Les détails de l’entente entre le ministre Barrette et les médecins de famille

La crise entre la FMOQ et le ministre Gaétan Barrette est terminée. Le Dr Alain Vadeboncoeur analyse l’entente dans tous ses détails.

signatures
Sante_et_science

Dans une négociation, il y a parfois un gagnant et un perdant. Alors, entre le ministre Gaétan Barrette et les médecins de famille, qui a gagné ? Et qui a perdu ? La réponse n’est pas simple.

Je dirais d’abord que c’est peut-être le patient qui a gagné. Mais tout dépend. Le patient aura gagné, au soir du 31 décembre 2017, si l’entente fonctionne et atteint ses objectifs, soit que 85% des patients auront alors un médecin de famille ; que les patients vulnérables seront pris en charge en moins de 30 jours ; et que les patients attendront moins d’une semaine pour voir leur médecin de famille ! Un rève ? On verra bien.

Et qui a perdu ? Personne, peut-être bien. Sans doute pas les médecins de famille. Il n’y a plus de quotas, l’application du projet de loi 20 est suspendue (pour l’instant), ils gagnent un meilleur contrôle de leur pratique et des changements qu’on souhaite positifs dans l’organisation des soins. En contrepartie, ils ont hérité de responsabilités et d’un défi majeur de mobilisation. C’est d’ailleurs le pari de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) : si les cibles seront atteintes, le projet de loi 20 disparaitra de la carte le 1er janvier 2018, tel que le prévoit l’entente.

Quant au ministre, il s’en sort mieux que plusieurs l’auraient prédit. Si le problème de l’accès est réglé, ce sera très bon pour lui – surtout juste avant l’élection de 2018. Et même si l’entente ne produit pas les effets escomptés, il pourra toujours blâmer les médecins et appliquer son PL20.

Régler la question cruciale de l’accès

Dans le texte de l’entente, les parties reconnaissent les «réels problèmes d’accessibilité aux services médicaux de première ligne au Québec» et la «volonté de la FMOQ de régler cette problématique de façon satisfaisante pour tous les Québécois».

L’entente mentionne ensuite – ce qui en surprendra quelques-uns après des mois d’invectives – qu’il est «impératif pour les Québécois que la FMOQ et le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) travaillent de concert pour atteindre l’objectif d’accroitre et d’améliorer l’accessibilité aux services médicaux de première ligne, et ce, dans un climat harmonieux» ! Je ne suis pas convaincu que les médecins de famille ont ressenti avec autant d’intensité ce désir «d’harmonie» ministériel, mais passons.

La phrase clé de l’entente est: «CONSIDÉRANT la volonté des parties de convenir d’une entente concernant l’accessibilité aux services médicaux de première ligne, laquelle aurait pour effet, advenant que le projet de loi no 20 (…) soit sanctionné, de surseoir à son application et de permettre son abrogation ultérieure, dans la mesure où les cibles d’accès aux services médicaux de première ligne sont atteintes».

Autrement dit, si les «cibles d’accès» sont atteintes, on vise l’abrogation du projet de loi 20, «au plus tard au 30 juin 2018 ou avant la fin de la session parlementaire du printemps 2018».

Les objectifs de l’entente

On constate que le ministère de la Santé et des Services Sociaux et la FMOQ partageaient les mêmes objectifs, que personne ne peut renier. La nouvelle entente permet :

– Que ceux qui le souhaitent aient un médecin de famille attitré;
– Qu’ils y aient accès en moment opportun;
– Que soit encouragé le travail en première ligne;
– Qu’on favorise l’interprofessionalisme et le travail d’équipe.

Comme le mentionnait à l’emission 24/60 le ministre Gaétan Barrette : «Dans l’entente, il y a un réaménagement des activités médicales particulières. Progressivement, on va demander aux médecins de passer moins de temps à l’hôpital. Les médecins spécialistes doivent participer à cela.»

La pratique de première ligne (l’inscription et le suivi de clientèle) sera donc dorénavant incluse dans les fameuses activités médicales particulières (AMP), tant décriées récemment, puisqu’elles poussent trop les médecins vers la pratique hospitalière. La FMOQ le proposait déjà.* On conserve toutefois la pratique à l’urgence, secteur très vulnérable en cas de découverture, dans les AMP prioritaires.

Exit, cette cible de 1000 patients par médecin, de même que la pénalité financière (jusqu’à 30%) associée aux mesures du PL20. En revanche, même si les quotas de patients sont abolis, on assujettit à un «nombre minimal de patients inscrits» (500) la reconnaissance des nouvelles AMP en première ligne, en fonction du «nombre d’heures (…) effectué».

L’élimination des AMP en établissement se fera ensuite par «tranche de 5 années de pratique en commençant par le plus grand nombre d’années» et en répétant l’exercice tous les 12 mois. Une approche prudente.

Chaque année, on évaluera l’impact de ces «nouvelles » AMP sur «la satisfaction des besoins de chaque secteur de pratique» et le cas échéant, on pourra recommander de modifier les ententes de manière à «éliminer les activités médicales particulières» progressivement, sans créer de pénurie dans les établissements.

Une série d’indicateurs permettront d’évaluer «le taux de comblement des besoins d’établissement en médecine de famille, le taux d’inscription des personnes auprès d’un médecin de famille, dans les réseaux locaux de services, le taux de comblement des besoins ainsi que des activités d’établissement par la médecine spécialisée.»

