Janette Bertrand vilipende les «intégristes» et redoute le «grugeage» de droits

MONTRÉAL – La chef péquiste Pauline Marois n’a pas cherché à se distancier des propos tenus par Janette Bertrand, selon qui les «intégristes» mettent «en danger» la société québécoise en «grugeant» certains droits qui mettent en péril l’égalité homme-femme.

Les commentaires de l’auteure et militante âgée de 89 ans, qui était l’invitée de marque d’un «Brunch pour la laïcité», dimanche matin, ont eu l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux et ravivé le débat sur le controversé projet de charte du Parti québécois (PQ), à environ une semaine du scrutin.

Pour illustrer l’urgence de procéder à l’adoption du projet de loi 60, la cofondatrice du mouvement «Les Janette» y est ainsi allée d’un exemple fictif, mais tout de même inspiré, a-t-elle ajouté, de son vécu à titre d’adepte de la baignade et de gymnastique aquatique.

Imaginons, a-t-elle dit, que «deux hommes» débarquent à la piscine de l’édifice à logements où elle habite, à Montréal, et que la vue de femmes dans l’eau leur déplaît.

«Bon, imaginons qu’ils partent, qu’ils vont voir le propriétaire, qui est très heureux d’avoir beaucoup de, de… c’est les étudiants de (l’université) McGill riches qui sont là, et puis, ils demandent ‘Bon, on va avoir une journée’, bon, alors ils payent», a suggéré Mme Bertrand.

«Et là dans quelques mois, c’est eux qui ont la piscine tout le temps. Ben c’est ça, le ‘grugeage’, c’est ça dont on a peur et c’est ça qui va arriver s’il n’y a pas de charte», a-t-elle prévenu.

Janette Bertrand, qui faisait campagne avec le PQ pour une seconde journée consécutive, a expliqué qu’elle avait ressenti l’urgence de faire entendre sa voix après avoir visionné le débat des chefs diffusé sur les ondes de TVA jeudi soir.

«Je me suis dit ça n’a pas de sens, ça n’a pas de sens! La charte risque de ne pas passer», s’est-elle exclamée dans le restaurant de la circonscription de Mille-Îles, que convoite l’essayiste Djemila Benhabib, l’une des plus ardentes pourfendeuses de l’intégrisme religieux.

Invitée à commenter la sortie de Mme Bertrand lors d’un point de presse à Montréal, quelques heures plus tard, Pauline Marois s’est contentée de mentionner qu’elle était «très fière» d’avoir l’appui de cette «femme qui a fait beaucoup pour l’égalité entre les hommes et les femmes».

La chef péquiste s’est par ailleurs défendue de vouloir mener une campagne de peur, comme elle accuse régulièrement son adversaire libéral de le faire en brandissant ad nauseam le spectre d’un référendum.

Et même si Mme Marois a dit ne pas constater de menace intégriste imminente au Québec, elle n’en démord pas: la charte — la mouture péquiste, et non celle que propose les caquistes — deviendra un véritable «rempart contre l’intégrisme».

«À ce moment, nous ne le sentons pas de façon significative (l’intégrisme). Mais ce n’est pas parce qu’on ne le sent pas de façon significative qu’on ne doit pas faire de prévention», a-t-elle plaidé.

Il reste que dans sa forme actuelle, la charte ne s’applique pas au secteur privé. Mme Bertrand a-t-elle erré en imaginant une bouée de sauvetage qui n’existerait même pas?

Selon la première ministre sortante, Pauline Marois, «la charte va donner des balises au gouvernement et «concerne évidemment le secteur public», mais «cela pourra inspirer le secteur privé».

Elle en a profité pour accuser son adversaire libéral Philippe Couillard d’avoir une position floue sur la laïcité et dénoncé les propos de la députée sortante et candidate dans Hull, la libérale Maryse Gaudreault. Cette dernière a déclaré vendredi qu’une policière pourrait porter le hijab sous un gouvernement libéral.

