Jagmeet Singh et le défi du Québec

Le nouveau candidat à la direction du NPD sera-t-il prêt à affronter les questions douloureusement prévisibles à propos de sa foi sikhe et des signes religieux ostentatoires ? L’analyse de Karl Bélanger.

Jagmeet Singh lors du lancement de sa campagne à Brampton, en Ontario.
(Photo : La Presse Canadienne / Nathan Denette)

Après des mois de précampagne où il se laissait désirer, le chef adjoint du NPD de l’Ontario, Jagmeet Singh, s’est finalement joint à la course à la direction du NPD fédéral. À moins d’un coup de théâtre, le tableau est probablement complet : Singh affrontera les députés fédéraux Charlie Angus, Guy Caron, Peter Julian et Niki Ashton, ainsi que l’ex-ombudsman des anciens combattants, Pat Stogran, si ce dernier parvient à amasser le financement et les signatures nécessaires pour officialiser sa candidature.

Ces conditions ne devraient pas être un problème pour Jagmeet Singh, un candidat charmant et sympathique jouissant d’une popularité remarquable chez lui, dans la circonscription de Bramalea-Gore-Malton, et dans les milieux branchés de Toronto. Il a bâti un réseau impressionnant et varié sur les médias sociaux, misant sur la jeunesse et la diversité. Il revendique fièrement sa culture sikhe, portant turban et kirpan.

Coqueluche des médias traditionnels, notamment du Toronto Star, il a obtenu une couverture intéressante, à coups d’articles s’avançant sur sa candidature potentielle, tout en misant sur son style et ses complets bien taillés, adaptant ainsi à la sauce néo-démocrate la formule « cool & hip » de Justin Trudeau.

Son charisme est indéniable. Son lancement était coloré, appuyé par une foule enthousiaste, électrisée par son discours. Il n’en demeure pas moins qu’il a choisi de faire ce lancement tant attendu dans sa cour arrière, parmi les siens, au Bombay Palace de Brampton. Il aurait envoyé un meilleur signal de son potentiel de croissance en lançant sa campagne à Montréal, à Vancouver ou même au centre-ville de Toronto, comme l’a fait Charlie Angus lors d’un concert rock.

D’ailleurs, Jagmeet Singh peut-il traduire cette popularité ailleurs au pays ? Son charisme peut-il fonctionner auprès des Québécois ?

Le type est un bon communicateur, et il s’exprime assez bien en français. Son premier message aux Québécois ? Il est, lui aussi, issu d’une minorité, et à ce titre, affirme qu’il peut bien comprendre les préoccupations du Québec. C’est un début.

L’équipe de Singh au Québec repose essentiellement sur Willy Blomme, directrice à l’Institut Broadbent, et sur Mylène Freeman, ex-députée fédérale du NPD dans la circonscription d’Argenteuil-Papineau-Mirabel. Pour le moment, aucun membre du caucus québécois du NPD ne s’est rangé derrière lui.

C’est aussi le cas des autres candidats, à l’exception notable de Peter Julian, qui a reçu l’appui de cinq députés québécois, y compris deux poids lourds : le lieutenant, Alexandre Boulerice, et le président du caucus du Québec, Robert Aubin. C’est donc dire, en excluant le candidat Guy Caron et le chef sortant, Thomas Mulcair, qu’il reste neuf élus du Québec à convaincre. Cela pourrait être une tâche difficile, car plusieurs députés, encore échaudés par l’effet qu’a eu le niqab sur la campagne du NPD au Québec en 2015, voient d’un très mauvais œil l’arrivée d’un chef portant des signes religieux ostentatoires.

Singh sera-t-il prêt à affronter avec son équipe les questions douloureusement prévisibles à propos de sa foi sikhe et de l’incidence de celle-ci sur ses politiques, ou dans un éventuel gouvernement néo-démocrate ? Toute personne connaissant l’histoire du Québec, son engagement envers la laïcité découlant de la Grande Noirceur, comprend aussi la complexité de la question. Et à la fois, les dangers résultant du mélange explosif et nocif créé trop souvent par des discours politiques qui veulent attiser une certaine xénophobie en faisant appel à un réflexe purement identitaire, sans compter la virulence de certains médias.

