Gilles Vaillancourt (1989-2012)

Inauguration en 2007 du prolongement du métro à Laval. En des temps plus heureux...

Ça y est. C’est fait. Zéro suspense. Gilles Vaillancourt, le très monarchique maire de Laval, démissionne.

Bref, si un homme aussi entêté décide de démissionner, in extremis et à son corps très défendant, c’est qu’en quelque part, il aura compris qu’il n’avait plus vraiment le choix. L’avenir saura bien nous dire pourquoi il en est venu lui-même à cette conclusion.

Après la démission du maire de Montréal, Gérald Tremblay, c’est maintenant tout l’empire et l’emprise de Vaillancourt, montés pièce par pièce depuis 23 ans, qui s’écroulent. Et qui s’écroulent principalement courtoisie de l’effet combiné de la commission Charbonneau et de l’Unité permanente anticorruption.

De manière tout aussi prévisible, se disant «profondément blessé», à l’instar de Gérald Tremblay, Gilles Vaillancourt persiste, signe et se complaît dans un discours gênant de «victime».

Et tout comme Gérald Tremblay, Gilles Vaillancourt n’aura pas présenté la moindre excuse, le moindre acte de contrition aux contribuables qui, comme ceux de Montréal, ont dû éponger longtemps les coûts exorbitants d’une série de pratiques de corruption, de collusion, de trafic d’influence et de copinage.

Indécent, certes, mais guère étonnant. C’est l’art de se construire un personnage et de finir par y croire soi-même. Un grand classique chez certains types de leaders politiques.

Or, dans le cas de Gilles Vaillancourt, la présomption d’innocence a beau s’appliquer comme pour tout le monde, il reste que, contrairement à Gérald Tremblay, des perquisitions de la police à Laval ont eu lieu jusque dans ses domiciles personnels, de même que dans des institutions bancaires où le maire Vaillancourt semblait détenir un nombre tout à fait inhabituel de coffrets de sûreté.

Et lorsqu’on sait que des mandats de perquisition ne sont pas accordés sans motifs sérieux, très sérieux.

Ce qui ne va pas sans soulever une question que bien des citoyens doivent se poser par les temps troublants qui courent : si l’ex-maire venait éventuellement à être accusé de fraude et condamné par la suite, serait-il un jour le premier élu de ce siècle au Québec à finir derrière les barreaux?

Bien évidemment, ce n’est qu’une question. Et pour le moment, l’ex-maire n’est accusé de rien.

***

En réaction, la Coalition avenir Québec (CAQ) demande l’envoi à Laval d’un observateur indépendant du gouvernement du Québec.

La CAQ faisait récemment la même demande pour Montréal. Or, dans le cas de Laval, sa requête est d’autant plus pertinente que, contrairement à Montréal, aucune opposition n’est présente au  conseil municipal de Laval.

À suivre.

 

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Passionné et déshonoré mais riche et pensionné avec quelques coffrets de sureté inspectés.

La ressemblance entre M. Vailancourt et Pierre Lavallée, ancien conseiller municipal à Rouyn-Noranda (McWatters à l’époque) est intrigante.

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Un drôle d’oiseau ce maire. Rapace et mère poule simultanément.

Oui, dans l’ensemble, la ville est bien administrée. Les citoyens s’en réjouissent, si on en croit les sondages, les micros-trottoirs.

Et de l’autre côté, les pires crimes contre les citoyens, la démocratie, l’écologie existaient : corruption systématique et mépris de l’environnement.

Certains contribuables n’hésitent pas à préférer un maire efficace et corrompu à un autre modèle. Ils sont fatalistes et se contentent d’un prix de consolation. Ça pourrait être pire. Y pourrait être incompétent et corrompu…

Belle mentalité.

Sauf s’ils tuent, abusent de mineurs et maltraitent des enfants, les politicien(ne)s bandits en veston, cravate et tailleur, ne vont jamais en prison; question de privilèges, une protection d’intérêts personnels mutuels par le retour d’ascenseur des membres « post-it » de la magistrature et des directions policières nommés par les premier(e)s ministres(monarques) de notre régime « royalement » britannique. Il en serait tout autrement si nous adoptions un système politique républicain, n’est-ce pas ?

Au lieu du roi, ou du monarque de Laval, ne serait-il pas plus exact de parler du « parrain » de Laval? Et s’il a parrainé aussi longtemps, n’est-ce-pas qu’il a exploité sa poule aux oeufs d’or (« sa » ville) en faisant le bonheur de tout un chacun qui y trouvait son compte? Et même celui de la dame qui a exprimé avec ferveur publiquement que la corruption ne la dérangeait pas au point de vouloir dénigrer « son » maire?

