Il faut qu’on parle de la gestion des ministères

Pourquoi un rapport sur la performance des ministères ? Dans son nouveau blogue, le chercheur Marc-Nicolas Kobrynsky nous explique ce qui le motivera à surveiller la gestion du gouvernement dans les prochains mois.

Marc-Nicolas Kobrynsky
Photo: Antoine Bordeleau

J’ai 41 ans, un emploi à temps plein comme consultant en efficience et stratégie, une blonde, une famille et des amis que je ne vois pas assez, des implications bénévoles, une hypothèque — au moins une salle de bain à rénover —, des loisirs en masse et au moins 10 livres à perdre. J’ai une centaine de livres achetés mais non lus, je veux apprendre le violon ou, par égard pour mes voisins, la guitare, et je roule encore avec mes pneus d’hiver.

Bref, pourquoi m’être lancé dans l’écriture du rapport 2017 sur la performance des ministères (ci-dessous), qui a débouché sur le bulletin des ministères de L’actualité ? Parce que pour beaucoup trop de ministères, le bateau s’en va nulle part.

La genèse du rapport est fort banale. Lors d’une soirée un peu arrosée entre amis, le sujet tombe sur la politique et la crise du moment. De mémoire, on parle du cafouillage autour des automobilistes paralysés sur l’autoroute 13. Mais plutôt que d’y aller de critiques surfaites du genre tout-le-gouvernement-il-est-pas-bon, l’assemblée des copains fait un réel effort pour évaluer la performance des ministères. On les passe en revue un à un : l’Éducation, la Santé, la Justice, mais aussi la Culture, le Tourisme, le Travail, etc.

Et la réponse est toujours la même : on ne sait pas.

C’est la première impulsion qui a mené à ce rapport semi-éthylique. Pour n’importe quelle entreprise vendeuse de bébelles inscrite à la Bourse, je peux obtenir en quelques clics une manne de données historiques, un rapport d’activité pour chaque trimestre et, au minimum, une demi-douzaine de rapports d’analystes qui vont m’informer sur toutes les facettes de sa performance.

Mais pour un ministère comme celui de l’Éducation, qui gère 20 milliards par année, responsable de rien de moins que du futur du peuple québécois, je ne sais pas par où commencer. En fait, personne ne sait par où commencer.

En blague, je promets à mes amis de me pencher sur la question et de revenir avec plus d’informations. Dans une rare journée de libre, j’entame donc ma recherche et fais une première série de lectures, sans attente aucune. Mais rapidement, mes réflexes de consultant s’enclenchent et toutes sortes d’alarmes commencent à retentir — ça sent mauvais. Plus j’avance dans mon analyse, plus la surprise teintée d’incompréhension du départ se transforme en préoccupation, puis en indignation, pour culminer en sourde colère.

Ne vous méprenez pas : le chercheur Kobrynsky est resté d’une neutralité exemplaire tout au long des travaux qui ont mené à la rédaction du rapport. Ce qui n’a pas empêché le citoyen Kobrynsky de ventiler son indignation au fur et à mesure de ses découvertes par de fréquents chapelets de mots impubliables. Je vous mets au défi de ne pas en dire quelques-uns à la lecture du rapport.

Alors, pourquoi ai-je négligé blonde, amis, famille et pneus d’été pour écrire ce rapport ?

Parce qu’il fallait qu’il soit écrit. Parce qu’une fois constatés l’ampleur et le degré de gravité de la situation, c’était ma responsabilité citoyenne de le faire — once you know the truth, you can never go back !

Parce que ce rapport permet aussi, de façon définitive, de mettre en contexte l’ensemble de l’appareil gouvernemental et ses problèmes structurels, qui, tout d’un coup, expliquent clairement les problèmes ponctuels vécus par chaque ministère.

Pour moi, la performance d’un ministère n’est pas quelque chose d’abstrait. Ce n’est pas des chiffres. C’est humain.

