Femme de chef: confiance et image

François Legault et son épouse, Isabelle Brais, en campagne électorale. Crédit photo: La Presse canadienne

Depuis une semaine, François Legault et Jean Charest sont davantage accompagnés par leurs conjointes sur le chemin électoral. Ce n’est pas un hasard.

Le 17 août, la firme CROP révélait que le Parti québécois de Pauline Marois domine largement l’électorat féminin, avec 32 % des intentions de vote. Le PLQ récoltait 21 % et la CAQ, 16 %.

Lors d’une virée sur les rives nord et sud de Montréal jeudi dernier pour tâter le pouls de l’électorat du fameux 450, j’ai croisé plusieurs couples dont la femme vote pour le PQ et l’homme pour la CAQ.

Est-ce une question d’identification à Pauline Marois, seule femme de cette campagne qui peut aspirer au pouvoir? Une plate-forme du PQ qui plaît davantage à l’électorat féminin? Ou encore les nombreux changements dans les structures étatiques promis par la CAQ qui laissent les femmes indifférentes ou dubitatives? Difficile à dire.

Toujours est-il que depuis quelques jours, afin d’adoucir l’image technocratique et un peu froide de leurs chefs-conjoints, Isabelle Brais et Michèle Dionne ont multiplié les sorties publiques aux côtés de François Legault et Jean Charest.

Le Québec est loin de la tradition américaine, où les conjointes des politiciens sont carrément un facteur dans la course électorale. Les médias scrutent attentivement les potentielles «premières dames» des États-Unis, leur passé, leurs croyances, leurs objectifs. De longues entrevues à la télé, de complets portraits dans les magazines, des apparitions publiques… rien n’est oublié. Il faut dire que la Maison-Blanche met toute une équipe au service de la femme du président pour l’aider à réaliser ses objectifs de «première dame». Dans le cas de Michelle Obama, la femme du président, elle est en croisade contre l’obésité et la malbouffe aux États-Unis.

Ici, la tradition est moins balisée. Tout dépend du chef du parti et de la personnalité de la conjointe (ou du conjoint dans le cas de Pauline Marois, avec qui on voit très peu Claude Blanchet depuis le début de la campagne).

Isabelle Brais et Michèle Dionne contribuent à donner une image plus rassurante et plus humaine de leurs époux. Une façon de montrer à l’électorat féminin que François Legault et Jean Charest ont aussi une vie hors de la politique, qu’ils sont des pères de famille avec un couple stable.

L’autre raison de leur présence n’a rien à voir avec les caméras. Dans une campagne stressante qui roule à un train d’enfer, où la moindre gaffe en fin de course peut tout faire basculer, elles sont parmi les rares personnes à comprendre le chef — leur mari! — dans toutes les circonstances. Au-delà des mots et des faux sourires quand ça va mal. Dans les sommets de l’ivresse quand ça va bien. Elles savent quoi dire pour rassurer, réveiller, bousculer ou calmer. Elles connaissent l’homme, l’humain, qui a fait de la politique un métier, mais qui bouillonne parfois d’angoisse après un discours difficile ou un point de presse pénible.

Une confiance absolue qui peut valoir de l’or.

Autant les stratèges jugent parfois cette présence encombrante en privé, (elle a l’attention du chef!) autant ils ne peuvent s’en passer dans les moments critiques. Dans une campagne électorale aussi serrée et stressante, c’est un atout précieux si leur présence ne devient pas une distraction.

Après 15 ans comme chef libéral et neuf ans au pouvoir, Jean Charest n’a plus besoin de présenter sa femme, Michèle Dionne. Elle n’est pas à tous les événements politiques, mais elle ne les évite pas non plus. Celle qui a tenté de convaincre son mari de laisser tomber la politique cet hiver fait campagne en son nom dans la circonscription de Sherbrooke, où la bataille est loin d’être gagnée.

Jean Charest et sa femme, Michèle Dionne. Crédit photo: La Presse canadienne

À mi-chemin de la campagne, Jean Charest se faisait demander par les militants libéraux où était sa femme dans ses apparitions publiques. «Vous devriez l’amener plus souvent!», a lancé l’un d’eux à Jean Charest, après avoir croisé Michèle Dionne dans une soirée. «Elle est ravissante», a-t-il ajouté.

Jean Charest l’a écouté, elle est maintenant souvent à ses côtés.