Les canons de la laïcité

Janette Bertrand était l’un des gros canons identitaires déployés par Pauline Marois à Laval, alors même que débutait au Québec le vote par anticipation, dimanche.

La première ministre sortante espère ainsi faire le plein de votes et damer le pion à son adversaire libéral, Philippe Couillard, qui lui a fourni des munitions avec des propos controversés sur la langue de travail, mais aussi en raison de sa position floue dans le dossier de la laïcité.

Le député qui pilote la charte, Bernard Drainville, était aussi de la partie, et a de nouveau menacé que sans un PQ majoritaire, il fallait oublier la charte.

Il a établi un parallèle entre la décision prise par les Québécois il y a 40 ans de «se donner une langue» à celle que l’on devrait prendre lors du scrutin du 7 avril avec la charte.

À l’époque, les René Lévesque et Camille Laurin «voyaient bien qu’on était une société de plus en plus multiethnique» et ont jugé sage de «trouver une façon, un langage, un moyen de se parler», a fait valoir M. Drainville.

La charte de la laïcité représente ainsi un «prolongement» de la loi 101: «Dans le fond, la charte de la laïcité, c’est la loi 101 des valeurs», s’est-il enthousiasmé.

La caravane du Parti québécois a fait campagne dans la région montréalaise dimanche. Après un saut à Laval, elle s’est arrêtée dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Djemila Benhabib, candidate malheureuse dans Trois-Rivières en 2012, brigue la première, tandis que Daniel Breton espère remporter la victoire pour une seconde fois dans l’autre.

La journée s’est terminée relativement tôt, soit vers 15 h. En soirée, aucune activité n’est prévue. On verra toutefois la leader péquiste au petit écran, puisque l’émission «Tout le monde en parle» à laquelle Pauline Marois et son adversaire libéral Philippe Couillard ont participé mercredi, sera diffusée à 20 h.

Les commentaires sont fermés.

En s’emparant de l’idée de laïcité pour en faire une tambouille identitaire, le PQ ruine durablement l’occasion d’instaurer une laïcité véritable au Québec.

D’abord et d’une, identité et neutralité (comme dans « neutralité laïque de l’État ») sont des contraires, rien de moins. Mais allez expliquer ça à des nationalistes, alors que le nationalisme est justement la confusion entre citoyenneté (fait politique) et l’identité (fait culturel et historique), confusion qui aboutit à ne reconnaître comme citoyens que les « nationaux ». Pas étonnant qu’en face, contre les séparatistes et leur Charte « des valeurs », se soient parfois braqués les adeptes d’un autre corporatisme identitaire pour qui l’appartenance religieuse (religare) doit primer sur la citoyenneté en tout temps et en tous lieux – même dans l’enceinte parlementaire.

Le principe laïque formulé par Cavour, « Libera chiesa in libero stato » (Des Églises libres dans un État libre ») sert à protéger autant les Églises que l’État. Il protège les premières contre la politisation du religieux, qui dégrade la vie spirituelle en militantisme identitaire; il protège le second contre la spiritualisation du politique, qui l’exalte et l’extrémise indûment.

Ensuite, en visant les gens plutôt que certains lieux et moments spécifiques, la laïcité à la sauce péquiste fait du mur-à-mur avec un principe abstrait qui est aussi symbolique que le sont les symboles religieux eux-mêmes. D’où par exemple l’idée bien exagérée qu’un enseignant doive s’abstenir de porter un signe religieux sur les lieux de travail en général (!), alors qu’il suffit de retirer ledit signe religieux uniquement 1) dans la salle de classe et 2) lorsque la cloche sonne, au moment même de professer auprès d’une clientèle du primaire et du secondaire. Partout ailleurs dans l’école, et à tout autre moment dans la salle de classe elle-même quand elle sert à un autre usage, je m’attrique comme je veux!

