La bureaucratie municipale: ni belle, ni bonne, et très chère

Une secrétaire gagne 33 $ de l’heure dans la fonction publique québécoise et 39 $ au privé syndiqué. À la Ville de Montréal? Le taux horaire est de 46 $.

Photo: Jacques Boissinot/La presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La presse canadienne

Les 100 jours de Denis Coderre ont coïncidé cette semaine avec des mauvaises nouvelles sur le front des finances de Montréal.

Ma collègue Jeanne Corriveau révélait jeudi que les dépenses en salaires et pensions ont explosé à la Ville de Montréal au cours des cinq dernières années. La rémunération globale (incluant les régimes de retraite) est passée de 1,8 milliard à 2,5 milliards de dollars, un bon de 650 millions.

Le lendemain, l’omnimaire Coderre annonçait une réforme de l’appareil municipal. Le brassage de structures se traduit par la suppression de 11 postes de cadres de direction et la création de huit postes de directeur général adjoint ou directeur de service.

L’organigramme tentaculaire de Montréal perd donc trois cases, pour une économie annuelle récurrente de… 400 000 $. La belle affaire!

M. Coderre n’est pas responsable de l’enflure de la bureaucratie montréalaise, qui atteint maintenant la taille d’une petite ville avec ses quelque 22 000 personnes. L’administration Tremblay a voulu s’attaquer au problème, en 2006, mais elle a lamentablement échoué. L’appareil municipal a poursuivi son inexorable expansion, en dépit d’un plan visant à réduire la main d’œuvre!

Les tendances lourdes ne s’inversent pas en 100 jours. Le contrôle de la masse salariale passe par un sérieux dégraissage de la fonction publique. Il n’y a pas qu’à la FTQ-Construction où les gens sont payés à faire peu. La Ville de Montréal regorge de professionnels et de cadres qui se morfondent dans leurs cubicules beiges.

Pour avoir côtoyé au cours de ma carrière des professionnels de l’urbanisme et de l’architecture évoluant autant dans le secteur privé que public, je peux vous dire que l’appareil municipal est une machine à broyer les rêves et l’esprit d’initiative.

Aucune entreprise privée ne survivrait à la superposition d’autant de comités de réflexion, de processus et de départements en compétition les uns avec les autres.

Depuis quelques années, Projet Montréal montre un doigt accusateur en direction des cadres et contremaîtres. Il y en aurait 563 de trop, selon les estimations de Richard Bergeron. Mais le problème est plus large.

Je ne reprocherai pas aux syndicats de la fonction publique montréalaise d’avoir su négocier leurs conventions collectives. S’ils ont arraché des gains et des augmentations de 2 % (entre autres pour les cols bleus et les pompiers), c’est bien parce que la Ville a cédé à leurs demandes, en dépit d’un contexte économique défavorable.

Selon les données les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec, dans les villes de plus de 200 employés et de plus de 25 000 habitants, les employés municipaux touchent une rémunération supérieure de 38 % à celle des fonctionnaires provinciaux. Le maire de Westmount, Peter Trent, estime que l’écart est encore plus important à Montréal, soit de 45 %. «Scandaleux», a-t-il dit au Devoir. «On ne veut pas que les employés soient sous-payés, mais je ne vois pas la justification de payer une prime allant jusqu’à 45 % parce qu’ils travaillent pour la Ville de Montréal», croit-il.

À titre d’exemple, une secrétaire gagne en moyenne 33 $ de l’heure dans la fonction publique québécoise, 33 $ de l’heure au privé non syndiqué 39 $ au privé syndiqué. Au municipal? Le taux horaire est de 46 $ (en incluant les avantages sociaux et les régimes de retraite dans tous les scénarios).

Le boulet de la masse salariale a des effets pervers sur les arrondissements et les services municipaux. Ce n’est pas vrai que les fonctionnaires montréalais sont payés plus cher pour offrir des services de meilleure qualité. Ils sont payés plus cher pour offrir les mêmes services, sinon des services en déclin, car il faut bien couper quelque part. Quand ça va mal, on ne touche pas aux salaires, car ils sont figés dans la convention collective. Les services municipaux écopent. On rogne dans les heures d’ouverture des piscines, des arénas, dans la fréquence de passage des autobus, etc.

Le problème semble insoluble. J’ai bien hâte de voir comment le maire Coderre va tirer son épingle du jeu. Après la lutte à la corruption et à la collusion, la lutte à la bureaucratisation de Montréal sera l’un de ses plus grands défis. Les nouveaux outils promis par Québec, afin de réduire le poids des régimes de retraite dans les finances municipales, lui seront d’un précieux secours.

