Je ne suis pas objectif (et vous non plus)

Il suffit de passer quelques semaines immergé dans la sphère politico-médiatique locale pour voir apparaître les sympathies évidentes de plusieurs médias et journalistes.

Photo: ArtySil/Flickr
Photo: ArtySil/Flickr

Dans le contexte des débats qui animent notre vie démocratique, il arrive régulièrement qu’on reproche à des journalistes ou à des commentateurs de n’être pas neutres, ou de manquer d’objectivité.

C’est, entre autres, une critique qui m’a été adressée ici, et en particulier sur la question de la Charte des valeurs, à laquelle je m’oppose. (Je n’apprends rien aux lecteurs réguliers de ce blogue.)

Évidemment, je suis loin d’être le seul commentateur dans cette situation. On entend souvent d’un tel ou d’une telle que son jupon dépasse — que le jupon en question soit étiqueté de gauche, de droite, libéral, conservateur, fédéraliste, féministe, écologiste, souverainiste ou autre.

L’accusation peut viser des individus ou un média au complet. L’étiquette révélerait un biais, voire de la mauvaise foi, et l’exposition de cette «allégeance» aurait pour effet de discréditer quiconque est ainsi «démasqué».

En surface, l’observation paraît souvent fondée. Il suffit de passer quelques semaines immergé dans la sphère politico-médiatique locale pour voir apparaître, entre les lignes et avec plus ou moins de subtilité, les sympathies évidentes de plusieurs médias et journalistes.

Quand il est question de reportages, ces biais se manifestent le plus souvent par le choix des sujets couverts (ou ignorés), l’ordonnancement des sources interrogées (ou ignorées), et le choix éditorial de «grossir» ou «réduire» une nouvelle selon l’éclairage que lui donne un journal, un magazine ou un bulletin de nouvelles.

Dans le cas des chroniques et des éditoriaux, l’accusation est plus complexe parce que le travail des commentateurs — contrairement à celui des journalistes, en principe — consiste précisément à émettre une opinion, qu’on ne peut pas raisonnablement leur reprocher d’exprimer.

Cela dit, les chroniqueurs et éditorialistes se font eux aussi régulièrement reprocher de manquer de neutralité ou d’objectivité. (Reproches généralement formulés de manière moins polie).

La critique surgit parfois quand les commentateurs omettent ou déforment un point de vue qui contredit leur thèse, auquel cas on dénonce une certaine malhonnêteté intellectuelle. Mais, le plus souvent, les chroniqueurs et éditorialistes sont attaqués quand leurs conclusions appuient généralement une position donnée, au détriment d’une ou plusieurs autres.

Dans ce cas, on leur reproche d’être «vendus», c’est-à-dire d’adhérer secrètement à un programme politique ou idéologique, comme si le travail d’analyse exigeait qu’on abandonne toute perspective personnelle pour se consacrer uniquement au commentariat «objectif».

Or ce credo de l’objectivité journalistique (dont plusieurs se réclament encore) a été fort malmené par l’émergence d’Internet, des blogues et des médias sociaux. À tel point que certains considèrent maintenant le dogme de l’objectivité comme caduc.

Dans un court essai publié en 2009, intitulé Transparency is the new objectivity (La transparence est la nouvelle objectivité), le chercheur et commentateur américain David Weinberger a bien expliqué ce changement de paradigme. Son essai, en traduction libre :

Un ami m’a demandé d’expliquer ce que je voulais dire quand j’ai écrit que «la transparence est la nouvelle objectivité». Premièrement, désolé pour le cliché du «X est le nouvel Y». Deuxièmement, ce que je voulais dire, c’est que la transparence joue maintenant le rôle historique de l’objectivité dans l’écologie du savoir.

De nos jours, en dehors du monde scientifique, l’objectivité a été largement discréditée, reléguée au rang des vœux pieux, voire des aspirations douteuses. Le problème avec l’objectivité, c’est qu’elle représente une tentative de décrire le monde sans point de vue particulier, ce qui revient à se demander à quoi ressemble un objet dans le noir. Cela dit — même en tant qu’idéal inatteignable —, l’objectivité a joué un rôle important dans l’apparition et le développement d’une information fiable et dans l’économie des journaux modernes.

