Internautes : incivils et anonymes s’abstenir

De France et des États-Unis nous viennent des initiatives, une législative, l’autre journalistique, qui vise à réguler la discussion sur Internet.

Rendre le Blog (comme on dit en France) aussi responsable que l'imprimé?
Rendre le Blog (comme on dit en France) aussi responsable que l'imprimé?

La plus controversée est le projet de loi du sénateur français Jean-Louis Masson. Il voudrait forcer les blogueurs à indiquer leur nom, adresse et (là on dérape) numéro de téléphone. Il s’agirait d’étendre ainsi aux blogues les obligations couvrant déjà la presse écrite. Voici la justification du sénateur :

« Quand on se couvre derrière l’anonymat d’internet pour tenir des propos diffamatoires, injurieux ou délibérément malveillants, de même que lorsqu’on le fait par écrit par l’intermédiaire d’une lettre, d’un tract ou d’un journal, on doit assumer ses responsabilités vis à vis de la justice. »

Le voici répondant aux questions très sérieuses du blogueur français (non anonyme) Jean-Christophe Dupuis-Rémond :

Ce projet de loi fait évidemment beaucoup réagir en France. Un Appel pour la protection de l’anonymat a été lancé et on trouvera ici plusieurs liens pertinents. Un des axes de débat est la protection des blogueurs anonymes qui sont des salariés dénonçant le comportement de leurs entreprises. Un beau cas.

Le projet ne s’étend pas aux réponses des internautes commentant les blogues, qui eux resteraient anonymes s’ils le désirent. Les propos diffamatoires tenus seraient sous la responsabilité du  blogueur ou de son entreprise — comme pour le courrier des lecteurs d’un journal.

Et les commentaires ?

Cette question des internautes anonymes avait été soulevée au Canada par mon estimée collègue Chantal Hébert, dans une chronique du Toronto Star (et sur son blogue) sur le torrent de commentaires anonymes anti-Québec (et anti-ROC) dans les jours suivant la controverse sur la rareté du français à la cérémonie d’ouverture des olympiques de Vancouver. Son avis :

Quelqu’un qui ne connaît pas le pays et qui lirait les commentaires sur les sites des médias canadiens en tirerait souvent la conclusion que nous sommes un groupe de grincheux intolérants. […]
En théorie, que de respectables médias ouvrent leurs sites internet à des distorsions et des faussetés est contraire à leur mission.

(Transparence totale : j’ai ensuite pris position en faveur de la fin de l’anonymat des internautes lors d’une discussion animée par Christiane Charette. Cependant, les numéros de téléphone ne m’intéressent pas !)

Dans le New York Times de ce week-end, le chroniqueur linguistique a proposé un nouveau mot qu’on pourrait appliquer avec profit au monde des blogues et des commentaires : civilogue.

La définition :

Un dialogue civilisé dans lequel ceux qui expriment un désaccord ne le font pas en lançant des insultes et des généralisations qui confinent aux clichés.

C’est Jeffrey Weiss, de Politics Daily, qui en est le concepteur. Il propose une croisade contre la «mesquinerie politique» et publie un Manifeste, appelant à réagir chaque fois que quelqu’un dégrade la discussion en affirmant une grossièreté (Obama = Hitler, par exemple).

Cohérent, le site Politics Daily avise ses internautes/commentateurs qu’il réclamera sous peu la fin de l’anonymat. Je traduis :

Souhaitant encourager le même niveau de dialogue civil entre les lecteurs de Politics Daily que nous réclamons de nos rédacteurs — un « civilogue » — nous allons bientôt réclamer des commentateurs d’afficher leurs identités AOL ou AIM dans leurs commentaires. Les attaques personnelles (contre les rédacteurs du site, d’autres internautes, Nancy Pelosi, George W. Bush ou qui que ce soit) ne seront pas publiés, point à la ligne. Nous ferons place à une discussion entre ceux qui ont des idées à partager et à discuter.

Un échange civil, non anonyme. Intéressant concept !

Les commentaires sont fermés.

