Harcèlement : taire ou ne pas taire

Il y avait beaucoup d’inconnues à la clé de l’équation politique qui a récemment amené le chef libéral, Justin Trudeau, à suspendre deux députés — le Montréalais Massimo Pacetti et le Terre-Neuvien Scott Andrews —, parce qu’ils étaient soupçonnés de fautes graves à l’égard de deux collègues néo-démocrates.

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Thomas Mulcair accuse Justin Trudeau d’avoir nui aux victimes en rendant publics les soupçons de faute grave à l’endroit de deux députés libéraux. Mais le contraire aurait-il été vraiment mieux ? – Photos : Adrian Wyld/La Presse Canadienne

Au moment où l’une des deux députées s’est résolue à mettre le chef libéral au parfum, les incidents remontaient à plusieurs mois.

La décision de la députée de se confier au chef libéral s’inscrivait-elle dans la vague de récits inédits d’agressions sexuelles suscitée par le scandale entourant l’ex-animateur-vedette de la CBC Jian Ghomeshi ? Sans doute. Pour autant, la plaignante n’aurait pas réclamé de sanctions particulières à l’endroit des députés que son récit mettait en cause.

Par la suite, des porte-paroles néo-démocrates ont indiqué que les deux femmes n’avaient pas déposé de plaintes officielles, de crainte de détruire la carrière de leurs collègues. On n’est pas ici devant le cas, mal-heu-reusement plus classique, de victimes qui se confinent dans le silence de peur de ne pas être crues ou d’être la cible de représailles.

Au moment où il a annoncé la suspension de ses députés, le chef libéral a néanmoins protégé l’identité de celles qui affirmaient être leurs victimes. Il n’a pas révélé leurs couleurs politiques. Aux démentis de ses propres députés, il a préféré les témoignages qui les accablaient. Il n’a pas rendu publics les actes qui leur étaient reprochés.

Justin Trudeau aurait-il dû gérer le dossier autrement ? Le chef du NPD, Thomas Mulcair, est de cet avis. Il a pourfendu son homologue libéral, l’accusant d’avoir rendu doublement victimes les deux femmes en cause en levant, aussi minimalement soit-il, le voile sur cet épisode.

Il est exact que d’autres options s’offraient au chef libéral. Il aurait pu faire des remontrances en privé à ses deux députés, les démettre de leurs fonctions au sein du caucus et passer à autre chose. Il aurait pu exiger qu’ils mettent fin discrètement à leur carrière politique. À moins d’un an des élections, il ne se passe pas de mois sans qu’un élu annonce qu’il entend désormais consacrer davantage de temps à sa famille. Les deux intéressés étaient déjà officiellement sur les rangs pour le scrutin de l’an prochain, mais sans doute auraient-ils préféré tirer leur révérence à la fin du printemps plutôt que de voir les gestes qu’on leur reprochait étalés sur la place publique. Certains croient que Justin Trudeau aurait même pu leur montrer la porte sans expliquer sa décision ou encore en invoquant un motif bidon !

Ce que toutes ces solutions de rechange ont en commun, c’est d’éviter d’ébruiter le fond de l’histoire, à savoir d’éventuels écarts de conduite de deux députés masculins.

Les sorties de M. Mulcair laissent entendre qu’au nom de l’intérêt supérieur, à ses yeux, des deux femmes en cause, c’est cette voie d’évitement qu’il aurait empruntée.

Sauf qu’on accuse régulièrement et généralement avec raison des gens qui sont en position d’autorité d’avoir le balai facile quand il est temps de dissimuler de telles histoires sous le tapis.

L’impunité relative dont s’attendent à jouir bon nombre d’agresseurs de tout acabit n’est pas étrangère à leurs actes et aux réticences de leurs victimes à réclamer justice. Ce sentiment d’impunité est souvent encore plus prononcé chez ceux ou celles qui sont en position de relatif pouvoir.

De l’avis de tous ceux qui y évoluent, la colline du Parlement fédéral a toujours été et continue d’être un terreau fertile pour le harcèlement sexuel.

Depuis l’affaire Ghomeshi, députés et journalistes ont témoigné de ce que la face cachée du Parlement — un milieu qui carbure aux relations de pouvoir — n’est pas toujours belle à voir.

Dans un environnement où des élus se sentiraient suffisamment à l’abri de représailles pour s’en prendre à d’autres élues, qu’en est-il des centaines de pages, stagiaires, adjoints qui viennent sur la Colline fédérale se frotter pour la première fois à la politique ? Aucun d’entre eux, aucune d’entre elles n’a le même rapport de force avec les élus et leur garde rapprochée qu’un député à l’égard d’un autre député.

Devant un mal systémique, vaut-il mieux tenter d’arracher ses racines ou continuer à les enterrer ? Poser la question, c’est, me semble-t-il, y répondre.

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L’agression sexuelle est régie principalement (pour environ 85% des cas) par les articles 271 à 273 du Code criminel. Si les agressions dont auraient été victimes ces deux députées relèvent bien de ces articles (ce que nous ne savons pas) ; c’était leur devoir de déposer une plainte en bonne et due forme auprès des corps policiers à Ottawa ou la GRC. Car rappelons-le, ce type de gestes portent atteinte aux droits fondamentaux.