Une nouvelle gestion des effectifs médicaux

Toute cette gymnastique, qui vise une diminution graduelle des activités des médecins de famille à l’hôpital, impliquera en retour de recalculer ce qu’on appelle les Plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) et les Plans d’effectifs médicaux en établissement (PEM), un des grands irritants des relations entre les fédérations et le MSSS, dans la mesure où on juge arbitraires les décrets ministériels à cet égard.

Un changement majeur, dans la mesure où le MSSS avait toujours eu la main haute sur les décisions quant aux effectifs, c’est qu’un comité paritaire FMOQ-MSSS planifiera dorénavant les effectifs médicaux.

Une personne bien au fait du dossier affirme que le ministre pourrait avoir choisi une telle voix «participative» devant le relatif échec des équipes du MSSS. Après tout, le ministre a beaucoup jadis beaucoup décrié ce rôle du MSSS dans son ancienne vie de président de la FMSQ !

Enfin, une initiative reçue de manière mitigée par certains médecins, on planifiera dorénavant les plans d’effectifs pour chaque Groupe de médecine familiale (GMF), d’une manière très serrée, de manière à répartir les médecins finement sur le territoire.

L’inscription des patients

L’objectif le plus ambitieux est d’atteindre un taux d’inscription global à un médecin de famille de 85 % en décembre 2017. Pourquoi ce chiffre et non pas 100 %? Parce que 10 % à 15 % des gens ne veulent tout simplement pas d’un médecin de famille.

On vise également une plus grande disponibilité des médecins pour leurs nouveaux patients, notamment les plus vulnérables. Les cibles sont serrées : les patients vulnérables devront être vus dans un délai de 30 jours maximum après leur inscription. Pour les autres, on vise un délai moyen de 30 jours et un maximum de 90 jours.

Pour y arriver, la FMOQ mise beaucoup sur la mobilisation. L’entente mentionne d’ailleurs que la FMOQ «s’engage à être proactive et à déployer tous les efforts nécessaires pour inciter les médecins de famille à inscrire de nouveaux patients.»

Fort de l’appui de 142 membres du conseil sur 143, la FMOQ parie que ses médecins vont suivre. Elle n’a d’ailleurs pas le choix. Sinon, c’est le projet de loi 20 qui ressurgira des limbes.

Accès adapté et taux d’assiduité

Concernant la capacité pour le patient de voir son médecin en temps opportun, la FMOQ doit s’engager «par tous les moyens, à poursuivre la promotion de l’accès adapté, à former les médecins pour qu’ils adhèrent à cette méthode de travail et à leur apporter tout le soutien nécessaire pour faciliter leur transition vers cette nouvelle pratique.»

Un mouvement qui était d’ailleurs engagé depuis quelques années, mais qui trouvera bientôt un terrain d’autant plus fertile que les tensions ont été vives.

Quant au fameux «taux d’assiduité» (la proportion des visites effectuées auprès de son médecin), décrié par les médecins, on comprend qu’il ne sera plus individuel, mais bien national, à hauteur de 80%, et qu’il sera suivi en continu, afin de «mesurer l’assiduité générale des clientèles auprès de leurs médecins.» Autrement dit, il faudra que les médecins s’organisent mieux pour voir leurs propres patients.

Pour ce qui est des supercliniques, dont on a beaucoup parlé depuis la promesse des libéraux lors des dernières élections, on n’en savait pas grand-chose jusqu’ici, mais elles prennent forme avec cette entente.

Il s’agirait de Groupe de médecins familiale (GMF) d’un type particulier «R» pour «réseau» (donc GMF-R), qui s’annonceraient ni plus ni moins comme des alternatives à l’urgence, ouvertes 7 jours par semaine et 12 heures par jour, bien équipés avec des laboratoires et de l’imagerie. Tel que mentionné à Anne-Marie Dussault, pour le ministre «une superclinique, c’est le miroir de l’urgence pour les cas mineurs.»

De plus, on inclut dans l’entente la promesse «d’instaurer conjointement, dans un court délai, un système électronique permettant de faciliter l’obtention d’un rendez-vous auprès d’un médecin de famille, et ce, pour tous les milieux de pratique.» Une sorte de Bonjour-Santé, mais publique et universelle, une proposition reprise d’une promesse du ministre d’il y a quelques mois. Une excellente idée, si elle ne coute rien aux patients.

Responsabilités du ministre

Parmi les critiques des médecins, la question de savoir si le MSSS fera sa part pour supporter le travail en première ligne est revenu. On est sceptique quant aux intentions d’accélérer l’informatisation, d’ajouter du personnel et de mieux coordonner le tout.

Pourtant, le MSSS s’engage bien dans l’entente à mettre en place un «environnement favorable» à la pratique de première ligne, notamment pour l’inscription et le suivi, et à «déployer tous les efforts» possibles, «tout en respectant son cadre financier». On spécifie que «le MSSS doit collaborer entièrement à la réalisation de ces objectifs.»

On vise une «révision du soutien technique et administratif en CLSC et en UMF (GMF-U)», un «accès à un dossier médical électronique (DME) en établissement », un « accès efficace aux consultations spécialisées et aux plateaux techniques» et «l’implication pertinente des autres spécialités dans les établissements de santé».

Point important et demande de l’AJMQ, on entend aussi réviser la notion du «lui-même» dans les ententes, concept clé pour améliorer le fonctionnement des cliniques, largement répandu au Canada.

C’est qu’actuellement, le médecin doit au Québec «lui-même» effectuer les actes pour lesquels il est rémunéré ; une telle modification lui permettrait d’intégrer «la participation d’un professionnel de la santé autre qu’un médecin dans le cadre de la prestation d’un acte».

