François Legault : Fierté retrouvée

Quatorze mois après sa victoire, le premier ministre flotte encore sur un nuage. Et bien qu’il se montre serein, il a déjà prévenu ses députés : l’aventure ne fait que commencer.

Photo : Christian Blais

François Legault n’hésite pas une seconde lorsqu’on lui demande quelle est la plus grande réussite de son gouvernement en 2019. « La fierté d’être québécois augmente. C’est important. Je veux que les Québécois soient encore plus fiers d’être québécois. »

Aux yeux du premier ministre, cette « fierté retrouvée » représente le socle sur lequel son gouvernement souhaite appuyer ses actions. « On a de grandes ambitions pour le Québec et, pour les réaliser, il faut d’abord être une famille qui travaille ensemble. Pour qu’on soit une famille, il faut quelque chose qui nous rassemble. On doit être soudés par une base commune : notre langue, nos valeurs, ce qu’on est. Ce n’est pas être raciste que de souhaiter protéger cette base commune », affirme-t-il, assis dans l’un des fauteuils de son bureau, au troisième étage de l’édifice Honoré-Mercier, à quelques pas du parlement.

Si l’année 2018 a été celle du gain historique de la Coalition Avenir Québec, qui a brisé l’alternance au pouvoir qui durait depuis 1976 entre le Parti québécois et le Parti libéral, l’année 2019 a été celle où François Legault et ses ministres ont imprimé leur marque sur la société québécoise avec un nationalisme décomplexé, à la fois identitaire, économique et revendicateur face au fédéral.

François Legault dirige un gouvernement qui, pour la première fois depuis l’époque où Robert Bourassa tentait de négocier l’accord du lac Meech, à la fin des années 1980, se porte à la défense de la spécificité québécoise, mais ne souhaite pas l’indépendance du Québec. C’est l’avènement de la troisième voie politique tant désirée par les Mario Dumont, Jean Allaire et autres depuis 30 ans, qui écarte la souveraineté péquiste et le fédéralisme multiculturel libéral, au profit de ce que l’humoriste Yvon Deschamps appelait en boutade « un Québec indépendant dans un Canada fort ».

Ce changement de ton et de direction rebrasse les cartes politiques, obligeant les autres formations à s’ajuster à celle de François Legault. Marginalisé sur le flanc nationaliste, à la recherche d’un nouveau souffle, le PQ remet le cap sur l’indépendance, pendant que le PLQ se demande comment ajouter une touche d’affirmation nationale à son discours afin de renouer avec les francophones.

Sur la scène fédérale, les partis en campagne électorale cet automne ont fait des contorsions pour plaire à François Legault… ou pour ne pas se le mettre à dos. Le Bloc québécois lui doit en bonne partie sa résurrection, Yves-François Blanchet s’étant collé aux vues nationalistes de la CAQ sur la laïcité et l’immigration.

Selon un coup de sonde Léger réalisé au terme de la première année au pouvoir de la CAQ, dont les résultats sont parus le 25 septembre dernier dans Le Journal de Montréal, 64 % des Québécois (74 % des francophones) se disent satisfaits du travail de François Legault et de ses troupes.

C’est un taux de satisfaction qu’aucun gouvernement n’a approché depuis une quarantaine d’années, témoignent les archives des sondeurs. En 1989, Robert Bourassa jouissait d’un appui de 57 %. Lucien Bouchard a atteint 55 % en mai 1996. Bernard Landry, 54 % en 2001 — ce qui ne l’a pas empêché de perdre les élections deux ans plus tard. Jean Charest, Pauline Marois et Philippe Couillard n’ont jamais franchi la barre des 50 % après quelques mois au pouvoir. « C’est assez exceptionnel », confirme Christian Bourque, vice-président de Léger.

Si les jeunes de 18 à 34 ans sont un peu plus tièdes, avec un taux de satisfaction de 46 %, les 55 ans et plus vivent une lune de miel avec le gouvernement Legault : trois électeurs sur quatre en sont satisfaits (76 %).

