Europe: le double échec du multiculturalisme

La chancelière allemande n’y est pas allée avec le dos de la main morte. Angela Merkel, conservatrice, vient d’annoncer que la politique de « Multikulti, le concept selon lequel nous vivons des vies parallèles et en sommes heureux a échoué complètement ».

Mme Merkel a ainsi heurté un énorme tabou, dans l’Allemagne moderne où la tolérance à l’autre a été vue comme le prix à payer pour, disons, un passé excessif en sens inverse. Ces derniers jours, un sondage a illustré le pourrissement du climat: le tiers des Allemands affirment que  les immigrants sont des fraudeurs de l’aide sociale. Ambiance.

La chancelière, qui est en période pré-électorale, a décidé de lever le ton. La société allemande a un comportement humaniste, hérité de la chrétienté, et « ceux qui n’acceptent pas ça sont au mauvais endroit ici ». Et, de toutes façons, les immigrants qui vivent en Allemagne doivent s’adapter et apprendre l’Allemand « immédiatement ».

Le revirement allemand sur la question multiculturelle n’est que le dernier épisode d’un effondrement de ce concept en Europe. Le précédent domino à tomber fut la Grande-Bretagne, où les travaillistes, hier grands promoteurs du concept, ont entrepris depuis trois an un virage mettant en avant le concept de « British first ».

Même toi, Gordon ?

Gordon Brown relayait ainsi en novembre dernier le sentiment palpable dans une large part de l’opinion britannique:

«Je connais des gens inquiets du fait que l’immigration fragilise leurs salaires et les perspectives d’emplois de leurs enfants, et ils s’inquiètent aussi de savoir s’ils vont trouver un logement décent pour leur famille.»

«Ils veulent être sûrs que le système est à la fois sévère et juste. Ils veulent être sûrs que les nouveaux arrivants dans le pays accepteront leurs obligations (…): obéir à toutes les lois, parler anglais est important, payer leurs impôts»

Malheureusement, le reflux du multiculturalisme et de ses excès s’opère, non dans une discussion éclairée dont l’objectif doit viser une politique publique mieux à même d’assurer le succès de l’intégration des nouveaux arrivants, mais dans une sale ambiance de refus de l’autre, de montée des préjugés et de stigmatisation des minorités. Les politiques honteuses de la France de Sarkozy et de l’Italie de Berlusconi face aux Roms en sont l’exemple extrême, mais non unique.

Un recul mondial

Dans un très intéressant texte, publié en janvier et présentant une défense argumentée du multiculturalisme canadien pour le compte du gouvernement fédéral, l’éminent intellectuel canadien Will Kimlicka admet que le concept subit un « recul mondial » depuis 2006. Il en fait la synthèse qui suit, que je cite largement :

Dans la plupart des autres pays du monde, il existe une perception généralisée stipulant que le multiculturalisme a « échoué » et qu’il est temps de « prendre un recul » à l’égard du multiculturalisme, qui a été poussé « trop loin ».

L’exemple le plus frappant de ce recul du multiculturalisme nous est probablement fourni par les Pays‑Bas. Cet État a adopté l’ensemble de politiques de multiculturalisme le plus ambitieux de l’Europe de l’Ouest au cours des années 1980. À partir des années 1990, toutefois, on a commencé à réduire la portée de ces politiques, pour les abandonner presque complètement au cours des années 2000. Le multiculturalisme aux Pays‑Bas a été remplacé par des politiques sévères et coercitives d’« intégration civique », lesquelles (selon les opposants, du moins) ressemblent tout à fait à l’ancienne assimilation.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considèrent l’exemple néerlandais comme le prototype de « l’échec du multiculturalisme ». D’autres pays européens le citent pour justifier un recul de leurs propres politiques de multiculturalisme, ou pour ne pas adopter de telles politiques. C’est le cas, par exemple, en Grande-Bretagne, où le New Labour a largement abandonné son engagement à l’égard du multiculturalisme.

De plus, plusieurs pays européens qui avaient un jour envisagé le multiculturalisme suivent maintenant le modèle néerlandais, adoptant des politiques d’« intégration civique » coercitive – par exemple, l’Autriche et l’Allemagne. Et tandis que ce recul est le plus fort en Europe, on constate une tendance similaire en Australie […].

Ce contrecoup et ce recul mondiaux sont aujourd’hui si répandus que même les organismes intergouvernementaux internationaux qui avaient déjà promu le multiculturalisme s’en dégagent désormais. Par exemple, le Conseil de l’Europe a récemment déclaré que le multiculturalisme est simplement l’envers de l’assimilation, une affirmation qui est également fondée sur l’hypothèse d’une opposition irréconciliable entre la majorité et la minorité, menant à [traduction] « une ségrégation communautaire et une incompréhension mutuelle ».