En clair, le médecin pourrait engager du personnel pour réaliser une partie de l’acte médical, un peu comme les technologues collaborent au travail du radiologiste.

On souhaite enfin une «adaptation des ententes pour refléter les données probantes qui découlent de la littérature médicale en lien avec les bonnes pratiques», porte ouverte vers une modulation souhaitable de la pratique selon la pertinence des interventions.

Bien sûr, tout cela reste un peu vague, notamment parce que le MSSS est tributaire de «la hauteur de ses capacités et responsabilités à contribuer à l’amélioration de l’environnement de pratique des médecins de famille.» Autrement dit, tout dépendra du Conseil du trésor, auquel il faudra rappeler, comme l’AJMQ le mentionne fréquemment, qu’un investissement en première ligne permet de diminuer les couts à l’hôpital.

Surveillance par un nouveau comité paritaire

Autre nouveauté, un comité paritaire (au nombre égal de représentants de la FMOQ et du MSSS) sera constitué «pour assurer le suivi de la présente entente ».

Ce comité évaluera «sur une base régulière, la situation de l’accessibilité aux services médicaux de première ligne et fait rapport aux parties en y incluant, le cas échéant, ses recommandations».

Le rythme des changements devrait d’ailleurs être le suivant, selon les tableaux de l’annexe I de l’entente :

Capture d’écran 2015-05-26 à 02.23.16

Suite à ces recommandations, la FMOQ et le MSSS «s’engagent, dans un délai maximal de trois mois, à apporter tous les correctifs jugés nécessaires dont notamment les correctifs ayant trait à la rémunération prévue à l’Entente générale, en cas de non-atteinte des cibles intermédiaires.»

La question des couts

À l’émission 24/60 de lundi, le chercheur Damien Contandriopoulos était plutôt sceptique quant la capacité de l’entente d’améliorer les pratiques sans accroître les coûts :

«Il y a certainement une capacité de produire plus de soins. Est-ce que ça va se produire sans qu’on change le mode de rémunération et (…) la nature des services qu’on a ? J’ai peur de ne pas y croire. Je pense qu’on va payer plus cher. Si le volume augmente, les couts augmenteront. Il n’y a aucune volonté des parties de réformer les modes de rémunération.»

Il faut mentionner qu’on retrouve dans le texte de l’entente une disposition qui vise le non-dépassement des couts : «Les mesures découlant de la présente entente ne peuvent donner lieu d’aucune façon à l’ajout de montants additionnels à ceux déjà prévus à l’enveloppe budgétaire globale». Le docteur Louis Godin va dans le même sens: «Ça se fait à l’intérieur des masses négociées. (…) Les mesures incitatives associées à cela seront prises à même les enveloppes déjà négociées.»

Un autre point que la population et le ministre Martin Coiteux suivront avec intérêt, surtout que le président de la FMOQ a aussi mentionné qu’une hausse de la rémunération pourrait survenir, mais qu’elle serait alors liée à une augmentation des services.

Mais lorsque madame Anne-Marie Dussault lui a demandé s’il y aurait une hausse des couts, le ministre a répondu la même chose : «Zéro. Il n’y a pas un sou de plus comme une négociation classique comme on a vu dans les dernières années.»

Mobiliser les médecins

Alors, optimistes ou pessimistes, les médecins? Ça dépend, je dirais.

Le président de la FMOQ, le docteur Louis Godin, était plutôt à l’optimisme à l’émission 24/60 de lundi soir :

«On va présenter des solutions qui vont être acceptées par les médecins de famille et dans lesquelles ils vont s’engager. Si on a fait ce choix-là, c’est qu’on est convaincu qu’on est capable de livrer la marchandise (…) Pour moi, le projet de loi 20, le 1er janvier 2018, ce sera chose du passé, cela n’existera plus.»

Certains médecins doutent pour leur part – avec raison – de leur propre capacité à tout régler, notamment si le support est insuffisant ou que l’informatisation n’avance pas. Pour ce qui est du PQ, il a déploré le manque de vision interprofessionnelle. L’absence de changements aux règles de rémunération a aussi été critiquée par plusieurs, dont le chercheur Damien Contandriopoulos et la CAQ.

À mon avis, il était impossible de régler l’ensemble des problèmes d’un coup. Il fallait d’abord s’attaquer au noyau dur du problème, l’accès au médecin, bien que d’autres volets, essentiels, devront s’y greffer.

Les réactions des médecins

Dans l’ensemble, on perçoit surtout un sentiment de soulagement, mais qui reste teinté d’amertume et de colère. Après tout, des liens de confiance se sont brisés ces derniers mois et les médecins ont été éprouvés par le projet de loi 20.

Certains de ceux-là ne voulaient rien savoir du projet de loi 20 et n’accepteront pas de travailler sous l’épée de Damoclès d’un projet adopté, mais suspendu.

J’ai dit à plusieurs d’entre eux de garder confiance au fil des mois, parce que personne – et surtout pas le ministre – n’avait intérêt à ce que le système plante. Aujourd’hui, ils sentent un poids de moins sur leurs épaules. Après tout, ce que les médecins préfèrent, c’est bien de soigner des gens.

Mais on comprend aussi que ce n’est qu’une accalmie, pour cette période de 30 mois qui promet par ailleurs d’être intense sur le plan des changements.

Le projet de loi 20 comme outil de négociation

Il faut reconnaitre au ministre l’audace d’avoir poussé les médecins (et tout le système) au bord de la crise, d’en avoir récolté les fruits et de s’en sortir finalement avec ce sourire un peu baveux qu’on lui connait, signant devant les caméras une entente qu’il qualifie «d’historique».