« Les gens me disent : “On est fiers de vous, de votre gouvernement, et on vous aime.” Il y a quelque chose qui s’est passé, raconte le premier ministre. Je ne m’attendais pas à ça. Je trouve ça d’ailleurs trop flatteur, parce que les gens me disent : “Vous êtes le meilleur depuis René Lévesque.” Mais Lévesque, c’est mon idole ! Je ne me considère pas dans la même catégorie que lui. »

François Legault avoue être parfois agacé par les comparaisons entre son gouvernement et ceux dirigés par Maurice Duplessis, qui avait su fédérer le fond bleu nationaliste et un brin conservateur du Québec entre 1936 et 1959. « Duplessis n’avait pas juste des qualités ! » dit-il de cet homme qui a plongé le Québec dans ce qui a été décrit comme une « grande noirceur » en raison de ses positions conservatrices et anticommunistes. « La fierté, pour moi, c’est aussi le fleuve Saint-Laurent, avoir de belles écoles, de bonnes universités, être fort en intelligence artificielle… Ce ne sont pas les mêmes raisons que Duplessis à l’époque. »

Divers indicateurs montrent que le moral s’est amélioré au Québec depuis 12 mois. Par exemple, selon un sondage Angus Reid paru le 15 novembre dernier, les Québécois sont maintenant les plus optimistes au Canada. Un revirement spectaculaire, puisqu’en janvier 2018, ils disaient avoir le moral dans les talons. Autre revirement : plus d’un Québécois sur quatre (27 %) affirme que sa vie s’est améliorée depuis un an — la moyenne canadienne est de 18 %. En 2018, c’était à peine 9 % des Québécois, le pire résultat au pays.

Présentement, 28 % des Québécois se disent inquiets de perdre leur emploi ou qu’un membre de leur famille subisse un tel sort, soit une proportion nettement sous la moyenne canadienne de 43 % (64 % en Alberta !).

Évidemment, plusieurs facteurs expliquent l’humeur générale : l’économie tourne à plein régime, les salaires grimpent en raison de la rareté de la main-d’œuvre et il y a d’importants surplus budgétaires à Québec, qui permettent des réinvestissements dans les programmes sociaux et la diminution du fardeau fiscal. Mais un gouvernement qui surprend et dépasse les attentes de la population ajoute à l’ambiance positive.

Quatorze mois après sa victoire, François Legault flotte encore sur un nuage. La rigueur du pouvoir n’a pas altéré le sourire qu’il affiche chaque jour en arrivant au parlement. « J’aime ma job. J’aime le Québec. J’aime les Québécois. Et j’aime la gang qu’on a au gouvernement », énumère-t-il d’un trait, dans le style direct qui le caractérise.

Ses proches confient qu’il est plus serein qu’à n’importe quel autre moment de sa vie professionnelle, que ce soit lorsqu’il était PDG d’Air Transat, à la tête d’importants ministères dans les gouvernements Bouchard et Landry ou dans l’opposition à l’Assemblée nationale.

François Legault aime être aux commandes. Il laisse ses ministres travailler, mais il n’est jamais loin. « J’ai davantage les deux mains dedans que la moyenne, convient-il. Je m’implique dans les dossiers, parfois dans les détails, pour que ça avance. Je suis très obstiné aussi. Je choisis quelques priorités et je les ramène constamment sur le tapis avec mes ministres et le secrétaire général du gouvernement, Yves Ouellet. »

Au moment de notre rencontre, à la mi-novembre, une tension régnait au gouvernement, qui traversait sa première vraie crise : la réforme bâclée en immigration autour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), cette voie rapide pour étudiants et travailleurs désireux de s’installer au Québec. La liste des domaines admissibles était mal conçue. Le ministre Simon Jolin-Barrette a dû battre en retraite dans le désordre et s’excuser. François Legault lui-même a défendu l’indéfendable pendant quelques jours, avant de reculer. « Je ne suis pas fier de ça, avoue-t-il. L’intention était bonne, mais l’exécution ne l’a pas été. »

Pourtant, en entrevue, le premier ministre est détendu et blagueur. Il parle du pool de hockey qu’il fait chaque année avec une quinzaine d’employés de la CAQ — « je joue pour gagner, pas pour participer ! » — et de ses lectures de chevet sur l’environnement alors qu’il prépare le plan vert de son gouvernement, qui sera dévoilé dans les premiers mois de 2020. Il lit des ouvrages comme Le New Deal vert mondial, de Jeremy Rifkin, et des études comme Trajectoires de réduction d’émissions de GES du Québec — Horizons 2030 et 2050, du cabinet de consultants montréalais Dunsky.