Dans ce débat européen, le multiculturalisme est tenu responsable de toutes sortes de maux. En particulier, on affirme que le multiculturalisme a favorisé :
*la ghettoïsation résidentielle et l’isolement social des immigrants;
*l’accroissement des stéréotypes et, par conséquent, des préjugés et de la discrimination entre les groupes ethniques;
*le radicalisme politique, en particulier chez les jeunes musulmans;
*la perpétuation de pratiques d’intolérance entre les groupes d’immigrants, qui a souvent pour effet de restreindre les droits et les libertés des filles et des femmes.

Selon les opposants, ces problèmes s’aggravent depuis les années 1980, mais on n’en a pas tenu compte en raison de l’idéologie naïve et, en fait, pernicieuse, du multiculturalisme, qui tenait pour acquis qu’il était en quelque sorte « naturel » que la société soit divisée en groupes ethniques distincts et déconnectés, chacun avec ses propres espaces territoriaux, valeurs politiques et traditions culturelles. En conséquence, les sociétés européennes [traduction] « se dirigeaient en somnambules vers la ségrégation », ce qui a mené à une crise ethnique.

Les citoyens se félicitaient eux‑mêmes pour leur attitude de « vivre et laisser vivre » à l’égard des immigrants, tout en ne tenant pas compte des niveaux croissants de ségrégation et de marginalisation.

Voilà, en bref, le récit dominant au sujet du multiculturalisme en Europe. On dit avoir fait l’essai du multiculturalisme et avoir échoué, avec de graves conséquences sociales. Aujourd’hui, le multiculturalisme est répudié, à la fois par des pays et par des organismes paneuropéens.

Le seul remède maintenant consiste à insister pour que les nouveaux arrivants accordent la priorité à leur nouvelle identité nationale par opposition à leur identité ethnique ou confessionnelle d’origine – ils doivent accepter d’être « Néerlandais d’abord », du moins dans la vie publique, et renoncer à leurs revendications d’accommodements institutionnels ou d’expression politique de leurs identités ethniques. Pour qu’elles puissent être le moindrement préservées, les identités ethniques doivent s’exprimer uniquement dans la sphère privée, sans fournir de fondement aux revendications politiques de multiculturalisme.

Kimlicka estime que les Européens font fausse route et attribuent à tort au multiculturalisme des problèmes qui sont également apparus dans des pays, comme la France, qui ont eu une politique non-multiculturelle.

Les deux victimes du multiculturalisme

C’est possible. Mais quoi qu’on puisse penser de la qualité intrinsèque des politiques multiculturelles (que Kimlicka défend avec brio), on doit constater qu’après des décennies d’application, elles sont rejetées par les majorités européennes. Lorsqu’on veut promouvoir une forme de vivre-ensemble, son rejet par la majorité n’est-il pas, en soi, la preuve de son échec ?

L’écrasement du multiculturalisme européen n’est pas une bonne nouvelle. Les majorités s’estiment victimes de la naïveté des élites face à la difficulté de l’intégration, surtout des musulmans. Les minorités ethniques sont victimes du retour de balancier et de l’intolérance qui se faufile — non, qui triomphe — dans son sillage.

Ce concept aura donc été un double échec. Son incapacité à réussir son enracinement durable dans les consciences collectives d’une part, et d’autre part sa disparition trop brusque pour donner lieu à un nouvel équilibre intégrateur, respectueux des uns et des autres.

Demain: le Canada anglais a-t-il eu son quota de multiculturalisme ?

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Angela Merkel (Diplômée en Physique; Doctorat en Chimie Physique) apporte un vent de fraicheur que tous nos premier ministres formés à la même école (avocats ou juristes pour l’immense majorité d’entre eux; sinon, journalistes ou économistes) ne peuvent aisément apporter.