Je trouve l’idée intéressante, mais si je regarde le sujet de mon blogue (la sexualité) je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Les personnes qui écrivent ne souhaitent pas nécessairement que leur nom apparaisse à côté d’une question en lien avec la sexualité et utilise le web pour poser leur question anonymement. Obliger ces personnes à se nommer ferait en sorte que plusieurs personnes ne poseraient pas les questions qui les tracassent.

Je suis consciente de l’importance du départ (je me fais envoyer promener régulièrement par des anti-féministes qui se cachent derrière l’anonymat), mais il y aurait des pertes à certains niveaux; à réfléchir!

Message à Jean-Louis Masson: « If you can’t stand the heat, get out of the kitchen ».

J’ai un blogue, je ne suis pas anonyme et c’est ma décision, pas celle du gouvernement. J’ai pris cette décision parce que bloguer sous un pseudo ça perd en crédibilité. Mais c’est ma décision.

Autrement c’est quoi l’alternative ? Pour bloguer il faudra obtenir une licence du gouvernement pour prouver son identité ?

Désolé mais quand il faut demander la permission à un gouvernement avant de prendre la parole, on ne vit plus en démocratie.

Je préfère une société avec un excès de liberté plutôt qu’avec un manque de liberté.

(M. Lisée, vu la longueur, vous pouvez ne publier que le dernier paragraphe.)

Distinguons.

1) Dans le vocable «blogueur», on réunit (à tord ou à raison) à la fois le «tenancier d’un blogue» et le «commentateur» qui y laisse des commentaires.

2) Ce qui est important n’est pas de connaître les identités de tous les blogueurs (qu’ils soient tenanciers ou simples commentateurs). L’important est la «traçabilité» de ces blogueurs afin qu’ils soient soumis aux sanctions légales (et ancestrales!) de la diffamation.

3) On n’attribue pas aux blogues la même crédibilité qu’on accorde aux médias traditionnels. Le médium affecte le message. La critique d’un même opéra par Edgar Fruitier ou par la Clique du Plateau ne trouverons pas la même oreille…

4) Toute loi ne visant que les tenanciers serait facile à contourner en passant par les commentaires pour laisser des mots ou des images vitrioliques qui seront censurés par le tenanciers mais a posteriori, laissant le temps la blogosphère de citer ce vitriol. En outre, un blogue peut avoir toute une équipe de tenancier; lequel sera tenu responsable?

5) Le salarié (par exemple) qui veut dénoncer son employeur anonymement sur son propre blogue est un cas où il est juge et parti. Il peut le faire en remettant son info à un tiers, notamment un journaliste professionnel. Et s’il le fait à visage découvert, les lois s’appliquent aussi envers son employeurs qui ne peut agir illégalement (congédiement injustifié, harcèlement psychologique, etc.). Cette famille d’arguments ne tient pas la route.

6) Les médias traditionnels pouvaient se permettre une déontologie élevée et des recherches contre-vérifiées. C’était avant. Vont-ils garder cette qualité ou vont-ils se confondre avec la qualité variable du web? C’est anthropologiquement et sociologiquement intéressant d’observer ce qui se passe.

7) Il faut une nouvelle approche à une réalité nouvelle. Le Web 2 ne tiendra pas dans le «contenant» du journalisme passé. Peut-être faut-il créer une branche de police des publications diffamantes qui soit ultra-rapide? Et un tribunal sommaire tout aussi rapide pour ces causes-là? Connaissez-vous les «trolls qui s’ignorent» et la «loi de Godwin»? Aucune loi n’arrive à régler ces situations mais le silence concerté y arrive! Exemple de nouvelle approche.

8) Enfin, censurer a priori ou par interdiction légale camoufle une réalité. Ce que les gens ne peuvent pas dire publiquement, ils le pensent quand même mais sans être confrontés aux réactions que leurs propos engendreraient, ni favorables ni défavorables. Est-ce bien un service à nous rendre collectivement?

9) M. Lisée, je suis d’accord avec vous pour encourager les échanges civils et signés, et vous montrez l’exemple à suivre : un blogue intelligent et souriant qui nous tire tous vers le haut.