François Legault relativise l’échec de la réforme. « Il reste trois ans avant les élections, alors même si on fait des erreurs comme ce qui s’est passé avec le PEQ, on a le temps de se rattraper, dit-il. C’est la moyenne au bâton qui compte. Et quand ça ne va pas tout à fait dans la bonne direction, je n’ai pas peur de reculer ou de m’ajuster. Je suis à l’écoute. »

Il s’était aussi ajusté en démettant rapidement MarieChantal Chassé de son poste de ministre de l’Environnement, en janvier 2019, parce qu’elle n’était pas à la hauteur, puis en retirant des mains de la ministre Nathalie Roy la réforme de la langue française en préparation pour la confier à Simon Jolin-Barrette.

François Legault dirige un gouvernement à son image : ambitieux, pressé (parfois trop), optimiste, et qui s’exprime dans « un langage qui est semblable à celui de la majorité des Québécois », comme il aime le rappeler. Le premier ministre croit d’ailleurs qu’il s’agit d’une partie de la recette de son succès. « Je ne sais pas si c’est l’âge ou l’expérience, mais je fais attention au ton que j’emploie. Je le répète à mes députés et à mes employés : il ne faut pas être arrogant. On doit rester humble, ne pas regarder les Québécois de haut. »

Le désir d’action est particulièrement visible sur le front identitaire, où le Parti libéral, longtemps au pouvoir, soufflait le chaud et le froid. Le premier ministre et sa garde rapprochée estiment que prendre des mesures rapides pour rassurer les francophones était primordial afin d’éviter des tensions populistes, comme celles qui ont envoyé Donald Trump au pouvoir aux États-Unis ou engendré le Brexit en Grande-Bretagne. « Il y aura toujours une vulnérabilité concernant notre langue, nos valeurs et notre culture, dit François Legault. Au Québec, il n’y aura pas de dérapages, parce que les Québécois voient qu’on a agi avec la loi 21. Ailleurs, il y a eu de l’inquiétude face à l’immigration et comme il n’y avait pas de réponse politique, il y a eu des dérapages. »

En juin dernier, le gouvernement a fait adopter la loi 21, qui interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position coercitive et aux enseignants — une loi contestée devant les tribunaux. Celle-ci, couplée à la baisse temporaire des seuils en immigration, la hausse des budgets de francisation pour les nouveaux arrivants, un test des valeurs québécoises à l’entrée des immigrants et l’accent mis sur l’éducation — la « priorité nationale » —, constitue le cœur du nationalisme identitaire de la CAQ. S’ajouteront en 2020 une amélioration de la Charte de la langue française et une négociation avec le fédéral pour contrôler le programme de réunification familiale, qui permet à environ 10 000 personnes par année d’immigrer au Québec sans que l’État québécois ait son mot à dire.

Le premier ministre pense que le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau acceptera de céder plus de pouvoir en matière de langue et d’immigration. Et si Ottawa refuse ? « Il ne dira pas non ! réplique François Legault. Le Canada ne perd rien à laisser plus de pouvoir au Québec pour défendre sa langue, sa culture et ce qu’il est. On va y arriver. Justin Trudeau aurait pu avoir une majorité [aux Communes] s’il avait compris ça. »