DOUBLE échec du Multiculturalisme
Commentaire à l’ACTUALITÉ, mardi, 19 octobre 2010
Le seuil de tolérance « normal » d’une population homogène face à l’immigration est atteint quand cette population se plaint d’envahissement, n’est plus capable de défendre sa culture, sa langue majoritaire et ses valeurs communes!
C’est exactement ce qui se passe au Québec depuis que le PLQ, fidèle au « multiculturalisme canadien » inonde le Québec d’immigrants (55,000 / an seulement au Québec) qui, trompés par des publicités fallacieuses et mensongères, arrivent au Québec – concentrés majoritairement à Montréal – et ne peuvent s’adapter ni s’intégrer convenablement suite au ras le bol des habitants nationaux qui se sentent menacés (V.g.-Les conflits et le profilage racial de Montréal Nord entre autres) ou parce que ces immigrants mal informés croient à tort, que ce pays « de tous les possibles » les acceptera comme citoyens à part entière sans qu’ils ne modifient leurs propres comportements, n’acceptent partiellement sinon entièrement la langue et la culture et les valeurs et coutumes de la société d’accueil. Nous ne sommes pas la poubelle du monde en détresse ! Immigrer implique des compromis de part et d’autre, mais ceux de l’immigrant sont les plus grands selon moi ! C’est un privilège que me fait la société d’accueil! Chez moi ca va! Chez les autres, je suis presque toujours un étranger… malgré tous mes efforts d’adaptation ! Mon accent me trahit, quels que soient mes déguisements 
Ces gens devraient d’abord venir chez nous en touristes… pendant quelques années et décider ensuite ce qui leur convient réellement.
Immigrant bien intégré au Mexique depuis plus de 12 ans, je sais de quoi je parle ! Je connais ma ville d’adoption depuis plus de 30 ans et connais le Mexique plus que la majorité des Mexicains eux-mêmes.
Le joyeux retraité de Mazatlán, Sinaloa.

En dehors des suchis, l’immigration peut servir de moyen de pression à la baisse sur les salaires dans certains domaines, ou encore pour fournir une main d’œuvre déjà formée (exode des cerveaux). Non les élites ne sont pas seulement naïves.

Les questions d’identité et d’immigration sont restées absentes du débat public pendant plus de 20 ans, et ce sont les xénophobes et autres intolérants qui ont choisis et préparés le terrain.

En évitant certaines bonnes questions, la classe politique et intellectuelle a donné le feux vert aux donneurs de mauvaises réponses.

Le multiculturalisme est une fiction, une pensée magique. La réalité est toute autre et il est illusoire qu’un pays d’accueil puisse se retrouver avec toute une brochette de minorités culturelles et ce sans que dans le temps nous observions des ghettoïsations de toutes sortes.

Il est même cruel et évidemment illusoire de faire croire aux nouveaux arrivants qu’ils pourront créer leur propre microcosme sans engendrer du même coup, à terme, une résistance de la part des accueillants à leur endroit.

L’Histoire nous montre que les groupes qui ont, à l’intérieur même de la société d’accueil, recréé le mieux leur société d’origine, sont ceux qui ont subi le plus les contre-coups de leur réussite.

L’assimilation, pour moi n’est pas synonyme de gommer toutes les différences, au contraire. Si l’assimilation est bien réussie, dans la plupart des cas, les nouveaux arrivants établissent des liens privilégiés avec les membres de la société d’accueil et même l’influence positivement dans presque tous les domaines de la vie. Pour y arriver il dépend de la société d’accueil de mettre en place les politiques, d’offrir des outils qui favoriseront cette assimilation harmonieuse.

Remarquons d’ailleurs que malheureusement le Canada sous l’impulsion de Trudeau s’est servi des principes du multiculturalisme pour banaliser, noyer l’idée d’une société québécoise distincte. Et c’est, je crois pour cette raison que pour beaucoup de québécois, il fut et demeure l’un des hommes politiques le plus haï.

Quoiqu’il en soit les flux migratoires, sur toute la planète ne feront que s’accroître et les contrées les plus riches ne pourront pas fermer éternellement leurs portes. Il convient donc d’identifier les politiques et les stratégies les plus efficaces pour les gérer.

Vous avez tous faux! Vous voyez la pointe diceberg , et vous videz vos munitions! Plongez en profondeur et vous comprendrez. Quand le bateau est en eau douce, les chats chantent et des souris dancent. Les qualités humaines font alors le plein. Dès qu’il entre en eaux troubles, les bas instincts se réveille et c’est la chasse aux coupables. L’humanité est vite évacuée, le naturel reprend le dessus. C’est ce qui se passe partout, le véritable problème est la crise économique. Pouvons nous en comprendre les origines? Reconsidérez la dynamique capitalistique et vous comprendrez que tous ceux qui tirent sur le multiculturel sont dans le champ.
« Tolerence »!! Erreur. Langage de nationalistes, n’est ce pas? Nous avons oublié le bilan du nationalisme le siècle dernier! Et nous en faisons le culte!
La Verité est que la terre est une jungle. Nous accueillons avec enthousiasme les cargaisons de richesses cueillies ou pillées ailleurs, mais rejetons les gens venus d’ailleurs! Ces gens retourneront d’ou ils sont partis, nous les suivrons avec des armes pour défendre nos intérêts.
La résurgence de la barbarie atteint son paroxysme, quand les Medias ne savent par quel bout la dénoncer ou plutôt éclairer la problématique de crises dans le monde.

