Indépendance: Le converti

Toute comparaison est boiteuse, mais je me risque. Imaginez que Jean Lesage, le premier ministre du « maître chez nous » du début des années 60, ait été élu six fois à la tête du Québec et ait gouverné pendant 23 ans. Un premier ministre nationaliste, mais fédéraliste.

Imaginez maintenant que, huit ans après avoir quitté volontairement le pouvoir, il annonce que, vu l’évolution de la situation du Québec, il estime que l’indépendance est désormais une absolue nécessité. Cela ne créerait-il pas un léger remous dans les chaumières ?

Jordi Pujol: une conversion historique.
Jordi Pujol: une conversion historique.

C’est précisément ce qui vient de se passer en Catalogne. Le leader historique de la nation catalane, Jordi Pujol, vient d’affirmer que l’avenir de son peuple passe nécessairement par son indépendance.

La Catalogne et le Québec ont des relations privilégiées et j’ai eu la chance d’assister deux fois à des rencontres avec ce géant politique entre 1995 et 2000. Son épouse ne s’en cachait pas, elle était indépendantiste. Lui, non.

Pourquoi, lui demandions-nous ? Il nous répondait que c’était tout simplement impossible. La moitié des résidents catalans étaient, en fait, des immigrants ou des descendants d’immigrants d’autres régions espagnoles. Donc, calculait-il, même si la totalité des Catalans votaient Oui, ce qui n’était pas acquis, il serait impossible de dégager une majorité.

Les choses ont-elles changées ? J’ai rencontre ce week-end plusieurs journalistes catalans qui m’ont dit: oui. « Maintenant, plusieurs non-Catalans d’origine sont plus indépendantistes que les Catalans ! »

Pas assez, il faut le dire, pour obtenir une majorité dans les sondages. L’idée d’indépendance — avant la déclaration de Pujol de fin janvier — est autour de 30%

Un recul historique

La raison du glissement, de Pujol et de beaucoup de Catalans, est double. D’abord, une partie de l’autonomie dévolue à la Catalogne en 2006 a été invalidée, en juin, par la Cour constitutionnelle espagnole, très centralisatrice.

Pour la Cour, il faut biffer la mention de l’existence de la « nation catalane ». Puis, il faut interdire que la langue Catalane puisse jouir d’un statut prédominant sur le territoire catalan. Un recul historique. Plus d’un million de Catalans — sur un total de sept — sont descendus dans la rue en juillet dernier pour protester.

Vous ne devinerez jamais ce qui se passe ensuite. Pour réparer ce tort, il faudrait amender la constitution ! Or l’opinion publique espagnole est contre, et les deux principaux partis espagnols croient que le fruit n’est pas mûr. (Enfin, ils ne le disent pas comme ça, mais ça revient au même).

Une perte de puissance économique

Ce n’est qu’une des conditions de la montée du sentiment indépendantiste catalan. L’autre tient à l’estime de soi économique de la nation. Car contrairement au Québec, la Catalogne a toujours été la province riche de l’Espagne. Son moteur économique. Les impôts des riches Catalans payaient pour les programmes des pauvres Andalous. Et la Catalogne était devenue riche sans pétrole et sans Pacte de l’auto. Un lieu d’entrepreneuriat par excellence.

Or, depuis la crise, les finances de la Catalogne souffrent. Les indicateurs économiques trahissent un déclin que les citoyens ressentent avec effroi. Une récession de 5% en 2009, le gel des pensions des retraités, une forte montée du chômage, tout cela lié à l’éclatement d’une bulle immobilière à Barcelone, ville la plus chère d’Europe. Or les Catalans voient, encore, une partie de leurs avoirs siphonnés par le gouvernement central.

Perte d’autonomie politique, perte de puissance économique, absence d’espoir de réforme à perte de vue, c’en est trop.

Dans son article intitulé: De la cour constitutionnelle à l’indépendance, via le Québec, Pujol écrit:

La relation entre l’Espagne et la Catalogne pourrait un jour nous forcer à devoir choisir: soit vivre dans l’Espagne que la Cour a dessinée […] et qui jouit du soutien de la majorité des Espagnols, soit l’indépendance.