Cette « fierté québécoise » abordée par François Legault en entrevue se construit-elle sur le dos des immigrants, dont bon nombre se sentent bousculés par les mesures du gouvernement ? « Non, tout est une question d’équilibre. Les immigrants sont les bienvenus. Les Québécois seront toujours accueillants, mais il y a un minimum à respecter. Il y a un compromis, et c’est l’interdiction de porter des signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité. Ça touche 1 % des emplois au Québec. Quand on compare à certains pays européens, c’est très limité. Que les immigrants arrivent au Québec et ajoutent à notre société, qu’ils s’intègrent, apprennent le français et occupent des emplois intéressants, c’est consensuel. »

Ce qui fait aussi consensus, particulièrement chez la génération montante, c’est le besoin d’en faire davantage pour lutter contre les changements climatiques. Les jeunes Québécois ont d’ailleurs organisé la plus imposante marche de l’histoire de la province dans les rues de Montréal, le 27 septembre dernier.

François Legault en est bien conscient alors qu’il prépare sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui tournera notamment autour de l’électrification des transports et des entreprises. « L’environnement, ça va être de plus en plus important. Il y a un consensus fort au Québec. J’ai deux garçons de 25 et 27 ans, et ils me demandent : ‘‘Papa, est-ce que je devrais voter pour le Parti vert ?!’’ » lance-t-il en riant, avant de reprendre son sérieux. « J’espère surprendre avec un plan musclé, un plan comme on n’en a jamais vu, un plan ambitieux. »

La CAQ ne deviendra toutefois pas Québec solidaire, prévient le premier ministre. « Contrairement à QS, on va garder un équilibre. Ça ne se fera pas au détriment de l’économie. Oui, il faut réduire les GES, mais il faut aussi diminuer notre écart de richesse avec nos voisins [ontariens et américains] pour se donner les moyens, entre autres, de réduire les GES et d’avoir de meilleurs programmes sociaux pour nos jeunes. Tout ça va ensemble. »

François Legault a beau être serein, il a prévenu ses députés que l’aventure ne fait que commencer. « Le travail qu’il reste à faire est plus important et plus difficile que le travail qu’on a fait depuis un an », leur a-t-il dit derrière des portes closes, en octobre, en citant l’environnement, la culture, la hausse des investissements privés dans les entreprises, l’éducation et la santé, notamment.

« Obtenir de meilleurs taux de diplomation et mieux dépister les difficultés d’apprentissage chez les enfants, ça prend du temps, explique François Legault. Réduire l’attente dans le réseau de la santé et s’assurer d’avoir une prise en charge des patients sept jours sur sept, ça va être dur. » Il fait une légère pause à la suite de son énumération, avant de sourire de nouveau. « C’est beaucoup de travail, mais j’aime ça. »

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12 commentaires
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Retrouver sa fierté en tapant sur une poignée d’enseignantes musulmanes, pendant qu’il y a encore 800,000 personnes qui vivent sous le seuil de faible revenu au Québec et que les prestations d’aide sociales sont 2 fois sous le seuil de pauvreté.

– Tu parles d’une fierté mal placée.

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À mon œil, la nation québécoise, ou canadienne-française pour ceux qui préfèrent ce terme, a de quoi être fière de s’être libérée de la domination pluricentenaire de l’église catholique et d’être rendue plus loin sur le chemin de l’égalité entre les femmes et les hommes que toute autre société nord-américaine. Si cette nation québécoise perçoit le voile islamique comme un signe de la domination de la femme par l’homme et craint un retour de la religion dans les affaires de l’État, si elle a le sentiment que le simple fait de le porter constitue un acte de prosélytisme, eh bien je crois fermement que la nation québécoise peut limiter le port du voile islamique par les employées de l’État dans l’exercice de leurs fonctions. Trop heureux d’avoir un autre bâton pour se livrer à leur habituel Quebec bashing, les Canadians multiculturalistes bien-pensants ne cesseront pas de hurler au racisme… sans voir leur propre intense xénophobie à l’égard des Québécois. Dommage qu’ils aient toujours des alliés parmi nous.

Ah que vous parlez bien, vous ! Car c’est ça en effet : se péter les bretelles du fait d’avoir tapé sur la tête de musulmanes. En discriminant, en s’adonnant à du sexisme flagrant (au moins dix fois plus de femmes négativement impactées) et pour ce, suspendre des droits fondamentaux, s.v.p. Fallait l’faire. L’éminent juriste P. Bosset a à raison qualifié le procédé d’«odieux». Si bien que se dire ‘fier(s)’ à partir de choses semblables signifie qu’il y en aurait se contentant de pas grand-chose (pour l’être).