Il faut signaler, cependant, que personne ne montait aux barricades lorsque Stephen Harper lançait son « God Bless Canada » pour conclure ses discours. Et le crucifix trône toujours au Salon bleu de l’Assemblée nationale. Évidemment, les « autres » religions sont souvent plus visibles…

Tout de même, au Canada anglais, le réflexe est fréquemment de mettre l’accent sur quelques dérapages intolérants, voire racistes, pour ignorer un fait fondamental : plus des trois quarts des Québécois pensent fermement qu’une personne en position d’autorité ne devrait pas porter de symboles religieux. Deux tiers des Québécois croient qu’une interdiction des symboles religieux devrait s’appliquer à tous les travailleurs du secteur public. Dans le reste du Canada, la proportion est moindre, dans les deux cas. Mais elle n’est pas exactement l’inverse non plus, malgré ce que voudrait laisser entendre la fameuse élite laurentienne.

Lorsque le Parti québécois a dévoilé sa charte des valeurs, pour ensuite déclencher des élections, trop d’analystes et de stratèges du Canada anglais ont fait le calcul simpliste que la charte était la raison de la défaite du PQ aux mains du PLQ de Philippe Couillard. Les mêmes personnes, très souvent, sont promptes à déclarer que la victoire de Justin Trudeau démontre clairement que le niqab n’a pas été un facteur dans l’élection, puisque le chef libéral a gagné malgré le fait qu’il avait essentiellement la même position que Thomas Mulcair.

Or, rien n’est plus faux. Au provincial, le vote pro-charte s’est divisé entre le PQ et la CAQ, alors que le PLQ faisait le plein de votes anti-charte tout en bénéficiant grandement du poing levé de Pierre Karl Péladeau et de son appel à un référendum. Et sur la scène fédérale, le Parti conservateur et le Bloc québécois tiraient à boulets rouges sur le NPD quant à la question du niqab, ignorant le Parti libéral qui traînait de la patte jusque-là. Lorsque la tourmente s’est dissipée, le NPD avait perdu trop d’appuis et Justin Trudeau était devenu de facto l’option pancanadienne pour remplacer Stephen Harper, ce qui en somme était l’enjeu véritable de cette élection.

S’il veut devenir premier ministre, Jagmeet Singh devra proposer une solution à ce problème complexe. Car le Québec est essentiel au NPD pour que celui-ci aspire à gouverner, tout comme il l’a été pour que Jack Layton devienne chef de l’opposition officielle à Ottawa. Il n’y a pas d’autre chemin pour le NPD, et l’objectif de former le gouvernement doit demeurer au cœur de la vision d’un parti sérieux et moderne.

Même si Stephen Harper a démontré le contraire, remportant trois élections sans appui majeur des Québécois, le candidat-vedette chez les bleus, Kevin O’Leary, a préféré se désister en faveur de Maxime Bernier lorsqu’il est venu à la conclusion qu’il ne serait pas en mesure de faire progresser le Parti conservateur au Québec. O’Leary, comme Singh, n’avait pas de notoriété au Québec. Et si la poussée en faveur de Maxime Bernier se concrétise, Jagmeet Singh devra faire face à trois chefs fédéraux du Québec. Un obstacle supplémentaire de taille pour le député qui a fait ses classes à Queen’s Park.

La course à la direction du NPD devrait donc passer maintenant en troisième vitesse, tout juste avant d’atteindre la vitesse de croisière de l’été. Les adversaires de Singh disposent d’une longueur d’avance et ont aussi l’avantage de connaître la scène fédérale. Pour le moment, Charlie Angus semble être sur une lancée : il a accumulé deux fois plus d’argent que les trois autres candidats officiels. Angus, punk rocker au grand cœur, est donc en bonne position pour devenir l’adversaire principal du nouveau venu. Il pourrait tenter de canaliser un contre-mouvement d’opposition, devant l’enthousiasme indéniable suscité par la candidature de Singh chez certains néo-démocrates.

Le genre d’enthousiasme qui peut générer des vagues. Mais qui, au bout du compte, peut mener aussi à des ressacs.

***

Karl Bélanger est un ex-directeur national du NPD et le président de la Fondation Douglas-Coldwell.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

30 commentaires
Les commentaires sont fermés.

« Il est, lui aussi, issu d’une minorité et à ce titre, affirme qu’il peut bien comprendre les préoccupations du Québec.

elle est bonne celle-là lorsqu’on sait que 95% des minorités au Québec sont contre l’indépendance du Québec

Ça tombe bien, il y en a de moins en moins. 25 à 30%. Il va focuser sur ceux qui veulent faire avancer la province pour vrai.

donc si je suis votre raisonnement, faut être séparatiste pour comprendre le Québec?