M Lisée,

Pas besoin de se tourner vers l’Europe pour constater l’échec du multiculturalisme. Dans le ROC aussi il y a une remise en question majeure du dogme de Trudeau:

The Globe and Mail,le journal le plus influent du Canada anglais y va d’une remise en question majeure du multiculturalisme ; lequel devrait disparaître du vocabulaire canadien pour être remplacer par « pluralism » :

Editorial : Strike multiculturalism from the national vocabulary

http://www.theglobeandmail.com/news/national/time-to-lead/multiculturalism/editorial-strike-multiculturalism-from-the-national-vocabulary/article1748958/

Suite à cet éditoriale, je me suis tapé plus de 450 commentaires. Pour découvrir à mon grand étonnement que 90 % étaient négatifs par rapport au multiculturalisme à la Trdudeau.
….

Suite à la déclaration de Mme Merkel reprise par The Globe and Mail, plus de 500 commentaires ont suivi qui confirmaient la tendances négatives.

……………….

La difficulté de faire le débat tient au fait de cette nouvelle religion que constitue la rectitude politique qui nous empêche d’établir les paramètres du débat. Il y a deux variables qui comptent: Le nombre d’immigrant que l’ont peut recevoir;et, l’écart culturel entre eux et le pays d’accueil.

La fait de ne pas en tenir compte mène a une remise en question de la cohésion nationale d’un État. D’ou les réactions.

……

Comment le Québec peut échapper à la Burka canadienne:

http://www.vigile.net/La-burka-canadienne

Bonjour,
Ce qui semble évident, ce vent de xénophobie qui souffle trouve son origine des partis politiques de droite et d’extrême-droite qui ont besoin de fouetter les flancs de la plèbe par ce gros populisme. En espérant que ce vent de xénophobie ne frappera pas encore une fois la Belle Province. Qui ne se souvient pas de ce triste épisode d’Hérouxville où des paysans nationalistes à l’os avec le Fleurdelisé planté juste à côté de la grange avaient peur pour leur culture au lieu de s’occuper de leur agriculture en ayant jamais vu de leur vie un seul Maghrébin.Le danger guette le Québec, nous l’avons bien vu avec la Commission Bouchard-Taylor que, au dedans d’à peu près tous les nationalistes québécois, un Hérouxvillois sommeille et souvent,en prenant la proie pour l’ombre, le défoulement collectif avec cette tyrannie de la majorité n’attend que l’occasion de se manifester.
En effet, nous ne pouvons pas du tout comparer l’Allemagne au Québec. Le gouvernement péquiste il y a une trentaine d’années,ayant eu ce privilège d’Ottawa de choisir son immigration en tant que société dite distincte a mobilisé toutes les Maisons du Québec et souvent par l’entremise des Ambassades Canadiennes avec des chasseurs de têtes envahissant les campus universitaires de centaines d’universités maghrébines et d’Afrique afin de solliciter les étudiants de 2ème et de 3ème cycle en leur promettant mer et monde en venant s’établir ici dans la Belle Province, en ciblant l’immigration francophone comme il se doit.
De plus,en sollicitant ces universitaires bardés de diplômes en leur promettant la Terre Promise, ceux-ci arrivaient ici et constataient trop tard qu’il s’étaient fait passer un sapin à la québécoise en étant condamnés d’occuper des emplois de laveur de vaisselle et en conduisant des véhicules taxi. En conversant avec eux, la plupart du temps, ils laissèrent leur terre natale pour se retrouver avec des conditions pires et n’avaient même pas le pécule requis pour retourner chez eux. En plus de tout cela, ils étaient soumis à l’opprobre de la très accueillante société distincte et le plus vite qu’ils pouvaient afin de se soustraire de cette misère noire, ils allaient ailleurs au Canada où on les accueille avec respect et du travail à la hauteur de leurs compétences.
Par ailleurs, que les nationalistes l’apprennent une fois pour toutes. Le Québec a beaucoup plus besoin de l’IMMIGRANT que celui-ci a besoin du Québec ! L’immigration est un immense marché ouvert au plus offrant sur les campus universitaires et le Québec est en train d’y perdre la face car on n’attire pas les mouches avec du FIEL et du vinaigre. Et après, on joue les vierges offensées parce que la population du Québec stagne et le tort est encore sur Ottawa qui tente de nous assimiler par l’immigration massive. Pathétique et digne de la société distincte !
Finalement, combien d’Algériens, de Marocains et de Tunésiens venus ici constatent que l’éducation et les soins hospitaliers étaient de loin supérieurs dans le pays qu’ils viennent de quitter pour se retrouver ici Gros Jean comme devant en plus d’être ostracisé par la xénophobie ambiante qui n’est jamais très loin. Au plaisir, John Bull.