J’adore vivre à Montréal. Je ne voudrais pas avoir à traverser un pont pour m’y rendre tous les jours. Mais il ya des jours comme ça où je rêve un peu des gazons verts de Saint-Lambert — ou d’un poste de secrétaire pour Denis Coderre.

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Un agent de secrétariat gagne au max de l’échelle 41000$ ce qui ne donne pas 33$ de l’heure, et seulement au sommet de l’échelle salariale, Les échelles débutent à 32 300$ annuel environ. Les secrétaires spécialisés (ex. juridique), un peu plus. Le tout est de nature publique sur le site du Conseil du Trésor.
Il ne faut pas confondre un agent de secrétariat et un adjoint administratif qui, tout en étant en fait un poste de secrétaire plus « fancy » un peu – en réalité, quelqu’un qui fait le travail de plusieurs secrétaires, gagne effectivement un peu plus cher, mais toujours pas 33$ de l’heure, et pour occuper ces emplois il faut être technicien en administration et non agent de secrétariat (les listes d’aptitudes ne sont pas les mêmes, les exigences de scolarité non plus).
Sérieux, 33$ de l’heure, ça fait 60 000$ par année, chechez tant que vous voulez dans les échelles, pour une secrétaire vous ne trouverez jamais ça!

Lisez attentivement SVP:

« Le taux horaire est de 46 $ (en incluant les avantages sociaux et les régimes de retraite dans tous les scénarios). »

En INCLUANT les avantages sociaux. Et Dieu sait que des avantages sociaux, les fonfons en détiennent des tonnes comparativement au privé.

Et on n’a pas ici abordé la « productivité » des fonctionnaires qui est d’une « efficacité redoutable » (mode ironie on).

Au public, ça prend 3 magasiniers pour faire le travail d’un seul au privé.

J’ai toujours été opposée à ce que les avantages sociaux fassent partie du salaire. Les assurances collectives l’employé doit payer une prime, et des taxes sur cette prime, prélevée à même le salaire. Le gouvernement du Québec paie moins d’un dollar par paie de prime d’assurance pour ses employés. Des amis à moi, dans le privé, ont leurs assurances complètement payées par l’employeur, ou paient moins de 10 dollars par paie. Et les assurances sont meilleures. L’assurance collective offerte aux fonctionnaires en général (pas les cadres) est très ordinaire. Un plan familial avec assurances dentaires coûte pas loin de 200$ par paie.
Le régime de retraite aussi, il se paie. Et il ne donne pas tant que ça rendu à la retraite. Ma mère, ancienne enseignante, est loin de rouler sur l’or. Quant à moi, je n’ai pas la moindre idée de quoi auront l’air les régimes de retraite dans les années 2030 lorsque je deviendrai admissible. Je ne sais même pas s’ils existeront encore.
Moi aussi je me faisais bien des illusions sur les conditions de travail extraordinaires des fonctionnaires. Jusqu’à ce que je le devienne. Qu’on me comprenne bien, ce sont des emplois très corrects, qui permettent de gagner sa vie. Mais le jackpot? Scusez, mais non.
Ah ben oui, j’oubliais, la permanence. Oui, c’est le fun. Mais c’est très long à obtenir, surtout pour une personne n’appartenant pas à une minorité visible ou culturelle. Et c’est une arme à deux tranchants. Ton employeur est pogné avec toi (à moins que tu fasses vraiment des grosses, grosses gaffes) mais tu es aussi pogné avec ton employeur. Je connais plein de collègues qui aimeraient changer de job complètement, retourner aux études à temps plein, etc. Mais tu hésistes à délaisser un tel avantage. Les augmentations, il faut modérer ses espoirs, car les médias s’arrachent les cheveux au moment des négos lorsqu’on demande simplement une indexation au niveau du coût de la vie. La dernière convention nous donne des augmentations de 1.5% par année. Ça ne représente pas beaucoup sur une paie, je vous le garantis. Tant qu’on grimpe l’échelle salariale, ça va. Mais quand on « toppe », on voit rapidement son pouvoir d’achat diminuer.
Bien des gens de mon entourage qui travaillent dans le privé envient un peu la permanence, mais préfèrent au bout du compte un employeur qu’ils peuvent quitter s’il ne les augmente jamais.
J’admets que nous sommes gâtés en vacances et en congé maladie. Mais ce n’est pas tout dans la vie ça.

