Un unilingue anglophone comme vérificateur général

Encore une fois, le gouvernement Harper  a choisi un unilingue anglophone pour occuper un poste clé de l’appareil fédéral. Pour se justifier d’avoir choisi Michael Ferguson pour vérificateur général, les ministres répètent à qui mieux mieux que la décision est fondée sur le mérite. Comme si être bilingue n’était pas méritoire, mais accessoire pour un anglophone et obligatoire pour un francophone. Parce que des unilingues francophones, on n’en voit jamais de nommés aux plus hauts rangs des institutions fédérales.

L’avis annonçant le poste vacant et énumérant les conditions d’embauche du remplaçant de Sheila Fraser était pourtant clair. Il disait: «La maîtrise des deux langues officielles est essentielle», (Je souligne.) Qu’est-ce qui est si difficile à comprendre dans tout cela?

En faisant fi avec autant de légèreté d’une exigence aussi fondamentale, le premier ministre envoit le signal au reste de la machine que les exigences en matière de bilinguisme peuvent être ignorées.

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« Le gouverneur en conseil nomme un vérificateur général par commission sous le grand sceau, après consultation du chef de chacun des partis reconnus au Sénat et à la Chambre des communes et approbation par résolution du Sénat et de la Chambre des communes. » [extrait de http://nominations.gc.ca/prflOrg.asp?OrgID=AUD&type-typ=1&lang=fra%5D

C’est donc dire que le PLC et le NPD ont également raté une belle occasion d’appuyer le bilinguisme dans ce cas-ci…

À la question que vous posez il est évident que la réponse est oui. Mais au-delà de ça, est-ce qu’il ne serait pas temps de tirer les leçons de ce qui se passe actuellement ?

Et quelles conclusions tirer ? Quant à moi, la conclusion est la suivante : Le bilinguisme à la canadienne, ce n’est qu’un pas à franchir pour qu’à la fin il ne soit plus nécessaire que pour les francophones.

Et c’est bien le dilemne. En soi le bilinguisme, tout le monde s’entend pour dire que c’est un enrichissement. Mais dans le contexte canadien c’est comme une overdose homéopathique de Belladone ou de cyanure.

C’est la ciguë que les anglais dominateurs ont forcé les Canadiens français à ingurgiter au fil des temps.

D’abord en les isolant les uns des autres avec les lois proscrivant le français dans certaines provinces.

Ensuite en culpabilisant les francophones du Québec de ne pas être bilingues. Songez aux milliers de gens qui se réveillent la nuit parce que leur enfant ne peut pas fréquenter une école anglaise.

aussi avec des gouvernements ambigus qui n’ont pas encore compris que le français doit être la langue de travail dans toutes les entreprises du Québec. Comme Le suédois l’est en suède, le Danois au Danemark l’anglais en Angleterre l’Allemand en Allemagne etc. Non, ici la gloire c’est être bilingue. Et le summum, c’est la nécessité de parler anglais même comme serveuse dans un restaurant de «fast food».

je pourrais continuer longtemps ce n’est pas bien difficile les exemples et les possibilités abondent. Mais à quoi bon. Je m’arrête parce que je dois plutôt consacrer mes énergies à perfectionnr ma connaissance de l’anglais.

Mieux vaut prévenir. Qui sait si je ne devrais pas un jour communiquer avec la cour Suprême ou le vérificateur.

Ou un ministres de ce gouvernement qui prétend me représenter.

À propos de ce bilinguisme, ce fut historiquement un miroir aux alouettes de la part de M. Trudeau d’avoir pondu cette aberration. Ce bilinguisme a bond dos maintenant et sert très bien les fédéralistes à nous laissés croupir dans une fédération qui à l’évidence ne peu fonctionner. Comme on dit, prenons nos clics et nos claques et sacrons notre camp et rien que sur une gosse. Vive l’indépendance du Québec!

@François 1 – Parler français au Canada ce n’est pas faire de la politique. Depuis quand la connaissance des deux langues officielles n’est pas une compétence ? Depuis quand n’est-ce que de la politique ?