Sans doute que nos concitoyens identifiés comme faisant partie des « minorités » n’appuient pas fortement l’idée qu’est l’indépendance du Québec pour diverses raisons, mais il y a aussi entre 60% et 65% des québécois de souche qui n’appuient pas non plus cette idée. J’en suis et j’ai été souverainiste fort longtemps. Et figurez-vous que je suis capable de comprendre le Québec malgré que j’ai largué mon appui à cette souveraineté.

Lorsque je lis une phrase comme celle-ci de la part de Karl Bélanger, je dois dire que cela dresse mes cheveux sur ma tête, puis j’exulte, voici la phrase : « Cela pourrait être une tâche difficile, car plusieurs députés, encore échaudés par l’impact qu’a eu le niqab sur la campagne du NPD au Québec en 2015, voient d’un très mauvais oeil l’arrivée d’un chef portant des signes religieux ostentatoires. »

Franchement, comment monsieur Bélanger peut-il penser que les québécois soient assez stupides pour ne pas avoir voté pour le NPD pour la seule et unique question d’un niqab porté à Toronto par une nouvelle citoyenne canadienne originaire du Pakistan lors de sa cérémonie d’assermentation ?

Une parure qui n’avait strictement rien d’ostentatoire et de religieuse qui plus est. À défaut d’engagement partisan, où se trouve la règle de droit dans ce débat ?

Est-il possible que dans plusieurs circonscriptions, les députés NPD élus grâce à l’effet Clayton, ne se soient pas avérés à l’usage et sur le terrain, d’excellents députés ?

Ceux et celles qui furent réélus sont celles et ceux qui ont été les plus combatifs lors de la campagne électorale, quant aux autres, ils devraient plutôt être plus à l’écoute de la population…. Pour une prochaine fois.

Quand je lis des textes comme celui-ci, alors que la candidature de Jagmeet Singh devrait être considérée comme une bénédiction, ne serait-ce que pour relancer le débat au sein du NPD. Presque… cela me fâche ou à tout le moins cela m’exaspère, me mortifie, m’indispose….

Mettre de l’avant son appartenance à la communauté sikh, présenté for maladroitement comme un signe de foi et son turban comme un signe ostensible de cette foi, tout cela démontre inopportunément que l’auteur de ce texte devrait se documenter un peu plus sur ce que sont exactement les symboles ostentatoires de la foi.

De plus, cela laisse supposer qu’il y aurait au Québec une « sorte » d’incompatibilité entre adopter les valeurs sociales et écologiques du NPD et être croyant. Comme si une forme d’organisation laïque de l’espace public était devenue incompatible avec toutes formes de religions. Cela est un « non-sens » naturellement.

Que dire de ces élans lyriques de Karl Bélanger, références à la « Grande Noirceur », le populisme de certains politiciens (des noms s’il vous plait ?) qui attisent les velléités xénophobes qui animent évidemment (par réflexe) toutes les québécoises et les québécois (y compris moi ; plus pure laine que « moaaa », vous ne trouverez pas…).

Autant dire tout bonnement que le Québec profond n’a pas bougé d’y iota en 70 ans.

Inutile de commenter plus longuement ce billet de blogue puisque le reste est à l’avenant. Ce qui ressort de ce texte simplement c’est que monsieur Bélanger n’apprécie guère Jagmeet Singh, qu’il a des préjugés et comme il ne veut pas assumer cette hostilité ; il a par son impéritie, décidé de viser et stigmatiser tout particulièrement la population québécoise en n’en montrant que ses travers et en éludant assez malicieusement l’ensemble de ses exceptionnelles qualités.

Les gens ici, comme ailleurs au Canada votent pour qui bon leur semble et comme cela leur plait. C’est d’ailleurs : le libre choix avec la prudence, la tempérance, la force de l’esprit et la justice, l’une des principales vertus cardinales de la démocratie.

Au-delà des religions, des appartenances politiques et de tous autres clivages. Ce qui compte le plus chez l’humain, ce sont les sentiments. — La pratique de l’amour est quant-à-elle infinie.