Quelle tristesse!

À la ville « parrainée » pendant si longtemps, il va falloir apprendre à faire des affaires honnêtement, sans graisser la patte des fonctionnaires et politiciens. Et pour ces derniers, il va leur falloir apprendre à gouverner honnêtement sans attendre de pots-de-vin.

Ah la la! Quel défi!

On a commencé à dire que Tremblay n’avait pas été un si mauvais maire pour Montréal.

Maintenant c’est au tour de Vaillancourt de se faire aduler. Des commentaires fusent à l’effet de la qualité de gestion de Laval, de sa croissance etc. etc. Alors, moi je dis qu’est-ce que Laval aurait pu être si Vaillancourt avait été clean ?

Je commence à en avoir ras le pompon qu’on encense des bandits sous prétexte qu’ils n’ont pas été juste des bandits. C’est tout de même de millions de dollars pris aux citoyens dont il est question.

«Qu’il soit noir, juif ou arabe, un type bien est un type bien et un enfoiré sera toujours un enfoiré.» [Guy Bedos]

Ces deux maires après de si longs règnes quittent dans le déshonneur. Cela doit sûrement affecter leur égo personnel, car malgré toutes ces années à la direction de leur ville leur sortie est pitoyable. C’est une forme de justice pour nous contribuables qui leur avons fait confiance. Quitter dans un tel déshonneur, c’est déjà leur infliger une peine méritée.

Je pense que dans toutes ces magouilles chacun de nous doit se dire que nous sommes un peu complice de cette toile d’araignée ou on peut dire, peut importe comment on tisse l’important c’est de tisser. Je crois qu’il y a beaucoup d’hypocrisie. Si ces gens arrivent à occuper tant de place, à obtenir autant de pouvoir c’est qu’ils y a des personnes et beaucoup de personnes qui ont intérêt que les choses se passent comme elles se sont passées. Je me pose pourtant une question depuis un bout de temps et l’une des rares personnes à soulever un mot dans le même sens est Patrick Lagacé.
Pourquoi les enquêteurs, la police protègent les politiciens? Il est connu que dès que les enquêtes s’approchent trop du politique, on s’arrange pour étouffer l’affaire.Pourtant la plupart du temps les décisions se prennent à partir de ces sphères de pouvoir. C’est pour cela que je dis que les gens doivent prendre une part de la corruption qui s’est infiltrée un peu partout. Quand des commentateurs, analystes appuient certains politiciens par une certaine complaisance dans leurs propos, que ce soit par idéologie ou par intérêt personnel pas étonnant que la dame de Laval dit ce que d’autres font en connaissance de cause comme cette dame.
Dernièrement j’entendais l’ancien ministre du travail Jean Cournoyer moussant son livre mais comme beaucoup d’autres semble avoir des trous de mémoire.
Entendre une Lise Thériault parlé d’intégrité, entendre un Fournier parlé d’improvisation de la part du gouvernement, de voir un GND se faire condamné par un juge (post-it), d’entendre un autre défendre le maire Tremblay sous prétexte qu’il n’a pas été accusé qu’il a droit à la présomption d’innocence tout ça pour dire que tout le monde savait depuis plusieurs années comment les choses se passaient au Québec.
Le comble c’est que lorsque les étudiants se sont mis à contester, que les autres citoyens sont descendus dans les rues pour dire leur écoeurement, rappelez vous ceux qui disait leur mépris pour la rue et le porcentage obtenu par les libéraux au dernière élection, c’est de cela que je parle quand je dis que les gens sont complices.

@Nathalie Grogières

Entièrement d’accord avec vous.

Bravo !

«En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.»
[Georges Clemenceau]

«C’est l’art de se construire un personnage et de finir par y croire soi-même» Que Freud, Rogers, Jung et combien d’autres se délecteraient à vous lire Madame Legault! Je soupçonne, qu’entre autres commentaires, ils nous diraient qu’un personnage ne se forme pas SEUL. Ils y impliqueraient certainement «les autres….et le Monde», sorte de tripartie essentielle à UNE réalisation de l’Homme. Pourquoi cet homme en est-il venu à se construire un tel personnage et comment en est-il arrivé? Que j’aimerais donc lui poser les questions…une fois qu’il aura été capable ??? de certaines admissions. «Ça» prend un certain courage voire courage certain pour s’asseoir avec ses «bibittes», ce qu’un prof. de l’UQAR appelait, sur la pointe des pieds, des «daïmons», sorte d’ancêtres aux démons. Je souris.
Monsieur Vaillancourt a-t-il imprévu(s) rendez-vous avec LA conscience ?
Mes respects,
Gaston Bourdages
Simple citoyen – ex-bagnard et écrivain publié «en devenir»
Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

@Mme Grogières

J’endosse vos propos tout à fait pertinents.