L’importance de cette prétention à l’objectivité était évidente dans la résistance initiale des journaux aux blogues. On nous disait que les blogueurs étaient biaisés alors que les journalistes publiaient des reportages et des analyses objectives. Évidemment, pour quelqu’un qui croit que l’objectivité est impossible, la prétention à l’objectivité apparaît comme un moyen de dissimuler des biais inévitables.

C’est ce que je voulais dire quand, pendant une conférence de presse de blogueurs à la convention Démocrate de 2004, j’ai demandé au journaliste Walter Mears, lauréat d’un prix Pulitzer, quel candidat il appuyait pour la présidence. Il a répondu (je paraphrase) : «Si je vous réponds, comment pourrez-vous faire confiance à ce que j’écris ?» Ce à quoi j’ai répondu que, s’il ne répondait pas, «Comment pourrions-nous faire confiance à ce qu’il blogue ?»

C’est une illustration du principe voulant que la transparence soit la nouvelle objectivité. Ce que nous croyions jadis parce que nous pensions qu’un auteur était objectif, nous le croyons aujourd’hui parce que nous voyons, par-delà ses écrits, les sources et les valeurs qui informent ses positions. La transparence donne au lecteur des moyens de contrer les effets pervers des biais omniprésents. La transparence engendre la fiabilité, comme l’objectivité le faisait autrefois.

Ce changement marque le début d’une nouvelle ère.

On présentait jadis l’objectivité comme le gage ultime de la crédibilité : si une source était objective et bien informée, vous aviez toutes les raisons de la croire. L’objectivité des journalistes constituait la police d’assurance des lecteurs. Ce gage d’objectivité était d’ailleurs une part importante du marketing des journaux sérieux : «Vous ne pouvez pas vous fier à ce que vous lisez dans les tabloïds biaisés, mais nos reportages sont objectifs, donc vous n’avez pas à chercher ailleurs.»

Les systèmes d’accréditation jouaient essentiellement le même rôle : «Pas besoin de consulter d’autres sources quand une autorité accréditée dit qu’elle a fait le tour d’une question et que vous pouvez la croire». Fin de l’histoire.

Nous pensions que le savoir en général fonctionnait comme ça, mais il s’avère que la règle ne s’appliquait qu’au papier.

La transparence a préséance dans un médium d’hyperliens, où vous pouvez littéralement relier les affirmations d’un reportage ou d’une analyse aux faits et aux idées qui l’ont informé. Le papier est nul pour les liens. Vous pouvez toujours consulter la note de bas de page, mais c’est une activité fastidieuse qui se solde le plus souvent par un échec.

Pour cette raison, pendant l’Âge du Papier, nous nous sommes habitués à l’idée que l’autorité prenait la forme d’un panneau d’arrêt : vous avez consulté une source dont la fiabilité vous permet de stopper vos recherches.

Dans le nouvel Âge des Hyperliens, nous dépendons encore des accréditations et de l’autorité : ce sont des moyens indispensables de gérer la surabondance d’informations et d’en apprendre plus que ce que nous pouvons vérifier par nous-mêmes.

Cela dit, les accréditations et l’autorité servent de plus en plus à confirmer des données de base, le genre d’informations factuelles non controversées. Mais aux limites du savoir — dans l’analyse et la contextualisation que les journalistes contemporains prétendent faire mieux que quiconque — le public exige, attend, et peut avoir la transparence.

La transparence incorpore, au sein même d’un reportage ou d’une analyse, un moyen pour le public de voir les prémisses et les principes qui ont contribué à son élaboration, et la manière dont certaines ambiguïtés ou controverses ont été résolues par l’auteur. La transparence — c’est-à-dire la capacité intégrée de voir «à travers» un texte publié — donne souvent plus de crédibilité à une analyse ou un reportage que la prétention d’objectivité le faisait jadis.

Ultimement, la transparence englobe l’objectivité. Quiconque prétend être objectif devrait normalement accepter d’appuyer cette prétention en laissant ses lecteurs voir ses sources, les ambiguïtés sous-jacentes, les prémisses et les valeurs supposément exclues de son reportage ou son analyse.

De plus en plus, l’objectivité sans transparence ressemblera à de l’arrogance. Et éventuellement à de la folie. Pourquoi faire confiance à ce qu’un individu affirme être la vérité — même avec les meilleures intentions du monde — alors que nous avons accès à un réseau infini d’informations, d’idées et d’arguments ?