Permettez-moi de présenter, en toute modestie, un texte que j’ai déjà «commis»(comme un péché véniel) sur les quatre approches face à l’immigration:

16 novembre 2009
Par : Jean-Serge B. – Montréal

***«De manière quelque peu professorale, de manière pas très originale, je dirais qu’il y a, en gros, quatre attitudes face à l’immigration (j’en oublie peut-être une ou deux; si certaines personnes voient quelques autres approches, j’aimerais qu’elles me le fassent savoir).

1) L’INTÉGRATIONNISME PUR ET DUR (L’ASSIMILATIONNISME)

Certaines personnes (j’en ai connu quelques-unes) pensent qu’il faut intégrer totalement les immigrants et les assimiler (les rendre semblables aux citoyens de la société d’accueil) radicalement. Avec une telle approche, pas très éloignée de celle du Front national de Jean-Marie Le Pen (en France), il y a place pour peu d’immigrants. Sont acceptés ceux qui ont une culture presque semblable à celle de la société d’accueil.

2) LE MULTICULTURALISME (COMMUNAUTARISME)

Dans cette conception, britannique ou trudeauiste, il faut créer une mosaïque de cultures qui cohabitent, qui vivent les unes à côté des autres. La majorité n’a, à toutes fins pratiques, pas plus de «droits» que les diverses minorités ethniques, nationales et culturelles. Au Canada, le multicuturalisme a désavantagé les Québécois car les immigrants sont presque toujours prêts à apprendre l’anglais. Mais comme le pays n’est plus la création de deux groupes linguistiques (et des autochtones), les autres langues ont autant (ou plus) d’importance que le français. Il serait possible d’expliquer longuement cette approche mais je ne veux pas ennuyer les éventuels lecteurs.

Notons que le mot «multiculturalisme» a parfois un sens plus «neutre». Il désigne tout simplement des sociétés dans lesquelles il y a une pluralité de «groupes» culturels.

3) LA CONVERGENCE CULTURELLE

Certains intellectuels québécois (Fernand Dumont par exemple), assez proches du PQ et de la mouvance nationaliste ou souverainiste, ont proposé une sorte d’approche novatrice. Le principe, c’est qu’il faut, le plus possible, définir les caractéristiques essentielles de la culture d’accueil (la langue française, la laïcité, le respect des femmes, etc.) et qu’il faut affirmer, de manière claire et non équivoque, que ces caractéristiques fondamentales doivent être respectées par tous. Dans cette approche, il faut que la société d’accueil soit accueillante et qu’elle «encadre» et informe les nouveaux arrivants.

Dans cette perspective, il est clair que les immigrants ou immigrés peuvent, sans aucun problème, conserver les traits de leur culture «originelle» dans la mesure où ils ne vont pas à l’encontre des exigences essentielles de la société d’accueil. Cette perspective «ouverte» combine (ou tente de combiner) l’intégrationnisme et le multiculturalisme.

4) L’INTERCULTURALISME

Ce dont il s’agit ici, c’est de bien comprendre qu’une société qui accepte des immigrants doit accepter que le processus d’immigration va forcément «changer» dans une certaine mesure la culture de la société d’accueil. Il va aussi modifier la culture des nouveaux arrivants. En fait, il s’agit d’accepter que les cultures interagissent et s’interinfluencent. Si une société n’accepte pas cela, elle devrait renoncer à l’immigration. Si des immigrants n’acceptent pas cela, ils devraient rester chez eux.

N’étant pas un cuisinier intellectuel qui propose ses brillantes recettes, je dirais que, quant à moi, je pense que l’avenue possible pour éviter que l’immigration soit un désastre, c’est de combiner la convergence culturelle et l’interculturalisme. Mais à une condition: il ne faut pas que l’interculturalisme soit la même chose que le multiculturalisme. Il y a là une question de nuances. Mais dans un tel débat, essentielles sont les nuances!