Moi aussi je me demande à quoi peut ressembler une pratique d’intégrité alors que le copinage est pratique courante au Québec depuis des decennies.

C’est à cela qu’il faudrait réfléchir et la dynamique actuelle s’y prête. Comment faire pour ne pas encourager ses contributeurs? Comment briser le cordon entre la contribution et le contrat? Comment établir un système équitable de distributions de contrats au juste prix? Comment contrôler?

J’imagine qu’il n’existe pas de solutions magiques mais reste qu’il est possible de couper le cordon entre la contribution et le contrat. La seule de le faire est d’avoir un financement totalement public. Une pratique d’intégrité commence par une indépandance du pouvoir public face aux influences financières extérieures. Autrement c’est de la foutaise et maquillonnage.

Allez, espérons un peu et cessons de croire que la pratique du politique ne peut pas changer.

Pour ma part, je déplore qu’on ne fustige que les politiciens et fonctionnaires. Quand donc poserons-nous les bonnes questions sur la façon dont les « affaires » se brassent au Québec? À quoi doivent leur succès les gens d’affaires? À regarder la quantité de firmes ayant participé de près ou de loin, fréquemment ou plus rarement, à tous ces stratagèmes mis en place depuis longtemps, il y a de très sérieuses questions à poser sur la qualité des gestionnaires que nous avons au Québec. Sont-ils incompétents au point de ne pouvoir « réussir » qu’en volant les fonds publics?

Ce sont ces gens-là qui font la leçon à tous, se drapant dans la supposée vertu que devrait leur conférer leur succès en affaires. Ils sont présents partout dans les chambres de commerce, associations diverses de gens d’affaires, morigènent « la rue » à l’instar des politiciens avec qui ils s’associent (et qu’ils achètent parfois)!

Ils sont derrière tous les « Economic Club » et IEDM de ce monde pour demander moins de réglementation, plus de réduction de la taille de l’État, et ce afin de pouvoir plonger les mains plus profondément dans le trésor public.

Quand va-t-on les regarder, eux, qui sont au coeur du système de corruption? Eux qui ne peuvent « brasser de vraies affaires » sans corrompre politiciens et fonctionnaires?

Et j’ai hâte qu’on regarde aussi du côté de la police et du système judiciaire, eux aussi souvent proches du milieu des affaires, quand on sait que la mafia a TOUJOURS besoin d’avoir ses pions au sein de ces systèmes afin que la pieuvre puisse s’étendre.

Ça fait 40 ans (et peut-être davantage) que la pieuvre s’étend chez-nous, sans être importunée par la police et le système judiciaire. Elle a infiltré bien des institutions. Il serait temps qu’on regarde aussi de ce côté-là.

@ Nathalie Grogières:

Je ne sais pas si vous vous y connaissez en affaires mais la seule et unique raison pour laquelle la corruption fonctionne est due au fait que l’État possède un monopole dans plusieurs domaines de nos vies.

Pas de monopole = de la compétition. Compétition = très peu de chance que la corruption à grande échelle s’installe.

Bref, la seule et unique façon de réduire la corruption est de RÉDUIRE la taille de l’État. Pas d’autres façons.

Vous aurez beau imaginer des lois et des règlements tous aussi dégoulinants de bonnes intentions les uns que les autres, il se trouvera toujours quelque part des personnes prêtes et capables de les contourner et des fonctionnaires ou politiciens (ou les deux!) prêts à se faire corrompre.

Dans le domaine privé, une société qui pratiquerait la corruption à grande échelle envers un client s’éliminerait automatiquement elle-même face à la compétition vu le coût honéreux de la corruption, coût que ses concurrents n’auraient pas à assumer (on ne parle pas ici d’un lunch d’affaires de temps à autre!).

Plusieurs pays ont compris la chose dont la Suède, la Nouvelle-Zélande, etc. qui ont réduit ler taille avec d’extraordinaires résultats. Les fonfons apportent même des dossiers à la maison pour les travailler!!!

Qu’attendons-nous pour faire preuve de la même intelligence et de la même sagesse que les Suédois ou les Néo-Zélandais?