Une loi semblable? JE SUIS POUR! 100% Pour!
Une croisade contre la mesquinerie politique et la propagande débilitante? Où est-ce que je signe??? Et ceux qui suivent les blogues politiques du Devoir auront quelques exemples en tête pour se motiver.
On est tous d’accord que le no de téléphone, c’est trop poussé. Mais je comprends la motivation: Une identité électronique est difficilement vérifiable. On crée un compte bidon et hop! On a deux ou trois soi-même qui s’autocongratulent devant leur génie réciproque…
Enfin, ça ne règlerait pas tout mais ça ferait un bon nettoyage.

L’anonymat doit être conservé. Les éditoriaux de la presse anglophone ne sont-ils pas, eux-mêmes, anonymes? Les idées ont besoin de parler librement. La diffamation et l’injure n’est souvent que la seule vengeance des citoyens contre des gens gens qui sont apparemment intouchables ou au-dessus des lois. L’anonymat permet de savoir que nous ne sommes parfois pas les seuls à penser du mal d’une personne. Et c’est souvent le début d’une action concertée.

je suis perplexe devant les propos du Sénateur Dupuis-Rémond.

Il dit que les gens malhonnête se servent des blogues. C’est vrai. Mais les gouvernements ne se servent-il pas des commissions d’enquête pour enterrer la vérité?

Exemple actuel dans une galaxie près de chez-nous: Oliphant…

Excellente initiative. L’adresse civique doit être suffisamment détaillée pour qu’on puisse retrouver le numéro de téléphone et vérifier auprès du répondant qu’il ne s’agit pas d’une adresse fictive ou d’une fausse adresse, et que le nom donné correspond bien à l’adresse et au numéro de téléphone.

Sinon, les gens vont faire comme sur le blogue de l’édito de cyberpresse: signer en utilisant des noms fictifs.

Quant aux blogues en diret, comme celui de Richard Hétu (aucune modération préalable), les anonymes en profitent et il y règne une véritable atmosphère de ruelle où toute une racaille se retrouve: insultes, attaques ad hominem, etc.. Toute cette racaille (gauchiste) se tient les coudes: l’esprit de groupe les rend audacieux dans les insultes comme dans les hors-sujets ad nauseam. Peu de non gauchistes se retrouvent sur ce blogue parce qu’ils sont systématiquement mis sur une liste grise (modération préalable). Un 2 poids 2 mesures évident. Ainsi la racaille peut insulter ad nauseam: elle sait que celui qui répond a les mains liées par la modération préalable et ne peut donc utiliser un vocabulaire correspondant.

L’incroyable popularité des blogues repose sur l’anonymat relatif que confère cette plateforme nouvelle. Relatif puisqu’il est possible de trouver facilement l’auteur derrière chaque adresse IP. Alors dans le cas de délits tels la diffamation, on peut sévir. Mais si on ne le fait pas, c’est que les blogues sont devenus un espace différent du journal écrit. Les lecteurs des blogues savent que ce qu’on y lit va du meilleur au pire. Et qu’il convient d’exercer son sens critique afin de départager l’opinion de l’information.

Lorsqu’un journaliste tient un blogue, il engage sa réputation dans chacun de ses écrits, contrairement aux blogueurs qui eux écrivent la plupart du temps ce qui leur passe par la tête… comme je le fais ici présentement. On est loin d’une réaction fouillée, ou même réfléchie. En quelque sorte, en écrivant sur les blogues, on fait du chemin sur nos bagages. Ou au mieux, on informe à l’aide d’une source puisée souvent sur le net et qui demanderait vérification pour fin de validation. Alors oui l’espace populaire des blogues est un objet à encadrer afin d’éviter les grossièretés, mais plus on policera ce mode d’échange et plus on réduira sa fréquentation.

Certains journalistes de la presse écrite qui s’adonnent au blogue avec leur personnalité provocatrice récoltent des billets de la même eau. Ici, il est rare de lire des énormités, alors qu’ailleurs, on peut prendre le poulx de la population en général qui adore mettre son grain de sel en en rajoutant un peu beaucoup.

