Israël : Les urnes. La crise. La bombe.

Le parlement israélien a tranché : le 22 janvier prochain, le peuple israélien se rendra aux urnes, pour des élections législatives anticipées, sur fond de tensions régionales et d’incertitudes économiques. Le pari peut paraître risqué pour le premier ministre Netanyahou. Mais lui gage que ce sera au contraire un bon coup.

À première vue pour Netanyahou, les élections anticipées représentent un coup politique réussi. Prenant plutôt l’allure d’un référendum, elles lui permettent d’occulter un bilan économique critiqué, ressenti particulièrement lors de la contestation populaire l’année dernière dans les principales villes israéliennes, pour insister cette fois sur la capacité de son gouvernement à protéger la population de la menace iranienne et de l’éventualité d’une guerre nucléaire. Celui lui permettra aussi d’attendre le résultat de la prochaine présidentielle américaine afin de mieux affiner sa stratégie internationale.

Mais les choses ne sont peut-être pas aussi simples. Netanyahou aurait-il en fait cédé aux pressions américaines? Le premier ministre israélien ne paraît pas vouloir partir en guerre contre l’Iran sans le soutien des États-Unis – on aurait pu imaginer que ce soit le cas. Hillary Clinton et Barack Obama ont maintenu leurs positions dans la stratégie à l’égard de Téhéran, et ce, en dépit de la position beaucoup plus radicale de Mitt Romney. À défaut de bénéficier d’un soutien réel, es élections législatives israéliennes en janvier constituent donc un bon « timing » (puisque le nouveau président américain sera en poste) pour le premier ministre pour redéfinir sa position dans le cadre de l’alliance avec la Maison-Blanche.

Bien sûr, il y a quelques inconnues dans cette équation électorale. À commencer par la variable iranienne. Sous l’effet des sanctions économiques,  la dévaluation du rial iranien et les protestations populaires qui ont suivi, en particulier au Bazaar de Téhéran, poumon économique de la capitale, les forces conservatrices en Iran tendent à s’éloigner de Mahmoud Ahmadinejad. Jusqu’ici, les déclarations agressives du président iranien, ajoutées à son caractère messianique, ont inquiété la communauté internationale. Un changement politique important aux élections iraniennes de juin prochain pourrait donc considérablement modifier le portrait géopolitique de la région. Mais en attendant, la pression est là.

Dès lors, à l’heure actuelle, plusieurs observateurs prévoient une victoire pour le premier ministre sortant. Mais le véritable enjeu à la Knesset est autre : Le défi réside dans l’assemblage de la prochaine coalition de gouvernement. Sera-t-elle proche du centre, toujours dans la continuité d’un rapprochement avec le parti Kadima? Reposera-t-elle au contraire sur les partis conservateurs et religieux? La dimension économique pourrait ici jouer un rôle clé dans le vote de janvier prochain, et redéfinir véritablement les termes du gouvernement israélien.

Julien Saada
Directeur adjoint de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

 

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À quelle date doit-on assermenter le président des USA?

Le président sera assermenté le dimanche 20 janvier 2013 (passation de pouvoirs) et les cérémonies publiques d’investiture auront lieu le lendemain. D’ici-là, le 6 novembre, ce sont les élections des Grands électeurs. Le 17 décembre, les Grands électeurs votent et désignent le Président et le vice-Président. Le 6 janvier, leurs bulletins sont dépouillés et validés par le Sénat et la Chambre des représentants réunis.