F-35, Rafale : la valse des avions de combat

Le groupe français Dassault Aviation vient de promettre monts et merveilles au Canada s’il choisit son avion de combat Rafale pour remplacer sa flotte vieillissante de F-18 américains. Mais est-ce là un meilleur choix pour Ottawa que les F-35 de Lockheed Martin ?

Photo : Patrick Baz / AFP / Getty Images
Photo : Patrick Baz / AFP / Getty Images

Le groupe français Dassault Aviation vient de promettre monts et merveilles au Canada s’il choisit son avion de combat Rafale pour remplacer sa flotte vieillissante de F-18 américains. Mais est-ce un meilleur choix pour Ottawa que les F-35 de Lockheed Martin ?

Pour l’instant, aucun autre pays que la France n’a choisi le Rafale, qui est presque aussi coûteux que le F-35 — tant à l’achat qu’en coûts d’opération.

Pire : selon le Livre blanc de la défense français publié en avril 2013, les achats par l’Armée française vont sérieusement diminuer dans les prochaines années.

Dassault doit fabriquer au moins 11 Rafale par an pour que la production reste rentable, selon le magazine L’Usine Nouvelle — ce qui ne sera plus possible après 2019, à moins de trouver preneur à l’étranger.

La compagnie négocie, depuis plusieurs années, un contrat pour la vente de 126 Rafale à l’Inde, au coût de 12 milliards de dollars. En outre, elle vient d’annoncer que le transfert de technologie vers ce pays était bouclé.

Mais la vente n’est pas encore ferme, et l’avenir de ce contrat se jouera probablement aux prochaines élections en Inde, prévues en mai.

Dans les dernières années, Dassaut a tenté sans succès de vendre son avion à plusieurs autres pays.

Son échec le plus récent remonte à décembre, alors que le Brésil a plutôt choisi le Gripen de la compagnie suédoise SAAB, à l’issue de son appel d’offres pour l’achat de 36 avions de combat, estimé à 5 milliards de dollars.

Le Gripen — un avion moins «hi-tech» et moins coûteux — a satisfait le gouvernement brésilien, peu enclin à dépenser beaucoup pour la défense alors que le pays est aux prises avec de multiples autres problèmes. Plusieurs autres pays l’ont aussi choisi pour les mêmes raisons.

Selon le PDG de Dassault interviewé par le quotidien français Le Monde, le Canada est, en plus de l’Inde, l’un des quatre pays où la compagnie espère désormais caser le Rafale, où elle compte «sur un contrat potentiel d’une soixantaine d’avions». L’opération de charme a donc commencé…

Mais Rafale, Gripen et F-35 sont loin d’être les seules solutions potentielles au remplacement des F-18.

Le blogue Defence Watch, qui suit de très près ce dossier, voit au moins 7 modèles d’avions de combat capables de répondre plus ou moins bien à cette commande.

Cela dit, dans les mois passés, plusieurs pays ont revu à la baisse leurs ambitions en matière de combat aérien, en raison du coût très élevé de ces engins.

La US Air Force vient notamment d’annoncer qu’elle va mettre au rebut 500 avions de combat en cinq ans, conséquence des coupes budgétaires envisagées par le Congrès.

Cependant, les États-Unis restent de loin les premiers propriétaires d’avions de combat au monde, avec 2 850 engins — soit 18 % du total mondial, selon le rapport World AirForce 2013 (pdf).

Plus que jamais, les avionneurs ont bien du mal à trouver preneurs pour leurs chasseurs.

Depuis décembre 2012, Ottawa réexamine les options disponibles pour remplacer les F-18. On ne sait pas encore quand aboutiront ses réflexions.

Le cœur du gouvernement Harper penche encore, dit-on, du côté des F-35, même s’ils seraient définitivement un mauvais choix.

Quelle que soit la solution qu’il retiendra, en autant que la preuve soit faite que cette dépense est vraiment nécessaire, il faut espérer que la raison le poussera à négocier très très serré.

* * *

À propos de Valérie Borde

Journaliste scientifique lauréate de nombreux prix, Valérie Borde a publié près de 900 articles dans des magazines depuis 1990, au Canada et en France. Enseignante en journalisme scientifique et conférencière, cette grande vulgarisatrice est à l’affût des découvertes récentes en science et blogue pour L’actualité depuis 2009. Valérie Borde est aussi membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du gouvernement du Québec, en plus d’être régulièrement invitée dans les médias électroniques pour commenter l’actualité scientifique. On peut la suivre sur Twitter : @Lactu_Borde.

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Le Rafale n’a absolument aucune chance. Le Canada est inféodé aux États-Unis en matière de défense. L’avion sera américain, quel que soit le modèle. C’est décidé depuis l’abandon de l’avion canadien Avro dans les années soixante.

Le F-35 n’est même pas papable d’apponter. Pour corriger le problème il faudrait complètement revoir le design de l’avion, autrement dit recommencer à 0. De plus plusieurs militaires n’aiment pas son monomoteur. En cas de panne de moteur dans le grand nord, le pilote est condamné à mort. Pour les performances, en compétition le F-35 c’est fait descendre au canon par un Rafale. Il y a de quoi a avoir honte.

Le F-35 est un échec, du moins pour le Canada.

Le F-35 est un citron très coûteux que le Canada devrait éviter à tous prix. De toute façon, dans l’état actuel des finances fédérales canadiennes, nous ne pouvons plus nous l’offrir, quoique prétende la compagnie Lockheed, qui ose encore prétendre que le pris unitaire du F-35 serait d’environ $75 millions, au lieu du $165 M à $265 M (selon la version) que les analystes neutres mentionnent. Que devrais donc acheter le Canada? La solution la moins chère serait de se procurer la dernière version du F-18 Super Hornet, qui possède une capacité furtive partielle, a deux réacteurs et contient le dernier cri en matière de capteurs et électronique, à la moitié du prix du F-35. Autre avantage: nos techniciens et pilotes sont déjà accoutumés au F-18. Le Rafale, quand à lui, est plus cher mais est un excellent avion qui a été prouvé au combat et qui est en production. Acheter un avion français briserait avec une longue politique canadienne d’acheter seulement des avions de combat américains, mais Dassault offre des compensations industrielles très alléchantes. Le Saab Grippen suédois n’est pas un mauvais avion, mais il a le même défaut de base que le F-35 du point de vue de la défense du Nord canadien: il est monomoteur. Un autre candidat possible est le F-15 Silent Eagle, une version semi-furtive du F-15 de supériorité aérienne dont l’électronique à été mise à jour. Le F-15SE a l’avantage d’avoir un long rayon d’action, un atout certain pour patrouiller le ciel canadien, et sa version de base a été amplement prouvée au combat. Au final, je dirais d’acheter le nouveau F-18 Super Hornet furtif, si le prix est le facteur considéré le plus important, ou le Rafale, si les performances en vol sont jugées comme étant le facteur primordial. Dans tous les cas, le Canada devrait éviter d’acheter le F-35, un avion à la conception déficiente à la base et qui refuse toujours de délivrer les très nombreuses promesses faites par Lockheed-Martin, malgré des années de retard.

le rafale serai aussi cher a l’achat et en cout de dfonctionnement que le F35 ?! ce n’est pas ce que disent les techniciens de chez Dassaut au contraire, la maintenance est de part sa conception évolutive ( remplacement standard éclair de piéces et du moteur ) demande moins de personnel au sol économie sur le long terme, la detections électronique des problèmes réduit encore le nombre de personnel, le prix est moindre finalement que celui du F35, du typhoon…