L’arrivée de la femme de François Legault, Isabelle Brais, est plus nouvelle. Même s’il a été député pendant plus de dix ans, le chef de la CAQ a rarement été accompagné de sa conjointe dans les événements politiques. Dire que celle avec qui il partage sa vie depuis 22 ans ne raffole pas des soirées militantes est un euphémisme. «Je suis très privée», dit-elle. Faire la couverture des magazines à potins avec François Legault et leurs deux fils, très peu pour elle.

Cette semaine, elle blaguait avec les journalistes sur le rôle de «plante verte» qu’on demande souvent aux candidats (et aux conjointes!) de jouer derrière le chef en campagne. Elle a dit «être presque obligée» de suivre François Legault dans le dernier droit de la campagne, consciente de l’image de son mari.

Diplômée en communication de l’Université Laval, Isabelle Brais préfère de loin s’occuper de la boutique qu’elle vient d’ouvrir, il y a environ un an, sur la rue Laurier, à Montréal. «Une île en Amérique» vend des vêtements de designers et créateurs canadiens et québécois.

Armée d’un sens de l’humour parfois caustique et sarcastique, elle n’a pas hésité cette semaine à utiliser le micro destiné aux journalistes lors des points de presse pour s’adresser à son époux, devant des reporters amusés et médusés. «Monsieur, est-ce que vous allez prendre des cours de cuisine pour savoir comment éplucher des navets comme il le faut?», a-t-elle lancée, souriante, au lendemain d’une visite de foire alimentaire à Montebello où François Legault avait donné un coup de main maladroit aux organisateurs. «Oui chéri», a-t-il répondu en riant, visiblement surpris de la voir au micro.

La première apparition publique d’Isabelle Brais après la naissance de la CAQ fut lors du congrès de fondation du parti, en avril, à Victoriaville. Debout au bas de la scène avant le discours de clôture de son mari, elle avait lancé à François Legault: «arrête de pleurer», lui qui avait les yeux plein d’eau après avoir visionné, comme les militants, une vidéo où sa mère lui témoignait son affection. Franche et directe.

Isabelle Brais ne souhaite pas devenir une figure publique. Elle dit admirer Michelle Obama, «qui a des capacités que je n’ai pas» pour survivre dans l’univers médiatique de la politique, a-t-elle dit.

Après la campagne, elle reprendra la direction de sa boutique, rue Laurier. D’ici là, on verra si sa présence contribue vraiment à aider François Legault à terminer sa campagne sur une bonne note…

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Et si leurs épouses n’avaient pas belle mine ? Encore la femme objet, la femme bibelot ?

Que les épouses des candidats soient présentes dans la campagne de leur conjoint, j’en suis. Qu’on en fasse des objets médiatiques, la-dessus je suis moins chaud. Ce n’est pas le/la partenaire de vie d’un(e) candidat(e) qui influencera mon vote.

Gardons-nous des influences venant du sud !

«Acheter est bien plus américain que penser.»
[ Andy Warhol ]

Conjoints ou conjointes de politiciens, ce n’est pas ça qui amène de la substance au message.

À moins que le messager (medium) ne soit en soi le message?

J’ose croire que les gens ne sont pas dupe.

Dans la tradition judéo-chrétienne qu’on retrouve aussi dans l’islam, l’épouse est associée à la symbolique de l’alliance. Qui est aussi une union symbolique avec Dieu. Usuellement – même dans une société qui prône la laïcité – les chefs politiciens ne proposent pas une politique parmi tant d’autres mais bien une alliance qui devrait être en principe profitable à toute leur population. La présence rassurante de madame vient nous conforter dans cette démarche.

Dans la tradition chinoise, la question de la profitabilité et de l’harmonie dans le couple existe depuis des millénaires (au moins 5000 ans), car précisément les sages chinois ont étudié et documenté cette question puisque toutes les unions ne sont justement pas profitables. Certaines même sont carrément funestes. Ainsi, lorsque l’union des souverains successifs est harmonieuse, la population prospère, lorsqu’elle est au contraire exécrable, c’est tout le contraire : cela peut amener des guerres, des épidémies et des catastrophes de toutes sortes.

Évidemment, on n’est pas tenu de croire dans toutes ces choses là et dans nos contrées civilisées on peut toujours divorcer ou en profiter lors d’une élection, pour changer de premier ministre. Et puis ne dit-on pas aussi que le malheur des uns fait aussi parfois le bonheur des autres ?