Pujol explique ensuite comment il en vient à cette conclusion:

Longtemps, la majorité des nationalistes catalans n’ont pas envisagé l’indépendance. Ils ont joué leurs cartes en faveur de l’autonomie avec succès en obtenant un haut niveau de pouvoirs politiques et administratifs, obtenant la garantie de son identité. Et ils ont rejeté les appels de ceux qui voulaient l’indépendance. Ils avaient de bonnes raisons de le faire.

Ils ne les ont plus.

Personne ne peut douter de la viabilité d’une Catalogne indépendante.

Hier, l’opposition à l’indépendance était fondée sur notre volonté de ne pas mettre en péril la cohésion interne de la Catalogne. Mais cet argument a été affaibli par le traitement économique discriminatoire que nous subissons et qui devient de plus en plus évident, avec ses effets sociaux et humains.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’arguments politiques, économiques ou même sentimentaux qui nous rattache à l’Espagne.

Une course à obstacles

Et la solution québécoise ? Pujol est clair: la majorité des Catalans préféreraient un statut à la québécoise (le Québec a davantage d’autonomie que la Catalogne) que l’indépendance. Mais, ajoute-t-il,

Il est probable que, pour l’Espagne, un statut à la québécoise soit aussi inacceptable que l’indépendance.

Pujol suivait de très près l’actualité québécoise. Il a écouté la soirée référendaire de 1995 en compagnie de son vieil ami Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur. Un plan de table nous ayant mis un jour côte-à-côte, Jean Daniel m’a raconté:  « Lorsqu’il a vu le résultat, presque 50%, Pujol a dit: avec un résultat comme celui-là, je ferais un malheur! » Traduction: fort de ce rapport de force, il aurait augmenté l’autonomie catalane en Espagne.

Les nouveaux indépendantistes catalans ne sont pas au bout de leur peine. D’abord, la constitution espagnole indique que le pays est « indivisible ». Ensuite, les régions n’ont jamais développé de système électoral autonome. C’est l’État central qui organise les élections, et les référendums. Pujol mesure mieux que quiconque le degré de difficulté:

L’indépendance est difficile à réaliser. Le seul autre choix, celui imposé par l’Espagne et les institutions espagnoles, n’est pas difficile. C’est le choix d’abdiquer. Et d’accepter la marginalisation et la chute de la Catalogne. C’est le choix de la facilité. Mais cela signifierait notre disparition.

Votre blogueur favori, avec Pujol, en 1999. Lisée "Mais pourquoi pas l'indépendance?" Pujol: "T'es qui toi?"
Votre blogueur favori, avec Pujol, en 1999. Lisée: "Mais pourquoi pas l'indépendance?" Pujol: "T'es qui toi?"

(Merci à l’alertinternaute Michelle B. pour ce signalement.)

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Avec un résultat de presque 50 % : « avec un résultat comme celui-là, je ferais un malheur! » disait Pujol. Ouiiiiiiiiiiiiiii!

Je vois que je ne suis pas toute seule à penser qu’on aurait dû changer des choses puisque 50 % de la population du Québec voulait s’en aller. Pourquoi n’avons-nous pas profité du résultat?

Je me demande ce qui serait advenu du Québec si M. Parizeau était resté en poste plutôt que d’avoir parlé sous le coup de l’émotion : j’aurais demandé un recomptage judiciaire, dénoncé la fraude du camp du non dans le financement de sa campagne, j’aurais secoué le Québec au complet par les épaules en criant désespérément : ALLO! VOUS N’ÊTES PAS TANNÉS DE VOUS FAIRE AVOIR!

Et on a vu que c’était le cas avec le scandale des commandites, entre autres. Tout ce qu’on a fait : une p’tite tappe sur l’épaule et ne recommencez plus. C’est à mon tour d’enrager et de parler sous le coup de l’émotion.

J’avais 14 ans le 30 octobre 1995 et je sentais que « laisser aller » ce résultat sans en profiter ne faisait aucun sens, mais sans comprendre pourquoi je bouillais à l’intérieur.

On recommence, on se relève, on éduque la population sur le potentiel énorme qu’aura le Québec indépendant. I still have a dream (!)