Nul n’étant censé ignorer la loi. Qui objectivement plus qu’un législateur se doit de vivre conformément à la loi et de veiller par ses actions à ce qu’elle soit appliquée ?

Je ne comprends pas que monsieur Mulcair qui pourtant dispose d’une solide formation juridique, qu’il n’ait pas exigé de ses députées qu’elles portent plainte. Quitte à les accompagner ou mandater pour cette démarche une personne de confiance.

Tout indique, du moins à ma connaissance, qu’il s’en est bien gardé. La question pourrait-être alors de savoir, si le dessein de monsieur Mulcair n’était justement pas de maintenir le couvercle sur la marmite ?

Je n’achète en rien cette thèse qui voudrait que ces deux femmes n’aient pas porté plainte, animées par la crainte de détruire la carrière de leurs collègues. Si cette démarche altruiste et généreuse était réelle. Eh bien elles se seraient tout simplement tues, auraient gardé le silence… et on n’aurait jamais rien su !

Ainsi, elles sont parvenues à la perfection à précisément détruire la carrière des dits collègues et peut-être également leur vie affective. Ensuite, si agression il y eut bien, c’eut été dans ce cas un devoir moral que de dénoncer le crime selon la loi quitte à nuire justement à la carrière de ces deux libéraux.

En psychologie, nous observons un parfait archétype de deux femmes qui de toute évidence ne s’assument pas. Ni dans leur rôle de femme, ni dans leurs obligations citoyennes et probablement pas non plus dans leur profession.

D’autre part, d’après ce que j’ai compris de l’affaire, c’est l’une des députées qui est allée trouver personnellement Justin Trudeau pour l’informer de l’inconduite (supposée) de ses deux élus. À cet effet, Justin Trudeau n’avait pas d’autre issue que de rendre publique sa décision, tout en préservant l’identité des plaignantes, tout en évitant d’évoquer la nature exacte des actions posées par ses députés.

Je me demande pourquoi monsieur Mulcair a pourfendu son homologue libéral, si ce n’est que pour reprendre cet évènement à des fins de pure « petite » politique, pour miner la crédibilité de Justin Trudeau, se servir astucieusement de cet affaire pour le faire mal paraître. Thomas Mulcair aurait dû au contraire saluer la fermeté de la décision prise par son semblable.

Je dois dire, suivant ma vision, que c’est l’attitude du chef du NPD qui dans ce cas laisse quelque peu à désirer.

J’aimerais bien que ces deux femmes qu’on ne peut pas nommer, qu’elles sortent courageusement de l’ombre, qu’elles profitent de leur tribune pour informer la population des sévices qu’elles dussent subir. S’il était avéré qu’elles soient sincères, leur démarche ne serait que plus appréciée, cela ne peut en toute fin que les grandir.

Après tout, si on entend d’ici un an à gouverner le pays, être sans contredit le meilleur choix pour le Canada, on se devrait à tout le moins pour commencer, de choisir la voie de la transparence. — Mais est-ce que la clarté et la transparence sont des marques de commerce du NPD ?

C’est également mon impression. On en apprend un peu plus chaque jour et le fait que Monsieur Mulcair était déjà au courant et n’a soufflé mot à quiconque, démontre à quel point il ne souhaitait pas ébruiter l’affaire. Ça c’est inquiétant au point où l’une d’elles s’est adressée directement à J.Trudeau afin de l’en informer, pourquoi? Insatisfaite de la façon dont son Chef a traité l’affaire qui aurait dû alerter Justin Trudeau dès le moment où il en a été informé, dans un tel contexte, Justin Trudeau a bien fait. Depuis, Thomas Mulcair redirige l’attention sur Justin Trudeau quand c’est lui qu’on devrait questionner pour son silence. Il y a des morceaux du casse-tête qui manquent soit de ne pas porter plainte à la police de un et la rencontre avec Justin Trudeau qui heureusement avait des témoins de deux, tout ce boucan pour rien. C’est louche.

Ce n’est pas qu’aux yeux de Mulcair de respecter le desir de silence des victimes. C’est la directive de meilleure pratique en la matiere. Si Trudeau aurait sut garder la confidentialitee des victimes, elles auraient peut etre eu la confiance de voir un processus se former sur les questions. Ce desir de la part des commentatires de mal representer ce qui c’est passer afin de couvrir une nouvelle gaffe de jugement de Justin devient de plus en plus penible a observer dans les medias. Ce n’est pas le choix de Mulcair mais bien des victimes et nul autre. Je comprends qu’a la veille des elections on a peur de voir un Justin amateur ecraser avec un NPD de toute semblance incapable de penetrer asser ailleurs au pays pour deloger Harper. Mais cette optique ne sert pas la veritee du sujet. Et ignore qu’un gouvernement minoritaire serait bien gerer avec deux oppositions fortes plutot qu’une. Si les Liberaux on l’intention de gerer le pays si differement des conservateurs au pouvoir ou en opposition! La platforme liberale demeure cachee et douteuse pour les voteurs quebecois et canadiens progressistes…