Il y a des risques à couper trop vite les dépenses

Le gouvernement Harper n’est habituellement pas ouvert aux conseils et surtout moins sensibles aux critiques. Sauf lorsqu’elles viennent d’un milieu qui a son respect, le milieu financier. Il sera donc intéressant de voir s’il tiendra compte de l’avertissement que viennent de lui servir les deux agences de notation Fitch et Moody’s.

Selon elles, il y a un risque en période d’incertitude économique à aller trop vite pour réduire les dépenses. Elles ne partagent pas l’urgence du ministre des Finances, Jim Flaherty, et craignent que l’économie canadienne en souffre inutilement alors qu’elle est relativement solide.

Lors du budget de mars 2011, représenté et adopté en juin dernier, le gouvernement a lancé un examen stratégique et fonctionnel de toutes ses dépenses de programmes qui totalisent environ 80 milliards par année. Son but, les réduire pour effacer le déficit. Au départ, le gouvernement ne parlait publiquement que d’une baisse à terme de 5 % des dépenses. On sait maintenant qu’il veut en faire davantage et le faire rapidement afin d’effacer le déficit d’ici 2016.

Le gouvernement a cette idée en tête depuis un bon moment. Il y songeait en fait avant même les élections du 2 mai dernier. En marge du dépôt du budget de mars 2011, des fonctionnaires du ministère des Finances avaient confirmé au Devoir que le gouvernement avait demandé à 67 ministères et organismes de lui présenter deux scénarios de réduction. Le premier devait prévoir une baisse de 5 % des dépenses de programmes et le second, de 10 %. À l’échelle du gouvernement, cela devrait représenter à terme, c’est-à-dire en 2014-15, entre 4 et 8 milliards d’économies récurrentes annuelles.

Il faut comprendre que ces compressions s’ajouteront à celles découlant des examens stratégiques qu’une foule d’organismes et ministères ont dû faire depuis 2007. Au total, le gouvernement calcule que ces examens en viendront à lui faire économiser jusqu’à 1,8 milliards par année d’ici 2014-15. Et ce n’est pas tout. Il faut aussi ajouter les 2 milliards d’économies découlant du gel des budgets de fonctionnement des ministères.

On en arrive donc, en 2014-15, à des économies récurrentes totales de 7,8 milliards et ça, si le gouvernement s’en tient à son scénario initial de réduction de 5 % des dépenses de programmes. S’il opte pour une baisse de 10 %, le total des compressions atteindra 11,8 milliards.

Si les retombées des examens stratégiques annuels antérieurs sont une indication, on peut parier que l’examen actuel sera fort douloureux. Les effets des examens réalisés depuis 2007 ont commencé à se faire sentir en 2008, mais leur impact augmente avec les années et le nombre d’examens complétés. Cette année seulement, ils vont se traduire par la perte de 2000 postes de fonctionnaires et plus de 500 millions de dollars en nouvelles compressions, comme le montrent  les réponses que le député libéral John McCallum a obtenu de tous les ministères à qui il a posé la question par le biais d’une procédure parlementaire ne souffrant pas de refus.

Ce n’est toutefois pas une surprise, si on se fie aux prévisions contenues dans le dernier budget. C’était la cible du gouvernement et il l’a atteinte.

 

 

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Rien ni fera, leur dogmatisme et leur idéologie ne les fera pas broncher d’un iota, et ce, peut importe d’où provient la dissidence.

Y’a pas plus aveugle que quelqu’un qui ne veut pas voir et y’a pas plus sourd que quelqu’un qui ne veut pas entendre Mme Cornellier.

Le passé est garant de l’avenir avec ce gouvernement!

C’est le monde à l’envers non?

D’habitude, les agences de notation s’énervent parce qu’un pays dépense TROP et ici, on s’énerve parce que le Canada ne dépense pas assez…

On rêve à imaginer le même genre d’avertissement pour le Québec…mais on rêve là…et il semble loin le jour où le gros bon sens économique pèsera dans la balance du gouvernement le PLUS endetté en Amérique!!!

La souffrance existera, mais temporairement. PLus on retarde l’équilibre budgétaire, plus la dette augmente et plus l’économie a de la difficulté à se relever

Les agences de notations considèrent que les budgets fédéraux et les budgets provinciaux sont des entités distinctes même si ce sont les mêmes contribuables qui les alimentent. Il en va de même avec les États Unis d’Amérique.

À contrario pour l’Europe, les mêmes agences ne prennent en compte que les budgets des États membres et donc si globalement les Européens regroupés – malgré la crise actuelle – ont encore la meilleure économie du monde, ils se trouvent de manière individuelle être dans plusieurs cas décotés.

Cette manière de procéder est logique, puisque les agences de notations s’intéressent aussi aux entreprises si bien que lorsqu’elles abaissent la note de crédit d’une banque par exemple cela n’affecte qu’une seule entité à la fois et non toutes les autres, lorsque le secteur bancaire globalement continue de réaliser des « superprofits ».