Et comme toute la classe me voit arriver et repartir avec – au choix – ma kippa, mon crucifix, mon hidjab, mon col de clergyman, ma chemise rouge symbolisant le déisme du grand Mazzini, mon kirpan, ma mitre de pope, etc, et comme mon signe religieux, je ne le cache pas, au contraire, je le pose bien évidence à côté de moi pour la durée du cours / du procès / de la session parlementaire, alors on ne peut pas dire que élèves / les justiciables /les parlementaires ne croisent pas des gens de toutes sortes de religions Simplement, c’est un geste symbolique: en certains lieux et moments au demeurant pas si nombreux, je mets chapeau bas devant la neutralité laïque de l’État.

Dur sacrifice pour un croyant, j’en conviens. Mais sacrifice nécessaire selon moi car la neutralité laïque de l’État est justement le principe même qui permet que plusieurs religions puissent se côtoyer dans une relative concorde. Seule la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens dans la vaste sphère de la vie sociale.

Laïciste convaincu comme on peut le constater, j’ai eu un cuisant sentiment de défaite quand le ministre Bernard Drainville a pris la malencontreuse décision de rebaptiser le projet de Charte de la laïcité « Charte des valeurs », marquant le début d’un détournement ou dérive identitaire du principe de laïcité.

Dérive si le ministre a agi par stupidité ; détournement s’il a agi par calcul. Quoi qu’il en soit, il a bêtement ouvert une navrante et inutile boîte de Pandore, amenant le débat sur le terrain de l’identité culturelle et de l’immigration alors que ça n’a rien à voir, Car la laïcité concerne les rapports entre les cultes et l’État. Et il s’agit aussi du principe de l’Égalité de tous les cultes, qui fut proclamé et appliqué tant par les laïcistes de la Droite historique dans l’Italie monarchiste-constitutionnelle de 1860 que par la Gauche socialiste dans la France républicaine de 1905.

Avec une ironie amère, je relis ma formulation utilisée plus haut:

Seule la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens dans la vaste sphère de la vie sociale.

Hé ben mes vieux! La concorde, nous en sommes loin.

Les gens ont peur, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, chère madame Bertrand.

Ainsi dans mon entourage, cette prof de français langue seconde à la retraite qui donne des cours d’appoint individuels aux immigrants pour les préparer aux redoutables tests de français des différents ordres professionnels: depuis septembre 2013, elle n’a plus reçu un seul étudiant originaire Pas un seul! Alors que jusque-là, ils et elles constituaient le plus gros de sa clientèle! Où sont-ils, tout à coup ? Ils retiennent leur souffle ? Ils ne font plus de projets d’avenir, donc ne préparent plus les tests de français des ordres professionnels ?

C’est la peur. Ça ne va pas du tout. Car c’est censé être le contraire, figurez-vous. Tous ceux qui martèlent ds accusations d’intolérance religieuse au sujet de la laïcité, rappelons que l’Unité italienne de 1860 marque une nette amélioration pour les Juifs italiens, qui furent aussi des patriotes italiens. Les sornettes alors en vigueur dans les territoires pontificaux – exemple: un Juif ne pouvait témoigner contre un Chrétien !! – furent évidemment balayées par la victoire de l’Italie libérale. Quant à la loi française de 1905, elle fait partie intégrante de l’histoire de l’Affaire Dreyfus: elle fut à la fois bouclier et couvercle de poubelle contre une montée d’antisémitisme.

Mais en faisant de la laïcité une affaire identitaire, on détourne la laïcité de son sens régulateur, comme en témoigne l’obstination grotesque du ministre Drainville, pendant des mois, à garder dans l’enceinte parlementaire, alors qu’il suffirait de le déplacer de quelques mètres, le crucifix qu’y accrocha Duplessis en1936 pour marquer sa victoire contre le principe même de séparation de l’Église et de l’État.

Dès lors que le PQ songeait sérieusement à instaurer la laïcité de l’État tout en gardant un gros crucifix en plein Parlement, la porte était ouverte à toutes ces accusations comme quoi la laïcité – non pas seulement celle, contrefaite, du PQ mais la laïcité en général – ne serait qu’un prétexte à son prendre aux minorités religieuses. En embarquant dans majorité/minorité, ces ennemis-là du PQ amenaient le tout sur le terrain identitaire, exactement comme le PQ lui-même. En ce cas, deux corporatismes identitaires se font face.

