Jacques Parizeau: l’homme qui ne voulait pas être politicien

Notre journaliste Alec Castonguay a été l’un des derniers journalistes à interviewer Jacques Parizeau. Il revient sur cette rencontre avec l’homme selon qui «sans la politique, on ne peut atteindre aucun objectif».

L'ancien premier ministre Jacques Parizeau (crédit photo: Pierre Roussel/Getty Images)
L’ancien premier ministre Jacques Parizeau – Photo: Pierre Roussel/Getty Images

Le hasard a voulu que je sois l’un des derniers journalistes à interviewer Jacques Parizeau. C’était le 14 janvier dernier, une journée glaciale, mais ensoleillée.

L’animateur Michel Lacombe, de la radio d’ICI Radio-Canada, lui a parlé quelques semaines plus tard, en février. Il ne donnait plus beaucoup d’entrevues à l’automne de sa vie.

Je connaissais déjà son opinion sur le Parti québécois (PQ), ce «champ de ruines», comme il le disait. La faible adhésion de nouveaux membres pendant la dernière course à la direction lui donnera finalement raison : le PQ se retrouve devant un colossal travail de reconstruction. Il en parlera, avec sa franchise habituelle, à Michel Lacombe.

Ce n’était pas pour lui parler du PQ ou des sujets chauds de l’actualité que je me suis rendu chez lui, à son condo de L’Île-des-Sœurs. Je voulais aborder le pouvoir. L’exercice du pouvoir. Occuper la fonction de premier ministre comporte des exigences et des responsabilités uniques. Seul au sommet, il y a de nombreux vertiges. Et avant de s’y rendre, une multitude de pièges.Politique

Je travaille à temps perdu sur un projet de livre autour de cette réalité bien particulière. C’est ce qui m’a amené chez Jacques Parizeau. Il était visiblement heureux d’en discuter, puisque je suis resté avec lui pendant plus de trois heures trente.

Parizeau revenait de l’hôpital en ce début d’après-midi. Ses reins le faisaient souffrir. Il avait le dos voûté par sa santé chancelante, mais l’esprit encore vif.

Dès que j’ai appuyé sur le bouton de mon enregistreuse, et que j’ai posé ma première question, il s’est redressé sur sa chaise de cuisine. La carrure de l’homme d’État revenait. Naturellement.

«Pour vous, la politique, c’est quoi ?» ai-je demandé.

Sa réponse m’a surpris.

«C’est quelque chose de profondément désagréable, la politique !» m’a-t-il lancé, très sérieux. «Il y en a qui aiment ça, je vous l’accorde. Mais si j’avais eu le choix, je n’en aurais pas fait. Je n’ai jamais été intéressé par la politique.»

Il a pris une pause, et ajouté : «Mais sans la politique, on ne peut atteindre aucun objectif.»

Il aimait être professeur, enseigner aux jeunes — il aimait s’entourer de l’énergie de la jeunesse. Il aimait être conseiller de premier ministre, lui qui a œuvré auprès de Jean Lesage, Daniel Johnson père et Jean-Jacques Bertrand. Il aimait qu’on sollicite son expertise financière et économique. Mais la joute politique, pas du tout.

«C’est un océan de requins. Il y a des gros et des petits requins. La politique est un mal nécessaire, mais tant qu’à en faire, mieux vaut bien la faire.» Il ricanait.

«J’ai été conseiller économique et financier de trois premiers ministres : Lesage, Johnson et Bertrand. Quand vous avez occupé ce poste-là, vous avez goûté au vrai pouvoir», dit-il avec le sourire. «Quand vous avez comme mandat du premier ministre d’aller chercher un renseignement, vous l’obtenez rapidement ! Alors l’idée de travailler ensuite la moitié de sa vie à chercher à acquérir le pouvoir, ça devient soucieux.»

Il a fait le saut en politique pour la souveraineté, pour amener de la crédibilité économique au projet. Mais Jacques Parizeau était un mandarin de l’État dans l’âme. «Souvent, je disais à René Lévesque : “Pouvez-vous m’enlever mon poste de ministre et me nommer conseiller ? Ça irait tellement plus vite ! ”» Il s’esclaffa. C’était une boutade à son premier ministre, mais avec un fond de vérité.

