Itinérance à Montréal : enfin un portrait juste

Selon le rapport officiel du dénombrement des itinérants, il y a 3 016 personnes, et non 30 000, en situation d’itinérance à Montréal. Cette statistique froide obligera bon nombre d’acteurs sociaux à revoir leurs discours et stratégies.

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Itinérant à Montréal – Photo : Sacha Cohen-Rose et Colin Rose/Flickr

Le portrait de l’itinérance à Montréal repose enfin sur autre chose que les approximations et les discours alarmistes. Il était temps.
Politique

Selon le rapport officiel du dénombrement des itinérants, réalisé en mars dernier grâce à l’apport d’une armée de bénévoles, il y a 3 016 personnes en situation d’itinérance à Montréal. Cette statistique froide obligera bon nombre d’acteurs sociaux, dont le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), à revoir leurs discours et stratégies.

Depuis maintenant 20 ans, ces groupes — qui font un travail extraordinaire, avec des ressources anémiques — avançaient le nombre ahurissant de 30 000 personnes en situation d’itinérance à Montréal. La progression des problèmes de santé mentale et de dépendance aux drogues ainsi que la crise du logement laissaient croire à certains travailleurs de ce secteur négligé que cette ville invisible de 30 000 personnes sans gîte avait encore gonflé dans les deux dernières décennies.

Ce portrait était à la fois exact et biaisé. En 1995, une étude de Louise Fournier démontrait que 30 000 personnes différentes étaient passées par les services d’aide (refuges, centres de jour, soupes populaires, etc.) au moins une fois en une année.

Il n’y a jamais eu 30 000 personnes à la rue en même temps, contrairement à ce que des travailleurs communautaires — au demeurant pleins de bonnes intentions — ont voulu nous faire croire. Ce qu’on ne ferait pas dire aux chiffres au nom de nobles causes.

L’administration Coderre a rendu un fier service à tout le monde en procédant à ce tout premier recensement, de concert avec le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal. On ne pourra pas reprocher à Denis Coderre d’avoir des intentions cachées. Depuis son élection à la mairie de Montréal, il s’est impliqué envers les itinérants, entre autres en pourfendant les commerçants qui avaient installé des «pics» anti-itinérants pour empêcher les sans-abris de flâner devant les vitrines du centre-ville.

Les nouvelles données ne sont pas définitives, ne serait-ce qu’en raison des fluctuations inhérentes au phénomène de l’itinérance.

Certains sans-abris sont passés maîtres dans l’art de ne pas se faire repérer. D’autres squattent les immeubles désaffectés, où ils s’entassent à la douzaine dans des logements insalubres, comme le rappelle le RAPSIM.

On peut faire toutes les nuances du monde, mais le portrait global va rester le même. L’addition de tous les cas d’exception et de tous les bémols ne permettra pas de passer de 3 000 à 30 000 itinérants comme par magie. Ce nouveau portrait est en phase avec la réalité des autres grandes villes canadiennes. Il y a environ 1 800 itinérants à Vancouver, 3 500 à Calgary et 5 200 à Toronto.

Ces données, plus fiables et plus justes, permettront à Montréal d’améliorer ses stratégies d’intervention. À titre indicatif, 300 des 3 000 sans-abris dans la métropole sont d’origine autochtone, alors que les Premières Nations forment moins de 1 % de la population dans la région.

Cette surreprésentation des autochtones, un phénomène observable ailleurs au Canada, a de quoi inquiéter — et elle n’interpelle pas que les élus montréalais. Les «affaires indiennes» relèvent en effet de la compétence fédérale. Quelque 44 % des itinérants sont nés à Montréal. Encore là, ces données démontrent que les problèmes d’itinérance à Montréal concernent tout le Québec.

Le recensement, réalisé à faible coût (250 000 dollars pour l’ensemble du projet), remet les pendules à l’heure. Il s’agit d’un point de départ afin d’améliorer l’offre de services et les stratégies d’intervention en matière d’itinérance.

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http://marioroy.info/2015/07/07/itinerance-belles-ames-et-mensonges-ehontes/

Comme l’écrit Monsieur Roy, les lobbies de l’industrie de la pauvreté vont très certainement s’activer solide pour ne pas perdre leurs très généreuses subventions.

Autre exemple de notre go-goche salon perpétuellement indignée.

