Il y a 30 ans, Mitterrand

On n’arrête pas de célébrer Mitterrand, en France. Ça recommence à l’approche de la célébration du 10 mai 1981, date de l’élection du premier et dernier président socialiste. C’est un peu comme si la nostalgie remplaçait l’espoir.

Le chanteur Alex Beaupain met la nostalgie en musique avec: Au départ…

L’an prochain, aux présidentielles, nouveau départ ?

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Comme ça c’est de là qu’on tient notre côté radoteux, empressons-nous d’y mettre fin.
Après la boussole libérale qui essaye d’aiguiller l’opinion publique, on a la girouette du Bloc, le vent tourne. On a pas besoin d’adversaire quand on dit et se dédit soi-même. Coalition? Appuie au buget… taxes? J’ai un mal de bloc qui commence a s’effacer.
Un vent de changement?

S’il fallait mettre un nom propre sur le mot « gauche-caviar », ce serait Mitterand.

Et s’il fallait mettre aussi un nom sur un lifting politique, ce serait Mitterand, parce que de collaborateur nazi à socialiste, c’est tout un lifting

Bonjour,
Qui ne se souvient pas de cette semonce magistrale admonestée par Tonton au début des années 1980, soit il y a trente ans, à Madame Louise Beaudoin, alors déléguée du Québec à Paris. Monsieur François Mitterrand sur un ton moralisateur mais professoral railla Madame Louise Beaudoin en ces termes : Madame Beaudoin, le nationalisme et le socialisme sont aux deux antipodes sur l’échiquier politique. Et même en ayant passé l’arme à gauche depuis longtemps, Tonton attend toujours une réponse qui n’est jamais venue !
Finalement, tandis que tous les pays dans le monde entier ont leur gauche caviar, la société qui se croit distincte se démarque avec sa gauche poutine où porter des bottes de construction pour faire plus travailleur est un must…… Au plaisir, John Bull.

Le 10 mai 1981, j’étais encore un jeune électeur parisien et je me souviens toujours de cette curieuse journée électorale dans un ciel orageux. Je suis allé voter et bien que j’étais plutôt de la jeunesse de gauche, j’ai glissé dans l’urne un bulletin pour Valery Giscard d’Estaing. Quelques heures plus tard, on apprenait la nouvelle et c’était une liesse populaire comme je n’avais jamais vu à Paris, ni avant, ni après. Je me souviens que j’étais allé me promener dans le Quartier Latin et je suis passé dans la rue Soufflot qui mène à la place du Panthéon, elle était noire de monde, pas une voiture ne pouvait circuler, la fête s’était improvisée avec des milliers de personnes qui avaient sorti pour l’occasion une bouteille de champagne ou une bouteille de vin qu’ils sirotaient sur la chaussée. Cette manifestation de joie improvisée a durée jusqu’aux petites heures du matin.

Ce 10 mai 1981 a été une de ces journées hallucinantes comme il ne s’en vit pas dix dans une vie, pas même cinq ou quatre. Quand j’étais plus jeune, c’était se montrer fort que de s’opposer aux pouvoirs constitués, qu’ils soient de gauche, comme de droite. Avec le temps on mûrit un peu, c’est pourquoi je dois dire que le président Mitterrand éveille en moi l’intelligence, le respect, la fidélité à des valeurs qui transcendent toutes formes de médiocrité. François Mitterrand a été un grand homme d’état, un humaniste hors pair, un homme d’une immense culture, un écrivain remarquable et un orateur exceptionnel qui contrairement à certains savait écrire ses discours.

Fut-il un socialiste, un grand homme de gauche ou un collabo comme certains voudraient nous le faire croire ? – Votre avis dépend au fond de ce qui vous habite. Si vous croyez dans la prévalence des valeurs humanistes, si vous adhérez à des valeurs sociales, si vous pensez que l’homme a la capacité du meilleur, si vous estimez que nous avons le pouvoir de construire pour le mieux, si vous pensez qu’il faut cultiver et se cultiver pour semer, si vous songez qu’il faut d’abord battre la paille pour récolter le grain et si vous observez qu’il se trouve en tout homme ce geste noble du semeur.

Alors vous conviendrez je pense que François Mitterrand a donné l’exemple et que ses valeurs dépassent la seul appartenance à des mouvances politiques qui se forment ou se déforment lorsque le but ultime reste encore de former des appareils, des coalitions ou encore des gouvernements.

François Mitterrand, décoré de l’ordre de la Francisque, la Légion du déshonneur des collabos de Vichy. Vraiment, y a pas de quoi fêter.

Le pseudo gauchiste Mitterand était contre l’indépendance du Québec. Il était aussi très copain avec Pierre Elliot Trudeau.

Une rencontre, deux amis.

Je trouve étonnant de lire des affirmations relatives à François Mitterrand qu’on voudrait nous faire prendre pour « La Vérité » alors que ce sont des contrevérités ou plutôt de vrais mensonges. Dans les années 1940, plusieurs membres de la résistance française étaient infiltrés dans le gouvernement (qui n’en était plus un) du maréchal Pétain à Vichy. Pétain a effectivement décoré François Mitterrand. Aurai-t-il dû décliner la distinction et dire : « Je refuse, je suis dans la résistance ! » Que se serait-il passé ? il aurait été arrêté et condamné à mort. Mitterrand comme d’autres membres au service de la résistance était utile dans les officines gouvernementales, il y est resté jusqu’à ce qu’il soit découvert. Peu après avoir été décoré par Pétain, il est entré dans la clandestinité, sa position officielle au service de l’état vichyssois n’étant plus tenable.

Trudeau entretenait de bonnes relations avec Mitterrand. C’est vrai ! Trudeau a étudié à Paris, il fréquentait un milieu politique, syndical et estudiantin de gauche. On a assez reproché à Trudeau ses idées de gauche et son amitié pour Fidèle Castro. Est-ce à dire que pour être souverainiste au Québec, faudrait obligatoirement être à droite ? Est-ce à dire que si le Québec à refusé de signer le rapatriement de la Constitution, c’était pour protester contre le « gauchiste » Trudeau ? On comprend mieux pourquoi, il n’y aura jamais de Québec souverain puisque très clairement dans ce cas, ce sont les nationalistes de droite québécois qui ont « sauvé la Reine ».

À vouloir tellement faire mal paraître Mitterrand on va finir aussi par faire bien mal paraître René Lévesque. Si on attribue à Mitterrand d’avoir défini Lévesque comme « Paysan du Périgord », on cherche ici une co-notation péjorative qui n’existe pas. C’était plutôt reconnaître en Lévesque la nature de ses racines profondes. Puisque la grotte de Lascaux considérée comme le berceau de la nation française se trouve en plein Périgord. Au contraire le président Mitterrand reconnaissais adroitement et avec subtilité la profondeur des sentiments qui animaient Lévesque.

Voilà comment par de faux semblants, on fait mal paraître les faits historiques et qu’on finit d’ailleurs par vicier les relations des québécois avec les français. Puisqu’au lieu d’entretenir la confiance, on instaure dans ce cas un régime de défiance.

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