@ Marièle P. – Dans «Au commencement était l’action», André MAUROIS donne un élément de réponse à votre observation :
« La principale force du chef, c’est le caractère, défini comme l’ensemble des qualités qui se rapportent à l’action, distinctes des qualités de l’esprit et du cœur.
De ces qualités propres à l’action, la première est la volonté.
Un chef doit savoir prendre une décision et en accepter la responsabilité.
Rien ne décourage plus l’opinion qu’un chef hésitant et vacillant. « La fermeté », disait Napoléon, « l’emporte en toute chose. »
Fermeté n’est pas entêtement.
À FAITS NOUVEAUX, DÉCISIONS NOUVELLES ; mais les changements de directives, qui déroutent, doivent être réduits au minimum. Pour décider, il faut un grand courage moral. Il le faut aussi pour soutenir des subordonnés.»
M. Parizeau était et est toujours un homme extraordinaire, un personnage hors du commun par sa compétence et son honnêteté, comme il nous en faudrait des dizaines pour nous sortir de la médiocrité à la JJ Charest.
Mais sa grande probité l’a conduit à démissionner pour tenir une «promesse» faite dans un enregistrement pour la télévision. Une erreur qu’il a regretté amèrement…
Avec une quasi-victoire à 49,6% il fallait foncer et dénoncer évidemment toutes les magouilles et dépenses illégales faites par les unitaristes canadiens.
Avons-nous présentement suffisamment de chefs qui répondent à la description de Maurois ??

Complétons en citant De Gaulle :
« La difficulté attire l’homme de caractère ».
Plus loin, il ajoute :
« L’homme de caractère incorpore à sa personne la rigueur propre à l’effort. Les subordonnés l’éprouvent et parfois, ils en gémissent. D’ailleurs, un tel chef est distant, car l’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement. » Et,
« Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère. »Et le général conclut ainsi : « Vienne la crise, c’est lui que l’on suit, qui lève le fardeau de ses propres bras et le porte sur ses reins. »

Voici, avec lyrisme, une vision claire des situations et des qualités du chef. C’est dans les moments les plus graves que le chef se hisse au-dessus des autres pour devenir un grand homme.(…)
JL Dion, ing.

Si le Québec n’était pas profitable $$$$ au ROC, les anglos l’auraient envoyé paître depuis longtemps… « La laine des moutons, c’est nous qui la tondons, cardons, vendons, etc. »
RÉVEILLONS les lions qui se cachent sous les moutons québécois avant de disparaître dans le tourbillon de la mondialisation anglicisante nord-américaine… sinon déclarons le chinois mandarin langue officielle du Québec !

Moi, je ne veux pas d’un autre référendum…

Je veux que nous reprenions celui de 1995, « dans le respect des règles ». Sous surveillance d’observateurs de la communauté internationale.

Si les fédéralistes s’avisaient de répéter leur détournement de démocratie, la planète en serait témoin, en direct!

Les bonimenteurs d’Ottawa ne s’en remettraient pas!

Le droit des peuples à l’autodétermination est inscrit dans la charte des Nations-Unies. Il s’agit d’un droit inaliénable, c’est-à-dire que rien ni personne ne peut s’opposer à la volonté souveraine du peuple.

Ça signifie le début de la fin de la « patente fédérale ».

À bas les vampires en tuxedo, qu’ils soient de Londres, d’Ottawa, ou de Bay-Street à Toronto.

Tout se passe très très vite. On apprend que la bourse de Londre veut fusionner avec la bourse de Toronto. Le parlement ferme une fois de temps en temps. Des ententes pour affaiblir les frontières. Les pédales d’accélérateurs n’ont pas de défauts mécaniques. Qu’est-ce qui se passe ? Y-a-il un pilote dans l’avion ?