Sa définition du pouvoir ?

«Le pouvoir, c’est de décider, après avoir consulté, étudié et regardé les options. Le pouvoir vient avec la responsabilité de trancher à la fin. Pour le meilleur et pour le pire. Ça revient toujours au premier ministre. Le pouvoir et son exercice, ce n’est pas simple. Pas du tout», dit-il.

Jacques Parizeau m’a indiqué avoir toujours été fasciné par l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill. «Ses convictions, oui, mais surtout sa solidité», dit-il.

Il m’a révélé avoir tenté de suivre l’un des principes qui a guidé Churchill dans sa carrière. «Il disait que ce n’est pas nécessaire d’être intelligent pour être au pouvoir, car on peut embaucher tous les hommes intelligents de la Terre. Ce qu’on demande à un politicien, c’est d’avoir la capacité de bien s’entourer. C’est tellement important d’aller chercher l’expertise où elle est. D’aller chercher celui qui est capable de nous répondre le mieux et le plus franchement.»

Au fil du temps, même s’il n’aimait pas la politique, il s’est imposé comme l’un des grands leaders historiques du mouvement souverainiste, celui que tous les aspirants-chefs du PQ ont consulté. Dans le prochain numéro du magazine L’actualité, qui sera en kiosque vers la fin de la semaine et qui est consacré aux coulisses de la course au leadership du PQ, vous constaterez à quel point son influence sur l’arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique a été déterminante. Alexandre Cloutier et Martine Ouellet l’ont aussi consulté l’automne dernier.

L’un de ses conseils : parlez du projet d’indépendance, mais avec des faits ancrés dans la réalité.

«Les gens ont des questions en tout genre, m’a-t-il dit. C’est pour ça que les études sur la souveraineté sont si importantes. Ça donne de l’assurance au chef. S’il y a de l’hésitation, les gens le sentent. Ils ne sont pas fous, ils veulent savoir où vous voulez aller, au-delà des généralités.»

À la fin de l’entrevue, j’ai demandé à Jacques Parizeau s’il avait des regrets. Il a dit oui. «Je regrette infiniment ma sortie», a-t-il affirmé.

Je pensais qu’il enchaînerait sur son discours de défaite, le soir du référendum, où il a prononcé sa fameuse phrase qui le suivra pour le reste de son existence : «C’est vrai qu’on a été battu, au fond, par quoi ? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement.»

Mais il ne faisait pas allusion à ce discours. «Non, je ne regrette pas ça. Je l’assume. Sur l’argent, c’était clair que le fédéral avait mis deux ou trois fois plus que la limite permise. Et le vote ethnique, c’était évident. Je n’ai d’ailleurs pas dit “le vote ethnique”, mais “des votes ethniques”. Je faisais allusion à certaines circonscriptions qui ont voté massivement pour le Non, notamment à Montréal. Je l’ai dit avec une certaine brutalité. J’étais en colère. J’avais déjà annoncé en privé que je démissionnerais en cas de défaite. Est-ce que j’aurais dû prendre plus de précautions ? Peut-être. Mais quand vous travaillez aussi fort, pendant autant d’années, et que vous vous faites moucher à la dernière minute, ça fait mal.»

Parizeau affirme que les souverainistes se cherchaient un «bouc émissaire» et qu’il a hérité du rôle après la défaite. «La victoire a des pères innombrables, mais la défaite est orpheline. On se cherchait un bouc émissaire», dit-il.

La sortie qu’il a dit regretter, c’est sa démission du poste de premier ministre après le référendum, carrément. «Je regrette infiniment ma sortie. Si j’avais su, si j’avais eu le moindre doute que Lucien Bouchard allait tout mettre sous le tapis, je n’aurais jamais démissionné. Jamais. C’est la plus grosse erreur que j’ai faite. Je n’ai pas pensé qu’avec 49 % des voix, il ne se passerait rien ensuite. J’en suis encore éberlué. Pas de Lucien Bouchard, mais de mon aveuglement.»

Espérait-il un référendum revanche à brève échéance ?

