Investiture de Barack Obama : la poésie de la société américaine

Pour la cinquième fois dans l’histoire du pays, l’investiture du président américain aura son poète officiel. John F. Kennedy et Bill Clinton avaient tous deux, avant Barack Obama, invité un poète à tisser une mélodie verbale autour de leur vision du pays. On avait ainsi (re)découvert Robert Frost, Elizabeth Alexander, Miller Williams ou Maya Angelou.

En ce début d’année 2013, le peuple américain va entendre Richard Blanco. Il composera, pour la prestation de serment du président devant le Capitole le 21 janvier*, un poème inédit, une mise en musique de la vision du 44e président.

Poète d’origine cubaine, jeune, gay, Richard Blanco incarne ainsi délibérément la nouvelle réalité des Etats-Unis. Le président Obama a choisi ce poète qui ressemble aux Etats-Unis. Qui reflète sa pluralité (à l’image de son célèbre poème : América). Qui incarne le rêve américain. Qui s’inscrit dans la logique de l’investiture de 2013 : Notre peuple, notre avenir.

Et de manière plus cynique, le fait de faire appel, pour la première fois, à un hispanique, jeune, gay, est un moyen pour Barack Obama de consolider sa base électorale (on est de nouveau en élection dans deux ans) et de faire oublier le fait que le pasteur évangélique de Géorgie initialement choisi pour prononcer la bénédiction inaugurale (mais qui a depuis choisi de se retirer), Louie Giglio, a tenu par le passé des propos peu amènes voire hostiles à l’égard de la communauté gay. Certains diront que le président entame son second mandat dans l’esprit du premier : en ménageant toutes les susceptibilités, et en refusant de trancher. D’autres au contraire y verront le respect de sa profession de foi : rassembler une Amérique divisée, et mener une politique bipartisane. Dans tous les cas, il lui reste quatre ans pour marquer les livres d’histoire.

* la véritable passation de pouvoirs aura lieu, comme le prévoit la constitution le 20 janvier. Comme c’est un dimanche, les cérémonies publiques auront lieu le 21.

 

Élisabeth Vallet
Professeure associée au département de géographie de l’UQAM et directrice de recherches à la Chaire Raoul-Dandurand

Twitter @geopolitics2020

 

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2 commentaires
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N’en déplaise à certaines blogueuses, la poésie de la société américaine ne se reflète pas dans les choix d’Obama. Tant s’en faut. La société américaine est pratiquement divisée en deux, une partie qui se penche vers l’autorité du gouvernement, l’autre vers l’autorité de l’individu. Pas d’équivalent au Canada, j’imagine

Un président avec des valeurs, des principes,
une vision de sa société en essayant de composer
avec une diversité culturelle inimaginable, il réussit à se distancer du capitaliste sauvage et impitoyable américain. Il est en train de redonner une image de son peuple « acceptable » à travers la boule. Quand Bush a quitté, les Américains s’achetaient des gilets à l’effigie
du Canada pour se promener à travers l’Europe
et ailleurs. Un politicien qui n’est pas q’une marionnette porte- parole de son parti.Un digne représentant de sa nation.