M. Lisée

Vous, qui étiez au coeur de l’action, pourriez-vous nous expliquer pourquoi, le soir du référendum, face à un résultat aussi serré, M. Parizeau n’a pas pris 24 heures avant de rendre les armes? Pourquoi a-t-il accepté bêtement le diktat de Bernard Derome?
Le lendemain, il aurait pu évoquer les tricheries de Libéraux (le fils du PM de l’Ile du Prince Édouard a voté illégament!) pour faire annuler le référendum et en caller un autre un an plus tard

C’est que les petits sont plus nobles que les grands qui magouillent lorsqu’ils perdent. Et il ne faut pas croire que la volonté d’un peuple ne puisse triompher de l’opportunisme. Ce n’est qu’une question de temps. L’indépendance du Québec ou une autre forme d’autonomie finiront bien par s’imposer. Le gouvernement fédéral nous aidant en ce sens avec leurs lois discriminatoires (clarté) et leur idéologie rétrograde.

Nous ne sommes pas le seul peuple à vivre une situation inconfortable qui consiste à être intégré dans une entité politique, créée de facto à la suite des guerres du XVIII ième siècle et de la période coloniale.

Quand les puissances coloniales ont découpé le monde, fixé les frontières et imposé leur style de gouvernance hier, ça donne les malaises d’aujourd’hui.

Et au sein de tous les peuples dominés et inféodés, il se trouve des gens qui refusent la situation et d’autres qui pensent qu’il vaut mieux composer avec la situation telle qu’elle est.

Le réalignement politique est un phénomène continu et nous en avons connus plusieurs ici même, le plus spectaculaires étant peut-être celui de monsieur¨Parizeau.

Je ne crois toutefois pas que ce phénomène à lui seul détermine l’issue finale du combat National, mais il est bien certain que cela y contribue puissamment dans certains cas.

Il serait certainement plus aidant s’il y avait plus parmi nous de Jacques Parizeau, et moins de Léon Dion…

M. Lisée,

Lorsque vous avez effectué un retour en arrière sur les deux référendums, j’ai été frappée par une phrase au sujet de celui de 1995 : «Seulement dans les derniers 48 heures nous sommes nous donnés le droit d’y croire.» J’ai alors compris pourquoi nous nous étions écrasés si facilement avec une victoire presque en poche. Si nos dirigeants avaient eu l’attitude de M. Pujol, nous aurions réagi différemment et Dieu sait où nous en serions à l’heure actuelle.

Il faut croire en soi pour se donner un pays.

Bonjour,
Et pourtant, il n’y a aucunes comparaisons possibles entre le statut du Québec au sein d’un Canada Uni et du statut de la Catalogne au sein d’une Espagne indivisible par sa Constitution ! Les nationalistes catalans seraient heureux comme des rois avec tous les droits et privilèges, l’autonomie et la décentralisation des compétences que le Québec possède au sein de la Fédération Canadienne, que l’on se le dise !
La Catalogne au sein de l’Espagne est comme la situation de l’Alberta et de l’Ontario d’avant la crise économique qui faisaient vivre les provinces les plus pauvres comme le Québec par la péréquation. Tout comme si l’Alberta et l’Ontario voulaient sortir du Canada parce qu’ils sont tannés de payer et de faire vivre les autres afin que ces provinces aient un standing de vie comparable.
En effet, le référendum symbolique tenu en Catalogne le 14 Décembre 2009 était tout simplement une risée avec 30 % des habitants qui allèrent voter. Seulement les convertis, les fanatiques et les irréductibles exercèrent leur droit de vote, ce qui démontre que 70 % des autres Catalans ne sont même pas intéressés par cette bravade de mauvais goût à la québécoise, et oui, à la sauce toute québécoise….
En outre, en étant la partie la plus riche d’Espagne qui aide les plus pauvres, il ne faut surtout pas oublier que dans l’Union Européenne de Maastricht, l’Espagne se fait vivre et arrondit les coins avec une forte péréquation reçue des pays les plus riches…. Quelle farce de voir ces supposés sécessionnistes en culottes courtes agir ainsi contre la volonté populaire des habitants Catalans !
Finalement, il est bien évident que face à cette mascarade de mauvais goût articulée par des gens avec une tendance d’extrême-droite, le gouvernement Espagnol et Monsieur José Luis Zapatero sont sur les dents face à ce show de boucane, cette fumisterie de mauvais goût afin de faire parler d’eux et de sonder les coeurs. Monsieur Jordi Pujol a eu sa réponse le 14 Décembre 2009 et ce n’est pas la première fois. Car par cette bravade à la québécoise, seulement 30 % des Catalans de droite adhèrent à cette vision étriquée de la Catalogne. Et oui, les béni oui oui, les ardents nationalistes se sont déplacés pour voter dans ce qu’on voulait un tordage de bras, un grand coup d’épée dans l’eau, bien sûr….. Au plaisir, John Bull.