C’est l’ami aux pensées suicidaires à qui l’on répond qu’il y a une attente de six mois pour voir un psy dans le régime public et qui ne peut s’offrir une consultation au privé. Ce sont les chums qui écrivent un français exécrable, même à l’université. C’est l’immigré surqualifié qui travaille au noir parce qu’il ne peut se trouver d’emploi. Ce sont les algues bleues qui polluent nos lacs. Ce sont les familles des victimes d’un meurtrier présumé qui est relâché sans procès parce que le délai pour le faire comparaître est trop long.

J’ai écrit ce rapport parce que vous et moi aspirons à beaucoup mieux.

Dans les semaines et les mois qui viennent, je vais continuer à discuter de la performance des ministères, mais aussi de l’ensemble de l’appareil gouvernemental. Certaines entrées du blogue reviendront sur des aspects de mon rapport, d’autres présenteront les résultats d’analyses supplémentaires sur lesquelles je suis en train de travailler.

L’ensemble de ma démarche est guidé par un seul objectif : l’atteinte de résultats importants pour les citoyens.

Au plaisir d’échanger avec vous !

Le Rapport 2017 sur la performance des ministères du gouvernement du Québec:

Rapport 2017 sur la performance des ministères du gouvernement du Québec – Version complète by L’actualité on Scribd

Rapport 2017 sur la performance des ministères du gouvernement du Québec – Version sommaire by L’actualité on Scribd

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24 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Bravo M. Kobrynsky et bonne chance !!! Merci d’essayer de vous atteler à démêler ce foullis

Bonjour Madame Barbe.
Merci de vos bon mots et de votre intérêt pour mon blogue!
Au plaisir.

Bravo pour cette initiative. J’ai très hâte de vous lire. Il n’est pas trop tôt pour eux, les ministères, d’avoir eux aussi des mesures de performance.
Chantal Marcotte

Bonjour Madame Marcotte.
Merci de votre intérêt pour mon blogue. En effet, je crois qu’il est honnête de demander aux ministères de se mesurer. D’une part, cela nous indique quels sont leurs priorités et d’autre part, s’ils ont été capable de les atteindre. Je crois ceci tout a fait normal.
Au plaisir!

Bonjour et merci à vous monsieur Kobrynsky que je me permets de comparer à une sentinelle qui, équipé de son bagage universitaire et de sa sensible intelligence, a décidé de surveiller nos intérêts de bailleurs de fonds de la gestion publique. Cette même gestion qui, en l’an 2000, s’est dotée d’une loi sur l’administration publique. Ne possédant aucun diplôme académique, je suis et j’en ri, un « S.P. » ( lire ici Sans papier académique, «même pas de Sec.V.» ), je ne puis m’aventurer sur le terrain de la compétence, je dirais, universitaire. C’est avec curiosités que je me propose de vous lire vous et les gens, en compétence, qui vous commenteront. Mes respects – Gaston Bourdages.

Bonjour monsieur Bourdages.

J’ai lu avec intérêt vos commentaires laissés sur l’article principal de monsieur Castonguay. Étant incertain de l’étiquette, je ne vous y ai pas répondu, mais je me permet de le faire ici avec plaisir.

L’absence ou la présence de diplômes n’est garant de rien et ne replaceront jamais un travail rigoureux. Ne vous empêchez pas de participer au blogue et de poser vos questions ou d’énoncer vos commentaires, ils seront accueillis avec intérêt.
Au plaisir

Je pense que l’exercice est très intéressant.
Cependant, je suis déçue de voir que des ministères ont été oubliés, et j’aurais apprécié y voir également les sociétés d’état.

Déçue?

C’est une initiative personnelle et tout ce que vous trouvez à dire c’est qu’il n’a pas travaillé assez fort? On vous invite chaleureusement à compléter le travail pendant vos temps libres. J’ai très hâte de vous lire. Et je serais aussi très « déçu » de vous voir refuser l’invitation.

Non mais les gens des fois…

Bonjour Julie
Merci de vos bon mots.

En tant que citoyen, je partage votre déception que l’étendue des ministères et organismes qui sont visés par la Loi sur l’Administration Publique ne soient pas encore couverts par le rapport. Moi aussi, j’ai hâte de voir la photo d’ensemble.

En tant que chercheur, j’apprécie votre compréhension, comme le fait monsieur Olivier, de l’étendue de la tâche que cela représente et de la nature bénévole et non rémunérée de mon travail.

