Faux départ pour la campagne de Denis Coderre

Denis Coderre a levé le voile sur l’un des secrets les moins bien gardés de Montréal, jeudi : il briguera bel et bien le poste de maire de la métropole lors des élections municipales prévues en novembre. Mais le lancement de sa campagne a rapidement viré à la catastrophe. Bilan : deux arrestations et un blessé.

Les choses ont commencé à se gâter pour Denis Coderre lors de la conférence de presse organisée devant l’hôtel de ville afin d’annoncer sa candidature. Plusieurs dizaines de manifestants du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont perturbé son annonce, le huant à l’occasion. À plusieurs reprises, Denis Coderre a été invectivé par deux hommes masqués situés derrière lui.

« On manifeste contre la corruption », a dit l’un d’eux. « Vous n’avez pas de courage politique, M. Coderre », a dit un autre. La « pénurie » de logements sociaux et le règlement municipal P-6, qui oblige les manifestants à découvrir leur visage et à dévoiler leur itinéraire, étaient au cœur de leur message.

Après le discours du député libéral, la situation a dégénéré. Les policiers ont arrêté les deux manifestants masqués, et, alors que la tension montait, un agent a projeté à terre un homme de 85 ans qui a été transporté à l’hôpital.
 
Plusieurs journalistes ont également noté des fautes d’orthographe (« des règles établis », « Nous devons (…) cessez d’être infantilisé ») dans le communiqué de presse accompagnant l’annonce de la candidature du natif de Joliette, qui est présenté comme s’appelant « dénis Coderre ».

Au lendemain de cette journée mouvementée, l’homme politique de 49 ans a eu un échange houleux avec l’animateur Guy Simard, de l’émission Puisqu’il faut se lever, à l’antenne du 98,5 fm.

À l’animateur qui questionnait son jugement et remettait en cause la présence dans son entourage de Jean Lapierre, ancien porte-parole du parti de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, Denis Coderre a répondu que personne n’allait « toucher à son intégrité ».

« On va travailler de façon transparente. On va faire en sorte que personne ne doutera de mon intégrité ni de celle de mon administration », a-t-il expliqué.

La conversation a tourné au vinaigre et Denis Coderre a pris pour prétexte le retard de l’entrevue pour raccrocher. « On va poursuivre sans vous. (…) On n’a plus besoin de vous », lui a rétorqué l’animateur.

Selon un sondage CROP-La Presse publié cette semaine, Denis Coderre est le favori de la course à la mairie, récoltant un tiers des intentions de vote, soit 15 points de plus que son plus proche poursuivant, Richard Bergeron.

Député fédéral de Bourassa depuis 1997, Denis Coderre quittera ses fonctions le 2 juin, date anniversaire de son premier mandat.

 

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