– Pour conclure : Nos politiciens d’un peu partout dans le monde entendent nous convaincre qu’avec eux, leur faire confiance, c’est la plénitude assurée. Si cela était… ça fait longtemps qu’on le saurait !

Pourquoi les femmes sont moins intéressées par la CAQ? Très simple, M. Castonguay.
-Les femmes sont très nombreuses dans les milieux et les structures que M. Legault veut abolir ou bouleverser (la santé et l’éducation). Elles savent pertinemment que les solutions de la CAQ n’en sont pas et sont très éloignées de ce que les gens qui font partie de ces milieux préconiseraient pour régler les problèmes. Elles sont entre autres nombreuses à l’emploi des commissions scolaires et les agences de santé et services sociaux. Vous comprendrez qu’elles ne trippent pas sur Legault.
-Elles sont également nombreuses dans les postes les plus touchées par les coupures prévues à Hydro-Québec et dans la fonction publiques (secrétaires, agent de bureau, service à la clientèle, administration).
-Legault s’est coupé la clientèle féminine en affirmant que les femmes ont peur du changement. Non, elles n’en ont pas peur, mais le chaos, en général, ne les intéresse pas. Et s’il s’imagine que le mot « ménage » est magique, ben c’est du stéréotype en pas pour rire.

Enfin un texte sur les femmes. Nathalie Petrowski en parlent ce matin. Pourquoi les médias sont-ils aussi silencieux sur le vote féminin alors qu’ on est à l’aube d’élire une femme comme premier ministre?
Pourquoi y’a-t-il aucune analyse sur le vote féminin?
Y’a des ces sujets tabous au Québec. Le vote féminin en est un. Le vote ethnique en est un autre. Aux États-Unis le vote est disséqué dans ces moindres détails. Au Québec, on creuse peu.
Tabou, tabou, tabou.

Si vous voulez vous debarasser des Liberaux il ne faut pas voter pour Francois,Donnez la chance a Pauline pour qu elle soit majoritaire.

Et le conjoint de Madame Marois lui?

Pourquoi le cache-t-elle?

Serait-ce parce que ce dernier s’est sauvé avec la caisse de la SGF et avec une rente de $80,000.00 par année transférable au dernier vivant à NOS FRAIS alors que Pauline était Ministtre et que SON arganisme faisait alors face aux PIRES résultats de son existence?

Quelqu’un peut nous renseigner là-dessus?

J’ai vu le mari de Pauline Marois une couple de fois avec elle durant la campagne mais les médias ne le montre pas beaucoup.Les caméramènes préfèrent les femmes.
Et M.Castonguay le sait très bien

Legault a moins une chose en commun avec Charest: lui aussi a marié une femme plus grande que lui….

@roger
Mme Marois n,est pas marié. Elle parle toujours de son conjoint

Pas beaucoup d’hommes accepteraient de faire la potiche à côté de sa femme. Je crois que les femmes qui acceptent de jouer ce rôle ici se dénigrent elles-mêmes, d’une certaine manière.

François 1 :

M. Blanchet a bénéficié d’un contrat identique à celui que le gouvernement libéral avait accordé à son prédécesseur, Marc Fortier Ça, on n,en parle pas.

@ Carol Vadnais (# 13):

FAUX!

Le « contrat » en question a été finalisé durant les derniers jours du dernier joug péquiste alors qu’il était évident que le Parti Québécois, alors au pouvoir, se ferait lessiver lors de l’élection à venir.

Et qui plus est, Pauline Marois était alors ministre senior au sein du P.Q., donc, elle a clairement joué un rôle dans le « contrat » de rente viagère transférable au dernier conjoint vivant.

C’est un peu comme si Jean Charest achetait une pension viagère à Michou au sein du gouvernement aujourd’hui.

Ce fut à l’époque un scandale et ça l’est toujours.

réponse à Carol Vadnais …je suis entièrement d’accord avec vous .. c’est secret aucun journaliste en parlera de peur de se faire rabrouer . par le PQ , car ce parti on ne touche pas. non non non mais sur les autres partis on sort tout ce que l,on peu de sale .

isa a le même sourire radieux que monique jérome forget,c’est vous dire ,un exemple d’empatie ,de dévouement et d’altruisme si chère a son époux.lol

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