Ceci dit, vous noterez dans mon rapport la page sur les prochaines étapes. J’espère ajouter les ministères manquants en 2018 et l’ensemble des sociétés d’états en 2019.

Je vous remercie de votre intérêt pour mon blogue, vous finirez par avoir réponses à vos questions. Et merci monsieur Olivier d’avoir noté la nature bénévole de mon travail.

Au plaisir

enfin un contrepoids à cette folie, à mon échelle sans avoir vos notions comment je peux passer à l’action pour faire bouger les choses dans le bon sens ?
merci d’avoir mis vos compétences au service du bon sens !

Bonjour monsieur Bernier,
Je vous remercie de votre enthousiasme et votre volonté de passer à l’action.
En toute honnêteté, je suis encore au point de faire un état des lieux et, bien que j’ai formulé quelques pistes de solutions dans mon rapport, j’en suis encore vraiment qu’en mode diagnostic.
Vous serez le premier à le lire ici lorsque j’en viendrai aux recommendations et aux actions potentielles subsquéntes.
En attendant, merci de votre support.
Au plaisir

Bonjour M. Kobrynsky,
J’avais fait ce commentaire (16 oct) au blogue d’Alec Castonguay (13 oct): «Selon moi, on ne devrait pas faire la moyenne des notes «qualité des plans…» et «atteinte des cibles établies» pour obtenir la note globale d’un ministère mais plutôt en faire la multiplication. Ça rendrait plus juste la probabilité que les contribuables en aient pour leur argent. En refaisant les calculs, les résultats sont encore moins beaux, pour de pas dire lamentables. »(avec la faute de français corrigée)
Quand pensez-vous?

Bonjour monsieur Perras,

Merci de votre intérêt pour mon rapport ainsi que pour sa méthodologie. Votre commentaire est tout à fait pertinent et c’est une option que j’avais considéré lorsque j’ai réfléchi à la pondération du rapport.
Conceptuellement, je comprends très bien que la multiplication permet de démontrer la forte interaction entre un plan ses résultats. Et qu’en effet, les notes seraient beaucoup plus faibles si j’avais choisi cette avenue. Mais j’ai finalement décidé de l’écarter pour deux grandes raisons.

La première est qu’elle »punissait » doublement un ministère lorsqu’il y avait manquement dans une des deux catégories. Il était puni lorsqu’il avait une mauvaise note d’un côté puis puni encore lorsqu’on multiplait cette mauvaise note avec l’autre catégorie.

Deuxièmement, la raison première de la parution du rapport et du bulletin est de provoquer un changement. A court terme, la meilleure façon pour un ministère pour s’améliorer au classement est de formuler un vrai plan avec des vrais indicateurs. Et c’est ce que je désire, parce qu’une fois le bon plan soumis et publié, le ministère n’aura d’autres choix que d’atteindre les indicateurs ou de mal paraitre.

A tout prendre, je préfère avant tout un bon plan, avec des indicateurs qui donnent un véritable état des lieux de la mission du ministère même si celui-ci ne les atteint pas, plutôt qu’un ramassis de n’importe quoi que le ministère prétend avoir atteint. Le premier nous donne à la population l’heure juste sur notre situation, le deuxième ne veux rien dire et n’apporte rien.

C’est donc les deux grandes raisons qui m’ont poussé à ne pas multiplier les notes. Je serai fort heureux d’avoir vos commentaires, c’était la première année et je suis tout a fait ouvert à faire des modifications à la méthodologie.
Au plaisir

À l’université, il y a quelques décennies (MBA, 1994), durant le cours Évaluation de projets et programmes, j’avais suggéré à notre équipe, pour le travail de fin de session, de construire un cadre logique pour le programme des CLSC. J’avais pris connaissance du cadre logique durant un autre cours soit celui de Gestion de projets. J’avais été séduit par sa simplicité (grille 4×4), sa logique verticale (intrants, extrants, objectifs, finalité), et pris conscience de l’effort qu’il fallait faire pour trouver des indicateurs (objectivement vérifiables) et moyens de vérification pour ces quatre items de la logique verticale. Ce que je trouvais aussi des plus intéressants sont les conditions critiques qui conditionnent la logique horizontale de la grille. Si les conditions critiques ne sont pas satisfaites, quasi impossible de se rendre et d’atteindre la finalité.
En retrouvant ce travail dans mes boites au sous-sol, j’y redécouvre des éléments qui, je crois, sont toujours d’actualité tels que :
• Services psycho-sociaux préventifs et curatifs de premier niveau (extrants)
• Ratio résidents foyers d’hébergement sur population totale par tranches d’âge et pathologie (indicateurs)
• Volonté de la population de se servir des CLSC comme porte d’entrée (conditions critiques)