@Yann:

« « Lorsque le premier ministre m’a avisé de son intention de nommer Michael Ferguson au titre de vérificateur général, je lui ai répondu que l’examen du dossier a soulevé des inquiétudes de notre part, a déclaré M. Rae. Non seulement son Curriculum Vitae ne démontrait pas une expérience suffisante et une connaissance approfondie des enjeux nationaux, il semblerait maintenant qu’il ne maîtrise pas les deux langues officielles. Le fait que M. Ferguson ne répondait pas aux critères énoncés par le gouvernement lui-même NE M’A PAS ETE PRESENTE PAR M. HARPER. » (Mes majuscules)

http://www.liberal.ca/fr/salle-des-nouvelles/les-libraux-sopposent-la-nomination-de-michael-ferguson-comme-vrificateur-gnral/

En passant, François 1, considériez-vous Sheila Frazer moins compétente du fait qu’elle parlait les deux langues officielles ?

Je suis d’accord avec Mme Cornellier, être bilingue est méritoire et pour un poste tel que vérificateur général, être bilingue fait parti des compétences à posséder. Je ne comprends pas très bien François 1, comment l’incapacité de communiquer avec 25% de l’électorat est devenue une compétence?

Et Gilles je suis d’accord avec vous en partie, mais je crois que vous allez beaucoup trop loin. L’anglais ce n’est pas juste la langue de l’autre Canada, c’est aussi la langue internationale. J’ai travaillé dans une entreprise internationale allemande au Canada et pour vous contredire, la langue officielle était l’anglais. Je fais régulièrement affaire en Europe et là encore dans la majorité des pays tel que la Suède et le Danemark, l’anglais prime encore dans les entreprises de taille. Mieux, la majorité des pays Européens non-anglophones se parlent en anglais, parce que c’est la 2e langue de pratiquement toute la planète. Allez dans n’importe quel pays qui n’est pas francophone et on vous adressera en anglais. Il n’y a pas de complot des méchants Canadiens anglais pour nous forcer à apprendre leur langue… Ce qu’il y a c’est des francophones qui comprennent la valeur de parler la langue internationale et des anglophones paresseux qui ne voit pas l’avantage d’apprendre le français s’ils n’ont pas de plans de quitter leur province natale ou de faire de la politique fédérale. C’est plutôt simple et c’est le problème auquel il faut s’attaquer. On n’a pas besoin d’inventer des complots et des conspirations.

Ceci étant dit, je suis bilingue et je trouve ceci complètement inadmissible. Harper fait fît de l’électorat francophone et envoie le message aux Canadiens anglophones qu’apprendre le français n’est pas quelque chose de prioritaire ou même d’important. Il semble que le Québec commence à payer pour ne pas avoir voté conservateur… Sortez Harper quelqu’un.

à François1
J’attends la nomination d’un francophone unilingue compétent à un poste élevé de responsabilités gouvernementales fédérales puisqu’il y a des traducteurs pour ça!

Pour moi, la nomination d’un unilingue anglophone ne me dérange pas du tout. Au contraire, ça me plait car bientôt, très bientôt je l’espère, avec tout ce qui se passe à Ottawa, les citoyens du Québec vont peut-être finir par comprendre qu’on se fiche de nous et qu’il serait temps de passer à autre chose au lieu de chialer: la création d’un vrai pays.

@ loraine King

En leur qualité de partis d’oppostion reconnus comme tels à la Chambre des communes, le PLC et le NPD auraient dû voir plus loin que le bout de leur nez et se pencher sur ce dossier pour ensuite dénoncer publiquement cet état de choses. Manifestement, ils ne l’ont pas fait, avec le résultat qu’on connaît…

Mme Cornellier,

Poser la question, c’est y répondre!

Le mépris avec lequel les canadiens-anglais traitent les francophones de ce pays se reflète dans une multiplication de gestes qui peuvent sembler anodins de manière individuelle, mais dont l’accumulation finira par faire déborder le vase, du moins dans la province de Québec. Car les francophones hors-Québec se sont résignés à n’être que des citoyens de deuxième classe et à devoir plier l’échine devant le premier unilingue anglophone qui hausse le ton, qui se moque de leur accent ou qui leur sert la fameuse expression : «sorry, I don’t speak French!».

