Hillary Clinton : un plafond de verre en moins à astiquer

Finalement, une femme candidate d’un grand parti américain ! Grâce à Hillary Clinton, les enfants américains et leurs futurs enfants trouveront également normal que ce soit une présidente ou un président qui les déçoive.

La candidate démocrate Hillary Clinton et son colistier, Tim Kaine. (Photo: AP Photo/Carolyn Kaster)
La candidate démocrate Hillary Clinton et son colistier, Tim Kaine. (Photo: AP Photo / Carolyn Kaster)

Lundi, quatre jours après la fin de la convention républicaine, nous fûmes tous surpris de constater que la Terre existait encore et que l’Amérique n’avait pas encore été remplacée par un petit tas de cendre. Trump et ses amis nous avaient pourtant convaincus que le pire était à nos portes.

La fin ayant été remise à plus tard, les démocrates ont pu tenir leur convention. C’était une opération en contrastes. Et contrastes, il y eut.

Durant quatre jours, à Philadelphie, on a parlé d’espoir, d’aider les plus démunis, de mettre fin au racisme, et on a même chanté « What the World Needs Now Is Love ». Une journée de plus et la convention se transformait en chaîne de massage entre les bâtons d’encens.

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Tout ne s’est pas déroulé sans heurts. Avant même l’ouverture de la convention, une série de courriels était déposée sur WikiLeaks. Ceux-ci montraient que les hauts placés du parti travaillaient fort pour que Clinton gagne et que Bernie Sanders retourne pointer des choses en parlant au Vermont.

« Oh… C’est pour ça qu’elle utilisait un serveur privé… », ont alors compris les gens du Parti démocrate.

Si Hillary est élue, son administration pourrait bien être la première à retourner à la télégraphie, aux pigeons voyageurs et aux sémaphores.

Feel the Bouuuuuh-ern

À la suite de cette fuite de courriels, ceux qui avaient senti le Bern ont eu envie de faire entendre le Bouuh ! et le parti a dû gérer les huées et les manifestations des « Bernie or bust ».

Je les comprends, les Sanders-ou-rien. Après des semaines à rêver de vacances à Cuba, se retrouver avec deux jours de congé dans un motel de Drummondville, c’est choquant. Surtout quand on apprend que notre agent de voyages a comploté avec le motel drummondvillois pour nous faire vivre la fin de semaine la plus drabe de tous les temps.

Alors je les comprends. En principe.

Le problème, c’est qu’on ne vit pas en principe, on vit pour vrai. Et dans le monde pour vrai, un partisan de Sanders qui empêcherait Clinton de gagner se tirerait dans le pied… avant de recharger son fusil et de tirer dans le pied de tout le monde autour de lui.

Cette élection, c’est le choix entre un coup de pied au derrière appelé Clinton et un coup de pied dans les testicules appelé Trump.

Un coup de pied au cul, ce n’est jamais agréable, mais tu peux encore avoir des enfants par la suite. Tu peux encore penser à l’avenir. Après un coup de pied dans les schnolles, c’est pas mal moins certain.

Les discours

Cette convention était un véritable Osheaga du discours politique. Que des gros noms, et que les meilleurs dans l’art de se faire aller le mâche-patate patriotique. C’est bien simple, après quatre jours de ce menu, moi aussi je criais « USA ! USA ! USA ! » dans mon appartement de Verdun.

Michelle et Barack Obama sont venus démontrer que leur famille a été conçue en laboratoire pour présenter des discours.

Et après avoir vu la longueur du discours de Donald Trump, l’ex-président Bill Clinton s’est dit : « Défi accepté ! » Il a donc détaillé sa vie avec son épouse presque jour… par… jour…

Chez les démocrates comme chez les républicains, c’est un des enfants du candidat qui en a fait la présentation. Ce qui me fait dire que je ferais mieux d’attendre avant de me lancer en politique, parce que si mon ado devait me présenter en ce moment, ça ressemblerait à « Faque c’est mon père. Je peux-tu retourner dans ma chambre, là ? »

Et vint finalement Hillary Clinton. La candidate démocrate a obtenu des applaudissements nourris en tenant des propos tels que « Je crois en la science », « Les femmes devraient être payées aussi bien que les hommes » et « Une personne qui travaille à temps plein ne devrait pas vivre dans la pauvreté ». C’est dire à quel point la barre est basse.

