Libéraux et conservateurs sont au coude-à-coude, selon les derniers sondages

En considérant les fluctuations actuelles dans les sondages, il ne serait pas raisonnable d’attribuer à quelconque parti l’étiquette de favori. Explications de Philippe J. Fournier. 

Photo : La Presse canadienne

Les sondages fédéraux des dernières semaines ne semblent pas indiquer de convergence d’appuis des électeurs canadiens ni vers les libéraux ni vers les conservateurs. En fait, tout ce bruit dans les données signifie probablement que l’opinion publique demeure incertaine et en constant mouvement.

En analysant ces sondages individuellement, il serait certes facile de se perdre dans le discours narratif de cette pré-campagne. Alors que les firmes Angus Reid, Ipsos et Forum accordent des avances notables aux conservateurs, les firmes Léger, EKOS, Abacus Data et Campaign Research mesurent des écarts beaucoup plus serrés entre les partis. De leur côté, Mainstreet et Research Co. ont mesuré des avances modestes en faveur des libéraux.

Il y a donc « du bruit » dans le système.

Voici les sondages fédéraux du dernier mois en comparaison avec la moyenne pondérée du modèle électoral Qc125:

Malgré qu’il semble y avoir de grandes divergences dans ces résultats de sondages, nous remarquons tout de même que ces firmes se trouvent dans un rayon de cinq points de la moyenne Qc125. Les divergences actuelles paraissent amplifiées précisément parce que la course est si serrée entre conservateurs et libéraux.

Tous les sondages fédéraux se trouvent sur cette page. Voici la mise à jour de la projection fédérale Qc125 du 28 juillet 2019.

Projection du vote populaire

Les barres colorées sont les intervalles de confiance de la projection; les points noirs représentent les résultats des sondages de la dernière semaine.  LE: Léger; RC: Research Co.; AD: Abacus Data.

Le Parti conservateur du Canada (PCC) conserve une mince avance en tête des intentions de vote avec une moyenne de 34,1 % d’appui au pays. Les conservateurs dominent les intentions de vote en Alberta et dans les Prairies. Le PCC est aussi projeté en tête en Colombie-Britannique, quoique la course demeure beaucoup plus serrée dans cette province.

Le Parti libéral du Canada (PLC) se maintient tout juste derrière avec une moyenne de 32,7 %. Le PLC est mesuré en tête dans les provinces de l’Atlantique, au Québec et il mène de justesse en Ontario, quoiqu’il n’y ait pas d’unanimité parmi les sondeurs sur les intentions de vote dans la province de Doug Ford.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) obtient une moyenne de 14,4 %, ce qui serait un net recul par rapport aux résultats de l’élection de 2015 (19,7 %).

Finalement, le Parti vert du Canada obtient en moyenne 10,8 %.

Au Québec, les libéraux sont projetés à 35,6 %, soit un niveau similaire à son résultat de 2015. Le PCC se trouve en deuxième place avec 22,7 % — environ six points au-delà du scrutin de 2015.

Le Bloc québécois se maintient juste sous la barre des 19 %. Le Parti vert et le NPD sont à égalité au quatrième rang dans la province.

Projection de sièges

Comme le PCC obtient des appuis astronomiques en Alberta (près de 60% en moyenne), le vote conservateur est donc moins efficace que celui des libéraux. La différence demeure certes modeste, mais nous remarquons que même avec une avance moyenne de près de deux points dans la projection du vote populaire, le PCC se trouve nez-à-nez avec les libéraux dans la projection de sièges.

En effet, le PLC remporte en moyenne 149 sièges et le PCC, 147. Néanmoins, comme cet écart moyen d’un maigre deux sièges est bien inférieur à l’incertitude de la projection, nous devons considérer ce résultat comme une égalité statistique.

Le NPD remporte une moyenne de 23 sièges et le PVC, 6 sièges.

Au Québec, le Bloc québécois est projeté favori dans toutes les circonscriptions qu’il détient déjà et pourrait potentiellement faire des gains dans la région du 450. Toutefois, ce sont les libéraux qui dominent la projection de sièges au Québec, avec une moyenne de 49 sièges.

Le PCC se tire tout de même bien d’affaire au Québec avec une moyenne de 15 circonscriptions, ce qui augmenterait son total de sièges par rapport à 2015 (12). Les bastions du PCC dans la région de Québec semblent, du moins pour l’instant, aussi inébranlables que ceux du PLC dans la région de Montréal.

Projection du vainqueur

Comme la projection de sièges est si serrée entre les deux principaux partis, il n’est pas étonnant de constater que la projection du vainqueur ressemble à un pile-ou-face. Parmi les 250 000 simulations d’élections générales effectuées par le modèle, le PLC remporte le plus grand nombre de sièges dans un peu moins de 53 % d’entre elles.

En considérant l’incertitude du modèle et les fluctuations actuelles dans les sondages, il ne serait pas raisonnable d’attribuer à quelconque parti l’étiquette de favori — ce qui est un contraste important avec les dernières élections provinciales en Ontario, au Québec et en Alberta où les chiffres nous permettaient de clairement identifier quel parti avait les plus grandes chances de l’emporter (Le Parti conservateur de Ford en Ontario, la Coalition avenir Québec de Legault au Québec et les conservateurs unis de Kenney en Alberta).

Il ne reste plus que 85 jours avant l’élection générale au Canada. La pré-campagne devrait doubler d’intensité au cours du mois d’août. À moins d’une énorme surprise, la campagne devrait officiellement commencer peu après la fête du Travail.

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Si la tendance en matière d’usage de la locution « malgré que » soit employée à tous bouts de champs et de toutes sortes de façons. Il n’en demeure pas moins que la règle grammaticale soit d’utiliser « malgré que » suivit du pronom personnel suivit du verbe avoir au subjonctif et non de le combiner avec des verbes « d’état » comme : sembler, paraître, etc.

En principe « malgré que » signifie : contre mon-ton-son-leur gré. En d’autres termes à « contrecœur ».

Ainsi, ne suis-je pas certain que toutes ces divergences dans les sondages soient générées contre le gré des sondeurs…. Ce sont peut-être les nombreux aléas que rencontrent les instituts de sondages liés entre-autre à la production de nouvelles en temps réel, aux contraintes financières qui leur sont propres et aux algorithmes qui ne permettent pas de mesurer toutes formes de rétroactions avec un degré identique de précision qui soient plutôt parmi les raisons de ces écarts d’évaluations.

Sur un autre ordre d’idées, nous pouvons relever qu’un des enseignements de la campagne 2015 se trouvait dans la tranche des 18-24 ans qui était essentiellement formée de nouveaux électeurs. Leur vote s’est reporté avantageusement sur les Libéraux. Ce qu’il faudrait observer, c’est de savoir comment cette cohorte a évolué politiquement.

L’exercice devrait être observé de la même façon afin de savoir si ces jeunes qui vont voter pour la première fois cette année, soutiendront le PLC ou (questions climatiques et environnementales obligeant) s’ils se tourneraient plus volontiers vers les partis qui représentent le mieux ces préoccupations : NPD ou PV.

Comme nous savons que pratiquement aucune élection ne se gagne sans l’Ontario. La performance des Conservateurs est essentielle dans cette province. L’électorat plus progressiste pourrait-il tourner le dos à Justin Trudeau, comme il le fit pour Kathleen Wynne.

Une telle éventualité serait du « pain béni » pour le NPD. En sorte que ce parti pourrait surperformer au regard de ce qu’il est par les sondages encore crédité.

— À presque trois mois du scrutin. Je gagerais que pour le moment, nous ne saurions affirmer que les « jeux soient complètement faits »….

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