Hillary Clinton en 2016 : c’est parti ?

Il y a des avantages certains — à tout le moins pour les démocrates — à ce qu’Hillary Clinton se lance dans la course présidentielle. Mais il y a aussi des inconvénients à une telle candidature-vedette…

Hillary Clinton merchandise
Photo : MCT via Getty Images

La venue d’Hillary Clinton à Montréal, le 18 mars, est une occasion de plus pour spéculer sur sa candidature aux primaires démocrates en vue de l’élection présidentielle de 2016.

PolitiqueLes attaques répétées des républicains à son endroit laissent penser que cette candidature est suffisamment plausible pour que ses opposants s’en inquiètent. Et même si elle n’annoncera sa décision qu’en 2015, les préparatifs en coulisses vont bon train : plusieurs stratèges démocrates ont intégré des groupes de soutien associés à Clinton, alors que l’un des plus importants comités d’action politique démocrates, Priorities USA, a déjà commencé à amasser des fonds en vue de cette possible campagne.

Il y a des avantages certains, à tout le moins pour les démocrates, à ce qu’Hillary Clinton se lance dans la course présidentielle.

Tout d’abord, une large part d’entre eux (70 %, selon CNN) soutiendraient une telle candidature, en particulier les plus libéraux.

Des sondages indiquent que l’ex-première dame est favorite à six contre un pour remporter les primaires démocrates, loin devant Joe Biden (l’actuel vice-président), et qu’elle mènerait par plus de 15 points sur deux importants rivaux républicains potentiels, Chris Christie (gouverneur du New Jersey) et Jeb Bush (ancien gouverneur de la Floride).

On peut donc penser qu’une course incluant Clinton consoliderait le vote démocrate et obligerait les républicains à lui présenter un ou une adversaire crédible, d’autant plus qu’elle possède une bonne expérience politique, que ce soit à titre de sénatrice ou de secrétaire d’État.

Un autre avantage à la participation de Clinton est sa notoriété : elle attire déjà énormément d’attention alors qu’elle n’est pas encore officiellement dans la course.

Inconvénients

Mais il y a aussi des inconvénients à une candidature-vedette comme celle de Clinton.

D’une part, justement parce qu’elle monopoliserait l’attention des médias et l’argent des donateurs, sa présence pourrait priver de bons candidats d’une véritable chance de se faire connaître.

En fait, plusieurs candidats intéressants ne se présenteront tout simplement pas advenant qu’Hillary se lance : on peut penser notamment aux sénatrices Elizabeth Warren (Massachusetts), Amy Klobuchar (Minnesota) et Kristen Gillibrand (New York), qui ont affirmé qu’elles ne souhaitaient pas diviser le vote des femmes.

D’autre part, si jamais les primaires démocrates devaient être un couronnement, cela signifie qu’il n’y aura pas de débat d’idées, alors que plusieurs leaders démocrates soutiennent qu’il est urgent de rafraîchir le programme du parti.

Hillary Clinton fera aussi face à un défi important si elle choisit de se présenter en 2016 : elle devra doser parfaitement la participation de Bill, à la fois un atout et un obstacle, durant les longs mois de la campagne électorale.

Une fois ces simples constats posés, il faut garder en tête les aléas de la politique : on se rappelle qu’Hillary Clinton était donnée gagnante des primaires démocrates de 2008, jusqu’à ce qu’un sénateur à peu près inconnu, Barack Obama, lui vole la vedette. Il ne faut donc pas croire qu’il suffit qu’elle se présente pour l’emporter.

Mais en attendant, il faut bien dire que Clinton est actuellement considérée comme la plus apte à battre un candidat républicain, en particulier si c’est une candidature solide.

En plus de sa grande renommée et de son expérience, elle possède une machine électorale extraordinaire qui lui permettra d’amasser l’argent nécessaire pour mener une très longue campagne.

Toutefois, son travail comme secrétaire d’État — en particulier dans l’affaire de l’attaque de l’ambassade de Benghazi de septembre 2012 — prêtera le flanc à des critiques qui pourraient miner sa candidature, alors que ses commentaires récents sur Poutine et Hitler pourraient se retourner contre elle et la discréditer. Pourtant, les États-Unis ont désespérément besoin de montrer du leadership sur la scène internationale.

Karine Prémont
Professeur de science politique à l’Université de Sherbrooke
Membre, Observatoire sur les États-Unis, Chaire Chaire @RDandurand @UQAM
Suivez-la :  @premontk_rine

 

* * *

À propos de la Chaire Raoul-Dandurand

Créée en 1996 et située à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques compte plus de 30 chercheurs issus de pays et de disciplines divers et comprend quatre observatoires (États-Unis, Géopolitique, Missions de paix et opérations humanitaires et Moyen-Orient et Afrique du Nord). On peut la suivre sur Twitter : @RDandurand.

Laisser un commentaire