«Je ne me suis jamais considéré en guerre, a-t-il dit à Anne-Marie Dussault à l’émission 24/60, lundi soir. On a un groupe de médecins qui aujourd’hui s’engage à livrer ce que la population réclame. C’est un engagement que moi-même je n’ai jamais vu.» Même si la partie la plus difficile est pour l’instant terminée, certains médecins en doutent !

Gaétan Barrette a aussi confirmé sa réputation de négociateur. J’ignore s’il comptait appliquer son projet de loi 20. Peut-être craignait-il lui-même les risques. Mais il a joué le tout pour le tout, et maintenu un discours menaçant, qui l’a finalement servi. Je mettrais ma main au feu qu’il voulait aboutir exactement là.

Pour conclure cette négociation, il aura donc reculé d’un seul pas, avec cet engagement conditionnel à ne pas appliquer (pour l’instant) les dispositions du projet de loi 20 touchant les médecins de famille.

Le chemin choisi sera donc celui proposé par la FMOQ, sans quotas de patients. Un étonnant retournement. Selon le texte de l’entente, la Fédération hérite en contrepartie de la lourde responsabilité de s’engager «à accroitre et à améliorer l’accessibilité pour atteindre les objectifs et cibles identifiés dans la présente entente d’ici au 31 décembre 2017.»

Bon prince, le ministre a souligné à la télévision cet engagement : «Je salue les médecins de famille qui prennent les moyens pour répondre aux services de la population.»

Le meilleur compromis possible

Cette entente, même imparfaite, constitue à mon sens le meilleur compromis possible dans le contexte actuel de même qu’une résolution acceptable de la crise ayant secoué l’univers médical ces derniers mois. Fort heureusement, les deux parties ont accepté de jeter du lest.

Du point de vue des patients, si tout fonctionne comme prévu, il s’agira d’une avancée significative. C’est ce qui est le plus important. Et si tout le monde continue de travailler de bonne foi sur les points à régler, la première ligne sera vraiment transformée en janvier 2018.

Nous en sommes là, au sortir d’une crise un peu trop intense, qui a brassé tout le monde mais aussi poussé à la mobilisation et aux remises en question et suscité bien des réflexions utiles.

Il faut espérer que la suite sera à la mesure de l’énergie dépensée au cours des derniers mois.

[brightcove videoID=4133624634001 playerID=636457847001 height=509 width=600]

* * *

*Une version antérieure du texte soutenait que la proposition était aussi appuyée par l’Association des jeunes médecins du Québec et le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée. Ce n’est pas le cas.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

14 commentaires
Les commentaires sont fermés.

La COALITION SOLIDARITÉ SANTÉ considère que l’entente signée en grande pompe aujourd’hui entre le ministre Barrette et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ouvre la porte au développement et au financement d’un réseau de cliniques et supercliniques médicales privées.

C’est ce que retient la COALITION de la conférence de presse tenue conjointement par les deux parties ce matin.

Dans son communiqué de presse, la FMOQ parle de l’établissement de groupes de médecine de famille réseau (GMF-R) constituant « en quelque sorte les supercliniques […] pour les gens ayant besoin d’une consultation semi-urgente». Alors que pour le ministre, cette entente respecte l’esprit de son PL 20 sur l’accès à un médecin de famille, et ces supercliniques seront « rapidement déployées cette année ».

Pour la COALITION SOLIDARITÉ SANTÉ, la question de l’accès n’est pas que médicale. « Ce dont la population a besoin, c’est d’avoir accès au bon soin, au bon service par le bon professionnel au bon moment, et ça, c’est par une première ligne composée d’équipes multidisciplinaires, qui fait appel aux diverses compétences et à leur complémentarité, qui redonne aux services sociaux la place qui leur revient, qui facilite l’intégration des services, qui favorise une vision globale et sociale de la santé, et qui contribue davantage à une politique de santé et non seulement de soins de la maladie », déclare Jacques Benoit, coordonnateur de la COALITION.

Pour SOLIDARITÉ SANTÉ, le système québécois de santé et de services sociaux doit reposer sur une vision globale incluant une approche sociale de la santé et du bien-être, laquelle englobe les déterminants sociaux de la santé, dont les conditions socio-économiques, le développement de la petite enfance, l’éducation et l’environnement.

Selon la FMOQ, l’entente engagerait le MSSS à « la révision de certaines modalités touchant le travail interprofessionnel ». Jacques Benoit s’exclame : « On a un réseau public de première ligne, avec des équipes multidisciplinaires; ça s’appelle les CLSC. Pourquoi le ministre n’oblige-t-il pas simplement les médecins à y travailler comme le font les autres professionnels du réseau public de santé et services sociaux? Pourquoi remplacer un réseau public par un réseau de cliniques et supercliniques médicales privées?», questionne-t-il.

M. Benoit soupçonne que le Dr Barrette refuse de toucher au mode de rémunération à l’acte des médecins, une vache sacrée qui leur permet de maintenir leur statut d’entreprise privée et empêche une meilleure organisation et planification des soins et services publics.

«Quand le ministre déclare qu’il va quadriller la province avec des GMF qui détermineront les endroits de pratique des médecins, il nous dit qu’il va financer avec les fonds publics le développement d’un réseau de cliniques privées, des CLSC privés où prédominera une vision médicale de la santé», ajoute encore Jacques Benoit.

