Indice démocratique 2012 : légère embellie dans le marasme

Les Québécois sont encore insatisfaits du travail des politiciens, mais un peu moins que l’an dernier à pareille date. Les travaux de la commission Charbonneau ne révèlent rien de bien joli, mais les élections de septembre dernier semblent avoir aidé à purifier l’air. C’est ce qui ressort du sondage annuel mené par la firme CROP pour la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval, dont les résultats ont été transmis à L’actualité.

Indice démocratique 2012: légère embellie dans le marasme

Depuis 2008, CROP pose la même série de cinq questions pour mesurer la satisfaction des Québécois relativement à leur système démocratique.

Ainsi, en 2012, 58 % des Québécois se disent satisfaits de la manière dont fonctionne la démocratie dans la province. Un léger rebond comparativement à 2011, où la satisfaction atteignait à peine 53 %. C’est toutefois passablement moins qu’en 2008, où le taux était de 68 %. Les 18-34 ans, avec un taux de satisfaction de 52 %, sont encore les moins heureux du fonctionnement de leur démocratie (l’an dernier, le taux de cette tranche d’âge était de 50 %).

Le vice-président de CROP, Youri Rivest, estime que la «colère de 2011» a fait place à une «stabilisation de l’insatisfaction». «Ça continue d’être très bas, mais on a arrêté de s’enfoncer. La seule explication que je vois, c’est la campagne électorale. Les gens ont vu le changement de gouvernement et ça les encourage à penser que la démocratie fonctionne encore», dit-il.

Une réaction assez typique, explique François Gélineau, titulaire de la chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval, dont l’Assemblée nationale est partenaire. «La population a mis les institutions politiques sous surveillance. Le cycle électoral a montré que la population a encore une prise sur la politique, et maintenant, les citoyens attendent de voir ce que ça va donner», dit-il.

D’ailleurs, 76 % des Québécois estiment que des élections sont une bonne façon de tenir un gouvernement responsable de ses actes.

Dans la même veine, un peu moins de Québécois, soit 55 %, pensent que tous les partis se ressemblent. La proportion était de 64 % en 2011. «Il y a maintenant trois partis forts à l’Assemblée nationale, plus trois autres partis plus petits. Plus de courants politiques sont représentés et l’élection a permis de le voir plus clairement», dit Youri Rivest.

Les chiffres demeurent toutefois inquiétants dans le domaine de la confiance envers les politiciens. Ainsi, 62 % des Québécois pensent que le gouvernement ne fait pas ce qui est juste pour le bien de la population. En 2011, c’était 68 %. Mais en 2008, c’était 49 %.

Autre donnée : 54 % des Québécois pensent que les citoyens n’ont «pas leur mot à dire» dans les décisions du gouvernement. Une légère amélioration là aussi, puisqu’ils étaient 59 % en 2011. C’est dans la région de Québec, avec 66 %, où les gens ont la plus forte impression que le gouvernement ne tient pas compte de leurs opinions.

Le portrait est toutefois fort différent chez les jeunes de 18 à 34 ans, alors que 43 % estiment ne pas avoir leur mot à dire, contre 57 % qui pensent avoir une emprise sur le gouvernement. Un renversement de tendance important comparativement à 2011. «Les jeunes ont réussi à influencer le débat politique le printemps dernier lors du débat sur les frais de scolarité. Ils ont gagné, alors ça se reflète dans les chiffres», dit Youri Rivest.

Globalement, l’Indice citoyen de satisfaction est de 50 sur 100 en 2012, alors qu’il était de 47 en 2011 et 54 en 2008 – 100 équivaut à la satisfaction absolue envers la démocratie.

Les sondages identiques ont été menés auprès de 1000 adultes ayant le droit de vote au Québec. Celui de 2008 provient d’une enquête téléphonique, alors que ceux de 2011 et 2012 ont été effectués à l’aide d’un panel Internet. Pour 2012, le sondage a été mené du 17 au 22 octobre. CROP a pondéré les résultats afin de refléter la distribution de la population selon le sexe, l’âge, la région de résidence, la langue d’usage, la langue maternelle et le niveau de scolarité.

Voyez ici tous les résultats du sondage (NOTE: en format PDF).

 

 

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