@Madeleine,
Vous n’êtes pas seule. Le hic pour cette option c’est que la grande majorité (1) a d’autres missions plus urgentes et importantes à traiter (2) juge que c’est risqué de changer quatre trente sous pour une piastre et cinq (3) juge que la piastre et cinq ne vaut pas le dérangement (4)juge que les vrais grands leaders s’abstiennent de ce combat (d’où la nécessité d’enrôler la trempe de Marois et Boisclair) et par soucis de respect de la bande passante de l’Actualité, je m’arrête là.

Cette même majorité aussi (ce qui suit est une métaphore) veut une plus grande maison et dicter le comportement des voisins sur sa rue et être servi quand et comme il le souhaite et on la maturité de comprendre que la vie dans toutes les grandes villes du Québec est DE LOIN SUPÉRIEURE à celle de la très Très TRÈS grande majorité des cousins terriens.

Lorsque le fédéraliste sénateur eut atteint l’âge vénérable de 75 ans il devint caduque pour le sénat.

Durant ses années d’artistes, son public était francophone. Alors muni d’une pension fédérale, il annonça un retour sur scène. Pour la publicité du spectacle, au cours d’interviews il affirma qu’il était à un point de réflexion tel qu’il devienne indépendantiste. Pour les plus réveillés ces derniers savaient que pour s’exprimer cet artiste devait le faire en français et son public était francophone. Alors il a flatté bassement et certains se sont laissés prendre.

Cela me rappelle aussi qu’il y a quelques années André Pratte de La Presse alors en promotion de son livre à TLMEP affirmait qu’au dernier référendum il avait voté oui. Mais il savait ce dernier qu’il était s’il le devait être lu par les francophones (On se demande bien si John Furlong l’aurait lu)….alors il a manipulé lui aussi pour vendre son bouquin.

On dira que les comparaisons sont boiteuses mais un fait est: à la fin de leur carrière certains font semblant de renier leurs allégeances pour promouvoir un livre dans un cas et pour promouvoir un fin de carrière somme toute en déclin.

La voie mercantile dans ces deux cas étaient plus fortes que les allégeances ou le peuple était-il à ce point manipulable exception faites pour les réveillés.

Tant mieux pour la Catalogne si ce vieux monsieur est sincère….mais vivra-t-il assez longtemps pour influencer?

@ Mme Marilène Pilon, vous auriez fait quoi exactement, à la place du PQ ? Un recomptage ? Si la victoire, par la peau des dents avait été alors confirmé pour le OUI, le fédéral n’aurait simplement pas bougé, c’est M. Chrétien qui nous l’a écrit dans ses mémoires. Notre fédéral pouvait tenir son propre référendum ou chercher des puces au recomptage en question.

Gagner la souveraineté à 50,5 % ou le perdre à 50,5 % n’est pas assez solide pour être viable vu que les mous peuvent changer d’idée n’importe quand et renverser le résultat en changeant quelques mots dans une prochaine question.

En Catalogne, il y a trois langues officielles mais la langue usuelle est à 46 % l’espagnol, 36 % le catalan, 12 % les deux et 6 % autres langues

Avec seulement 30 % de souverainistes et l’espagnol parlé par la majorité, fait que, le leader historique de la nation catalane, Jordi Pujol, peut bien affirmer que l’avenir de son peuple passe nécessairement par son indépendance, il ne réussira pas plus qu’à faire invalider le récent jugement de leur Cour…au mieux.

Il est, quand même, surprenant que ce politicien catalan, envie le sort actuel du Québec dans le Canada. Est-ce que nous serions trop indépendantistes ?