85 % des Québécois auraient ainsi un médecin de famille, ce qui correspondrait pratiquement à 100 % selon « la littérature scientifique », a aussi dit le ministre Barrette. Ça a fait sursauté Jacques Benoit : « C’est drôle : en commission parlementaire, Damien Contandriopoulos a déposé 100 références scientifiques contre le PL 10, mais le ministre n’en a nullement tenu compte! »

Le ministre a également déclaré que les Québécois auront leur médecin de famille d’ici le 31 décembre 2017. « Juste avant les élections provinciales de 2018! Sans doute un hasard… » fait remarquer M. Benoit, s’empressant d’ajouter : « Et après les élections, aura-t-on droit à une révision du panier de services assurés dans les nouveaux CLSC privés?… » http://www.cssante.com/node/521

Bravo!
Tiens dans ce billet dès les premières lignes de ce commentaire, je me sens en terrain connu, en confiance, et qu’en tant que: usager/patient/malade, payeur pour notre système de santé, je sens mes intérêts pris en considération.

Je peux lire dans le commentaire de la COALITION SOLIDARITÉ SANTÉ ce qui suit : Ce dont la population a besoin, c’est d’avoir accès au bon soin, au bon service par le bon professionnel au bon moment, et ça, c’est par une première ligne composée d’équipes multidisciplinaires, qui fait appel aux diverses compétences et à leur complémentarité, qui redonne aux services sociaux la place qui leur revient, qui facilite l’intégration des services, qui favorise une vision globale et sociale de la santé, et qui contribue davantage à une politique de santé et non seulement de soins de la maladie ». Cette entente favorise- t’elle vraiment une première ligne d’équipes multidisciplinaires ou perpétuons-nous encore le mythe que seul le médecin est notre salut. J remarque que les médecins seront dorénavant payés pour certains actes exécutés à leur place par d’autres professionnels (ceux-ci payés par l’état) , nous sommes loin du mode équipe nous sommes toujours en mode hiérarchique soit le médecin ordonne et les autres professionnels exécutent. De plus la limite pour atteindre la cible est l’année électorale, c’est toute une coïncidence. Autre coïncidence , le collège des médecins vient de changer les règles concernant le suivi annuel des gens en santé, il n’est plus requis…. Je termine en questionnant le fait que M. Damien Contandriopoulos, réputé scientifique en administration de la santé, affirme que cette entente ne règle aucunement les coûts mais plutôt que les coûts augmenteront.

Je ne partage pas l’optimisme de cette chronique. Ayant été administrateur au sein de divers conseils dans le Réseau de la santé durant 14 ans, j’ai retenu un certain nombre de choses: 1- notre système public de santé en est un de gestion de l’offre 2- la pratique veut que lorsqu’on veut habiller Pierre on déshabille Paul, ce qui va inévitablement arriver puisque cette entente ne touche pas fondamentalement ni les façons de faire, ni les modes de rémunération, ni l’implication des autres profession médicales. C’est donc une entente de docteur à docteur qui va immanquablement affecter les autres métiers (psychologues, infirmières, travailleurs sociaux, etc.) car plus d’actes médicaux signifie moins de travail en interdisciplinarité, pas par mauvaise volonté mais par restrictions budgétaires. Mes 14 années d’expériences m’ont aussi appris que rien n’est moins fiable que les statistiques du réseau de la santé et si on compte là-dessus pour mesurer la performance, bonne chance!

Comme l’exprimait Claude Castonguay hier au 24/60, il serait étonnant que cette entente permette d’atteindre les bonnes cibles. En effet, encore une fois, on a préservé les sacro saints privilèges des médecins, particulièrement la rémunération à l’acte, tout en laissant croire au bon peuple que le Ministre de la santé avait réussi à obtenir ce qu’il voulait et que conséquemment, les problèmes d’accès allaient miraculeusement s’arranger dans le réseau. S’il y avait eu de la part des groupes de médecins une volonté sincère de mieux servir les malades et les personnes vulnérables, et de favoriser l’interprofessionnalisme, pourquoi ne pas l’avoir démontré au cours des dernières décennies? Pourquoi cette négociation s’est-elle faite en circuit fermé avec les seuls médecins, laissant les autres professionnels de côté? Les médecins n’ont-ils pas réussi pourtant à s’accaparer la grosse part des dépenses en santé, ne sont-ils pas parmi les plus favorisés sur la planète? Il me semble que tous les Québécois seraient en droit de s’attendre à un peu plus de respect, eux qui n’ont de cesse de payer pour un accès gratuit…qu’ils n’ont pas. Bref, selon moi, cette entente est du grand cinéma, avec dans les rôles principaux un ministre de la santé qui a été lui-même un des grand responsables de la déplorable situation actuelle, et des mandarins qui ne veulent rien làcher du pouvoir qu’ils ont réussi à obtenir de gré ou de force. Comment espérer qu’il en soit autrement lorsque ce sont des médecins qui nous gouvernent et que ceux-ci retourneront tôt ou tard à leur pratique médicale? On ne le souligne pas assez: on nage dans le conflit d’intérêts, un conflit d’intérêts beaucoup plus préjudiciable aux Quêbécois que celui dont les libéraux essaient de nous menacer avec l’arrivée de Péladeau à la chefferie du PQ. Bref, je suis très pessimiste, car ce que les médecins ont réussi à gagner encore une fois, c’est du temps…et un peu plus d’argent car comme l’expliquait si justement Louis Godin ( qui lui aussi avait un petit sourire en coin au sortir des négociations) si on prend un million de patients de plus, il faudra bien recevoir une rémunération supplémentaire en échange. À coût nul cette entente, dites-vous? Le plan du Ministère se concrétisera petit à petit avec un glissement vers la médecine privée pour ceux qui ont des sous pour payer en double; les autres continueront à faire ce que les patients font de mieux: patienter. Attendons de voir maintenant quellle part les médecins spécialistes vont « consentir » pour atteindre les cibles…Et quelle » juste part » on va exiger encore une fois des autres professionnels de la santé à qui on hésitera pas à demander qu’ils se serrent un peu plus la ceinture pour atteindre le déficit zéro.
Avec tout ça, on omet de s’attaquer vigoureusement aux dossiers scandaleux de la surfacturation des soins mêdicaux et du coût prohibitif des médicaments au Québec. On préfère alourdir le fardeau fiscal de tous les citoyens plutôt que de mettre au pas l’industrie pharmaceutique et les médecins trop voraces. C’est vraiment désolant! Heureusement, il existe des regroupements de médecins dissidents qui osent dénoncer cette situation et nous consolent un peu de tous ces abus, mais on a l’impression qu’ils sont trop peu nombreux pour renverser la vapeur.