Par contre, ces 3000 personnes ne méritent pas moins d’aide que si elles étaient 30000.
Si on n’arrive pas à les sortir de là avec les ressources actuelles, ce n’est pas en réduisant les subventions au prorata du nombre estimé d’itinérants qu’on y parviendra.

Néanmoins, un discours plus réaliste empreint de vérité s’avère souvent plus rentable que d’exagérer une situation bien assez déplorable.
Personnellement, j’aurais tendance à dire que 3000, c’est faisable mais que 30000, je n’ose pas m’embarquer dans l’aventure.

Cependant, pauvreté n’égale pas itinérance et mendicité. Il n’y a pas que des sans-abris qui fréquentent la soupe populaire et qui quêtent au coin des rues.

Je ne vois pas en quoi ce recensement peut être considéré fiable, sauf par l’extrême droit qui veut éliminer l’aide aux sans-abris.

Ce comptage un seul jour, froid d’après ce que j’ai lu ailleurs, n’est pas scientifiquement fiable. Plusieurs sans-abri ont assez d’argent pour se payer occasionnellement une journée en hébergement normal. Ceux qui étaient au motel ou au YMCA n’ont pas été comptés, de même que ceux qui se trouvaient chez des amis par ce qu’il faisait froid,

Pour avoir des données fiables, il faudrait compter en été, quand il fait chaud et que la grande majorité des sans-abris dorment réellement dehors.

Je serais curieux de savoir qui a payé pour cet étude car sa crédibilité en dépend.

Qui a écrit le chiffre 30 000? Facile de dénoncer dans la généralité « les acteurs sociaux ». Je trouve que c’est du mépris pour des personnes qui oeuvrent auprès de cette clientèle démunie. 3 000 c’est déjà troublant que Monsieur Coderre veuille se faire une belle jambe avec ses statistiques ça le regarde ce qui importe pour moi c’´est l’action pour aider cette clientèle. Arrêtons de jouer avec les chiffres et mettons des solutions de l’avant. Soutenons les personnes qui leurs viennent en aide après on fera le dénombrement des bons coups et nous pourrons médailler ceux et celles qui souhaitent ajouter un plus à leur CV.

Madame, renseignez-vous adéquatement et vous verrez qu’il y a déjà plusieurs mesures (et non solutions car ce sont pour la plupart des gens irrécupérables) qui sont déjà en place et qui fonctionnent très bien compte tenu de la clientèle à servir.

La Maison du Père, le Old Brewery, l’Accueil Bonneau, les « z’intervenants » dans la rue, les divers programmes d’aide aux logements, aux médicaments, l’aide à la gestion des finances (oui…oui…finance car ils reçoivent tous leur chèque de BS et de retour des TPS/TVQ) et tutti quanti.

Bref, l’aide est là mais il faut cesser de croire que cette plaie est guérissable. C’est comme la mauvaise température; elle sera toujours présente.

Autres données « intéressées »: 10 % de la population serait homosexuelle, 30 % souffriraient d’intolérance au gluten, les femmes voilées se compteraient par milliers…

Effectivement, j’ai toujours trouvé le chiffre de 10% d’homosexuels gonflé à l’os.
Pareil avec les handicapés qui seraient rendus à 14%.
Quant aux femmes voilées, là j’aimerais bien aussi qu’on les répertorie et qu’on cherche à savoir pourquoi elles portent le voile

10 fois moins que ce que les lobbies soutenaient! lol Avouez que c’est spectaculaire comme révélation

250k pour répertorier 3000 sans-abris ca fait quand même 80 piasses par sans-abris!
A supposer que les répertorieurs coûtaient 20$ de l’heure, ils ont donc trouvé que deux sans-abris par jour! On ne peut pas dire qu’ils se sont crevés au travail

Prochaine étape: combien dépense-t-on pour ces 3000 sans-abris chaque année?

Bien sûr qu’on doit aider les pauvres et les sans-abris, mais comment les départager. Il semble que plus il y a de ressources plus le nombres de bénéficiaire augmente. C’est assez normal quand on y pense, il peut être très tentant d’aller se chercher un panier de nourriture, des vêtements ou autre forme d’aide par les temps qui courent ou même la classe supposément a de fin de moi difficile. Les travailleurs au salaire minimum, des étudiants qui ne roulent pas sur l’or en profitent parfois , puisque les services existent pourquoi manger du beurre de peanut ! Peut-on les blâmer ? ? Tout cela pose de grandes questions aidons ceux qui en ont besoin. Cependant il y a une différence entre ces groupes: le jeune itinérant sur un trip,l’assisté social qui n’aime pas travailler etc c’est bien différent qu’ un malade mental délaissé par notre système de santé, le déficient mental et autres malmenés par la vie. Oui aidons mais n’en faisons pas une industrie.
l