J’en étais arrivé à penser que la méthodologie du cadre logique pourrait être utilisée dans la structure hiérarchique d’une organisation, la finalité d’un niveau devenant un des objectifs du niveau supérieur, et ainsi de suite jusqu’au dernier niveau. Ainsi dans notre exemple, la finalité des CLSC serait un des objectifs du Ministère de la Santé, et la finalité de celui-ci un des objectifs du gouvernement.

La science (ou l’art?) de la mesure du rendement a sans doute beaucoup évoluée depuis mes études mais je pensais partager ma très brève exposition à ce domaine.

P.-S. Notre groupe de travail avait obtenu la note A pour ce cours.

Il est extrêmement difficile de faire le procès d’une administration publique puisqu’il ne s’agit pas telle une corporation, de ne prendre en compte que les états des résultats et bilans, année après année.

Vous pouvez en prendre connaissance par les définitions au lien suivant : https://www.google.ca/search?source=hp&ei=hQDyWanPGI2jjwSDi46oCQ&q=d%C3%A9finition+d%27administration+publique&oq=d%C3%A9finition+d%27administra&gs_l=psy-ab.3.1.0l2j0i22i30k1l8.1907.11651.0.14214.25.24.1.0.0.0.149.2691.2j21.23.0….0…1.1.64.psy-ab..1.24.2693…0i131k1j0i22i10i30k1.0.Bh1IO5LpdX0

Le nombre d’impondérables qui surviennent à chaque mois fait dévier toute bonne intention de quelle que soit l’administration publique dont vous ciblez. Le gros “hic” du Québec réside dans sa dette faramineuse par rapport à ses revenus actuels et possibles (futurs) dont le PQ nous a laisser plus de 83% de la dette actuelle. Voir http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/chronique-de-pierre-fortin/dette-du-quebec-rien-ne-justifie-la-panique/

Cette même administration qui promettait un “projet de société” dont nous n’avons jamais vu la couleur comportait des membres qui n’avaient pas la compétence pour amener au Québec des investisseurs qui aurait diversifié l’économie du Québec. La province est aux prises avec deux secteurs d’activités tels que les mines et les forêts pour lesquels, plusieurs pays produisent à biens meilleurs coûts.

Au niveau des mines, la Chine et l’Afrique ont des ressources presque inépuisables et sont à la porte de l’Europe qui produisent et vendent des biens en dessous de ceux que nous retrouvons en Amérique du Nord grâce à la main d’oeuvre moins dispendieuse des pays de l’ancienne Europe de l’Est. Il en est de même pour la Russie qui ont les mines et produisent des biens à la consommation bien en dessous de ceux que nous retrouvons ici.

En ce qui a trait aux forêts où il ne reste que des chicots, les essences de bois servant à l’ébénisterie ont disparues depuis longtemps est la résultante de 40 ans de sur production sans limite qui exigea du gouvernement Charest de mettre fin à la débâcle des coupes à blanc des forêts du Québec, mais pour les centaines de milliers de kilomètres carrés où il y eut coupe à blanc, les Québécois devront attendre entre 50 et 80 ans pour obtenir ce que les forêts étaient avant le massacre.

Votre projet monsieur Kobrynsky est louable mais vous rencontrerez beaucoup d’impondérables auxquelles l’administration publique fait face et ne pourrez, si ce n’est que sur papier, d’élaborer des scénarios qui devront être revus à chaque année, voire trimestre.

Bonne chance

Bonjour monsieur Wentworth,

Je vous remercie de votre intérêt pour mon bloggue ainsi que votre fort interessant commentaire.

