Forces armées canadiennes : de nouvelles bases à l’étranger

L’armée canadienne accentue en ce moment sa présence à l’étranger. D’ici quelques mois, sept nouvelles bases militaires auront été ouvertes sur trois continents, afin d’intervenir plus rapidement dans des missions de combat, de maintien de la paix, de lutte antiterroriste ou lors de catastrophes naturelles.

Photo : MCPL Julie Bélisle

En privé, les hauts gradés militaires reconnaissent avoir tiré des leçons de l’expérience vécue en Afghanistan, dont l’éloignement a posé deux défis : le ravitaillement des bases, compliqué par la distance, puis les difficultés liées aux réticences de certains pays du Moyen-Orient à accueillir des troupes étrangères, entre autres celles du Canada, en transit.

Les sept nouvelles bases – des « centres de soutien opérationnel » – seront situées près de ce que l’armée appelle « l’arc d’instabilité », soit les régions du globe où des interventions militaires pourraient être nécessaires, notamment les Caraïbes, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.

Dans certaines régions, de petites bases accueilleront quelques militaires en permanence. Ailleurs, de simples ententes d’utilisation du sol permettront d’établir une base en cas de besoin seulement, afin de faciliter l’atterrissage des avions et l’arrivée de conteneurs par bateau.

Deux de ces bases sont déjà en activité. Depuis un an, des soldats canadiens sont installés à proximité de l’aéroport international de Cologne-Bonn, en Allemagne, qui sert au soutien des opérations près de l’Europe.

Les Forces canadiennes utilisent aussi, depuis août 2011, des installations sur une base de l’armée américaine au Koweït. Les soldats canadiens et leur matériel y transitent, en route vers la nouvelle mission d’entraînement en Afghanistan.

Fin juin dernier, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a conclu une entente avec la Jamaïque, qui deviendra la plaque tournante des opérations dans les Caraïbes et en Amérique centrale.

En Asie, Singapour est dans la mire. Peter MacKay était récemment en visite dans ce pays afin d’approfondir les discussions. La Corée du Sud ainsi que deux pays africains – un dans l’ouest du continent (probablement le Sénégal) et l’autre dans l’est (le Kenya ou la Tanzanie) – devraient compléter la toile des centres de soutien opérationnel.

Des sources militaires canadiennes indiquent que les enlèvements de ressortissants étrangers et de diplomates en Afrique incitent l’armée à vouloir y faire atterrir plus facilement ses forces spéciales.

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