Il semble bien que j’aurais dû lire les commentaires déjà à ce billet, ce que je fais habituellement avant d’écrire le mien. Sauf que j’ai toujours l’impression, ici sur ce blogue en particulier d’y trouver que de la complaisance et de toujours être de trop. Aussi « j’écris sur des oeufs »
pour ne pas froisser qui que ce soit, le faire n’étant pas mon but de toutes façons.
Merci et bravo à vous aussi.
Pour une fois je ne me sens pas seul dans mon coin.
À vous lire aujourd’hui ainsi que plusieurs, je me rends compte que le vieil ignare que je suis, peut aussi se sentir en confiance et que des gens plus savants n’ont pas que des discours complaisants et ne penchent pas tous sur le même bord.
Je commençais à avoir des doutes! 🙂

J’aimerais bien partager docteur votre optimisme modéré mais je demeure assez sceptique.

1- Je suis plus dans l’idéologie Castonguay et comme lui je dit: « on verra ».
Tout est à espérer, rien n’est encore gagné et reste à faire. Dans le passé et comme par le passé, les médecins ont fait des promesses et même obtenu des primes spéciales d’incitations, mais d’une fois à l’autre les promesses n’ont jamais données les résultats promis. Et dans ce contexte, la ligne dure a cédé le pas encore une fois à des promesses.
« Je dirais d’abord que c’est peut-être le patient qui a gagné. Mais tout dépend. Le patient aura gagné, au soir du 31 décembre 2017… »
Dans le contexte, compte-tenu du passé et comme le 31 décembre 2017 c’est à venir dans presque trois ans, je dirais que dans le présent les médecins sont les gagnants.

« Une sorte de Bonjour-Santé, mais publique et universelle, une proposition reprise d’une promesse du ministre d’il y a quelques mois. Une excellente idée, si elle ne coute rien aux patients. »
Sans parler des coûts de notre système qui coûte déjà, puisqu’il n’y a rien qui ne coute rien. Mais qui ne coutera rien aux patients à l’inscription, lors de la demande d’un rendez-vous, pour accélérer la date de la visite et quoi d’autres ? On a déjà tout vue ou presque et les organismes concernés, le ministre, le gouvernement sont bien timides dans leurs actions pour y changer quoi que ce soit!

« Autre nouveauté, un comité paritaire (au nombre égal de représentants de la FMOQ et du MSSS) sera constitué «pour assurer le suivi de la présente entente ». »
FMOQ: Fédération des Médecins Omnipratriciens du Québec & MSSS: Ministère de la Santé et des Services Sociaux.
Encore une fois, le principal intéressé: l’usager, le patient, le malade n’aura pas son mot-à-dire. On décide pour lui ce qui est bon pour lui et comment ça s’appliquera. Tout le monde sauf lui pourra décider si les ententes ont été bonnes pour lui et respectées!

« Mais lorsque madame Anne-Marie Dussault lui a demandé s’il y aurait une hausse des couts, le ministre a répondu la même chose : «Zéro. Il n’y a pas un sou de plus comme une négociation classique comme on a vu dans les dernières années.»
» Le docteur Louis Godin va dans le même sens: «Ça se fait à l’intérieur des masses négociées. (…) » & « qu’une hausse de la rémunération pourrait survenir, mais qu’elle serait alors liée à une augmentation des services. »
Que de subtilités à comprendre et de sous-entendus à décortiquer!
L’entente n’amènera pas de hausse de coûts dans le cadre de la rémunération des médecins mais à cause de l’augmentation des actes accomplis, ça coûtera plus cher.
Et donc, cette entente, qui devrait améliorer la prise en main des usagers de la santé coûtera au Québécois plus cher. Je comprend ici une augmentation des coûts au poste de dépense de la santé!
Une majorité de travailleurs qui doivent suivre le rythme chaque heure de leur journée de travail, souvent au salaire minimum, peu importe l’augmentation des actes à accomplir, subissent des pressions toujours en augmentation pour arriver à faire baisser les coûts, et ce pour des salaires qui ont tendance à baisser en comparaison du même travail effectué il y a 15-20 ans, et souvent qui s’approche du salaire minimum et donc en dessous du seuil de pauvreté.
Ne serait-il pas grand temps de revoir:
1- le mode de rémunération à l’acte,
2- les primes qui ont l’a vu dans le cas des médecins mais qui sont remises en question dans tout les domaines parce qu’elles ne donnent pas les résultats attendus, à part pour des exceptions,
3- l’autonomie des médecins qui n’ont pas un superviseur ou patron directement pour les orienter d’une manière à la place d’une autre et qui pourrait coordonner plus régulièrement et directement leurs actions en fonction des besoins plus globaux à la place que chacun puisse décider en vase clos, le plus souvent ce qui est bon pour lui, ce qui est le plus rentable aussi ou en premier pour plusieurs. Par exemple, ainsi un patient pourrait être dirigé vers tel médecin ayant des disponibilités à la place de devoir chercher à l’aveuglette et voir ou être refusé chez un médecin déjà surchargé.

