienne. Ses principaux dirigeants politiques, ne cachent plus leur soutien pour des groupes extrémistes comme le Hamas ou encore le Hezbollah. La montée de l’islamisme au sein de cette communauté (les islamistes sont mêmes représentés au parlement israélien) ternie encore plus l’image de la communauté arabe en Israel. Il faut néanmoins souligner, que cette radicalisation de la communauté arabe, est dû largement au racisme dont elle est victime.

Enfin, il est à noter que la cour suprême d’Israel donne presque systématiquement raison aux plaignants arabes lorsqu’ils se sentent victimes de discriminations. C’est d’ailleurs grâce à elle, que depuis l’an 2000, le fond national juif qui possède à peu près 13% des terres du pays, ne peut plus refuser de permettre à des non-juifs d’acheter le droit de s’installer sur ses terres. Il est vrai que la communauté arabe israélienne est encore victime de discriminations (amplifiées par le fait qu’on doute de sa loyauté à l’endroit d’Israel, ce qui n’est pas toujours faux d’ailleurs). Cependant, grâce à l’intervention grandissante de la Cour suprême, qui a depuis 1992, à peu près les mêmes pouvoirs que la Cour suprême du Canada, cela est voué à changer. Espérons que les assauts antidémocratiques de la droite israélienne, n’aient d’ici là, pas réussi à la neutraliser complètement.