Semer la peur en accusant le PQ de semer la peur, c’est ajouter la peur à la peur. Je dois donc m’arranger pour dire que le PQ sème la peur avec sa contrefaçon identitaire de laïcité., tout en ne semant pas la peur moi-même. Tout un contrat! Une des façons est de montrer que le PQ n’est pas seul fabricant de cet entonnoir.

Car de la boîte stupidement ouverte par Drainville sont sortis également tous ceux qui n’allaient pas laisser passer cette occasion en or de répandre la peur du PQ (ainsi Lysiane Gagnon dans La Presse, prêtant aux malheureux séparatistes de sombres intentions secrètes et intitulant même une de ses chroniques contre la laïcité où elle vilipendait la xénophobie: « Une idée importée »).

Et aussi, plus en amont que Dainville et sa dérive,, il y a la confusion entre la société et l’État, répandue par le binôme défectueux « espace privé/espace public ». La notion d’espace public engouffre dans un seul pain la société et l’État, elle engouffre la société dans l’État comme s’ils étaient d’un seul tenant. Pourquoi ça sème la peur ? Parce que ça joue sur L’ÉTENDUE du principe laïque lui-même. D’où tous ces gens qui me disent: « Quoi, tu veux interdire les crucifix au Québec !? », alors qu’il ne s’agit que de celui du Salon bleu. ; et tous ces gens qui me disent: « Comment, tu veux interdire le voile au Québec !? », alors qu’il ne s’agit, on l’a vu, que de quelques lieux et moments au demeurant pas si nombreux.

Ce n’est pas vrai que ça se divise en « espace privé/espace public ». La notion « espace public » confond ou fusionne ou abolit la distinction entre deux choses : la sphère restreinte de l’État, la vaste sphère de la vie sociale. Le principe laïque ne concerne que la sphère restreinte de l’État. Il ne s’étend PAS à la vaste sphère de la vie sociale, là où tout est désordre et vie et où je m’attrique comme je veux.

Une de mes meilleures raisons de voter contre le PQ, c’est justement pour avoir tout mon temps sous les libéraux (qui sont des anti-laïcité primaires) pour penser ou repenser et pour construire une laïcité qui soit digne de notre patrie. Parce qu’elle est « des valeurs », cette Charte est bonne pour les orties, et je dois couper court au malentendu navrant que le PQ entretient sur le sens même de la laïcité. Malentendu qui donne lieu par exemple à cette sortie méprisable de Jeannette Bertrand.

LA laïcité n’est qu’un principe régulateur des rapports entre les cultes et l’État. Ce n’est pas une panacée fourre-tout pour quoi que ce soit d’autre, ni pour quelque unanimisme identitaire que ce soit.

« La peur naît à la vie plus vite que tout autre chose. » — Léonard de Vinci

Vous avez bien compris les principes qui concordent avec la laïcité. Félicitations.

Votre exemple de cette professeure de français est emblématique du climat de peur que les péquistes sont parvenus à instaurer dans la sphère publique. Mettant à mal le bon vieux principe de l’« ager publicus. »

@ Serge Drouginsky : «Vous avez bien compris les principes qui concordent avec la laïcité. Félicitations.»

Giovanni Gilotti, premier ministre libéral, dans un discours au Parlement italien en 1904:

«L’Église et l’État sont deux parallèles qui vont leur chemin et ne se rencontrent jamais.»

C’est peu être pour cela que le nom est modifé pour devenir une charte de laîcité ET des valeurs…

Maintenant, je vous remercie pour tous ces explications savantes qui promettent des débats philosophiques sans fin… Et croyez-vous que les politicailleux de tout acabit se priveraient du recours aux manoeuvres populistes de la peur suite à votre concoction extrêmement pointue d’une laïcité digne de notre patrie….Ben Voyons…

Avec un MINIMUM de bonne volonté, vous est il possible de voir que ce que le Parti Québécois essait ici de faire, c’est de trouver un moyen qui permettrait un mieux vivre ensemble, des balises au grugeage de priviléges et aux dérives intégristes POTENTIELLES ??? C’est tout… Pas de plan machiavélique, pas de xénophobie, seulement une facon d’arriver au pouvoir pour accomplir ce travail essentiel pour notre avenir et celui de nos enfants….