« À mon avis, il était impossible de régler l’ensemble des problèmes d’un coup. Il fallait d’abord s’attaquer au noyau dur du problème, l’accès au médecin, bien que d’autres volets, essentiels, devront s’y greffer. »
« À mon avis, il était impossible de régler l’ensemble des problèmes d’un coup. Il fallait d’abord s’attaquer au noyau dur du problème, l’accès au médecin, bien que d’autres volets, essentiels, devront s’y greffer. »
Effectivement, et je fais une prédiction qui est facile à imaginer, puisque cela a toujours ou souvent été évoqué, souvent à juste titre d’ailleurs, comme étant des obstacles et des raisons qui ont mené au défaut de tenir les promesses.
C’est pourquoi il faudra agir vite et efficacement. Notamment aux niveaux des médecins spécialistes, des autres professionnels pouvant accélérer l’acte médicale et diminuer la charge des omnipraticiens et ça demande aussi un très gros changement rapide de protectionnisme de leurs parts, comme des infirmières et des pharmaciens, ce qui ne pourra se faire sans entente avec eux aussi et gratuitement, et aussi au niveau de l’informatisation des systèmes et de l’interaction entre les différents services.
Toujours basé sur l’expérience passé, je prévois donc que tout cela ne sera pas en très grande concordance d’ici la tombée de l’ultimatum et que ce sera autant d’excuses pour expliquer une reconduite de sa date butoir ou pire!

Toujours basé sur l’expérience passé, je prévois donc que tout cela ne sera pas en très grande concordance d’ici la tombée de l’ultimatum et que ce sera autant d’excuses pour expliquer une reconduite de sa date butoir!

Je reprend à nouveau les paroles de monsieur Castongay: « on verra »!

MERCI DR VADEBONCOEUR POUR VOS INFOS, JE COMPRENDS LES ENJEUX DE PART ET D’AUTRE.
PATIENTE ATTEINTE DE CANCER A 58 ANS , IL Y A TOUT DE MEME UNE AMÉLIORATION ET UNE ECOUTE.
AIDE-TOI ET LE CIEL T’AIDERA…. DONC AVEC MA VOLONTÉ EET MES SPECIALISTES… JE SUIS LA…. NON SANS DOMMAGES COLLATÉRAUX AUX TRAITEMENTS D’IL Y A 15 ANS …. MON FILS EST HEUREUX AVEC SA DOUCE ET ILS M’ONT OFFERT UNE BELLE PETITE FILLE, CE QUI ME COMBLE. ENCORE MERCI POUR VOTRE PRÉSENCE, VOTRE REDACTION CLAIRE. BONNE JOURNEE FRANCE QUEBEC :=)

En revenant sur les coûts, j’entends à l’instant que le gouvernement de docteurs et de banquiers avec cette entente remet en vigueur la clause Bolduc qu’ils avaient eux même abolie.
Et ça n’aura aucun effet d’augmentation des coûts et surtout pas l’effet d’une augmentation de la rémunération?
Les docteurs Barette et Godin comme je l’ai laissé entendre dans mon précédent commentaire ont-ils l’art d’embélir la réalité par omission pour rester poli même si ça ne me tente pas beaucoup dans les circonstances?
Ce ne serait pas la première fois qu’on prend la population pour des sujets que l’on manipule dans tous les sens par des mots, des affirmations et leurs contraires tout en prétendant à l’honnêteté absolue!

Pour compléter à la suite des informations et commentaires les plus récents…que j’ai entendus…sur la question de l’absence d’augmentation, plus précisément sur le ZÉRO d’augmentation qui fera suite à l’entente entre le docteur Barette et le docteur Godin, c’est à se demander pour qui ce gouvernement de médecins et de banquiers et les médecins du Québec nous prennent.
La prime Bolduc qui avait été abolie, par ce gouvernement, est devenu le supplément Barette et ne causera pas d’augmentation dans les dépenses de l’état en santé: zéro.
Prime abolie + Supplément ajouté = Pas d’augmentation et Zéro dépense ????
Mais on nous prend pour des arriérés et des moins que rien.
En plus pour en rajouter à 24/60 jeudi soir, animé par Michel Viens, il, le docteur et ministre de la santé Barette, est allez d’explications sur les raisons d’existence et les avantages pour les patients de ce supplément qui n’est pas, selon lui un genre d’équivalent à la « prime Bolduc » modulé différemment, qui n’est pas une augmentation de revenus pour les omnipraticiens, qui sera de 200.00$ pour certains actes et qui ne nous coûtera rien.
Peu importe les raisons, bonnes ou mauvaises, même très très très bonnes, que bonnes et avantageuses pour celui qui paye, s’il doit débourser 200.00$ de plus qu’avant, ce n’est pas une augmentation et ça ne coûtera pas plus cher de…200.00$ pour lui s’il est de ceux qui devraient les payer ???
Comme distorsion malveillante et mensongère, ça gonflera un espace de plus dans ma liste et à 65 ans, elle commence à être longue.