Sur le même « dossier », son éminence la v.-PM a, à un moment donné, laissé tomber qu’advenant une non-observance de cette transcendante loi en milieu scolaire, la solution consisterait à dépêcher la police à l’école… S’agissait d’y penser, hein? Qui plus est, elle, non contente qu’on s’acharne ainsi sur des musulmanes (quasi exclusivement), eût aimé qu’on en chasse des écoles toutes celles déjà là, même depuis des décennies, si elles n’eussent pas voulu obtempérer à la lubie Q de l’heure – d’enlever immédiatement de sur leur tête cette ‘chose’, là, à laquelle il y en aurait d’«allergiques». Vive le bon sens et le coeur à la bonne place!, n’est-ce pas? Car on sait que des enfants manquant déjà en ce moment dramatiquement d’enseignantes, leur en avoir enlevé d’autres encore en plus, ça ne leur en aurait pas donné bien bien davantage, ne croyez-vous pas? Enfin, eu égard à cette seule ‘étoile’ au sommet du gouvernement, il y aura eu également son projet de loi 1. Pour lequel elle a obstinément refusé un critère autre que la règle des deux tiers aux fins de nominations non partisanes de certaines personnes à de hauts postes. De telle sorte qu’à la fin, on n’est pas plus avancé.e.s qu’avant. Puisqu’on sait qu’un gouvernement, tel celui de 1973, peut avoir, à lui seul, plus de 90% des élu.e.s = SA loi 1 est rien que bête ou… malhonnête.

De l’autre côté du PM, i.e. à sa droite, bien, y a(vait) celui dont les oppositions disent aujourd’hui lui souhaiter des oreilles et du coeur pour Noël…; ou à propos de qui elles disent que le parlementarisme était mieux dirigé du temps des libéraux… (!) Autre motif d’insigne « fierté », probablement? Parait, en effet, qu’y en a pas deux comme lui. Hé!: qqn capable de jeter inconsidérément à ‘poubelle une vingtaine de milliers de dossiers d’immigration jusqu’à ce qu’une Cour lui ordonne de se rétracter; puis qui, après, peut, impassiblement et non moins injustifiablement et indûment, faire brailler de pauvres étudiant.e.s n’en demandant pas tant; c’est sûr qu’il n’y en a pas deux comme ça. Mais, parait-il, faudrait qu’on en soit « fiers » ! Elle serait là la « fierté ‘retrouvée’ ». Ben, coudonc…

Alec Castonguay, en général, TRÈS critique du gouvernement de la CAQ à RDI, semble ici plus ‘objectif’ ( à défaut d’un meilleur terme ) lors des entrevues face-à-face. On ne peut pas toujours analyser l’actualité politique en niant la réalité du terrain et de l’expression démocratique de la ‘majorité’. Oh le vilain mot. Elle vient encore de parler haut et fort dans Jean-Talon, une autre victoire ‘historique’ de la CAQ comme celle du 1er octobre 2018.

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Voici une occasion EN OR de perdre tous ces précieux acquis en persistant avec ce FIASCO du REGISTRE DES ARMES À FEU que les honnêtes citoyens ne respecteront pas.

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Si les jeunes sont moins positifs sur le bilan de l’administration Legault, c’est en grande partie à cause des politiques du Parti Québécois des années 1970-80. En effet, pour la génération plus âgée qui a vécu avant ces changements, on savait que la « survivance » du fait français en Amérique du Nord et au Canada était très aléatoire, ici même au Québec. Plusieurs lois dont surtout la Charte de la langue française ont changé la donne et la société québécoise est devenue beaucoup plus certaine de son avenir, même au sein du Canada, car le PQ a démontré que ces changements pouvaient se faire à l’intérieur de la fédération canadienne.