En fait, le Québec cherche une protection face à une doctrine d’Etat extrêmement radicale (le Multiculturalisme) qui inverse le devoir d’intégration et fragilise considérablement les sociétés d’accueil. Une doctrine qui ghettoïse la société et la fracture intimement en communautarisme imperméable les uns aux autres… ( Citation de Marc Bock-Côté, tirée de: Le tour du jardin, Jacques Godbout )

» On psychatrise ceux qui doutent des vertus du multiculturalisme en leur prêtant une phobie, la peur de l’autre, comme s’il n’y avait aucune raison valable de s’inquièter de la société diversitaire. » ( Idem)

Soyons francs, le PLQ ne toucheras jamais à cela. ( même avec votre précieux concours) Ce serait comme trahir sa clientèle électorale…
Le traitement subit par Mme. Fatima Houda-Pépin en est une preuve indubitable…

@ Réflecteur

Cher monsieur Réflecteur, la laïcité ne sert pas à répliquer à la doctrine identitaire d’État connue sous le nom de « multiculturalisme ». En voulant fabriquer ce fourre-tout tous-azimuts et l’intituler « laïcité » pour ratisser plus d’électeurs, le PQ – et au premier chef Drainville – prouve simplement qu’il ne comprend pas ce qu’est la laïcité.

Ce que vous appelez avec mépris des « explications savantes » tient au simplement au fait que que je suis un laïciste convaincu depuis toujours. donc un laïciste renseigné. Ce qui me permet aussi de reconnaître une contrefaçon.

Il y a au moins deux grands « moments » historiques de la laïcité proclamés par une démocratie parlementaire: l’Italie monarchiste-constitutionnelle en 1860 (Droite historique) et la France républicaine en 1905 (Gauche socialiste). Et malgré ce qui séparait leurs cultures politiques respectives, un même principe, proclamé en toutes lettres:

L’ÉGALITÉ DE TOUS LES CULTES.

Ces ânes du PQ veulent proclamer la neutralité laïque de l’État avec un crucifix en plein Parlement, vous vous rendez compte!? Un crucifix qui, en plus, fut accroché là en 1936 par Duplessis pour marquer sa victoire contre les méchants libéraux impies, c’est-à-dire précisément contre la séparation de l’Église et de l’État, dans le droit fil des accords du Latran de 1929 entre la Curie romaine et le totalitarisme fasciste! C’est du dernier grotesque! Il n’y en avait pas de crucifix à cet endroit, avant 1936. Et je ne parle pas de la ridicule rhétorique « patrimoniale » pour justifier cette flagrante injustice. Comme s’il n’y avait pas plein de crucifix au Québec. Comme s’il ne s’agissait pas plutôt de l’endroit où ce crucifix-là se trouve, c’est-à-dire dans l’enceinte parlementaire d’une démocratie qui se veut laïque. En plus, comme je ne suis pas un « mur-à-mur », il suffirait de le déplacer de quelques mètres, bien mis en valeur dans un autre hall des bâtiments parlementaires.

En notre Parlement, il ne peut y avoir que deux possibilités à cet égard: 1) ni le crucifix, ni la kippa ou 2) et le crucifix, et la kippa.

Mais les deux autres options, à savoir 1) le crucifix sans la kippa (Drainville) et 2) la kippa sans le crucifix (Françoise David, et avant elle, Bouchard-Taylors) sont en flagrante contradiction avec le principe de l’Égalité de tous les cultes.

Bref, Drainville a vu le mot « laïcité », s’est dit que ça ferait joli pour ses manœuvres identitaires et s’en est emparé.

