Je ne m’en remember pas

Giuseppe Borsellino s’est moqué de la commission Charbonneau dans les deux langues officielles du Canada qu’il maîtrise très bien cette semaine. Avec lui, un bateau n’est pas nécessairement un bateau, il est «possible» que la mafia contrôle l’industrie de la construction, et les «très puissants» fonctionnaires de la Ville de Montréal ont fait trembler les pauvres entrepreneurs qui tentaient de gagner leur vie honorablement.

Le président de Construction Garnier a navigué à merveille sur des eaux agitées. Aux yeux du public, il ne ressortira pas grandi de sa comparution à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC). Ses faux fuyants, ses hésitations et ses explications parfois loufoques montrent qu’il en sait pas mal plus qu’il en dit.

À en juger par les écoutes électroniques du projet Diligence, distillées au compte-goutte à la commission, M. Borsellino était au centre du jeu d’influence impliquant des politiciens et des leaders syndicaux.

En 2008, M. Borsellino s’était allié à l’ex directeur de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, dans l’espoir d’influencer les décisions d’investissement du Fonds de solidarité de la FTQ. On sait que la CEIC enquête sur l’existence d’un système de ristournes au Fonds de solidarité. Des leaders syndicaux auraient servi d’intermédiaires auprès d’entrepreneurs influents pour leur permettre d’obtenir un traitement privilégié de leurs dossiers.

M. Borsellino affrontait un concurrent de taille, révèlent les écoutes de Diligence, soit l’entrepreneur Tony Accurso, un ami de longue date du président de la centrale, Michel Arsenault. Giuseppe Borsellino et Tony Accurso semblent aussi se disputer l’attention du nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi, à en juger par le ton des échanges.

Tony Accurso a nié l’existence de quelque relation d’affaire que ce soit avec M. Tomassi dans un communiqué de presse. Il est mentionné dans les écoutes, mais on n’entend pas sa voix. Dans l’immédiat, le témoin idéal pour nous éclairer sur la signification des échanges est Giuseppe Borsellino, l’homme qui comptait des relations au sein des Hells Angels et du clan Rizzuto. L’homme qui intimidait ses rivaux et qui faisait partie du cartel des égouts, selon la preuve à la CEIC. L’homme qui a passé sept heures sur une table d’opération à la suite d’une agression «possiblement» liée à la mafia.

M. Borsellino en a dit juste assez pour éviter l’outrage au tribunal, et pas trop pour se faire de nouveaux ennemis.

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Mme la Commissaire a fait une crise devant le mot « banal » de Martin Dumont.
Barsollino a rit de la Commission durant une semaine. Il s’est payé la geulle de ses avocats et des Commissaires. Jamais Mme Charbonneau lui a fait sentir qu’il risquait l’outrage au tribunal.
Quel message elle envoie aux futurs Barsollino qui vont venir témoigner!
Mon oeil sa réputation et son expérience!
Les bandits à cravate doivent savoir, avant de témoigner, que la Commission n’est pas un spectacle pour prestigitateurs de la « corruption ».
La Présidente se doit d’être autoritaire.
Le respect du témoin ne doit pas faire oublier
le mandat de la Commission. Cette Commission est
née d’une volonté populaire dont les attentes dépassent les courbettes judiciaires.
Faudrait que la Commission revoit les cassettes de la CECO avec le juge Dutil.

Devant l’attitude d’un tel témoin qui se paye la geulle de la Commission, je m’attendais, de la part de Mme La Commissaire, qu’elle ait une réaction, au-moins aussi émotive que celle qu’elle a livrée pour le simple mot « banal » de Martin Dumont lors de sa comparution!

Je comprend qu’elle voulait, à ce moment là, « cautionner » une stratégie à saveur de gomme baloune, mais la Commission maintenant, entre dans le nouyau dur de la « pourriture » struturée.

Quelle patience! « Je n’ai pas dit ça,