Nos situations sont tellement pareilles! Au Parlement de la Catalunya à Barcelone, demander de la docu en s’identifiant comme Québécois, ça fait lever les yeux au ciel! Aborder la question de l’autonomie, même avec des jeunes,dans les cafés, ça provoque une baisse de la voix! Difficile de porter foi aux journaux… Même le Musée d’histoire (subventionné) s’arrête avant la suppression du statut d’autonomie: il faut pouvoir proclamer que les Catalans se sont modernisés, mondialisés, « normalisés » dans le plus meilleur pays qu’est l’Espagne… Et on voit la ville prospère… Madrid appuie-t-elle la capitale de la Catalogne pour calmer les velléitaires, acheter des votes?…

La plus grande différence entre le Québec et la Catalogne, très peu rapportée par nos médias et spécialistes est la suivante:
– Le Québec constitue une « entitée fédérée » au sein d’une « entité fédérale » qu’est le Canada.
– La Catalogne a un statut de « région autonome », au même titre que toutes les autres régions d’Espagne (incluant la riche et belle Andalousie).

Qu’est-ce que ça veut dire ça alors? Que l’Espagne n’est ni une fédération, ni une confédération à proprement parler.

Je pose la question: est-ce que la constitution de 1977 prévoit des pouvoirs EXCLUSIFS aux régions et territoires espagnols? (je veux dire, sans que Madrid y fourre son nez) Je ne crois pas. Il se peut que je me trompe, mais, là-bas, le ministère de l’éducation national siège à Madrid.

Dès lors, je me souviens très bien de la visite de M. Pujol à Québec au milieu des années ’90. Côte à côte avec le premier ministre Bouchard, il répondait aux questions des journalistes présents, dont la suivante:
– « M. Pujol, souhaitez vous que la Catalogne devienne un pays? »
– « Pas du tout. Nous on souhaite avoir minimalement ce que le Québec a comme pouvoirs exlusifs au sein de la fédération canadienne ».
L’expression faciale de M. Bouchard en disait alors long sur l’ampleur de l’appui qu’il croyait avoir touvé chez M. Pujol.

Tant que la constitution de 1977 ne sera pas changée ou amendée, Madrid pourra continuer d’agir comme il le veut avec les régions, avec l’appui de la plus haute court du pays.

Et souvenons-nous d’une chose, le statut de « région autonome » a été créé dans la constitution de 1977 par le gouvernement transitoire d’alors (avec la bénédiction de la couronne) pour réparer les années d’opression (culturelle entre autres) subie par les régions au cours des 40-45 années de dictature. Période au cours de laquelle était imposée une seule Espagne unie et catholique dans laquelle tous ses citoyens ne devaient que parler Castillan.

Ce qui est donc maintenant intéressant d’analyser est de quelle façon évoluera le statut des ces « autonomies ».

@rod:
1- Il n’est plus boss du Barça (son mandat est fini).
2- Le Barça le traîne en justice pour « irrégularités »

Juste une précision, la Catalogne n’est plus la région la plus riche d’Espagne; elle ne l’était plus d’ailleurs avant même la crise! Elle pointe aujourd’hui en 4e position (PIB per capita) derrière le Pays Basque, La Rioja et Madrid (les Baléares et l’Aragon la talonnent désormais).
De fait, cette région paye cher son complexe de supériorité nationaliste et la priorité qu’elle a donné à la langue catalane, un patois parlé selon ses variantes par 5 à 9 millions de personnes (à rapprocher des 500 millions de locuteurs espagnols)…