Toutefois, les jeunes n’ont pas connu l’insécurité qui se tapit dans l’ombre maintenant et ils sont plus vulnérables au chant des sirènes anglo-américaines et multiculturelles. Ils et elles n’ont pas vécu le fait d’être une minorité méprisée dans son propre pays et de se faire dire « Speak White ». Pour eux la réponse à tout ça c’est : « OK Boomer »…

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Bien observé et bien dit. Le phénomène ne se limite d’ailleurs pas à la langue française, en fait c’est habituellement comme ça que les choses se passent. Par exemple, le vent peut gonfler les voiles du mouvement antivax parce que des gens ont oublié l’époque où la polio et d’autres maladies infectieuses décimaient les enfants, et certaines jeunes femmes ont pu croire, avant la tuerie de Polytechnique et encore une fois avant le mouvement metoo, que le féminisme avait gagné et qu’elles étaient devenues parfaitement égales aux hommes. Bref, les dangers et les injustices qu’une génération réussit à repousser de haute lutte risquent toujours de revenir en raison de la tranquillité que ressent la génération suivante. C’est pourquoi il est si important de bien enseigner l’histoire récente… ce que nous n’arrivons, de toute évidence, pas à faire.

« le meilleur depuis René Lévesque ». ÇA, c’est la meilleure. De toutes.

Après Lévesque, il y a eu des Bourassa, Bouchard, Landry, Parizeau… Et, là, on aurait « meilleur » qu’eux. C’qu’on peut être chanceux! ‘Trouvez pas?

Par contre, le pauvre Parizeau, « moindre » que l’actuel PM, aura rappelé avec force, véhémentement, en y insistant, il y a une demi-douzaine d’années, que jamais, jamais, au Québec, n’avait-on légiféré à propos (de) du religieux. Par quoi comprenait-on que lui non plus ne l’eût jamais fait. Ah, faut dire qu’il n’était pas à la hauteur du quasi incomparable actuel PM.

Quant à Lévesque, on sait qu’il se faisait extrêmement réticent à légiférer à propos de la langue même… Imaginez. Si bien que, comme cela était parce qu’il éprouvait d’immenses scrupules à restreindre les droits des uns comme des autres, facile d’en conclure que, lui non plus, pas plus que Parizeau, se serait avisé de légiférer à propos de religieux — en suspendant des droits.

Enfin, ni l’un ni l’autre de ces deux (Lévesque – Parizeau) n’auraient accepté qu’on fasse — (ou laisse faire) — à Yves Michaud, il y a 19 ans, ce à quoi a non seulement participé l’actuel PM mais qu’il continue de faire ou laisser faire aujourd’hui encore, en ne le désavouant pas, en ne se rétractant pas et en n’enjoignant pas ou n’exhortant pas l’ANQ même à se rétracter à cet égard afin de restaurer son honorabilité ou sa crédibilité.

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Fierté d’être. « Canadiens français […] tous catholiques ». Plus particulièrement, maintenant, par les jurons. Tels ceux de la v.-PM avec ses « christ de péquistes ». Qui rehaussent aussi singulièrement qu’éminemment le dessein d’inclusion de ce gouvernement, fier et conviant à la fierté comme c’est pas possible.

La québécité d’aujourd’hui diffère de l’antique canadienneté franco-québécoise. Phénomène observable notamment chez les plus jeunes. Leur sentiment d’appartenance, leur allégeance débordant de beaucoup le nationalisme québécois (classique) et plus encore l’affiliation ou la filiation canadienne-française.