Vous avez raté une belle campagne électorale! lol
Sérieux, la gaffe de Mulcair qui s’est entêté à défendre le port du nikab est l’une des plus grosses gaffes politiques de l’histoire du Canada.
Les jaunes étaient en tête pour renverser les bleus. Les rouges du peewee de Papineau étaient loin derrière.
Tout a déboulé à partir du moment où Mulcair s’est entêté à défendre l’indéfendable. Les sondages ont d’abord chuté au Québec, où le nikab fait lever le coeur à presque tout le monde. Puis, face à un parti jaune trop faible pour renverser Harper, le ROC s’est tiré sur le peewee qui a gonflé à l’hélium
Fin de l’histoire.

@ Jack2,

Je n’ai rien manqué du tout. — Dans ma circonscription j’ai contribué à réélire un député fédéral du NPD dont nous sommes très satisfaits et franchement la question du nikab est restée purement marginale dans le choix final des électeurs.

Celles et ceux qui ne voulaient pas voter pour le NPD ont sauté sur la moindre des occasions pour justifier de leur intention de favoriser de préférence l’élection de Justin Trudeau. Toutes les raisons étaient bonnes pour choisir ce beau et jeune candidat.

Comme quoi la démocratie est aussi cosmétique. C’est plutôt votre naïveté qui me fait rire mon cher Jack !

« Toute personne connaissant l’histoire du Québec, son engagement envers la laïcité découlant de la Grande Noirceur », on est tellement laïc que le déclenchement des fêtes du 375e de Montréal s’est fait avec une… messe catholique…

Karl Bélanger veut rire???
«Le type est bon communicateur, et il s’exprime assez bien en français. Son premier message aux Québécois? Il est, lui aussi, issu d’une minorité et à ce titre, affirme qu’il peut bien comprendre les préoccupations du Québec. C’est un début.»
C’est, au contraire, un très mauvais début. M. Singh nous indique par cette phrase qu’à ses yeux, les Québécois francophones sont une minorité comme les autres. Les francophones forment une nation, ce que ne sera jamais la communauté sikhe au Canada.

En effet nous ne sommes pas une minorité mais un des 2 peuples qui a fondé ce grand pays. Je ne me suis jamais senti comme une minorité, plutôt fier de mes racines canadiennes de langue française.

Sa proclamation de statut minoritaire « comme » celui du Québec ne trouvera un écho favorable qu’auprès d’une part du Canada-Anglais qui se perçoit comme le vrai peuple fondateur. De là à penser que ça peut lui apporter des appuis par exemple….

Bien raison.
Les mieux placé pour savoir ce que subie une minorité est bien celle qui est majoritaire et se fait traité comme minoritaire .
Devenons nous aussi Chic et fortuné ….soyons bien éduqué et égalitaire .
Restons des Québécois .

Il serait intéressant que M. Bélanger élabore sur la candidature de Peter Julian. De tous les candidats, il est le seul capable de soutenir une conversation en français (les autres se débrouillent assez pour demander leur chemin ou commander au restaurant). Julian est clairement le choix d’un bon noyau de députés NPD québécois. Pourquoi? Le phénomène Singh ne passera pas au Québec. Il a beau être charismatique dans son comté (parmi les siens), il reste qu’il porte sa religion comme un étendard. Au Québec c’est rédhibitoire.

Toute religion est une imposture intellectuelle et une machine à dominer les consciences.

Seules les Lumières, depuis 3 siècles, y ont résisté avec efficacité.

Bravo à cet homme d’avoir réussi au Canada son ascension sociale, et plus encore, dans la voie du progressisme.

Il lui reste à nous démontrer si sa libération économique et sociale se doublera d’une libération de sa religion qui est tout aussi stupide et indigne de l’intelligence scientifique moderne que les trois monothéismes qui font tant souffrir l’humanité depuis 3000 ans.

Monsieur, nous voulons une Charte fédérale de la laïcité. Mettez-la dans votre programme, sinon votre progressisme ne concernera que votre porte-monnaie, pas votre esprit.

Jacques Légaré
pH.d. En philosophie politique
Maître en Histoire byzantino-arabe

Je suis d’accord avec votre réflexion, j’ai moi-même apostasié il y a quelques années.
Je vous invite à découvrir la journaliste et écrivaine Sonia Mabrouk,elle exprime ce que nous entendons encore faiblement, soit la parole des musulmans « des lumières ».
Je crois que ce sont eux et elles (dont plusieurs imams) qui seront l’espoir d’un vivre ensemble plus harmonieux avec une majorité de Québécois qui ont pris une distance avec un archaïsme, la religion.
Souhaitons un monde où la morale et l’éthique seront des valeurs s’enracinera en chacun de nous.