Je maintiens qu’il est malhonnête de la part de l’auteur du texte de gonfler les chiffres ainsi gonflés qui vont entretenir des préjugés et des illusions. Si l’auteur tenait absolument à préciser l’estimation avec avantages sociaux, il fallait donner le vrai salaire puis mettre celui gonflé « avec avantages sociaux » entre parenthèses.

Les avantages sociaux FONT partie de la rémunération, que vous le vouliez ou non. L’employeur DOIT en couvrir les frais, en tout ou en partie. En plus des charges sociales québécoises associées à chaque emploi et qui sont les plus lourdes au Canada.

Je me souviens que le gouvernement du Québec a voulu, il y a quelques années, enlever la permanence aux employés de l’Agence des PPP (ou quelque chose du genre) et qu’ils leur ont offert un ajustement salarial de plus de 30% en compensation. Qu’ont-ils décidé? Ils ont dit NON!!! Ils ont évalué leur permanence à plus de 30% du salaire. Que voulez-vous de plus?

Vous vous dites « pognée » avec votre employeur? Rien, absolument RIEN ne vous empêche de démissionner de votre poste et de venir nous joindre dans le privé et de relever d’autres défis plus stimulants pour votre talent. Par contre, aucune garantie que votre poste demeure (compétition et possible fermeture de la société obligent), que vous puissiez jouir d’un généreux fonds de pension à rente déterminée et viagère, de congés de maladie et autres remboursés s’ils ne sont pas utilisés, du meilleur plan dentaire au monde, d’année sabbatique, et autres petites prérogatives.

Et en plus, vous devrez performer…

La dégradation du pouvoir du payeur de taxes à Montréal a débuté par l’administration Doré, cet ex-syndicaliste et péquiste.

Il a littéralement remis les clés de la ville à la mafia syndicale.

Les choses n’ont fait que de se désagréger par la suite.

LA solution? Privatiser les services municipaux qui peuvent l’être et ainsi se débarrasser de la plupart des parasites syndicaux.

Malheureusement on ne parle pas du MÉPRIS qu’à le maire Coderre envers les BRIGADIERS SCOLAIRES qui sont dans la rue à -30C pour faire traverser vos enfants en toute sécurité . Ils demandent seulement d’avoir droit aux congés payés comme tous les fonctionnaires pour Noel et le Jour de l’An . La réponse de Coderre qui refuse toute négociation : Mettez vous sur le chomage ou allez travailler pendant 2 semaines chez MacDonald ou Tim Hortons . Bizarre c’était la même chose avec le maire Tremblay ou Appelbaulm , On dit que les brigadiers scolaires (sans convention depuis 30 mois) auront une convention quand ils accepteront de se faire photographier avec Denis Coderre .

Le titre est un peu racoleur, surtout que l’article précise par le suite que le 46 $/h est à considérer avec tous les avantages.

39 piasses l’heure dans le privé!
Certainement pas dans un PME de la Beauce ou de la Mauricie
Sérieux, on veut des adresses.
Sortez les cies qui offrent 39 piasses à des secrétaires. C’est plus de 75,000$ par année!!!

Plusieurs commentateurs ci-hauts devraient relire deux fois plutôt qu’une, l’article de Brian Myles. Monsieur Myles dit bien noir sur blanc « en incluant les avantages sociaux et les régimes de retraite dans tous les scénarios ». Les salaires horaires dont il est question n’est pas le salaire réel, mais une moyenne de la masse salariale des secrétaires, basée sur un taux horaire.

Tout le monde sait que ça travaille peut ,qu’il y a trop,de monde et qu’ils son trop payer
Qui va faire quelque chose, en plus on a dix fois plus de maire d’arrondissement que Toronto et ceux ci s’arrange pour exçeder leur budget à tout les ans pour ne pas se faire couper

c’est drole , quand les salaires touche la classe moyenne , ils sont toujours gonfler , et lorsque l’on parle des salaires des « haut fonctionnaire » ils sont toujours minimiser sous prétexte qu’il travaille fort !!! Lacher la classe moyenne et nettoyer ce qui est en haut et inutile ( je les appelles les goélands ou les rapaces ) qui eux ne sont pas rentable pour une organisation !!! Ils engorgent le systeme et nuisent au bon fonctionnement d’une société .

Je dois donner raison à François 1. Dans le secteur privé, on ne peut pas se permettre de payer les secrétaires aux mêmes salaires que les cadres. Les syndicats mènent le gouvernement depuis trop longtemps.

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