Éloquent, tout de même, ce dernier épanchement legaultien. Ç’avait débuté en effet, religieusement, par un mouvement de complaisance à l’endroit d’une majorité franco-québécoise, en faisant exclure principalement des femmes incidemment justement, elles, pas catholiques. Ça se conclut par cet énoncé, sans surprise, de Canadiens français tous catholiques…

Hier, donc, suite de l’empilade, judiciaire « in progress » cette fois, relative à L 21. Laquelle ne serait p’t’être pas si sexiste que ça à la fin, considérant qu’à la police se trouvent plus d’hommes que de femmes (potentiellement impactés)? Or…

La véréalité est la suivante. À la police, il n’y en a PAS de gens portant des «signes», contrairement à dans l’enseignement. Qui plus est, on n’y en veut point non plus (re: Fraternité). Qui plus est (bis), LE Cas, connu, où unE étudiantE en techniques policières voudrait, elle, pouvoir en porter, en est un féminin. Encore. Si bien que…

On aura beau — (continuer de) — louvoyer, multiplier les sornettes à n’en plus finir, la véréalité c’est, comme l’a d’ailleurs on ne peut mieux exprimée l’éminent Guy Rocher, qu’ET la Raison (cause) ET la finalité d’L 21, c’est d’endiguer autant que faire se peut le port, la vue de voiles dits islamiques, parce que c’est ça qui ‘agace’, ‘dérange’, ‘irrite’ une majorité-de-la-majorité. Et…

Pourquoi donc l’agacé-ce-t-elle? Parce que ça reproduit quelque chose de ce qu’«on» a été, fait ou subi, jadis, soi, [Catho-canadiens-français québécois], ‘through’ [le rappel-(r’)évocation] des cornettes de bonnes soeurs, naguère. Qqch dont «on» a plus ou moins honte ou… peur maintenant. « That’s all ».

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Lorsqu’on ne voit plus.

Noël, fête d’enfants d’abord? Ça ne s’y voit guère d’emblée.

2019, année de gloire d’un premier ministre à quasi nul autre comparable?
À revisiter. À partir de dans une dizaine d’années. Car aujourd’hui, nul ne voit.
(Qui sait, en effet, si, rétrospectivement, on ne prendra pas conscience que ce PM, loin d’avoir été le [second] p m — PM [p m pour ‘Plus Meilleur’] du dernier demi-siècle, n’en aurait été le p m [‘Plus Mauvais’] plutôt ?)

Il y a des ces obnubilations, de ces points aveugles, en l’histoire des sociétés, qui font frémir. Pensons, par exemple, à cette période, pas si lointaine, où le tout Québec canadien français était catholique — (le PM propage à l’étranger que tel serait encore aujourd’hui le cas… : guère étonnant alors, n’est-ce pas, qu’il ait pu s’adonner si facilement à légiférer sur quelque chose à propos de quoi jamais auparavant n’avait-on légiféré au Québec, du religieux; en faisant adopter une loi à finalité, évidente, antimusulmane, essentiellement. Reflétant en cela l’esprit religieux canadien français québécois d’antan — (tout/tou.te.s cathos) — «to»/«through», maintenant, tout/tou.te.s antireligieux — (qui, sociopsy parlant, se trouve être l’exacte même chose que tou.te.s religieux) —; ou, pour mieux le singulariser, tout/tou.te.s antislamique – (pour qui en douterait, faudrait retourner regardécouter ce dont en a témoigné plus qu’éloquemment le suréminent Guy Rocher au printemps dernier).

Bon.
En cette avant-veille de la Noël, revenons-en donc aux enfants. À commencer par les plus petits. Puis on conclura avec les plus grands, communément appelés «ainé.e.s» de nos jours.

N’est-il pas frappant qu’aux deux bouts de la pyramide des âges, « on » n’existe pas? Ici, au Québec, s’entend?

On se rappelle, en effet, qu’il y a sept ans, des moins vieux, pas tout jeunes (enfants) non plus, étaient parvenus à ne pas se faire trop trop varloper par le gouvernement (re: printemps érable). Tout récemment encore, d’autres, du même âge, avec l’aide de tout le monde!, étudiants dits étrangers, seront également parvenus à ne pas se faire indûment mettre aux poubelles par ce premier ministre actuellement considéré comme le bon dieu en personne. Comment cela se fait-il?

Eh bien, il y a une différence entre avoir 4, 5, 8, 9 ans; entre avoir 85, 88, 93 ans, ou en avoir 18, 20, 22. À 20 ans, tu peux aller pleurer devant des caméras, comme l’ont fait des étudiants dits étrangers; à 4, 5, 8, 9, 85, 88, 93 ans, si les caméras ne viennent à toi, « just too bad ». Or, c’est ce qui est advenu cette année; ce qu’a à nouveau illustré cette année.