Puisque les blogues sont de divers niveaux, il se trouve des espaces où chacun ne trouve-t-il pas son content ? Également, les excès sont contrôlés en amont par la ligne éditoriale du blogue qui n’édite tout simplement pas un billet qui charrie.

Alors on a le choix : on laisse les choses comme elles sont et on jouit du foisonnement des blogues ou on reserre et on perd la place publique avec ses couleurs et parfois ses éclats.

Belle façon d’alimenter les poursuites-bâillons ou SLAPP.

Je veux bien qu’on réduise au minimum les propos diffamateurs mais de là à en faire une législation, c’est une paire de manches.

Il me semble qu’est c’est aux gestionnaires de blogues de prendre les mesures nécessaires, style comme «un bon père de famille», pour éviter les dérives les plus exagérées.

Le législateur doit absolument éviter de prendre des mesures directes réduisant la liberté d’expression qui est essentiellement l’antidote pour contrer la tyrannie et la dictature sous toutes leurs formes.

99,9% des lecteurs, lectrices et participant(e)s de blogs ou de forums ne connaissent absolument pas 99,9% des participant(e)s (et encore). Donner son nom ne règlera absolument pas la question. Nombre de grands noms ont écrit sous des pseudos multiples. Toute organisation sociale demande une réglementation. Les automobilistes les plus anarchistes s’arrêtent aux lumières rouges. L’insulte et l’injure sont le plus souvent, des révélateurs de la pauvreté lexicale et culturelle de leurs auteurs. (Sans aucun jugement de valeur sur les raisons de ces handicaps). Les cris, l’insulte, l’injure viennent spontanément lorsque l’on ne trouve plus les mots pour exprimer les idées et surtout les sentiments. Il faut des efforts intellectuels et de la retenue pour accepter comme l’affirmait le poète, critique américain Ezra Pound que : » l’exactitude foncière de l’expression est la seule morale de l’écriture ». Ne demandons pas au blogueur ou à la blogueuse anonyme de suivre des règles non apprises. La responsabilité incombe au site d’émission. La règle numéro un de tout journaliste est de vérifier, de recouper par une ou des sources sérieuses ses informations, surtout si c’est un scoop. Les journaux responsables éliminent les posts injurieux et/ou diffamatoires. Les réponses aux idées et aux informations du blog de M. Lisée sont animées de contradictions, mais tempérées par un filtre prudent. Il devrait (M. Lisée) reprendre du service de conseiller à l’Assemblée nationale, devenue ces temps-ci, une cour d’école d’enfants capricieux et surtout mal élevés.

Encore une fois je suis en complet désaccord avec Chantal Hébert. Les commentaires du peuple dans les médias canadians reflètent ce que beaucoup de gens de pensent. Or, ces gens n’ont jamais droit de parole dans les grands médias canadians, tellement plus à gauche que le peuple

Je ne vois pas pourquoi il faut se cacher derrière l’anonymat, en utilisant entre autres des surnoms comme je le vois souvent dans ceux qui vous transmettent des commentaires. IL faut assumer ses idées et ses textes.

Richard Fredette

L’anonymat permet aux lecteurs de se concentrer sur les idées (quand il y en a) contenues dans un blogue sans se laisser influencer par le statut (ou son absence) du blogueur.

Il appartient au lecteur d’exercer son sens critique et son jugement pour apprécier (ou déprécier) la valeur de ces idées.

Il faut tout prendre avec un grain de sel et parfois avec des pincettes. “Si c’est écrit dans Internet, il faut se méfier!”

Ceci étant dit, les insultes et attaques personnelles devraient être bloquées par le modérateur du blogue ou par le webmestre.