«Un match revanche, rapidement ou non, je n’en sais rien. Mais il ne fallait pas lâcher le projet. La machine a été débandée. […] Je ne me doutais pas qu’on arrêterait tout, et qu’on passerait à autre chose.»

Il ajouta : «Aux élections suivantes, en 1998, Lucien Bouchard a obtenu 43 % des votes. C’est vrai, ce n’est pas 50 %, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire !»

On est ici dans les «si» de l’histoire. Aurait-il pu rester premier ministre après la défaite ? Aurait-il eu la motivation de poursuivre et de diriger le Québec, lui qui avoue ne pas aimer la politique ? Sa malheureuse phrase, le soir de la défaite, ne lui a-t-elle pas fermé cette possibilité, alors que Lucien Bouchard était au sommet de sa popularité ? Si Bouchard n’a pas su rassembler les conditions gagnantes après la défaite crève-cœur, Parizeau aurait-il été en mesure de le faire ? On ne le saura jamais.

Tant qu’à être dans les hypothèses, j’ai demandé à Jacques Parizeau à quoi aurait ressemblé le paysage politique québécois après un référendum gagnant, une fois les négociations complétées avec le Canada. Il est convaincu que cela aurait signifié la mort des partis politiques que nous connaissons.

«Pour la première fois, l’Assemblée nationale aurait eu les pleins pouvoirs. Les partis politiques n’auraient pas survécu à ça. Je suis convaincu que le PQ, le PLQ et les autres auraient éclaté. La question nationale ne serait plus centrale. On assisterait à une reconfiguration gauche-droite. On serait devenu normal !» a-t-il indiqué en riant.

«Il y aurait ceux qui trouvent que ça va trop vite, la droite. Ceux qui sont pressés d’avoir des changements, la gauche. Et les centristes qui trouvent que ça va comme c’est mené. On aurait arrêté de brailler, car on aurait tous les pouvoirs. Maintenant, on fait quoi avec ?»

Et dans cette nouvelle configuration, vous auriez été un chef de parti plus à gauche, à droite ou au centre, monsieur Parizeau ?

«J’aurais été un premier ministre plus perçu à gauche, mais je suis un homme modéré», a-t-il terminé.

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10 commentaires
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Nous perdons le plus grand libéral de nos hommes politiques, au sens classique du mot, le plus puissant intellectuellement et le plus audacieux. Il fallait voir et entendre, hier, des politiciens qui ne lui vont pas à la cheville tenter de s’auto-proclamer ses héritiers. C’est là que nous pouvons mesurer à quel point avec Monsieur Parizeau, c’était le « parler-vrai ». La chose est devenue rarissime.

« Si Bouchard n’a pas su rassembler les conditions gagnantes après la défaite crève-cœur, Parizeau aurait-il été en mesure de le faire ? »
Pour pouvoir faire cette affirmation et poser cette question de cette manière, faudrait-il d’abord que Lucien Bouchard ait essayé! Hors son obssession comme celle du gouvernement actuel du déficit zéro en un temps trois mouvements a occupé tout son temps et a rendu son gouvernement très impopulaire et il a rendu le parti québécois, la on peut le dire et ça été sa principale réussite, en un temps trois mouvements encore plus impopulaire.
Devant la grogne, il a tout lâché la aussi en un temps trois mouvements, et laissé ses successeurs se débrouiller avec le gâchis qu’il avait créé.
Sans surprise pour moi, Bouchard ce sauveur pour plusieurs n’a jamais été autre chose qu’un homme à craindre, imprévisible et impulsif, penchant d’un bord ou de l’autre guidé par son humeur.

Monsieur Jacques Parizeau étant de tout temps, le Monsieur, le seul, à qui j’accordai toute ma confiance; ses principales qualités étant primordiales pour l’avoir: franchise, franc-parler, sans intérêts personnel, ne se laissant pas dévier du but, la raison avant l’émotion !

Bouchard a laissé tomber parce qu’ il en avait marre de l’ aile gauchiste socialiste du parti qui d’ ailleurs contrôle encore le parti jusqu’ a preuve du contraire! Si le PQ veut se retrouver , il devra accepter les gens différrents qui sont nationalistes et qui ne peuvent s’ exprimer pour le moment! D’ abord après les fiancailles et la joie PKP devra mettre a l’ ordre ces revenchars qui sont plus progressistes qu’ indépendantistes!