Ouin!!!!
Évidemment, que ceux qui sont aidés d’une manière quelconque, peuvent ainsi manger de bon gros steak à 30$ la livre à la place du traditionnel beurre de peanuts????????????
P.S.: Du temps où j’ai fait jusqu’à 80,000$ annuellement: je mangeais aussi du beurre d’arachides… Maintenant à la retraite, avec des revenus de moins de 17,000$ je n’en mange plus.
N.B.: 1-On n’obtient pas de l’aide que parce qu’on en demande, on doit montrer des preuves « à l’industrie concernée » que nos revenus sont conformes aux normes exigées.
2- Les tricheurs existent là comme ailleurs. Mais aucun n’arrive à devenir riche parce qu’il reçoit de l’aide: ce genre d’aide, celle qui permet de manger plus que du beurre de peanuts… Mais il y a beaucoup de déjà passablement riches, qui, eux, peuvent juste devenir encore plus riches et toujours plus riches parce qu’ils reçoivent de l’aide de l’état à de multiples niveaux: ça s’appele des subventions, même à ceux qui ne sont pas pauvres et qui n’en ont pas besoin, un exemple et un seul: les pharmaceutiques! Mais il y en a beaucoup d’autres. Leurs coûts sont des dizaines, voire des centaines de fois plus élevées que toute l’aide pour les itinérants, les plus pauvres et les moins bien nantis de notre société réunie…

Très bonnes nouvelles!
Et donc, s’ils sont en aussi petit nombre, il m’est permis de m’imaginer qu’on pourra mettre en place très rapidement toutes les mesures nécessaires pour tous les aider adéquatement et les prendre tous en charge pour améliorer leurs situations d’ici l’an prochain à pareille date?

Et maintenant, si l’on s’attaquait à la pauvreté en commençant par des logements sociaux et subventionnés pour tous ceux qui ont des revenus en bas de 25 mille dollars par année? Ça ne devrait pas être très difficile!
Vas-y mon Coderre t’es capable!
Juste à demander quelques centaines de milliers de dollars que tes zamis libéraux ont reçus en trop au fil des années pour financer une étude.
Et puis, demander le reste, les centaines de millions pour financer les programmes aux pharmaceutiques, qui, bénéficient des largesses de l’état avant, pendant et après, pendant de nombreuses années voir tout le temps y compris à l’achat de leurs pinunes, ainsi qu’un p’tit effort des entrepreneurs en construction autant sur la Côte-Nord, à Montréal qu’ailleurs qui, eux, en grand nombre en tout cas, c’est la norme pour rester en « affaires » trichent à tour de bras.

Ça fa que d’ici deux ou trois ans, on aura réglé toute la pauvreté au Québec…; à part celle, oui, la pauvreté d’honnêteté et d’éthique de plusieurs de nos élus!

Tiens…vous revenez quand même?

Bon…tout se dossier ne vous fait-il pas penser aux 300,000 femmes battues PAR ANNÉE au Québec que prônait un mouvement féministe histoire de quêter encore plus d’argent au gouvernement? Y avez-vous crû?

Je m’y connais un peu dans ce domaine (l’itinérance) et il y a déjà en place des tonnes et des tonnes de programmes, d’institutions et même de logements avec les « z’intervenants » qui vont avec pour aider ces personnes dont, je puis vous le confirmer, la plupart sont des cas irrécupérables.

Vous aurez beau pomper tout le budget du Québec dans leur cagnotte et ils demeureront encore et toujours itinérants.

Certains sont d’éternels révoltés/indignés, d’autres ont des problèmes d’adaptation à la société et personne au monde ne les emploiera, d’autres ont de très graves problèmes de drogue et d’alcool, d’autres sont itinérants depuis 20 ou 30 ans et le demeureront pour le reste de leur vie.