Au départ il faut dire que les blogues ne sont pas anonymes car le responsable du blogue publie ce qu’il veut et peut retracer les blogueurs .
Aussi cet anonymat de surface est utile car il empèche les agences de propagandes des gouvernements de retracer facilement les blogueurs et de les faire harceler par des milices payés pour paqueter les médias et téléphoner à domicile .
Avec le véritable nom c’est trop facile de trouver le téléphone et même le courriel du blogueur
N’oublions pas que ces museleurs sont les mêmes qui contrôlaient les médias conventionnels et empèchaient les citoyens de s’exprimer
Avec le WEB libre ces totalitaires museleurs ne peuvent plus imposer leur dictature médiatique et commettre des crimes impunément
L’anonymat n’existe pas car aujourd’hui avec l le Web et l’ADN tout et tous sont retraçables

Absolument d’accord. On pourrait commencer par ce blogue-ci (et aussi celui de Chantal Hébert), où de nombreux commentateurs nous rebattent les oreilles de slogans creux « copiés-collés », tous en faveur d’une certaine option, la meilleure du monde, celle qui résoudra tous les problèmes immédiatement le lendemain du grand soir. Je ne mentionne pas ladite option pour m’assurer que mon commentaire soit publié.

Chacun a droit à son opinion, et je suis tout-à-fait en faveur d’une discussion mature au sujet de l’option mentionnée (et de toutes les autres), mais de grâââââââce, et par pitié, que ce soit une vraie discussion, pas du mini-pamphlétarisme, pas des attaques ad hominem mur-à-mur! (Ou en bon français, du garrochage de bouette.)

Merci tout le monde,

Roland Jodoin

J’ai ouvert un blogue et ne cache nullement mon identité. Je commente ouvertement sur d’autres blogues, dans Le Devoir en ligne, etc. J’y assume mes propos. Mais comme le mentionnait ici SophieSexologue, certains blogues requièrent l’anonymat.

D’autre part, si certains blogueurs franchissent les frontières de la civilité, font dans la diffamation, etc., il est relativement aisé de les retracer via leurs adresses IP et de sévir. Et si certains blogues irritent par les propos injurieux (ou insignifiants) que l’on y lit, il n’y a qu’à «changer de canal»…

En conclusion, ce qui importe, ce n’est pas l’identité claire ou voilée des blogueurs (ou de leurs commentateurs), mais la qualité de leurs propos dans les débats d’idées.

Bonjour M.Lisée,
Maintenant qu’on a réussi à museler la Presse, on va maintenant s’attaquer à l’individu!
TOUT, absolument tout ça sent la CENSURE sous le déguisement que les internautes s’insultent. LOL
Tout ce que l’on veut, i.e. les instances politiques, c’est limiter la liberté de parole.
La censure, sous quelque forme qu’elle soit, mène à tous, TOUS les excès!
Haro sur le baudet de la CENSURE! Quand le gens comprendront-ils que la censure signifie la mort de la démocratie. D’ailleurs, tous les pays non-démocratiques exercent une censure sans pitié. Et, c’est ça que d’aucuns voudraient pour « icitte »!
VRAIMENT, c’est décourageant.
Par contre, c’est vrai que c’est détestable de voir, sinon lire, des commentaires, souvent pertinents, venant de personnes anonymes. S’ils savaient encore que les « pseudonymes » y perdent toute crédibilité. Pas besoin de no.de tel.

Bye

Si cela peut faire disparaître les blogues haineux. (Il va toujours resté les blogues « bonhomme sept heures », c’est-à-dire des blogues pour faire peur!)

Reste que pour l’anonymat des commentateurs, l’un ne va pas sans l’autre, cela augmente la responsabilité du propriétaire de blogue à titre de modérateur. Avec les bon côtés comme les mauvais.

J’ai en tête le blogue de la néo-libérale Johanne Mascotte où elle me censurait systématiquement parce que j’amenais pas de l’argumentation.
Or j’étais le seul a argumenter, les autres la félicitant pour ces commentaires ou bien m’attaquant tout simplement. (Faut croire que je rendais certains haineux par mes argumentations!!!)

Comme quoi l’on a beau prêcher la liberté individuelle tout en brimant celles des autres…

@David

Je suis d’accord avec vous sur le fait que publier un blogue sous anonymat enlève beaucoup de crédibilité, tout comme publier une analyse sous le nom de l’Institut économique de Montréal!