Alec Castonguay« Si Bouchard n’a pas su rassembler les conditions gagnantes après la défaite crève-cœur, Parizeau aurait-il été en mesure de le faire ? »
sidecelles: »Pour pouvoir faire cette affirmation et poser cette question de cette manière, faudrait-il d’abord que Lucien Bouchard ait essayé! »
beauly02: »Bouchard a laissé tomber… »

En fin de compte besuly02, vous et moi disons la même chose.

Le reste est une question de points de vue. Nous différons beaucoup rendu là.

Une chose est certaine votre: « parce qu’ il en avait marre de l’ aile gauchiste socialiste du parti », démontre donc qu’il n’aurait pas dû accepter la direction de ce parti parce qu’il, non seulement ne partageait pas la même philosophie d’un grand nombre de ses membres, mais parce qu’aussi il ne les respectait pas et pensait en homme adorant et se cherchant à exercer son pouvoir et: « mettre a l’ ordre ces revenchars qui sont plus progressistes qu’ indépendantistes ».
Hors quiconque pense mettre au pas ou à l’ordre ceux qui l’ont appuyé a peu de chance de réussite. Hitler, Mussolini, le général De Gaule sont tous mort et leurs façons de faire sont d’une autre époque. Le bonhomme LePen est à s’éteindre lui aussi et n’a que des extrémistes et des ti-vieux comme lui pour l’appuyer. Aujourd’hui, et même à l’époque, on doit convaincre. Hors le travail qu’il faut y mettre n’est pas de la tasse de thé des Bouchard et cie voulant que les choses surviennent avant de les avoir commencées. Et voulant aussi que d’un signe du doigt tous comprennent et acceptent sa vision sans exception et sans controverse ou discussion.
Péladeau qui je l’espère réussira, devra lui aussi décompresser s’il l’espère aussi, et si jamais c’était le cas, à moins qu’il fasse 180 degré sur plusieurs de ses philosophies, le pays obtenu: ce qui n’est pas gagné, n’étant pas un monarque ou un dictateur à vie, pourra toujours retourner d’où il est venu, lorsque la population, malgré ses désirs pourra toujours en décider ainsi, comme elle en décidera du parti utra conservateur d’extrême droite néo-libérale de docteurs et de banquies actuellement au pouvoir!

Le hasard étant difficile à prouver scientifiquement, peut-être que votre présence le 14 janvier n’était pas tout-à-fait un hasard. D’ailleurs vos propos semblent prouver qu’il se sentait à ce moment-là avec vous en de « bonnes mains »….

Très bon article qui apporte un « second regard » sur la personne de Jacques Parizeau ; des propos qui pourtant suscitent chez moi quelques interpellations. En voici deux notamment :

— Est-ce que Jacques Parizeau a-t-il réellement une influence déterminante sur l’entrée en politique de quelques-uns ou bien cette soi-disant influence fait-elle partie de la panoplie du politicien pour s’attirer du « capital » politique ?

Pour dire les choses autrement : j’ai toujours estimé que monsieur Parizeau était un homme influent, malgré son influence, je n’ai jamais choisi d’entrer en politique 🙂 Alors, y aurait-il une « divine » vocation pour les uns et pas pour les autres ?

J’ai aussi été grandement influencé par le Général de Gaulle. Suis-je pourtant dans les bottes de Nicolas Sarkozy ?

Je trouve encore que le Mahatma Gandhi était un homme très inspirant. Pas pour faire de la politique, simplement pour demeurer humble face à la condition humaine. Si le symbole préféré de Gandhi était le rouet, c’est simplement parce que filer de coton est une des actions les plus nobles qu’un être humain puisse faire pour ses concitoyens.

J’ai bien hâte de voir ces « héritiers » spirituels de « Monsieur » commencer d’abord par filer à l’ancienne un ballot de coton. Pourtant par cette simple action, Gandhi fit plus pour l’indépendance de son pays que tous ces politiciens indépendantistes du Québec réunis qu’actuellement nous avons.

Ce que nous dit en quelques sortes Jacques Parizeau, en bon vivant, c’est qu’un bon et juste politicien se doit de placer sa propre abnégation avant toute autre forme de considérations. Bravo !