Et d’autres également parmi ceux que vous décrivez ont des problèmes mentaux, qui souvent les ont emmenés là où ils sont maintenant.
La majorité en d’autres temps serait à la charge complète de l’état dans des institutions spécialisées.
Un jour cet état à la suite des conseils avisés des professionnels du domaine a considéré les retourner en toute liberté dans la société, pour leurs biens, leur liberté, leur permettre de grandir en côtoyant les autres gens de la société -considérés comme « normaux »- et aussi de les responsabiliser, le tout pour le grand bien aussi de leurs familles, leurs amis et de toute la société. Il y avait une condition primordiale: leur donner toute l’assistance nécessaire et les budgets qui viennent avec.
Contrairement à ce que vous dites, les ressources manquent et non seulement elles n’ont jamais, jamais été fournies en quantité suffisante, mais en plus elles n’ont cessé, toutes proportions gardées de diminuer depuis la désinstitutionnalisation.
Ceux qui sont irrécupérables devraient peut-être retourner en établissements appropriés.
Mais que sont-elles devenues?

Là comme ailleurs et à tous les niveaux, y compris en informatique contrairement à ce qu’on nous a fait miroité, les humains mêmes s’ils sont tous aussi faits de la même façon, ils présentent également encore plus de différences et vouloir appliquer à tous le mur à mur, les mêmes solutions et les mêmes remèdes, ce n’est que des chimères: ça ne marche pas. Les humains ne sont pas fabriqués à la chaîne de montage n’en déplaise aux docteurs qui voudraient appuyés par leurs banquiers et leurs amis entrepreneurs les traiter comme des Toyota.
Pire, personne d’entre eux n’a encore rien compris? Même tous ce qui est fabriqué à la chaîne, avec des plans et devis, des pièces et de l’équipement pensés, repensés, vérifiés et revérifiés, mêmes corrigés, et avec les mêmes normes, caractéristiques et équipements ne donnent pas aux produits les mêmes rendements, la même longévité et pire comportent leurs lots de « délinquants » qui sont complètement imprévisibles.

C’est un peu douteux comme article. Et il me semble que ce n’est pas la première fois. Brian Myles va-t-il tomber dans les oubliettes comme Duhamel? J’espère que non.

Comme Lucie Pelletier l’a mentionné, qui a brandi ce chiffre de 30 000? D’un côté, l’article ramasse la gueule des organismes qui semblent constamment se servir de ce chiffre et, de l’autre, les félicite pour leurs bons offices. Drôle de ton.

Même si ce chiffre a déjà été utilisé, il se basait quand même sur quelque chose. Pas sur rien, comme le laisse entendre l’article.

Depuis quand il faut prendre des chiffres sur l’itinérance commandée par l’administration publique sans en juger la véracité? On juge très durement les chiffres des organismes et on prend pour argent comptant ceux de l’administration Coderre? Les administrations n’aiment pas les itinérants. Ça ne fait pas propre. C’est pour ça que Laval donne généreusement des billets de métro allez-simple pour MTL. Il n’y en a pas de problème d’itinérance à Laval… C’est le travail du journaliste que d’avoir un minimum d’esprit critique. À moins que nous ayons ici affaire à un simple blogueur.

Même si ce fameux chiffre de 30 000 (qui semble donner de l’urticaire à certains) est au-delà de la réalité, ça a très peu d’importance. Ce qui a de l’importance c’est : est-ce que les besoins des organismes sont à la hauteur*. Ça, ce sont les gens sur le terrain et les chercheurs qui ont un minimum de sérieux qui vont vous le dire.

* À quand une étude qui va démontrer que les besoins des profs d’universités ne sont pas si élevés? Histoire que certains excités sur ce forum s’en donnent à cœur joie…

Ben oui, il semble bien que l’effet de la droite au pouvoir des médecins et des banquiers intéressés et aux intérêts ainsi qu’aux multiples conflits d’intérêts bien évidents, passent par ici aussi…
Comme vous le dites autrement la tendance se «duhamèlise»!

Le terme « besoins de la clientèle » est très vaste. Très…très vaste.

Essayez pour voir de combler « tous » les besoins des gens. Good luck!

Une fois que vous en aurez comblé 15, ils en trouveront rapidement 15 autres puis 30 autres, et ainsi de suite. Et miraculeusement, les besoins ainsi comblés deviendront des « acquis » qui, bien sûr, seront intouchables.

Ça n’aura jamais de fin. Surtout si les gens qui financent l’étude sont justement ceux qui bénéficient le plus des généreuses subventions qu’ils prétendent justifier.

Je crois me rappeler que l’ex maire de New-York, Giuliani, avait réglé le problème des itinérants en les renvoyant chez eux ou quelque chose du genre…

Je trouve que c’est bien qu’il es une maison. Je n’aimerais pas être à leur place.