À ce rythme, l’élection de 2020 pourrait bien se jouer autour d’un slogan comme « Les enfants de six ans ne devraient pas travailler en usine ».

Le plafond de verre

Dans iMovie, l’effet « Verre cassé », paramètres par défaut.
Dans iMovie, l’effet « Verre cassé », paramètres par défaut.

Finalement, une femme candidate d’un grand parti américain ! Le moment est historique et les générations futures l’apprendront dans les livres d’histoire, avant de se demander comment ça a pu être si long avant d’arriver.

Si les femmes ont longtemps eu comme tâche d’astiquer le plafond de verre, Hillary Clinton l’aura finalement fracassé.

Apprenant qu’elle venait de briser le plafond de verre, un républicain en colère se serait exclamé : « Pas surprenant ! C’est une vandale, comme toute sa gang de Black Lives Matter ! » De son côté, Donald Trump a promis de construire un plafond de verre encore plus épais, et de le faire payer par les femmes.

Pour le reste du pays, il y a matière à célébration. Même si Hillary ne gagne pas, elle vient d’ouvrir la voie. Grâce à elle, les enfants américains et leurs futurs enfants trouveront également normal que ce soit une présidente ou un président qui les déçoive.

Des balloooooons !

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La convention s’est terminée sous une pluie de ballons qui, au moment où j’écris ces lignes, huit heures plus tard, fait encore rage.

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Comme quoi, même au sommet du monde, nous sommes tous à une pluie de ballons près d’être un enfant de cinq ans.

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20 commentaires
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Les Conventions tant républicaines que démocrates auront contribué à nous faire mieux connaître deux jeunes femmes : Ivanka et Chelsea. J’ai vraiment bien aimé le discours de Chelsea, j’étais même curieux de voir comment elle avait évolué depuis la teenager de l’époque de la Maison Blanche à la personne qu’elle est devenue maintenant. Ses parents peuvent être bien fiers d’elle.

C’est une agréable surprise. Ce fut aussi un moment de détente avant une campagne électorale qui promet d’être âpre et difficile lors d’un moment de l’histoire des États-Unis où madame Hillary Clinton a encore tout à perdre et monsieur Donald Trump encore tout à gagner.

J’ai bien hâte qu’on construise de hauts murs entre les USA et le Canada pour stopper irrémédiablement toute forme d’immigration clandestine dans les deux sens… puisque l’élection de Trump pourrait nous forcer à recueillir de nouveaux migrants venus du sud et je ne sais si notre économie pourrait supporter un exode massif d’américain(e)s vers le Canada.

Personnellement, je crois que femme ou homme, ça ne fera que très peu de différence.

Golda Meir était une femme, ainsi que Sarah Palin, Margareth Tatcher, Angela Merkel. Et plus près de nous, que dire de Kim Campbell et de la pauvre Pauline « chaudron » Marois…

Votre obsession vraiment maladive de tout ce qui n’est pas libéral au Québec, vous trahit encore une fois dans le surnom dont vous taxer seul madame Marois.
On y resent également dans les exemples d’autres politiciennes un petit, je ne sais quoi de misogynie.
Du moins quand elles ont des prétentions politiques supérieurs.
Voyons un peu les surnoms, pour certains connus, des politiciennes énumérées.
Golda Meir surnommée « meilleur homme du gouvernement » par Ben Gourion et la première » Dame de fer » une fois au pouvoir.
Sarah Palin, « Mamas Grizzlies » .
Margareth Tatcher, le second « Dame de fer » quand même réélue trois fois ( 11 ans au pouvoir )
Angela Merkel, désignée « femme la plus puissante du monde » par le magazine Forbes à dix reprises depuis 2006 .
Kim Campbell, peu de temps aux commandes de l’état, son plus haut fait d’armes aura, ne vous en déplaise, d’avoir défait Jean Charest au congrès du Parti progressiste-conservateur en 1993.
Et bien sûr, Pauline Marois, qui a dirigé neuf ministères différents et quatre autres postes ministériels, étant ainsi la personne ayant occupé le plus de fonctions ministérielles de toute l’histoire du Québec.
Mais ça dans votre tête, ça ne compte pas, » Because she was a PQ « .

Ce que je voulais souligner et qui vous a sans doute échappé Pierre (vous me permettez de vous appeler Pierre?), c’est que femme ou homme, devant les responsabilités du pouvoir, les réactions et les décisions sont à quelques iotas près les mêmes.