Mais pour en revenir au multiculturalisme, auquel vous opposez le laïcisme de façon impropre – car ça ne se passe par sur le même plan du tout – il y a vraiment, vraiment de quoi rire.

Car le plus comique dans cette histoire, c’est que j’ai beau être fédéraliste à ma manière, selon moi, le multiculturalisme est quelque chose de bien pire que vous, vous ne le dites. C’est peut-être ce qui me tape le plus sur les nerfs avec les séparatistes: ils ont beau être contre le soi-disant « multiculturalisme », et surtout, ils ont beau se faire agonir d’accusations de racisme depuis des décennies, ils continuent de ne jamais voir e pot aux roses qu’il y a juste sous leur nez. Allumez, bon sang!!

Sur ce sujet, je vous recommande chaudement un livre sur cette question rédigé par mon homonyme Marc Provencher, lequel se trouve par un vrai coup de pot à être comme moi un italianisant. Ça s’intitule ‘Le multiculturalisme est un racisme qui se prend pour un antiracisme.’, publié chez Leméac en 2012.

Voici les paragraphes 2 et 3 du premier chapitre:

«J’affirme que le multiculturalisme canadien en tant qu’idéologie est la négation de la culture sous son apparente affirmation.

J’affirme que le multiculturalisme en tant qu’idéologie est le contraire de ce qu’il croit être, à savoir un multinaturalisme qui transforme les cultures en races..»

Quand j’entends dire que l’ensemble des citoyens ne voit pas de problèmes d’une montée de l’intégrisme au Québec !!!!

La réalité de citoyens qui vivent en région et qui sont peu exposé au contact de la religion musulmane n’est sûrement pas la même que celle de citoyens vivant à côté d’une mosquée… à Montréal…

De plus, qui sommes-nous pour tenter de museler Mme. Fatima Houda-Pépin, une femme qui doit être la MIEUX placée pour savoir de quoi elle parle !!!!! Cette députée libérale a dû démissionnée par l’intrangisance Philippe Couillard qui ne veut pas entendre parler de charte !!!! Même si plus de 60% de la population sont d’accord avec la plus grande partie de celle-ci….

Alors OUI des balises sont nécessaires, dans l’intérêt de TOUS les citoyens québécois et principalement de ceux et celles qui ont quittés des pays ou les droits d’égalité Homme-Femme n’étaient pas respectés…. et qui sont venus vivre ici, à l’abri de ces possibles dérives.

Le discours identitaire du PQ est de plus en plus nauséabond.

Nauséabond pour QUI, Jacques… Pour ceux qui ne veulent plus d’identité.., drapés dans une image de citoyens du monde : Perpétuel touriste, même sur le territoire qui l’a vu naitre, libre de consommer partout sur la planète, citoyen n’ayant que des droits et aucune responsabilité…

L’idéal style: OCCUPATION DOUBLE… (sourire) Avouez cela vous fait rêver…. Merveilleux marketing quand tu nous tiens…

Mme. Bertrand, savez-vous ce que c’est la manipulation ?

«Action d’orienter la conduite de quelqu’un, d’un groupe dans le sens qu’on désire et sans qu’ils s’en rendent compte»

Vous êtes victime de manipulation de la part de Mme. Marois tout comme les majorité des québécois.

La sortie de Jeannette Bertrand est digne des Pinault-Caron dont voici l’extrait:

http://www.youtube.com/watch?v=RhFfkxTrkbw

Il est inconcevable qu’une personne âgée et un peu gâteuse soit exploitée par les péquistes en mal de popularité.

Plus ça va et plus le PQ s’enfonce dans la petitesse et la xénophobie.

C’est à vomir!!!

En ce qui me concerne, il n’y a pas péril en la demeure.

Il y a cependant par la porte d’en arrière les gains des petits pas qu’utilisent de toutes sortes de façons ceux qui en sentent le besoin d’obtenir des traitements différents de la majorité sous prétexte de leurs croyances religieuses.