Je pense que les « signes religieux ostentatoires » de Singh seront un gros problème pour lui au Québec. Qu’il croit à une certaine religion ou pas n’a pas réellement d’importance. C’est ce qu’il projette comme image qui frappe en premier, et ce qui correspond à cette image dans le cerveau moyen des Québécois. Ne dit-on pas que le plus important dans une conversation est déterminé dans les 5 premières minutes?

Même si une personne se dit ouverte à la diversité, cette image que Singh projette l’affectera probablement de façon négative. Pour bien des gens, moi compris, une grosse barbe noire est associée aux gangs criminalisées, aux motards et aux extrémistes musulmans. Pour passer par-dessus cette image, la barbe doit être bien entretenue et plus courte. Cette association se fait aussi de façon inconsciente, et même le meilleur raisonnement ne nous mettra que devant une dissociation cognitive, c’est-à-dire que notre raisonnement pourrait nous dire de le soutenir alors que nos sentiments nous mèneront à le craindre. Le turban est aussi associé à une forte orthodoxie musulmane, et plus il est coloré, plus il est voyant.

Imaginez maintenant un candidat qui ne se présenterait pas en veston/cravate, mais en chemise hawaïenne. Les gens ne le prendraient pas au sérieux à cause de son apparence. C’est la même chose pour Singh. L’image qu’il projette va laisser croire qu’il pourrait vouloir établir la charia comme loi au Canada.

@ M Belley,

Vous écrivez ceci : « Le turban est aussi associé à une forte orthodoxie musulmane, et plus il est coloré, plus il est voyant. » (sic)

Dans l’hypothèse suivant laquelle vous l’ignoreriez, Jagmeet Singh n’est pas musulman mais sikh. Les origines connues du turban remontent à l’Empire Perse (6ième siècle avant JC), il est donc très antérieur à l’islam et est porté par tradition dans plusieurs partie de l’Orient et du Moyen-Orient notamment.

Ce n’est donc pas spécifiquement un symbole d’une appartenance religieuse « orthodoxe » en particulier. Plus particulièrement de l’islam, puisque c’est le sunnisme (le courant majoritaire de l’islam, environ 85% des musulmans) qui est considéré comme orthodoxe.

Sur plus d’un milliard de sunnites, le port du turban parmi les hommes est quant-à-lui anecdotique, seulement et essentiellement porté par quelques imams religieux.

Quant aux intégristes musulmans auxquels je suppose vous vouliez vous référer, rien par leur tenue vestimentaire ne les oblige à se différentier du commun des mortels. C’est pour cette raison d’ailleurs que vous ne pouvez pas savoir où ils sont, ni quand, ni même comment ils vont frapper.

Et pour clore le débat, la couleur orange du turban, ce n’est pas une référence religieuse, c’est une référence politique, celle du NPD au cas où vous ne le sauriez pas.

Un petit mot encore, plus psychologique cette fois-ci : Vous devriez établir une « légère » différence entre ce qui relève du cognitif et tout ce qui est du domaine des préjugés ou des présupposés ; usuellement on devrait plutôt les considérer comme de « faux amis ».

@ Serge Drouginsky
Merci pour ces précisions. Cependant, mon point principal demeure, concernant ce l’image projetée et l’impression qu’elle peut laisser. Bien que les préjugés soient de faux amis, ils sont présents dans la population et dans le cerveau de tous. Ils laissent une trace indélébile que le raisonnement, même le meilleur, ne peut complètement effacer, ce qui laisse l’humain devant une certaine dissociation cognitive. On vote souvent davantage avec nos tripes (les sentiments, impressions… et préjugés) qu’avec notre cerveau rationnel.
Alors, si Singh veut des votes, il ferait mieux de changer son apparence.

@ M Belley,

Merci pour votre réponse,

Certaines croyances orientales considèrent que toute chose finalement ne serait qu’illusion. D’où le caractère fugitif de la vie. En ce sens, toutes les apparences relèveraient de l’illusion. Même la démocratie relèverait-elle des croyances lorsque tout vote dépend de la croyance que vous avez que votre candidat gagnera.

Si Jagmeet Singh devait modifier son apparence visuelle dans le seul but de recevoir votre voix ou plus de voix, ne pensez-vous pas que cela en ferait un méchant hypocrite qui de facto pour devenir chef du NPD, ne se qualifierait pas ?