Salut Monsieur Lisée,
J’envoie mes commentaires sur des blogues depuis des années. Entre 350 et 400 d’entre eux ont d’ailleurs été publiés dans divers médias, dont quelques uns dans l’Actualité. Je n’ai jamais utilisé de pseudonyme car mon opinion et mes commentaires sont tenus de façon a respecter la ou les personnes ou les organismes visées par mes écrits. Le but de mes propos est de faire réfléchir. Si je réussi ne serait-ce qu’une seule fois à susciter la réflexion c’est là pour moi un pas dans la bonne direction.

Selon Monsieur Masson, les gens qui laissent des commentaires doivent être tenus responsables de leurs écrits, et donc sujets à des poursuites en diffamation.

Je crains que cela mettrait un stop au flot de commentaires ! Il y a un grand nombre de gens qui ne connaissent pas ces limites et qui se feraient poursuivre. Enfin, ce sont des commentaires, des états-d’âmes, et dans le cas d’une plateforme comme l’Actualité, il en revient à cette publication de se protéger et de refuser de publier certains commentaires – haineux ou diffamatoires. Je remarque, par exemple, que le Globe and Mail ferme toujours sa section commentaire quand il publie un article sur Brian Mulroney (!)

On apprenait récemment que le gouvernement canadien a retenu les services d’une agence et forme des employés (politiques?) pour qu’ils puissent intervenir dans les blogues et donner la position du gouvernement. Je présume que ceci se fait sous le couvert de l’anonymat, mais j’aimerais bien le savoir quand il s’agit d’une personne engagée par le gouvernement ou par une formation politique pour commenter dans des blogues.

Je ne vois pas pourquoi je devrais écrire sous un nom d’emprunt. Et je ne me cache pas de mon appartenance à une formation politique. Le parti ne me donne pas un sous pour écrire quoi que ce soit – au contraire, il n’arrête pas de venir me quêter de l’argent. C’est moi qui leur en donne.

Je suis tout a fait d’accord avec la fin de l’anonymat sur les blogs.

C’est cet anonymat qui permet aux internautes de laisser de côté la civilité et la réflexion pour transformer ce qui devrait être un lieu d’échanges et de réflexion en vulgaire foire d’empoigne où se vautrent les extrémistes de tous acabits.

Je crois cependant que, avant de légiférer Internet (ce qui est une tâche impossible, voir une porte ouverte à des abus de censure inspirés du régime chinois), ce sont les médias eux-mêmes qui devraient mieux baliser l’utilisation de leurs blogs, leur modération, ainsi que l’utilisation des blogs comme source d’information journalistique.

Ainsi le principe de la « quote » d’appréciation des commentaires. J’aimerais cependant voir apparaître un mécanisme de dénonciation de la vulgarité et du mauvais goût, qui repousserait les messages haineux dans le fond de la cale où ils ne seraient pas lus… et qui permettrait même la vérification et le bannissement des bloggeurs de fond de cale.

On pourrait à la limite tenir les médias responsables légalement des propos haineux qu’ils laissent filtrer sur leurs blogs. Ce serait alors à eux de poursuivre ou de sanctionner à leur tour, s’il y a lieu, le bloggeur haineux qui aurait contourné les règles ou le modérateur incompétent qui aurait laissé la discussion se dégrader de la sorte.

Il faut cependant permettre un mécanisme d’appel du jugement des modérateurs, de façon à ce qu’il n’y ai pas d’abus de modération, voir de censure. Un mécanisme public SVP, où les internautes eux-mêmes pourraient juger de la sanction.

De toute façon, les médias sérieux doivent réagir… législation ou pas, car c’est le sérieux de leur réputation qui est en jeu. Déjà ma consommation d’information sur le site de Radio Canada est à la baisse tant je suis répugné par la teneur des propos des commentateurs bloggeurs qui inondent les forums et rendent tout débat intelligent totalement impossible.