C’est ce même gouvernement de docteurs et de banquiers qui a plongé les Québécois dans des mesures d’austérités sauf pour les médecins, qui selon eux n’en sont pas.
Ai-je besoin d’énumérer…tout ce qui a été coupé, qui est et qui sera coupé par manque d’argent ou de subventions?
—façons de faire avec les fonds de pensions déjà négociées et établies, renforcées par les signatures des parties…,
—augmentation qui sont négociée non seulement à la baisse, mais à « zéro » pour de longues périodes,
…pour ne nommer que cela!
Selon ce gouvernement: tout le monde doit faire sa part.
Même les subventions pour les logements sont passées de 3000 à 1500?
C’est pour ceux qui savent compter: 50%!
Cinquante pour cent de moins à qui?
À des gens qui ont déjà moins que des revenus sous le seuil de la pauvreté!
Mais les médecins, eux, sont exempts de la même médecine des docteurs.
C’est écoeurant! Comment le qualifier autrement? Je suis écoeuré!

Les augmentations accordés aux médecins par un médecin, docteur Bolduc d’abord et docteur Couillard par la suite pour faire du rattrapage n’auraient jamais dû avoir lieu. Les comparaisons avec ailleurs ne sont pas, plus supportables et ne l’ont jamais été. Et elles ne le sont pas par ce gouvernement, sauf exception pour les médecins. D’autant plus que nous n’avions pas les moyens et pour les autres travailleurs et pour toutes sortes de domaines de notre société, c’est ce que nous rappelle ce gouvernement journalièrement.
Puis comme on a coupé ou qu’on coupera pour les autres travailleurs, même en trahissant des ententes signées, lorsque l’on a reporté certains montants à payer au médecins, pour être juste et constant, l’on aurait dû également abolir ou ramener à la baisse les ententes convenues.
Le Québec n’a pas les moyens et c’est le cas depuis longtemps, pour les médecins comme pour d’autres, les moyens de supporter les mêmes conditions de travail qu’ailleurs. Les québécois le savent, les gouvernements nous le disent: qu’on fasse en conséquence. Hors ce gouvernement en particulier nous le répète et veut agir, sauf pour les médecins.
Ce n’est pas vraie, qu’il fasse avoir que les meilleurs pour faire fonctionner quoi que ce soit!
Tout comme on ne peut pas empêcher qui que ce soit de partir chercher le bonheur ailleurs. Ceux qui restent sont à l’oeuvre et feront ce qu’il faut. Plusieurs sont partis et sont revenus et pas des moindres et que des deux de pique.

Ce n’est pas vraie, que tous doivent faire des sacrifices à la hauteur de leurs « moyens et capacités ». Quelqu’un peut me dire, quelle est la capacité de quiconque a des revenus sous le seuil de la pauvreté? Comme pour ceux qui auraient besoin d’un logement subventionné, dont l’attente peut aller jusqu’à 25 ans?

Il semble bien qu’entre médecins on se comprend et on s’appuie sans condition!

Et maintenant que d’ici les prochaines élections tous et chacun auront leur médecin de famille accessible et ce rapidement, et le reste? Tout le reste?
Tout le reste?
Oui, ce qui est aussi si non plus important que le médecin de famille, après l’avoir consulté, le spécialiste? Et ça peut être une question de survie.
Un exemple seulement: le dermatologiste.
Un grain de beauté ou un cancer mortel?
Qu’est que j’ai docteur?
Mais où sont-ils donc?
Ils s’occupent de botox, avec les frais innérants qui les enrississent grandement!
Y-a-t-il possibilité d’allez voir un dermatologiste sans avoir des frais à payer?
Y-a-t-il seulement une possibilité d’obtenir un rendez-vous chez un dermatologiste?
L’émission à télé-québec: une pilule, une petite granule nous a apprit que les délais d’attente pour en voir un peuvent aller jusqu’à 30 mois en région.
Ça c’est après en avoir trouvé un qui vous donnera un rendez-vous!
Moi je suis de l’arrondissement de Saint-Laurent, après avoir 22 appels à celui à qui j’avais été reféré, 13 messages laissés (sur le répondeur) sans jamais un seul retour, j’ai finalement rejoint, oh miracle, la secrétaire il y a 2 semaines. Le docteur ne prend pas de nouveaux patients! Et si j’avais été une patiente à qui du botox aurait pu lui être proposée?
Mon médecin de famille, m’avait donné cette référence il y a onze mois. Je dois le revoir mardi prochain…pour mon examen annuel et le renouvellement de mes prescriptions. Et beaucoup de choses ont changé au niveau des raisons de voir un dermatologue depuis 11 mois.
Depuis le refus, j’en ai eu 5 autres, dont à l’hôpital Sacré-Coeur.
Qu’est-ce qui restera?
L’urgence de l’hôpital Sacré-Coeur?
C’est ce que nous saurons dans une semaine!

Il y a moins de 20 ans encore, le médecin qui devait vous reférer à un autre, demandait à sa secrétaire d’obtenir le rendez-vous et avant de quitter sa consultation, ou son bureau vous saviez où et quand. Au pire sa secrétaire vous rappelait!
Et ce n’était pas au privé! Et c’était sans frais!

Mais qu’est-ce qui a changé autant que celà dans nos sociétés, en santé comme dans tout les domaines?
On vous offre toujours plus, mais toujours moins est accessible sans frais supplémentaire?
Le soucis et la possibilité de toujours faire plus d’argent, d’augmenter toujours plus la productivité pour une meilleure rentabilité, pour une rentabilité toujours plus grande, même les nouvelles doivent être rendues en moins de mots à la minute, et la montée fulgurante de la droite néo-libérale!