Merci aux personnes qui auront le courage de lire ce texte un peu trop long et un peu trop professoral.»***

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

Chaque être humain doit être
1) une personne
2) faire partie d’une nation et
3) respecter toutes les nation .
Il faut être les trois à la fois et impossible de respecter la troisième sans respecter la deuxième et la première.
Je suis donc un individu nationaliste et internationaliste et toujours les trois à la fois .
Les pays nations d’Europe se sont battus durant des siècles pour faire respecter leurs fontières leurs cultures leurs langues et leurs religions et en quelques décennies le faux fédéralisme européen tente bêtement de tout détruire .

Puisque l’on vient d’évoquer la Commission Bouchard Taylor. Voici un extrait d’un texte qui s’intitule;

Elvis Gratton et les deux précieux ridicules:

(…)

« De quoi s’agit-il.

Tous les pays d’Occidents qui reçoivent un flux important d’immigration font face à un même problème : La remise en cause de leur cohésion nationale. C’est en ces termes politiques que le Royaume Unie et l’Australie ont posé la problématique des accommodements en créant des commissions sur le sujet. La France républicaine elle, l’a carrément posé en termes d’identité.

Or si c’est pays qui sont des États mature et qui ont des cadres juridiques pour préciser leurs cohésions nationales se sentent sérieusement interpellés par la situation, quand est-il du Québec, demie État annexé, qui reçoit 3 fois plus d’immigrants (en pourcentage) que la France et deux fois plus que les États-Unis.

La solution est pourtant simple pour le NOUS du Québec. Dans un premier temps, il s’agit de se doter d’une Constitution d’État ; incluant une Charte de la laïcité, notre Charte des droits, et un Code de citoyenneté. Le tout afin de baliser la problématique des accommodements. Et dans un deuxième temps, se donner au plus vite des assises d’un État souverain. »
…..

http://www.vigile.net/Elvis-Gratton-et-les-deux-precieux

réponse à monsieur john bull
le multiculturalisme pose problème et ce n’est pas en ignorant ou pire en méprisant les québécois que vous pourrez ajouter au débat: la xénophobie québécoise vous dites! mais vous en profitez pour ne pas vous rappelez des épisodes édifiants du roc comme le « speak white » de vos confrères anglophones si tolérants tant que ça se passe en anglais; ils ne respectent même pas le biculturalisme et vous parlez des grandeurs du multiculturalisme…
protéger sa culture n’est pas un acte de xénophobie; l’acte de xénophobie est plutôt le refus de s’intégrer, le refus de partager la culture dominante.
méprisant en affirmant que le droit de choisir ses immigrants est un privilège donné par ottawa et dont les québécois abuseraient…
et si les immigrants préfèrent aller ailleurs au canada que de s’intégrer à la culture de la majorité, ce n’est pas les choix des québécois qui contrairement à ce que vous-entendez sont accueillants, mais c’est leur choix et je crois qu’il faut respecter ce choix comme vous devriez apprendre à respecter la majorité des québécois qui tiennent encore à leur culture francophone… mais vous comprenez déjà cela puisque vous êtes capable de vous exprimer dans un excellent français; il ne vous reste plus qu’à accepter que parfois le multiculturalisme ne soit pas le choix des québécois qui tiennent à protéger leur culture, sinon on pourrait aussi vous accuser de xénophobie.

Pourquoi associer intégration des nouveaux arrivants à sa société d’accueil à xénophobie ?

C’est sans doute parce que le multiculturalisme, à terme, engendre et encourage la xénophobie. C’est pour cette raison, me semble-t-il, que nous devons éviter les sirènes du multiculturalisme à la Trudeau et plutôt rechercher la voie de l’intégration des nouveaux arrivants à la société d’accueil.

Malheureusement, au Québec, l’instrument important d’intégration que se voulait la loi 101 a été saccagée par la Cour suprême du Canada justement en s’appuyant sur des principes mis en place au nom du multiculturalisme. Ce travail de sabotage du Canada nuit énormément et profondément à la capacité du Québec d’intégrer ses nouveaux arrivants et vient contrecarrer nos efforts à cet effet.

Il est malheureux de constater que certains préfèrent antagoniser la relation immigrants-citoyens. Or, cette attitude ne fait que jeter de l’huile sur le feu que veulent justement allumer les xénophobes d’ici.

Il est évident que le capitalisme tel qu’on le vit présentement arrive à la croisée des chemins. D’autres voies doivent être trouvées et empruntées. Mais si le Québec veut y parvenir il ne pourra pas le faire s’il reste sous la botte d’un pays étranger qui lui impose une constitution et une Cour suprême qui lui sont tout aussi étrangers.