Et je vous fait grâce de mon opinion des blogs liés à Québécor… c’est tellement dommage car j’aime tellement lire les chroniqueurs de ces médias… mais je suis toujours frustré de ne pas avoir de lieu d’échange intelligent avec eux! Je suis obligé de me rabattre sur le courriel… qui n’a aucune valeur d’agora de réflexion.

Bien sûr que cela mène à une autocensure castrante… mais la liberté d’expression est-elle un principe servant à améliorer notre société ou un principe théorique se suffisant à lui-même? De même que le principe du libéralisme, il y a des limites à laisser un principe être érigé en dogme… car cela conduit inévitablement à la loi de la jungle.

Que ceux qui ont le courage de leurs opinions écrivent… et que les autres se terrent… en silence svp!

Daniel Rochefort
http://www.pourlasuitedumonde.blogspot.com/

De demander aux gens de s’identifier est exagéré…

La moindre des décences toutefois est que celui qui tient le blogue établisse son propre code de conduite.

Ensuite, le lecteur sait à quoi s’attendre. Le tenancier du blogue peut être tenu responsable de l’absence d’étiquette ou des commentaires qui sont laissés sur le blogue.

C’est la raison qui motive L’Actualité à établir une petite étiquette de façon à ce que le nom « L’Actualité » ne soit pas salit.

@Richard Fredette,
Comme si d’écrire Richard Fredette voulait dire quelque chose…
1) Est-ce votre vrai nom
2) combien de Richard Fredette y-a-t-il au Québec
3) Richard Fredette m’est aussi étrangé que Jacques d. l’est pour.

Ceci dit je ne vois pas l’utilité d’une tel loi.
Il est toujours possible pour l’actualité
1) de censuré les messages diffamatoires ou autrement inaceptable
2) comme quelqu’un l’a fait remarqué il est assé facile par enquête policière de retracer l’origine des messages.

Anonymat ou non la sensure sera toujours exercée pour protéger les intérêts des ‘biens’ pensants.
Biens toujours dans le sens politique du politiquely je protège la réputation de qui? Et les subventionnaires auront toujours le droit de faire a leur guise puisque personne ne pourra sur la place publique les contredire.

Liberté de qui? De faire quoi? Donc si on est malpropre pas de problèmes puisque seul les tribunaux pourront y faire lumière et devront en garder la publication.
C’est comme dire je suis d,accord pour protéger la réputation et ne pas publier les informations relatives a un criminel reconnu comme tel par les tribunaux sous prétexe qu’une sanction judiciaire suffise a corriger les malautrus.
Et après ont se demande pourquoi notre système de justice ne corrige rien et que les criminels récidivent.
Attention jai du mettre trop de monde dans le sac qui pourraient me poursuivre sous prétexte qu’ils ont déjà purgé leur peine envers la société.
La justice de qui on fait? Pour protéger qui en fait?
Les honnètes doivent se la fermer et les malhonnètes seront protégés.

Il était temps. Je croyais que Radio-Canada gérait certaines interventions. Mais, certaines doivent leur échapper. Quand on est incapable de discuter, de dialoguer intelligemment, sans en venir aux insultes, on devrait s’abstenir de bloguer.

J’ai l’impression que plusieurs personnes ont mal interprété la portée du projet de loi.

Tiré du texte de M. Lisée:

« Le projet ne s’étend pas aux réponses des internautes commentant les blogues, qui eux resteraient anonymes s’ils le désirent. Les propos diffamatoires tenus seraient sous la responsabilité du blogueur ou de son entreprise — comme pour le courrier des lecteurs d’un journal. »

Bref, le blogueur, celui qui est l’auteur du blogue, se devrait d’être identifiable, mais pas les commentateurs. Par contre, le blogueur pourrait être tenu responsables des propos des commentateurs diffusés sur son blogue. Ce serait irréaliste de vouloir identifier n’importe quel quidam qui veut donner son opinion sur le sujet XYZ.