– C’est pourquoi pour le commun, il est plutôt difficile d’y comprendre quelques choses.

D’un point de vu pratique, le gouvernement du Canada se motive et se donne des objectifs de réduction des dépenses plus ambitieux. Ce sont des cibles en effet ; on sait que monsieur Flaherty est ouvert à une certaine flexibilité.

La stratégie recherchée est de se libérer le plus rapidement possible du déficit public, puis constituer des excédents à fin d’optimiser le service de la dette. Curieusement, les fins des Conservateurs d’un point de vu économique sont peu différentes de celles des Libéraux ; notamment ceux de Jean Chrétien, lorsqu’il était au pouvoir.

La différence est essentiellement idéologique et la stratégie fédérale du Canada en matière de finance n’aura aucun effet négatif sur les notations Fitch et Moody’s, ce qui ne devrait aucunement affecter la capacité d’emprunt du Canada à taux concurrentiels, en somme tout le monde ici en parle pour parler… y compris moi-même !

Il est assez amusant de voir la go-gauche québecoise se ranger du coté du fameux » 1 % » contre le gouvernement….

On dit que la haine rends aveugle… le seul moyen de sauver nos programmes publics est de couper pendant qu’il en est encore temps… quand il est trop tard, ça fait comme la Grèce.

La Grèce qui n’a plus d’avenir.

Fitch et Moody’s…

Sont-ce les mêmes agences de notation que notre go-goche a décriées il y a 2 ans, les accusant d’avoir fait preuve d’angélisme (voir d’avoir été complices…) devant les « grosses corporations capitalistes sauvages » et ainsi d’avoir créé la débâcle boursière?

Sont revenues maintenant dans ls bonnes grâces des gauchistes?

Eh ben…tout un vire-capot!

Affamer la bête

La droite idéologique a développé une stratégie infaillible pour enrichir les riches et appauvrir les pauvres. On comprend pourquoi les écarts entre riches et pauvres s’accroissent de plus en plus.

La stratégie s’appelle « affamer la bête ». Ça consiste à faire des budgets fortement déficitaires en disant au peuple qu’on se doit de baisser les impôts. Le peuple est content. La majorité va économiser une poignée de dollars. Les riches vont économiser des milliers de dollars et même des millions.

Au prochain budget, le gouvernement allègue qu’il manque cruellement d’argent mais qu’il n’est pas question de toucher aux impôts. La seule solution est de couper dans les dépenses de services aux citoyens ou dans les programmes de redistribution de la richesse. Ces économies donnent un nouveau souffle pour recommencer le cycle au prochain budget.

On allègue que les riches vont créer de l’emploi en s’enrichissant. Ils construiront leur château au Canada c’est sûr. Ils n’iront pas en Suisse pour garnir leur compte de banque à l’abri de l’impôt canadien. Ils ne parcourront pas le monde à flamber leur profit durement gagné à force de cotiser au Parti Conservateur.

On n’a jamais vu ça des entreprises qui siphonnent nos richesses et, quand le profit faiblit, ils ferment boutique et repartent dans leur pays d’origine. Si on leur met plus d’argent dans leur poche avec l’impôt, vous pensez qu’ils vont résister au cheap labor de l’inde ou du Mexique? Ou qu’ils vont résister à la compétition des pays qui veulent carrément leur donner de l’argent pour y déménager leur usine?

Un pauvre qui a de l’argent en main, lui il fait tourner l’économie car c’est sûr qu’il va le dépenser vite fait et localement.

@Francois 1
Et à l’inverse ?
Ces agences de notation que les économistes, les néo-libéraux, les conservateurs et autres gens de droite ont tendance à croire comme s’ils proféraient des paroles d’évangile, seraient maintenant devenus insignifiants ?

À vire-capot, vire-capot et demi !

« La droite idéologique a développé une stratégie infaillible pour enrichir les riches et appauvrir les pauvres »

Oui : plus d’intervention du gouvernement

« On comprend pourquoi les écarts entre riches et pauvres s’accroissent de plus en plus. »

mesure sans AUCUNE importance.

« Les riches vont économiser des milliers de dollars et même des millions »

ceux-là même à qui on peut légalement voler (au Québec) jusqu’à 53% du salaire imposable. sans comtper que plus de 47% des gens ne paient aucun impôt

« Un pauvre qui a de l’argent en main, lui il fait tourner l’économie car c’est sûr qu’il va le dépenser vite fait et localement. »

le mot clé : dépense. une économie ne fait pas long feu sans investissement

Damned if you do, damned if you don’t. Que Harper fasse n’importe quoi, on aura droit à une couverture exclusivement négative (au Québec).

@jeannot vachon

C’est clair que c’est vrai ta thèse conspirationniste (Josée Legault la spinne beaucoup). Je suis certain que Harper se lève la nuit pour se demander comment appauvrir les pauvres, c’est tellement évident.