— Une autre question en exergue de tout cela qui pour moi s’impose : Ce pourrait être de savoir si les « souverainistes » voulaient vraiment faire de cette province un pays.

Les membres de l’entourage de « Monsieur », ses conseillers, son caucus, ses ministres, ses députés auraient dû demander à monsieur Parizeau de rester. En 1995 il était de loin le mieux placé pour continuer de diriger cette province. Et personnellement j’aurais préféré qu’il restât.

Après tout enfin, peut-être que Parizeau vous a remis la réponse qu’il fallait : « Les partis politiques n’auraient pas survécu à ça. Je suis convaincu que le PQ, le PLQ et les autres auraient éclaté. » En somme, la balle est désormais dans le camp du PQ, ce parti serait-il prêt à s’auto-dissoudre maintenant, jouer un rôle secondaire s’il le faut, pour unir toutes les forces de progrès de la Province sous un seul manteau ?

Qu’il ne se soit pas lui-même sali les mains dans la bassine politique, soit, mais il avait des sbires pour ça, et bien choisis, comme tous les politiciens de haut vol – c’est l’enfance de l’art.. S’il abhorrait autant la politique qu’il le prétendait lors de votre entretien, ses interventions des derniers 20 ans, à saveur de jambettes, n’auraient pas été aussi précises en fait de « timing ».

C’ est normal qu’ il ait fait ces jambettes car le PQ s’ était et encore aujourd’ hui éloigné du véritable but de faire du Québec un pays! Maintenant qu’ il a comme chef le propriétaire de Québecor, il faudra savoir comment PKP va être capable de se mettre au-dessus de la mêlée Ce n’ est pas pour rien que Monsieur Parizeau a dit que le PQ errait!

Ce qui me frappe le plus dans ce reportage c’est la réponse de Parizeau à la question : Que serait le Québec devenu après un référendum gagnant.

En gros il entrevoyait l’éclatement des partis politiques existants au Québec, parce que la donne serait complètement changée, il n’y aurait plus ces éternels conflit entre fédéralistes et indépendantistes, le pays serait là, il faudrait le gouverner dans le meilleur intérêt de ses citoyens.

En fait l’indépendance du Québec est probablement ce qui pourrait arriver de mieux aux québécois parce qu’ils pourraient dorénavant travailler ensemble et mettre 100% de leurs énergies à améliorer leurs sorts plutôt qu’à en brûler les 3/4 tout le temps à se diviser sur la question nationale.

Le Québec est la seule province qui est prise avec cette question là et à l’intérieur de la fédération le Québec est la seule bête noire qui embête tout le monde avec sa fameuse question nationale, ses valeurs et ses intérêts différents des autres du ROC. L’indépendance du Québec simplifierait la vie au ROC et ça simplifierait la notre grandement aussi.

Un Québec indépendant serait géré par des gouvernements de coalition probablement. Le Québec serait devenu « normal » comme le disait M.Parizeau dans cette entrevue.

La voie vers la normalité est toute tracée, pourquoi s’entêter à demeurer dans le bourbier actuel ?

Bref, séparons-nous et tous nos problèmes seront miraculeusement réglés.

C’est exactement ce genre de vision idyllique et bucolique d’un Québec séparé qui fait pleurer de rire tout le monde qui a le moindrement de lucidité.

Si ce que vous prétendez était vrai, comment se fait-il qu’après 60 ans d’évangélisation, vous ne soyez toujours pas parvenus à convaincre les Québécois du bien fondé de votre option?

Où en est votre constitution de la nouvelle Républik du Kébek que l’on puisse enfin voter sur du concret?

Où en est votre Budget de l’An 1 SANS les $20 Milliards PAR ANNÉE auxquels nous avons accès grâce au très généreux système CANADIEN de péréquation?

Répondez convenablement à ces deux petites questions et ensuite peut-être pourrons-nous discuter entre adultes.

Notre pays, le Canada sert de modèle au monde entier.

«$20 Milliards PAR ANNÉE»? Se gouverner dans l’honneur et la dignité sans les contraintes politiques imposées par un autre peuple, ça n’a pas de prix.