«Il est fréquent qu’un homme évite de se poser les questions qui comptent vraiment, pour ne retenir que les réponses qui lui plaisent.»
[François Barcelo]

Quelle que soit la religion, la frontière entre le fanatisme et la modération est très ténue et peu visible. La plupart des religions acceptent les aggiornamentos, pas l’Islam. La source de la sensation, de plus en plus perceptible, d’une menace pour la Démocratie, ressentie par les non-Musulmans des pays de démocratie pluralistes, réside dans les textes sacrés de l’Islam. Qui des Musulmans (Sunnites ou Chiites) osera dire qu’il faut revoir le Coran et les Hadith (les textes attribués à Mahommet) ? Personne! Qui osera affirmer qu’il faut réellement et « officiellement » adoucir, modérer les textes extrêmes? personne! Et si par hasard, quelques voix autorisées de l’Islam s’élevaient, qui ferait la mise à jour ? Personne ! Il serait immédiatement accusé par les Islamistes d’apostasie et sa vie menacée par une fatwa. La peine de mort pour apostasie enferme à triple tour Musulmans et Musulmanes dans un monde contrôlé au final par l’extrême inamovibilité des textes sacrés. L’Islam est la religion de l’absolue certitude : »il n’y a de dieu que Dieu ». Pour les Juifs et les Chrétiens c’est déjà moins absolu : » Tu n’adoreras qu’un seul Dieu ». Si l’on n’y prend garde, pour les pays laïcs non-musulmans à forte immigration musulmane et si des Musulmans responsables n’agissent pas assez rapidement, à terme la Démocratie risque d’être dévorée de l’intérieur, par le nombre, démocratiquement.
On peut sérieusement se poser la question, entre le Coran et ses innombrables exégèses, et les textes laïcs, égalitaires et démocratiques d’un État laïc, que choisiront les croyant(e)s ? « Il n’y a que dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ». Le challenge est plutôt élevé

J’apprécie beaucoup les lucides (quel mot piégé!) et perspicaces interventions de Denis Drouin et Denis Bergeron. Le multiculturalisme ne fait qu’amener de nombreuses personnes à voir partout du racisme, de la xénophobie et de la discrimination. Nous sommes là dans le vieux fief, insupportable, d’une «correctitude» politique et intellectuelle qui, prônant l’angélisme, engendre l’obscurantisme et la haine.

JSB

Bonsoir,
L’aggiornamento ici dans la société dite distincte se devrait d’être fait au plus sacrant par les nationalistes québécois pour enfin accéder à la modernité Canadienne en ce qui concerne le flux migratoire dont cette Belle Province semble ignorer par son déni habituel son attitude revancharde envers l’ÉTRANGE.
En effet, si on observe certains commentaires de nationalistes purs et durs, nous pouvons constater que la cassette de la faute d’Ottawa, la pauvre Loi 101 charcutée par la méchante Cour Suprême qui penche toujours du même bord, si on était un pays et toutes les jérémiades classiques entendues ad nauséam jusqu’à en donner la nausée….
De plus, une introspection ne vous ferait certainement pas de tort, vous les nationalistes québécois du : toujours la faute des autres ! Assumez vous ! que Monsieur Lucien Bouchard vous avait bien affirmé et le tout est restée lettre morte, bien évidemment….
Par ailleurs, si vous vous posiez la question du bouquin de Madame Germaine Guévremont soit Le Survenant où vous étiez égal à vous mêmes comme aujourd’hui avec votre ressentiment envers les Maghrébins. Dans Le Survenant de l’époque, les Polonais, pourtant plus catholique que vous les péquistes étaient plutôt regardés de travers en plus des Italiens qui venaient voler nos jobs, les Juifs, les Haïtiens du début de la diaspora au début des années 1960 qui étaient encore plus catholiques que vous et tralala lalaire….En plus, l’éternelle, séculaire et triviale rancoeur contre l’anglophone…. Et vous osez dire en 2010 que vous êtes OUVERTS et ACCUEILLANTS pour l’AUTRE…..Et maintenant,encore l’anglophone en plus du Maghrébins ! Et bien,ça va faire !
Finalement, si dans votre argumentaire de nationalistes, vous prétextez vouloir protéger votre culture et votre langue française, il est où le problème avec l’immigration maghrébine qui écrit et parle un français impeccable et infiniment meilleur que le vôtre ? Ah oui, la religion ! Ah bon ! Et pourtant, les Haïtiens, les Italiens et les Polonais étaient catholiques comme vous ? Et pourtant, désignés comme Pollock et Wasp en désignant l’anglophone et l’Italien. Mettez vous donc dans la peau de ces maghrébins arrivant ici bardés de diplômes de 2ème et 3ème cycle obligés de laver la vaisselle et de conduire des voitures taxi pour survivre. Ces maghrébins qui maîtrisent la langue française et ont un vocabulaire de 65,000 mots et plus pour s’exprimer dans la langue de Molière. Et bien, croyez en vos yeux et vos oreilles, afin d’être acceptés ici et vivre profil bas, ces maghrébins en adoptant le joual du pays viennent ici perdre de leur langue française en oubliant dans les tiroirs de l’oubli plus de 50,000 mots de cette langue belle pour finalement rester ce qu’ils furent, des immigrants et pas grand chose de plus… Allez ! Au plaisir, John Bull.

