Étude du C-45 : une mascarade pour sauver la face

Pris à partie pour avoir présenté un autre projet de loi budgétaire omnibus, accusé de vouloir noyer le poisson sans laisser aux députés la chance d’examiner la bête, le gouvernement Harper avait donné l’impression de jeter du lest il y a deux semaines. Il a fait savoir qu’il ne scinderait pas le projet de loi, mais qu’il permettrait à dix comités d’examiner les portions du projet C-45 relevant de leur sphère de compétences.

La semaine dernière, le comité des finances a adopté la motion requise pour déléguer son travail. Mais un piège s’y cachait, une échéance trop serrée pour permettre aux dix comités en question de faire un travail sérieux. On a exigé d’eux qu’ils fassent rapport le 20 novembre prochain. Ça paraît loin, mais la semaine prochaine, la Chambre fait relâche et les comités ne peuvent siéger. Les libéraux ont tenté de faire suspendre cette interdiction, sans succès.

Les comités ont donc dû se presser, trouver à la hâte des témoins capables de comparaître à quelques heures d’avis. Au bout du compte, ils n’ont eu qu’un ou deux jours pour tenir des audiences. Et encore, car dans la presque totalité des comités, les conservateurs ont profité de leur majorité pour limiter l’affaire à une petite heure pour entendre des fonctionnaires.

On peut dire par conséquent que ce fut une mascarade d’étude (elle est terminée dans tous les comités). Le gouvernement, en revanche, pourra toujours affirmer, comme l’a fait le ministre des Finances, Jim Flaherty aux Communes, que les conservateurs ont donné à l’opposition ce qu’elle voulait. Si elle se plaint, c’est parce qu’elle veut faire de l’obstruction.

Ce message conservateur a de bonnes chances de passer car bien peu de gens s’intéressent aux subtilités de la procédure. Il est cependant révélateur que le gouvernement ait cru nécessaire de faire ce détour. Ça montre finalement qu’il sent le besoin de préserver les apparences et de faire oublier des méthodes qui commencent à lui porter ombrage. Il n’a donc pas consulté, mais mené une opération habile de relations publiques.

MISE À JOUR: Et pendant ce temps, le premier ministre Stephen Harper profite de son appel de félicitations au président Barack Obama pour enjoindre ce dernier à travailler avec le Congrès…

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Tout est dit dans ce petit paragraphe provenant de votre blogue précédent

« «Le fascisme a franchi le pas fatal qui sépare la politique opposant des adversaires de la politique opposant des ennemis. Nous ne sommes pas là encore, mais il vaut le coup de se rappeler que le déclin fatal est survenu dans une démocratie pas trop différente de la nôtre, dans une société au prise avec une crise économique et où la population meurtrie cherchait quelqu’un à blâmer.» »

Et un mot pour résumer tout ça: MÉPRIS