Estimeriez-vous que l’hypocrisie devrait impérativement servir le dessein de toutes formes de démocratie ? Et ne pensez-vous pas qu’il soit sage de comprendre ce qui dans l’apparence de l’autre révèle certains aspects de son propre refoulement ?

@Serge Drouginsky
Faire de la politique, n’est-ce pas une façon d’être hypocrite, en cachant ses véritables motivations derrière un certain discours?

Pour Singh, changer son apparence s’apparenterait bien davantage à tenter de démontrer qu’il s’adapte à la société dans laquelle il vit… et qu’il adopte ses valeurs. Devrait-on voter pour un politicien qui semble rejeter les valeurs d’une majorité de québécois? Un politicien qui semble être d’abord porté par ses propres valeurs religieuses et ethniques?

@ M Belley

Merci pour votre réponse franche. Je respecte votre opinion. Je ne m’obstinerai donc pas à vouloir vous imposer « ma » raison. Après tout, ce sont celles qui choisiront le nouveau ou la nouvelle chef du NPD qui trancheront….

Bonne journée.

Rien à cirer de la barbe et du turban. Ça ne me dérange pas le moins du monde. Et, à ce que je sache, le sikhisme n’est pas une religion prosélyte. Ça me suffit amplement.
En revanche, qualifier les Québécois de minorité, c’est démontrer une profonde méconnaissance du Québec, de son HISTOIRE et de sa culture. M. Singh devra se pencher sérieusement là-dessus s’il veut gagner la faveur de la majorité linguistique au Québec.

@ Serge,

Bien d’accord avec vous.

J’ai procédé à une recherche sur Internet (dans les deux langues officielles) à fin de trouver où et quand Jagmeet Singh aurait traité le Québec et les Québécois de minorité. Et… je n’ai rien trouvé. J’en conclus qu’on cherche à mettre dans sa bouche des paroles qu’il n’aura finalement même pas prononcées.

Un peu étrange quand même. Je suis parmi les candidats, mais L’actualité ne m’inclut pas dans cet article, malgré le fait que je suis le seul candidat Montréalais. En plus, ma candidature fût approuvée bien avant Stogran et Singh, tout en étant issu d’une minorité, mais sans porter un turban, ni faire du bruit!

@ Bruno El-Khoury

Sauf erreur de ma part vous étiez en 2015, candidat à l’investiture du NPD dans la circonscription de Papineau et on a préféré Anne Lagacé-Dowson. Pensez-vous que si vous aviez été choisi à la place madame Lagacé-Dowson, vous auriez eu de meilleures chances de battre Justin Trudeau dans sa circonscription ?

Comme dirais l’autre ! C’ est qui ce gars-là ! En ce qui me concerne le NPD est et sera toujours un tierce parti qui a connu son heure de gloire sous Mulcair et l’ autre qui est décédé! Nous n, avons pas besoin de 2 partis social démocrate calinour qui engrangent les déficits à une vitesse effarente sans créer de l’ économie et surtout que l’ obectif est d’ abord et avant tout de démontrer qu’ ils sont meilleurs que les conservateurs et que les con-contribuables sont des chiffres dans la colonne du budget!!!

Sincèrement pour répondre à votre question M. Bélanger ce M. choose -bin n’ est prêt à rien du tout !!!

Oui , à mon avis tout a basculer lorsque M. Mulcair pour ne pas s’être tenu
debout concernant le nikab. On vote à visage découvert et pour le serment de citoyenneté , à visage découvert , point à la ligne.

@ André Pelchat,

J’ai deux petites questions pour vous monsieur Pelchat :

— Pouvez-vous faire la différence entre : un niqab, un hijjab, un tchador, une burqa, un jilbab ?

— Quelle différence y-a-t-il entre le niqab noir intégral usuellement porté des pieds à la tête par les pratiquantes d’un islam rigoriste et le niqab « fantaisie » (foulard rose-beige fleuri) porté sur la tête par cette résidente de Mississauga (Zunera Ishaq) lors de sa cérémonie d’assermentation ?

— Si vous pouvez répondre à ces deux questions : Vous êtes un expert ! Félicitations.

Finalement, pour votre gouverne, madame Ishaq a prêté serment à visage découvert directement devant un juge, ce qui est permis par la loi du Canada.

Alors si les citoyennes et les citoyens québécois ont barré la route à Thomas Mulcair sur cette seule raison. Nous devrions peut-être collectivement regarder notre nombril. Car nous ne sommes pas dans ce cas : toutes et tous, tout à peu près con.