Permettez -moi par contre d’être en léger désaccord avec votre propos. Si je comprends bien votre hypothèse, il y a trop de variabilité dans l’appareil gouvernemental pour qu’il y ai une valeur à tenter de faire une planification et d’établie des cibles, puisqu’il faudra les revoir beaucoup trop souvent. Vos exemples portent beaucoup sur la question de l’économie et des revenus du gouvernement.

Permettez moi d’être poliment en désaccord avec vous.

Nous avons, ou devrions avoir une excellente idée du nombre de procès, de chirurgies, de cours de francais, de prisonniers a réhabiliter, de nombres d’accidents de voiture, etc à chaque année au Québec. Nous devrions avoir un historique solide d’information et la capacité de modéliser le futur avec des paramètres démographiques relativement simples.

Il n’y a aucune raison justifiable de ne pas avoir de planification et de cibles spécifiques en éducation, en justice, en santé, en sécurité publique, en transport, etc. Les paramètres de ces ministères sont en fait soumis a peu de variabilité et de presque aucune au niveau externe. Bref, ces ministères sont les artisans de leur propre succès.

Par contre, je vous donne raison pour un ministère et c’est celui des Finances. En effet, celui-ci est tributaire d’un nombre de facteur sur lesquels il n’a peu ou pas du tout de contrôle. Est-ce qu’un plan stratégique avec indicateurs ciblés pour le ministère des finances est une bonne idée? C’est encore a voir.

Mais pour la grande partie des ministères du Québec, je suis en désaccord avec vous que le nombre d’impondérables soit assez grand pour empêcher une planification stratégique.
Au plaisir!

Merci, du fonds du coeur. Qu’il n’y est pour ainsi dire ni programme ni objectifs précis me renverse. Et la « réponse » du gouvernement, nonchalant, me bouleverse. Merci de nous offrir un blogue, et j’espère que d’autres personnes se joindront à votre croisade.

J’avais déjà écrit des commentaires à ce sujet sur le blogue d’Alec Castonguay…. Donc, je vais écrire ici d’autres commentaires.

Si je ne suis pas convaincu qu’il soit possible d’évaluer un ministère comme une entreprise, je ne suis pas convaincu que toutes les entreprises soient bien évaluées. On voit chaque année des entreprises disparaître qui pourtant étaient bien notée et des entreprises prometteuses qui végètent parce que la grille d’évaluation ne collait pas nécessairement avec les talents de l’entreprise en question.

Parlons de compétences transversales disons… qui sont souvent mal évaluées. Le Ministère de l’éducation peut avoir une note de passage moyenne sur divers postes, quand quelques professeurs peuvent être de purs génies qui insuffleront le goût de la connaissance et du dépassement à leurs classes.

Comment transfert-on ce goût de la connaissance et du dépassement à tout un système et toute une structure ? Quelques suggestions ?

Un ministère peut-il faire faillite disons encore… ou disparaître ou être dissout ? Oui et non ? Oui ou non ? Tout dépend de la volonté politique.

Un État peut-il être dissout, s’il ne rend pas les services adéquatement ? Oui ! Somme toutes…. Dans ce cas il faut faire la révolution ou un coup d’état. Rien n’indique pourtant qu’après la révolution ou le coup d’état la performance des nouveaux ministères y sera supérieure pour autant.

Reste la voie du « réformisme » quand l’expérience du « réformisme » n’a jusqu’à présent où que ce soit jamais démontré que ce soit mieux après qu’avant.

Pourquoi ? Eh bien c’est très simple : cela prend du temps pour mener des réformes jusqu’à leur terme, la démocratie n’est pas tellement bien conçue pour donner ce temps aux gouvernements, cela coûte souvent de l’argent, il faut donc payer (donc lever des fonds) pour espérer obtenir des résultats et avec le temps la clientèle change, leurs habitudes et leurs meurs changent aussi, tout comme celles et ceux qui sont à l’emploi directement ou indirectement des ministères concernés, partent ou changent d’affectations.

Ainsi toute forme de changement est-il aléatoire, parfois arbitraire et comme le soulignait avec un certain réalisme l’ex-Premier ministre Robert Bourassa, je cite de mémoire, c’est à peu près en ces termes qu’il disait : « qu’avec le temps les choses s’arrangent d’elles-mêmes finalement ».

