Georges Laraque: l’homme fort de Bourassa?

Selon un sondage commandé par le Parti vert, l’ancien bagarreur du Canadien récolterait 30 % d’intentions de vote à l’élection partielle.

Georges Laraque pourra-t-il aider le Parti vert à gagner un premier siège à Otta
photo : Parti Vert

Georges Laraque pourrait-il hériter du fauteuil de Denis Coderre à la Chambre des communes ? Selon un sondage commandé par le Parti vert, l’ancien bagarreur du Canadien récolterait 30 % des intentions de vote à l’élection partielle dans la circonscription de Bourassa, dont la date n’a toujours pas été fixée par le premier ministre, Stephen Harper.

Mais si Coderre se qualifiait fièrement de «carriériste» politique, Laraque promet de faire les choses autrement. Exit les grands discours et le veston cravate. Avec un franc-parler déconcertant, le candidat des Verts affirme ne pas être un « politicien », mais un « humaniste ». « La politique, c’est la game d’Elizabeth May. Mon rôle à moi, c’est de défendre les gens ». Au hockey comme à la vie !

L’actualité l’a joint au téléphone pour un entretien-vérité.

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Pourquoi vous lancer dans la politique active ?

Cela fait trois ans qu’on me demande quand je vais me présenter, mais j’ai toujours refusé, car j’étais bien trop occupé à m’occuper d’œuvres caritatives. Aujourd’hui, les astres sont alignés. Le fait qu’il s’agisse d’une élection partielle est un avantage pour nous, puisque les électeurs n’iront pas aux urnes avec l’intention d’élire un premier ministre. Ce siège ne fera aucune différence pour les conservateurs, les libéraux, les néo-démocrates ou les bloquistes. Mais si un Vert est élu, ça peut changer la politique !

Vous êtes conscient que votre carrière politique fait naître quelques sourires ?

Il faut que les gens comprennent que cela n’a rien d’un coup de tête. Quand Denis Coderre a annoncé qu’il se lançait dans la course à la mairie, le Parti vert s’est tourné vers moi, de la même manière qu’Elizabeth May était venue à Montréal me demander de devenir chef adjoint. Je leur ai demandé de faire un sondage pour prendre le pouls de la population de la circonscription, car je ne voulais pas me lancer dans une cause perdue. Les résultats de la firme indépendante de sondage ont révélé 30 % d’intentions de vote en ma faveur, en cas de candidature. Tout ceci n’a rien d’une joke !

À quoi ressemblera Georges Laraque le politicien ?

Devenir député, c’est dans la continuité de l’engagement social que j’ai pris dans de nombreuses causes humanitaires. Je n’ai rien à gagner à me lancer; si je le fais, c’est pour aider les gens. En étant élu, j’aurai deux ans pour leur montrer ce dont je suis capable. Et vous savez quoi ? Si je gagne, je gagnerai aussi en 2015. Parce que les habitants du comté vont voir plus de différence en deux ans qu’ils n’en auront vu dans toutes les années passées avec [Coderre].

Que voulez-vous dire ?

Bourassa est une circonscription où il y beaucoup d’immigrants, ce qui me renvoie à ma propre histoire, moi qui suis un enfant d’immigrés haïtiens. Leurs problèmes, je les connais et je les comprends tous. Rien que ça, ça va faire une différence.

Quand j’entends parler de Montréal-Nord, c’est toujours pour une histoire de crime, de danger, d’immigrés, de Noirs, d’Arabes ou de Juifs. Je suis écœuré d’entendre ça ! Il faut que quelque cette perception change, et je veux en être l’artisan. Je souhaite être un modèle d’espoir pour les jeunes qui, parce qu’ils sont nés à Montréal-Nord, se disent que leurs rêves ne peuvent pas devenir réalité.

Je veux passer beaucoup de temps dans Bourassa, et pas seulement à Ottawa. J’y serai bien plus efficace pour adresser les problèmes des habitants qu’en restant assis à la Chambre des Communes où seront discutées des lois qui ne changeront rien à la réalité de mon comté.

De quelle manière allez-vous intégrer la ligne politique du Parti vert dans votre campagne ?

Le but n’est pas d’essayer de convertir les gens au végétalisme. Les gens ont de bien plus gros problèmes que ça, et ils restent les mêmes, quelle que soit la bannière politique de leur député. L’immigrant qui vient d’arriver au Québec, qui se fait traiter de tous les noms, qui a de la difficulté à s’intégrer à la société, qui ne se sent pas soutenu… Lui, il s’en fout de ce qu’il se passe dans l’environnement ! Ce n’est pas de ça qu’il a besoin. Moi, je vais être là pour lui. L’objectif n’est pas de se concentrer sur le plan du parti, mais sur la personne. D’ailleurs, selon le sondage, j’aurais récolté davantage d’intentions de vote si je m’étais présenté en tant qu’indépendant.

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« L’immigrant qui vient d’arriver au Québec, qui se fait traiter de tous les noms, »

J’ignorais qu’on crieyait des noms aux immigrants!

On vient tout juste de publier des stats sur les crimes haineux au Canada. Montréal est 26e! Québec 23e.