Je n’ai aucun problème avec les croyances religieuses, enfin aussi longtemps qu’on ne me les impose pas, ceci comprenant les « traitements spéciaux » au nom de croyances religieuses. En autant que ça s’exerce entre adultes consentants et dans votre chambre à coucher. Pour être plus précis, ma dernière phrase se veux un clin d’oeil à des commentaires de Pierre Eliott Trudeau concernant la sexualité homosexuelle.
Et donc, et dans ce sens, les croyances religieuses de chacun exercé en toute liberté, sans contrainte, sans empêchement, mais dans une sphère délimitée comprenant des lieux personnels, des lieux de cultes, et dans les chemins pour s’y rende.

Qu’il y ait une croix ou ce qui est pour moi un foulard comme les femmes devaient porter pour entrer dans les églises il y a une soixantaine d’années: pourquoi pas ? Mais certainement pas un kirpan ou encore un turban sur un lieu exigeant un casque de sécurité.

Plus précisément et avec un peu plus de détails (entre autres):
-pouvoir remettre en question et changer un uniforme ou une partie de celui-ci dans le but de l’améliorer ainsi que de profiter des derniers avancements technologiques: je suis pour: mais pas à cause des croyances religieuses ou non de qui que ce soit;
-obtenir des heures d’ouvertures différentes pour accommoder par exemple les horaires des utilisateurs: je suis pour: mais pas à cause des croyances religieuses de qui que ce soit;
-de la nourriture spéciale, des recettes spéciales au nom de croyances religieuses: pas question;
-en dehors de chez vous et des lieux de cultes: rien au nom de croyances religieuses.
D’ailleurs on pourrait en parler longtemps de ses croyances. Des femmes ont quittées leur pays de naissance à cause de l’imposition nouvelle du voile et quoi d’autres, à cause de soi-disant hommes religieux qui en ont décidé ainsi ayant aucun texte religieux supportant cette exigence, elles sont venus ici, pour ne plus avoir à les subir ses contraintes et elles sont à nouveau confronter aux mêmes problèmes pour des raisons semblables. Leurs filles elles, conditionnées à ses fausses croyances dans leur environnement, embarquent dans ses façons de faire au nom de soi-disant croyances religieuses, les défendent, pire les exigent au nom de faussetés. Ça relève plus d’une idéologie anti-occidentale et/ou politique qu’à des croyances religieuses.
Ça suffit !

Des exemples: elles son nombreuses et pas qu’inventés ou inspirés de ma peur des autres. En voici deux que j’ai vécu, mais il y en a à l’infini.
-Juste en face de chez moi, habite une famille de musulmans depuis une dizaine d’années. La mère de famille jusqu’à récemment, a toujours sortie les vidanges, mis les bacs au bord de la rue, pelletée la neige, nettoyée et démarrée la voiture pour que Monsieur n’ait pas à le faire et puisse profiter d’une voiture bien chaude en hiver, tond la pelouse et quoi d’autres sans jamais avoir au minimum l’aide de son époux ou de ses garçons. Le mari est un ingénieur. Je trouvais cela triste et à plusieurs reprises j’aurais aimé allez l’aider. La fille portait aussi le foulard jusqu’à ce qu’elle devienne adolescente. C’est alors que la violence, celle que j’ai pu constatée c’est installée. Celle que je pouvais constatée sans devoir faire quoi que ce soit pour vouloir la voir. La police est venue à plusieurs reprises et a emmenée le papa. Puis les fils aussi. La fille a dû être transportée à l’hôpital. Dernièrement, je me suis rendu compte que la mère était québécoise francophone née ici.
-Un autre exemple, alors que j’étais directeur d’un lieu de scrutin, alors que je faisais le tour des personnes qui travailleraient avec moi pour leur parler individuellement, mon premier geste étant de leur donner la main puis de me présenter, j’ai compris assez vite que je ne devais pas offrir la main à des femmes musulmanes. Certaines l’acceptant, alors j’ai pris l’habitude de demander avant de tendre la main. C’est de l’extrémisme religieux. En société, on doit faire des concessions. Pourquoi donc, au nom du respect des autres, je dois être celui qui doit s’adapter. Est-ce-à-dire que c’est toujours au même à s’adapter. Et c’est ainsi que certaines acceptaient de me donner la main. Il existe le « gros bon sens ». Pourquoi faut-il se plier, en société, à celui qui exige à la place de s’accommoder… Chez eux, il pourra toujours appliquer tout les principes qu’il jugera nécessaire!
Lorsque j’étais jeune, dans les années 1950, dans notre famille, on respectait les rites de la religion catholique. L’un de ceux la, était que le vendredi on ne devait pas manger de viande. Souvent l’on mangeait du poisson. C’était la journée du poisson. Mes parents venant d’un milieu près de la mer aimaient beaucoup le poisson. Mais moi, beaucoup moins. En tant qu’enfant, je pourrais dire pas du tout. Alors je ne mangeais pas de poisson le vendredi, mais ma mère me faisait autres choses. comme des oeufs, mais aussi de la viande. Souvent, elle n’oubliais pas de rajouter: le bon Dieu va te punir ! Mais ça relevait plus de la boutade que de la croyance que voulait imposer le clergé.
Alors lorsque je vois qu’à certains endroits, hôpitaux, cafétéria d’écoles, maternelle et tutti quanti, on veux faire respecter une nourriture soi-disant imposée par Dieu, je ne peux qu’être contre.
Pourquoi imposer à tous nos croyances?
Je ne me souviens pas, qu’à part chez les soeurs (religieuses) et dans les presbytères on mangeait à tous prix du poisson, ou un repas sans viande le vendredi et encore, je ne suis pas certain qu’il y a donc plus de 60 ans maintenant, même dans ses lieux, que partout, quiconque n’aurait pas pu manger de la viande.