Continuer à faire les mêmes erreurs apportera nécessairement les mêmes résultats.

François 1 nous ressert encore sa même salade. Quand ce n’est pas la péréquation, c’est la taille de l’État. Avec ses raisonnements obtus qui nous mènent à des corrélations aussi simplistes que si on veut combattre la corruption dans l’administration publique, il suffit de supprimer l’État.

Il nous ressasse sa théorie du monopole de l’État qui empêche la compétition et entraîne la corruption à grande échelle. Il prétend que plus il y a de compétitions moins il y a présence de la corruption. Cette affirmation ne repose sur rien. Je l’invite à lire le rapport de Transparency International 2009 qui fourmille d’exemples de corruptions dans le privé. Voir mon commentaire (1).

Il nous donne en exemple la Suède pour la taille réduite de ses ministères. Ce qu’il ne sait sans doute pas, c’est que la Suède possède 250 agences gouvernementales dont les employés ( » les fonfons « ) sont syndiqués à 80 % et constituent 12% de la population de la Suède. Quand on sait que François 1 qualifie de » monopole » les agences gouvernementales, imaginons au Québec 250 SAAQ, je n’ose imaginer sa réaction devant cette invasion de » monopoles « !

1- http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/?p=2286#comment-21730

Monsieur François 1 fait une lecture simpliste du contexte qui mène à la corruption. En voici une autre qui me semble plus approfondie, et qui concerne autant la politique que le sport ou les affaires, faite par le chercheur Dominic Martin, spécialiste en éthique des affaires (http://www.ledevoir.com/politique/quebec/363769/la-moralite-est-fragile):

« Dans des contextes de rivalité, la corruption n’est pas nécessairement déclenchée, mais cela constitue un catalyseur évident », note le chercheur, qui effectue un post-doctorat sur la question. Ainsi, les milieux des affaires, du sport, de la justice ou de la politique sont enclins à frôler les contours de cette moralité que Dominic Martin appelle « l’éthique adversative ». « Tout le monde vise la même chose – une victoire, la recherche de la vérité, un contrat -, mais un seul est destiné à l’obtenir. »

Par ailleurs, sur le thème de la taille de l’État, même le corrompu Luc Leclerc reconnaît que les coupes de personnel à la Ville ont facilité la corruption: http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/commission-charbonneau/201211/12/01-4592734-les-coupes-a-la-ville-ont-facilite-la-corruption-dit-luc-leclerc.php

On va se rendre compte que c’est exactement le même phénomène au Ministère des Transports et ailleurs…

Finalement, le néolibéralisme, avec son obsession de réduction des effectifs de l’État, et sa déréglementation tous azimuts, a aidé la mafia à s’étendre par la corruption. Il lui a fait un nid bien chaud…

Et voilà que tout le conseil municipal de Laval part en guerre contre le gouvernement provincial. Nos chers conseillers municipaux ne sont pas loin du chantage envers le gouvernement. C’est comme s’ils disaient : « Ça va se passer comme nous voulons. Sinon on fait rien et on ne nomme pas un nouveau maire. »

Les explications douteuses et alambiquées du maire suppléant sont complètement ridicules.

Cette attitude est complètement inacceptable et démontre à sa face même dans quel puissant déni se vautrent nos conseillers municipaux.

Une seule conseillère municipale a eu le courage de faire face à la réalité. Je la félicite.

Si ces pauvres politiciens de bas étages persistent dans leur ridicule bravade, il est évident que le gouvernement provincial doit imposer la tutelle la plus rigide à Laval. Les conseillers municipaux démontrent clairement qu’ils ont perdus complètement le sens de la réalité et qu’ils vivent dans leur petit monde sans conscience de ce qui se passe en dehors de leur univers manifestement clos et malsain.

«Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour.»
[Woody Allen]

@ M. Denis Drouin: je suis d’accord avec vous, le chantage des élus de Laval ne doit pas être toléré. Je trouve qu’ils démontrent de l’effronterie en critiquant la venue d’un vérificateur. Après tout, il n’y a pas d’opposition structurée à Laval, et on peut penser que s’il y a eu des irrégularités dans le passé, ces élus ont soit participé ou fermé les yeux.

Alors que ces gens soient choqués de la méfiance généralisée à leur égard dépasse l’entendement. S’ils étaient le moindrement ouverts, s’ils comprenaient la situation critique de leur Ville, ils collaboreraient. Leur refus de le faire est inquiétant.

J’espère que le gouvernement n’hésitera pas à utiliser la tutelle si leur entêtement persiste.

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