Tant qu’à la Marois, on a appris à mieux la connaître lorsqu’elle a été Première Ministre et le Québec tout entier lui a vertement montré la porte, autant à l’Assemblée Nationale que dans son propre comté. Que dire de plus?

Son passage aux 9 ministères dont elle a été responsable a été souvent désastreux pour le Québec et nous en subissons encore les malheureuses conséquences.

Lorsque les médias se rallient afin de faire la propagande de Clinton. Une pure imbécile et tricheuse de l’histoire américaine. L’histoire des courriels le prouve. Faire la promotion d’une femme à tout prix.

Entre une dame imparfaite et un homme aussi dangereux que Donald Trump, qui veut prendre une chance avec la gachette d’une bombe…??? Je pense que le choix est clair…pour la personne qui a toujours montrée de l’empathie…de plus elle connait la constitution du pays…elle…

Avec la corrompue et ses alliés iraniens/saoudiens, c’est plus Israèl qui risque de se prendre une bombe sur la gueule!

Ça me fait bizarre de lire que dans le programme de Madame Clinton, il y a la lutte contre le racisme. J’en suis à terminer la trilogie de Kent Follet, « Le siècle » et à l’époque de John Kennedy, c’était au programme de son parti…..le même! Je ne suis pas une analyste politique, mais j’en comprends que c’est une vraie farce cet élément au programme!!

Préféreriez-vous qu’elle fasse la promotion du racisme dans son pays.
Quand elle promet de lutter contre ce racisme, elle ne dit pas qu’elle va l’éradiquer en quatre ans.
Mais, qu’elle va encourager l’intégration des communautés, qu’elle va y travailler.
Si vous vous demandez pourquoi ce n’est pas résolu depuis Kennedy,
écouter Trump dénigrer les immigrants et les minorités. Regarser ses supporteurs l’applaudir béatement.
De tout temps aux USA, il y a eu de ces ténors de l’intolérance et du racisme.
Laquelle des deux attitudes préférez-vous ?

Entre lutter contre le racisme et faire la promotion du racisme, il y a un monde qui semble encore une fois vous échapper.

Les Démocrates traînent cette politique contre le racisme depuis des lustres simplement pour obtenir et/ou conserver le vote des Noirs. Point final. Je ne peux croire que vous n’ayez pas compris ce petit stratagème pourtant simple et évident aux yeux de tous…

Quant à Trump, il nous représente tous (l’Amérique) en ce sens que nous devenons de plus en plus fiers de notre inculture et de notre ignorance et que nous nous éloignons de plus en plus de l’élitisme et de l’intellectualisme.

Lisez les commentaires des lecteurs de certains journaux aux USA et ici et naviguez sur Tweeter et Facebook et vous aurez tout compris. C’est le triste résultat du nivellement par le bas en Éducation préconisé depuis longtemps par la gogoche où tous doivent être alignés en rang d’oignon et peignés du même bord qui nous rattrape.

Le socialisme a un coût et nous commençons tout juste à nous en rendre compte.

C’est vrai qu’elle a fait l’histoire. Avec 2 FBI, un DOJ et maintenant un IRS investigations. Quelle honte !
Elle est pro-guerre. Sa Foundation est entièrement basé sur du Blood Money.
Grâce à WikiLeaks, cest confirmé, elle a volé sa nomination et contribuer au movement ISIS.
Ce n’est pas un bon example pour le mouvement des femmes!

Vous cherchez votre maman?

Grotesque la propagande pro-Clinton des journalistes québécois. Deux journalistes le font à à plein temps pour la grosse presse libérale. Un autre libéral, Parizella, « commente » à radio-cane. Chez TVA, un gars de Quebecor et le gars Léger des sondages « commentent ». Quels pseudo spécialistes..

Peut-être y a-t-il un évident parti-pris pro-Clinton ici mais aux dernières nouvelles, plusieurs Américains Républicains ont décidé de voter pour Clinton et même l’un des grands électeurs Républicain s’est publiquement dissocié de Trump.

Il doit bien y avoir une raison non?

On peut détester la/le politique. Et s’amuser des actes posés par les politiciens. Mais il faut garder espoir qu’ils finissent toujours par poser des gestes qui restent gravés dans notre mémoire collective. Il fallait que j’ajoute mon grain de sel sérieux, pour une fois 😉