Sous quel principe valable en 2014, il faudrait que partout et tout le monde, respecte et/ou se conforme d’une manière quelconque, subisse des principes basées sur des croyances datant de 2,000 ans ou pire purement inventé par des extrémistes religieux et politiques voulant imposer à tous leurs visions de ce que le monde devrait être ? Je n’en connais et reconnais aucun…dans l’espace publique Québécois.

Vous comprendrez donc que je considère la charte du PQ ne va pas assez loin et est très incomplète. Je suis d’accord avec certains qu’en plus elle ne cible pas les meilleurs aspects comme Madame Houda Pépin, mais je dirais plus, qu’elle ne cible pas assez d’aspects et qu’elles manque de clarté. Elle ne touche pas aux écoles, garderies et même hôpitaux « religieux » subventionnés par l’état, l’exemptions de taxes municipales, des autres taxes et d’impôts. Je vais me garder une petite gêne concernant les barbus et la longueur des cheveux régis par des religions, et ceux qui s’y conforment en n’y sentant aucune sorte d’atteinte à leur liberté…tant et aussi longtemps qu’ils n’obtiennent pas un quelconque passe-droit à cause de cela. Quoi que la charte telle que proposée, constituera une injustice pour les femmes devant se décoiffer, laissant libre les hommes de porter la barbe et la chevelure « religieuse ». Pour moi, c’est un problème majeur.

Et vous comprendrez également toute la moquerie que m’inspire l’absence de contrainte du parti libéral, de Couillard et de ses adeptes en ne proposant aucune direction précise, aucune contrainte, que le statut quoi dans un but évident d’avoir des votes. Et dans le même sens en ce qui concerne la protection de l’anglais sous le faux couvert du bilinguisme imposé aux francophones soit disant pour leurs biens !

Pour vivre au Québec, tant qu’à moi, plusieurs d’entre vous devrez faire certains choix dans l’espace public…concernant les contraintes religieuses que vous, vous acceptez que vos croyances vous impose. Tant qu’à moi, c’est à prendre ou à laisser.
Comptez-vous donc chanceux et chanceuses de la charte du PQ s’il est élu, car si j’étais premier ministre la charte serait beaucoup plus précise, d’une limpidité irréprochable et aussitôt corrigée en conséquence au constat d’un oubli, et irait beaucoup, immensément plus loin.