J’aimerais ajouter que le Québec est membre d’une Confédération, qu’en cette occurrence, la performance des États (Provinces) de la Confédération est intrinsèquement liée à la performance de l’État fédéral (Ottawa). J’aimerais pour se faire prendre un exemple très simple et prochainement à suivre : celui de la légalisation et de la distribution du cannabis à des fins supposées récréatives.

Cette « nouveauté » balancée aux Provinces par Ottawa, risque de modifier la vie de nombreux canadiens (pour le mieux… j’en doute) ; cela pourrait affecter la performance de plusieurs ministères : Famille, Santé, Sécurité publique, Éducation, Justice, etc. et pourtant Ottawa maintien des délais inacceptables pour mettre en place sa loi ; lorsqu’on ne sait pas si la seule distribution du produit permettra d’être rentable (il y a des coûts importants liées à la distribution d’un produit légalement), si cette distribution permettra de lever un montant de taxes suffisant (partout au Canada), si les prix de vente officiels seront assez attractifs pour annihiler toute forme de contre bande, tout comme l’influence pernicieuses du crime organisé.

J’ai la quasi-certitude (ou disons : l’intime conviction) qu’aucun objectif ne sera atteint. Bref, on va frapper un mur ! À quoi servent des objectifs dans ce cas ?

Si nous étions les actionnaires d’une entreprise, nous pourrions commander une assemblée générale extraordinaire pour connaitre les mesures qui vont être prises et si nécessaire exiger la démission immédiate du Conseil d’Administration (le Premier ministre et son gouvernement), nommer des administrateurs temporaires si les mesures proposées en la matière sont estimées insuffisantes.

Alors, si on ne peut vraiment passer à l’action, à quoi sert de mesurer une performance quelle qu’elle soit ?

— Uniquement pour justifier et rendre publique son indignation ? Ou mieux encore pour servir la « petite politique politicienne et les politiciens » ?

Très intéressé à suivre votre blogue! La loi sur l’ administration publique a été plus ou moins laissé sur les tablettes, comme un voeux pieux ! Mais elle existe vraiment et les leaders gouvernementaux devront s’ y conformer à condition que des personnes comme vous la réhabilite et lui donne ses lettres de noblesse !
On a trop vu dans le passé le laisser-aller de nos sbires de l’ état qui sont gouvernés par des ministres temporaires qui souvent agissent à la mesure de ce qui va les maintenir à leur poste le plus longtemps possible, plutôt que de gérer son ministère en fonction d’ un programme et des réalisations probantes et mesurables!

Bonjour,

Bravo pour votre initiative, bien hâte d’en mesurer l’impact!

P.S. Il ne manquerait pas le mot « après » dans la phrase suivante?

Francis

« Parce qu’une fois APRÈS avoir réalisé l’ampleur et le degré de gravité de la situation… »

Malheureusement non puisque ajouté le mot « après » serait un pléonasme du début de la phrase « Parce qu’une fois avoir réalisé ». Une fois avoir réalisé indique que ce qui suit survient « après ». C’est intrinsèque à la réthorique utilisée.

Cher Monsieur, je me sens un peu en retard pour réagir , mais mieux vaut tard… Vous avez là un sujet des plus intéressants puisque j’ai vécu de près tous les aléas qui entourent votre sujet, à titre de fonctionnaire. Il y a long à dire sur la gestion, le fonctionnement et les résultats des ministères quant à leurs mandats respectifs. Pour ma part, bien que je considère l’ensemble des aspects du fonctionnement et des atteintes de résultats des différents ministères, comme essentiels, c’est surtout ses ressources humaines qui m’intéressent à partir du ministre lui- (ou elle) même, de ses hauts fonctionnaires (en premier lieu), de l’ensemble des personnels qui les composent et surtout des objectifs de chacun dans la réalisation de leur travail.
Croyez-moi il y a beaucoup à fouiller et à dire! Si vous désirez échanger et non entendre de simples anecdotes, vous avez mes coordonnées.

Au plaisir de vous lire plus en détail.

Daniel Gagnon