Il me semble évident qu’à la base, le problème en est un essentiellement religieux.
La religion est un bastion fourre-tout dans lequel on mélange tristement morale, valeurs, culture (…) et ethnicité.
Nous occidentaux, avons écopé des valeurs promues par le christianisme, que nous soyons croyant ou non.
Il en va de même avec l’islam, derrière lequel une multitude de nationalités se réfugient naturellement, spécialement dans leur vie d’expatriés.
On leur a promis naïvement qu’ils auraient toutes les libertés sans tenir compte du clivage morale et culturel inconciliable qui en résulterait dans leur pays d’adoption.
En fait, plusieurs d’entre eux aspiraient à recréer une partie de leur pays d’origine plutôt que de se soumettre à la culture de leur nouvelle terre d’accueil.
Mais notre identité et nos institutions sont issus d’une longue maturation et de révolution sociales, économiques et technologiques. Ainsi, ici les femmes se sont battu pour que l’on reconnaisse leur parole au même titre que celle de leurs époux il y a un siècle. Ce processus ne s’est pas opéré du jour au lendemain et ne s’est pas fait sans frictions importantes. Il en va de même pour l’accession des femmes au travail, aux hautes études et à leur autonomie complète. Ces choix sociaux (bénis selon moi) sont issu de NOTRE progression en tant que société et n’ont pas été partagé avec la totalité des autres cultures puisqu’elles n’ont pas eu le même cheminement historique et culturel que la nôtre. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que du jour au lendemain, ces immigrant adoptent avec facilité NOS valeurs et notre mode de vie sans résistance. Ce serait de la pure utopie.
Il importe donc de baliser une fois de plus le parcours et de filtrer ceux qui sont apte à s’y soumettre de ceux qui ne le sont pas. Tout en accentuant l’effort d’assimiler ceux qui on fait le saut géographique, mais pas culturel.

L’une des idées les plus simple consiste à inscrire dans la charte des droits et / ou la constitution que les droits humains priment sur les droits religieux. Car dans tous les problèmes d’accommodements [dé]raisonnables, il a été justement question de cela.
Nos sociétés occidentales ont tiré leur prospérité de leur sens de l’organisation, de la justice et des droits sur une base logique. Il importe de maintenir cette logique avant tout et de ne plus JAMAIS sombrer dans l’aplaventrisme devant les abérations religieuses.

Un républicain fait ce genre de discours et il sera traité de raciste d’un bout à l’autre du pays.

Le témoignage de John Bull est une insulte au peuple du Québec qui a toujours défendu son identité francophone. Beaucoup de haine et de mépris qui n’apportent rien de constructif. J’adhère totalement aux deux commentaires de Denis Bergeron et Denis Drouin tellement plus respectueux des autres.

Bonne article, M. Lisée mais avec un petit bémol; Votre commentaire sur Sarkozy.

La presse internationale a été injuste avec le dossier des expulsion. Pour comprendre cette décision du gouvernement français, il faut réaliser:

– Que légalement la France avait pleinement le droit d’expulser des gens vivants illégalement sur son territoire.

– Que dans le contexte actuel, il est plus facile d’acquérir la citoyenneté français par les voies illégales que légales (ubuesque mais vrai !)

– Que la Roumanie a reçu un fond spécial de l’Union Européenne afin de faire l’intégration sociale et économique cette population roumaine. Et qu’ils ont prit l’argent et non rien fait.

– Qu’en expulsant que les Roms, Sarkozy testaient la réaction publique avant de s’attaquer à un segment plus problématique; Les intégristes Islamique.

Les Français n’ont pas seulement un problème d’intégration sur les bras, mais bien une volonté de colonisation d’une partie de ces immigrants!

Voici deux sites qui pourraient vous éclairez sur la réalité française, sans le filtre de la rectitude politique:

http://www.ripostelaique.com/

http://www.fdesouche.com/

Bonne lecture !