La légendaire aversion des canadiens-anglais à apprendre une langue seconde en général et le français en particulier fait partie de ces irritants qui accroît le clivage entre les deux solitudes. Et il y a de ces francophones ayant un complexe d’infériorité, de colonisés ou de quasi-assimilés qui trouverons toujours normal que des unilingues anglophones occupent des fonctions ayant un caractère symbolique ou qui sont des porte-étendards de l’État, qui excuserons toujours les canadiens-anglais qui s’entête à refuser d’apprendre la langue française et qui mépriserons les francophones qui ne parlent pas anglais couramment.

La population de la province de Québec a décidé de réintégrer le jeu du Canada le 2 mai dernier. Mais si le Canada continue à faire fi de ses propres lois sur des questions aussi épidermiques que la langue ou perpétuent l’imposition de la monarchie, je ne suis pas certain que les québécois continueront à jouer à un jeu où les règles sont constamment bafouées.

À l’instar du concept de harcèlement, l’accumulation de ces actions à caractère idéologiques ou francophobes et le non respect de certaines valeurs communes à l’ensemble des québécois, feront probablement qu’un jour, le sentiment nationaliste refera surface avec plus de vigueur que depuis le phénomène d’atténuation que le Québec ait connu depuis le référendum de 1995.

Je fais confiance au RduC pour créer les conditions gagnantes d’une nouvelle crise constitutionnelle ou linguistique par inconscience ou tout simplement par des actes aussi irréfléchis que ces dernières nominations d’unilingues bornés et étroits d’esprits.

Si le RduC ne pratiquaient pas l’aveuglement volontaire, ils seraient plus enclins à pondérer leurs actions en fonction des préoccupations de la population de la province de Québec, des Acadiens et autres francophones hors-Québec qui ne possèdent pas encore le réflexe du parfait assimilé.

@Yann, Les partis d’opposition devraient surtout ne jamais prendre la parole de Stephen Harper comme étant celle d’un personnage honorable.

@ loraine King

Si Harper n’est pas fiable comme vous l’insinuez, ces partis-là devraient alors agir en conséquence. Ne vous en déplaise, tel n’a pas été le cas dans le présent dossier, et tant leur prestation que leurs excuses sont lamentables.

@Yann – Ne vous en déplaise, nous avons un gouvernement responsable. Et dans ce cas, ce gouvernement est responsable du fait que les citoyens canadiens ont un vérificateur général incapable de remplir ses fonctions, telles que décrites dans la description du poste soumise par le gouvernement.

Je tiens toujours le gouvernement responsable de ses décisions, pas l’opposition !

Malheureusement une seule réponse : Sound Management Principles, ca sonne bien mieux que principes de Saine Gesiton Généralement reconnus ( PSGGR )

Non ?

@ loraine King

Où dans mes écrits avez-vous lu que la responsabilité ministérielle me déplaisait?

Je vous invite à relire mes messages 1 et 11 puis à y réfléchir. Dans ce cas-ci, l’opposition a été consultée et a avalisé la décision du gouvernement. Elle est donc tout aussi responsable de ce gâchis que le PC.

@Yann – je vous invite aussi à relire mon billet #6, citant Bob Rae. Votre déclaration, que l’opposition ait approuvé cette nomination, ne concorde pas avec la déclaration de Bob Rae: »

« Lorsque le premier ministre m’a avisé de son intention de nommer Michael Ferguson au titre de vérificateur général, je lui ai répondu que l’examen du dossier a soulevé des inquiétudes de notre part ».

@ loraine King

D’une part, « en vertu de la Loi sur le vérificateur général, le gouvernement doit consulter les chefs de tous les partis reconnus à la Chambre des communes et le Sénat au sujet du candidat retenu. La nomination est ensuite déposée au Parlement aux fins de considération et d’approbation. »

D’autre part, ce que je reproche à l’opposition (composée du PLC et du NPD), c’est d’avoir défendu mollement ici l’exigence du bilinguisme, elle qui avait pourtant un rôle crucial à jouer dans ce processus particulier. L’opposition peut bien faire des déclarations après coup pour tenter de se disculper, il n’en reste pas moins qu’à cause de son indolence, elle a laissé Harper agir à sa guise.

Comprenez-vous ce que je veux dire?

Voyons Madame Cornellier, « essentiel » ne veut pas vraiment dire « essentiel ». D’ailleurs, l’office conservateur pour le novlangage propose d’en changer l’orthographe pour « optionnel ».

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