Honnêtement, est-ce éthique ?

Irrégularités et corruption à Montréal, abus de biens publics par des cadres supérieurs en Ontario comme ici à la SODEC, contrats sans appel d’offres attribués à une société dont le ministre de tutelle est actionnaire…

Mais qu’est-ce donc qui, à toutes les époques, mène là tant de gens pourtant formidablement respectables ? L’avarice et l’ambition. Voici un classique à méditer avant les prochaines élections – municipales, nationales, provinciales, partout :

« Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient pas d’autre force qui pût le soutenir que celle de la vertu. Ceux d’aujourd’hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses, et de luxe même. Lorsque cette vertu cesse, l’ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir, et l’avarice entre dans tous. […] On était libre avec les lois, on veut être libre contre elles […]. Ce qui était maxime, on l’appelle rigueur ; ce qui était règle, on l’appelle gêne ; ce qui était attention, on l’appelle crainte. C’est la frugalité qui y est l’avarice, et non pas le désir d’avoir. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous. » (Montesquieu, De l’esprit des lois, livre III, chapitre III)

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