Bonjour!Bloguistes JFL.-Sujet brulant, passionnant
avec le converti d’aujourd’hui(2011)Jordé Pujol.Ce chef historique catalan (1972-1995), qui 08 ans- après son pouvoir politique exercé comme tel- veut l’Inpépendance. Et non la Souveraineté à la Juan Carlos 1er, nommé comme successeur en tutelle en 1969 par le Général « Protecteur-Régent à vie » Franco Bahamonde (1892-1975), dit El Caudillo (1939-1975)ou Dictateur. En autres,ce Général de la Guerre civile (1936-1939)laissa que ruines urbaines, rurales et un demi million d’Espagnol tués avec des armes expérimentales d’Allemagne et d’Italie, à la veille de la 2e Guerre Mondiale de 1939-1945. Juan Carlos 1er à la tête du Royaume d’Espagne en 1975,de quelque 505 millles kms2, et plus de 40 millions d’âmes:est une monarchie constitutionnelle, dotée d’une nouvelle constitution d’unité nationale en 1978 pour le Pays espagnol: en Régions juridiques doubles(l’État central espagnol fort et le lien régional avec l’Union Européenne/UE).
Mais aussi pour les Peuples minoritaires en son sein, dont la Catalogne 1979 de Jodi Pugol, appelée « Communauté Autonome ». Située au N.-E.
pyrénénien (mi-Principauté d’Andorre caalan)et à l’E.-S. face à la Méditerranée et formée de quatre territoires:Barcelone,capitale et ler port
métropolitain industriel/et Gérone/Lérida/Tarago-
ne forment la Région la plus riche de l’Espagne; de 32 milles kms2, quelque 07 millions d’âmes.
Langues: Catalan (y compris le collégial et l’université), espagnol). Géopolique économique bien plantée et enviée, côté catalan (1979-2011)et l’État espagnol fort central vivent, de part et d’autre, des situations politiques difficiles avec la 2e Crise monétaire, bancaire, boursière, hypothécaire et fudiciaire; née aux E.-U. d’Amérique et exportée (2007-2008… aux quatre coins de notre petit Monde. Les velliétés d’Indépendance de Barcelone agacent Madrid. Un peu comme le Québec et l’État fédéral canadien. Et vole la galère avec les mots de trop; honnis de tous,Qc+RDC: »Souveraineté et Reférendum » ne sont plus à la mode. Article I sur II, demain l6.
02.2011. Bonne fin de soirée à tous. -30- CB

N’importe pas les droits des nations. Le nouveau independetisme en Catalogne s’est facile de comprendre: la Catalogne paye 22.ooo milliards d’euros chaque année a l’Espagne, mais cet argent s’est perdu. Cettes pertes s’ont ajouté a la crise economique.
Notre deficit actuel s’est de 11.000 milliards d’euros. 22-11=11. C’est a dire, notre economie rulera autrefois le premier annee independents.

Et plus. No n’existe pas de catalans antieuropeens. En Catalogne s’impose l’independence d’Espagne (pas de l’Europe), parsque les espagnols sont les vrees independentistes. Nous voulons appartendre dans un grand pays (l’Europe), mais egalitaire. Excusez mon français.

Le problème, mes amis, c’est qu’en Catalogne, aucun independentiste sérieux n’a pas cru un mot de ces déclarations de Monsieur Pujol.
Comme d’habitude il s’agit du discours ambiguë du parti de Pujol (CiU). Cependant, le gouvernement de son « daufin » politique , M. Mas a choisi pour gérer le pays les gens moins souveranistes, et plus liasonnées aux grandes entreprises demi-monopolistiques espagnoles.Et plus, deux personnes historiquement liées a l’ultra droite espagnole (Mme Bozal, conseillière de justice, avec des lieasions avec Falange Española de las JONS -le parti de Franco, pas encore illegal en Espagne!-, et M Ruiz, conseillier de Santé, et lié a la FAES – le think tank du Parti Populaire de M Rajoy)
Comme il l’a dit Xavier, la Catalonge ne peut plus survivre avec le vol de 22 milliards (22 billions américains) d’euros par an.
Mais nous somme devant un gouvernement colaborationiste, pas très different en éssence de celui du Marechal Pétain à Vichy.
Visca Catalunya Lliure!

@ Gilles Bousquet :
J’aurais fait plus qu’un recomptage!

J’aurais exigé des comptes à Ottawa, j’aurais dénoncé et dénoncé encore le déséquilibre fiscal, j’aurais assis la puissance du Québec : quand tu as la moitié de ta population qui veut s’en aller, pourquoi celle qui veut rester aurait préséance???

J’aurais refusé les transferts vers Ottawa, j’aurais dit que c’était une avance sur l’argent qu’il nous doive!

Je suis désolée que le discours soit si peu éthique que ça, mais je refuse de laisser la question nationale entre les mains d’une mince majorité de « non ».

Je le répète : le « non » doit prouver à 55% qu’on devrait rester dans le Canada. Ça changerait.