Le monsieur « Un Québec fou de ses enfants » a en effet pris la peine de sortir de l’ombre pour venir dire aux Québécois.es qu’ici, conformément à l’observation sagace de d’aucun.e.s, on serait plutôt lieu où l’on se fout des enfants.

Les exemples de ce s’avèrent innombrables. À commencer par autour de bus scolaires, où l’on ne veut résolument pas s’arrêter, nonobstant d’imposants signaux de danger l’enjoignant.

Ainsi est-on, ainsi fait-on au pays du Québec, des « bons vivants », qui ne répugnent guère à enjamber tout jeunes comme plus vieux. Rappelez-vous, il y a des décennies, on observait, en s’en étonnant, comment se faisait-il donc qu’en la province voisine les automobilistes s’immobilisaient impérativement-spontanément pour laisser passer piétons, alors qu’au Québec on leur fonçait dessus?

Le « cas » de « La Petite » de Granby, CMR, illustre assez bien, en condensant la chose, l’inédit « souci » des enfants et de leur « traitement » « chez nous ». On s’en préoccupe tellement que lorsqu’advient une situation où on aurait une chance de ne pas les maltraiter davantage, on ne la voit même pas. Pas convaincu.e.s? Constatez.

Récemment, on a dû rebrousser chemin face aux étudiants dits étrangers qui à raison se «rebichtaient» à propos de leur projetée indue mise aux vidanges aussi injustifiée qu’injustifiable. Mais il n’en a pas été ainsi, le printemps dernier, eu égard aux petits enfants qu’on allait priver davantage encore d’enseignante(s), en fermant cavalièrement la porte au nez et sur les pieds à de jeunes filles fraichement formées et diplômées d’Éducation, prêtes à dispenser leurs savoirs et… affection à d’aucuns de ces tout petits déjà en manque extrême d’elles. Non. Silence, total, là-dessus. Sensibilité, humanité, logique ZÉRO. Le plus important étant, restant, au pays du Québec, le religieux. Et c’est-à-dire, donc, en ce cas-ci, consistant à… se débarrasser, au plus sacrant, et le plus possible, rétroactivement même, de la – maintenant – considérée intrusE. Au yâbe les enfants! N’importe-t-il pas davantage de complaire au « peuple » d’abord?

Même chose ayant trait à l’autre « bout ». Celui des vieilles et vieux. Ça aussi, ç’aura été ‘marqué’ au fer rouge par, imaginez, la ministre des Ainé.e.s même, s.v.p. Celle-ci ayant eu le culot d’aller lâcher à un TLMEP de début d’année que, tout en ne pouvant rien dire…, elle opinait que des « affaires » comme l’atrocissime décès d’Hélène Rowley Hotte, à la porte de sa résidence, pouvait ressortir à de la malentendance. Malentendance, mon oeil!, madame la ministre. La malentendance est vôtre, madame. Comme celle de la société québécoise en son ensemble, qui n’en a que faire des vieilles et vieux, ainsi que des enfants.

Conclusion? Eh bien, elle est là – la ‘conclusion’. En cette constatation de l’ignorance, de l’«inexistence» des vieilles et vieux, ainsi que des enfants au Québec. Révélées par ce fait, sociologiquement éminemment troublant, qu’en ce moment on trouve à se féliciter d’une gouvernance censément sans pareille; alors que personne ne s’est aperçu que ç’avait pas d’allure, «pantoute», ce qu’avait dit la ministre à propos d’aîné.e.s en début d’année; de même que personne, absolument personne, semble-t-il, ne se serait rendu compte que ç’avait pas d’allure, «pantoute», comme l’a fait (faire) le premier ministre, de manoeuvrer, si indûmentissimement-précipitamment, puérilement, de manière à faire souffrir davantage encore d’enfants par privation de plus encore d’enseignantes; lorsqu’on sait que « toute la science du monde ne vaut pas les larmes d’UN enfant ».

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