En soi, ce n’est pas une mauvaise chose que le blogueur ait une part de responsabilité pour éviter la diffamation, les messages haineux, les propos vulgaires, etc. Cependant, l’univers du web est difficilement contrôlable. Le serveur qui héberge le blogue peut se situer au bout du monde, et les lois d’un État deviennent difficilement applicables. Et comment gérer l’apparition de blogues à travers le web… Ouf!

Mais ce n’est pas l’anonymat qui rend impossible le recours à la justice. Un blogue est hébergé, il y a donc un relation client-entreprise, une facturation, un numéro IP, etc. Que l’on s’affiche comme étant « Wabagonza » ou bien « Michel Mouskouri, du 777 avenue Grands Rêves, Tombouctou » ne change pas grand chose. Évidement, si les informations personnelles sont disponibles en tout temps pour les visiteurs du blogue, l’ordre de comparaître à la cour est plus rapidement acheminé…

Oui, je crois que chacun doit être prêt à supporter tout ce qu’il avance, et pour cela, il doit être prêt à s’identifier et à signer ce qu’il écrit en donnant son nom véritable.

Cependant, je suis d’avis que l’adresse civique et électronique ainsi que le numéro de téléphone de l’auteur d’un texte ne doivent en aucun cas être connus des autres blogueurs. Cela, pour rendre impossible le vol d’identité, les représailles, l’intimidation, etc…

… en donnant son nom véritable et son adresse de courrier électronique au(x) propriétaire(s) et tenancier(s) du blogue seulement, en espérant que celui-ci ou ceux-ci auront la sagesse de préserver en toute circonstance l’entière confidentialité des adresses de courriel de chaque auteur de commentaire(s)… comme doivent le faire Jean-François Lisée et les membres de son équipe.

Questions toute simple:

Si c’est une si bonne idée qu’il soit nécessaire que les internautes s’identifient pour commenter sur un blog, pourquoi est-ce nécessaire de forcer par une loi son implantation? Pourquoi L’Actualité ne met-elle pas en place un système requérant une authentification du blogueur?

Si c’est une si bonne idée, pouquoi M. Lisée n’obligez-vous pas les gens à authentifier leur identité sur votre blogue?

Si les gens sont contents de parler de façon anonyme ailleurs, en quoi cela vous concerne-t-il? Régissez votre site web et laissez ceux des autres tranquilles!

Question anonymat JL Masson est un spécialiste de la question et des coups fourrés qui lui ont valu plusieurs ennuis avec la justice (entre autres il a été destitué comme député en 1997 et condamné à 1 an d’inégibilité ). Lire ici:
http://tinyurl.com/3a5yrnj

L’anonymat bien compris est une très bonne chose qui permet de porter à la connaissance du public des faits qui ne sortiraient pas autrement. La preuve en est l’acharnement des états/gouvernements – pas seulement chinois ou iranien – contre ceux qui « dérangent ». Par exemple Wikileaks dont le fondateur connaît quelques difficultés avec son passeport australien:
http://tinyurl.com/33nc7cs

Pour les commentaires anonymes de bas niveau la modération me paraît un outil suffisant, la touche « suppr » fonctionne très bien…

Et dans un pub, je dois décliner mon identité à tous?
Est-ce que la police va me demander mon identité si je fais parti d’une manifestation?

Les gens qui demandent l’identification des gens sont des gens qui font des métiers où les idées sont maîtresses (ex: des profs), les gens qui sont payés pour avoir des idées (ex: des politiciens) ou ceux pour qui il faut laver plus blanc que blanc (ex: une féministe qui ne se rase jamais).

Je vais vous donner une liste de professions où il est mal vu d’avoir une idée/opinion hors-norme:
Policier, militaire, banquier, bureaucrate, diplomate, comptable, fonctionnaire, médecin, financier, syndicaliste, etc.

C’est très facile de vouloir museler la plèbe, ou dire qu’il faut avoir le courage de ses opinions quand on est dans un métier ou c’est ça qu’on recherche.

S’il y a un crime, la trace sur internet est très facile à trouver.
Autrement, c’est difficile pour ceux à qui le muselage serait payant de constater que le PC n’est pas réel.

Comme dans une urne.

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