En somme, il semble que l’objectivité ait été le gage de la crédibilité dans un médium qui ne fait pas d’hyperliens. Or les médias d’aujourd’hui en font.

Autrement dit, le problème de notre ère médiatique ne serait pas le manque d’objectivité des journalistes et des commentateurs, mais plutôt leur manque de transparence quant aux «sources, ambiguïtés sous-jacentes, prémisses et valeurs supposément exclues de leurs reportages ou de leurs analyses».

À l’heure de l’obsession du voile, faut-il conclure que l’avenir du journalisme passe par un dévoilement plus complet des jupons ?

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10 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Merci pour cet excellent papier. Vous avez raison ce n’est pas l’objectivité qui est l’enjeu, mais la transparence. J’aime lire Michel David, même si je ne partage pratiquement aucune de ses idées, mais la qualité première de Michel David est de savoir où il loge. Aussi, Michel David ne se transforme pas en cheerleader, il conserve une certaine indépendance d’esprit qui lui permet d’être critique des stratégies péquistes. Idem pour un Andrew Coyne du NationalPost.

Enfin, il y a l’envers du côté, une fois que l’on a compris le principe de la transparence, en tant que lecteur, est-ce que je peux argumenter avec courtoisie et ne pas croire que les insultes peuvent servir d’arguments? Je rêve que oui, mais je sais que ce n’est pas à la portée de tous…

En cette occurrence, la subjectivité ne deviendrait-elle pas une forme comprise de courage et de clarté ? En quelques sortes, tout n’est pas fondé sur le noir versus le blanc, plutôt sur la nuance ; car comme l’écrivit le poète Paul Verlaine : « La nuance seule fiance, le rêve au rêve et la flûte au cor. »

En ce sens, ce n’est pas le poids des mots qui comptent, ce serait plutôt leur organisation et leurs transitions qui indiquent qu’ils forment la vision. Ce serait dans l’habileté de la vision de toutes choses que se formerait ce que David Weinberger appelle la transparence.

L’absence de vision qui n’empêche cependant pas la formation du langage, entrerait de facto en conflit avec l’objectivité, elle formerait plutôt le vice caché, l’affirmation du mensonge comme forme supérieure de la tromperie qui entrerait en concurrence avec l’expression d’une pensée fondée sur l’observation des faits.

C’est la raison de la science qui s’oppose aux obscurantismes de tous poils. C’est pourquoi, la question ne serait pas alors pour le commentateur de savoir s’il est objectif ou bien pas. La question serait encore de savoir si le commentateur — quelle que soit sa position dans la blogosphère — a compris son sujet ou bien pas. En résumé c’est la transmission et la compréhension de l’information qui restent encore au cœur du sujet.

Quoiqu’il en soit évidemment, je m’efforcerais de dire en toute objectivité qu’on n’est pas tenu d’être d’accord avec ces commentaires ou bien pas ! Cela dit, comme nous sommes en période d’Olympisme, j’ajouterai que c’est Mikhaïl Gorbatchev qui a introduit le concept de « glasnost » (publicité des débats), traduite usuellement pas le terme de « transparence », ce qui aura éventuellement entrainé la chute de l’Union soviétique.

C’est pourquoi la transparence est-elle à manipuler avec précaution puisqu’elle peut quelquefois devenir révolutionnaire 🙂

(1)

« Dans ce cas, on leur reproche d’être «vendus», »

Le reel c’est qu’il y a reellement des gens qui font du spin politique dans les medias et oui certains sont des vendus.

Je pense qu’ici on fait dans le l’homme de paille.

Les gens sont pas exigeant sur le fond …. ils veulent pas une complete objectivite …. ce qu’ils ne veulent pas
c’est du monde qui viennent defendre un point de vue sans egard du fait, au reel …. du monde qui viennent faire du spin.

Un exemple du pire pour bien du monde c’est l’equipe editoriale de la presse.

en quoi c’es tpas etre vendu par exemple pour Lysiane Gagnon de faire un texte …

la laicite une idee importe …

On dirait presque qu’on reflechit meme pu.

C’est de ca que le monde ait tanne.

————————–

(2)

« l’avenir du journalisme passe par un dévoilement plus complet des jupons ? »

(a)

Je sais pas si on confond ici journaliste, chroniqueur, editorialiste, blogueur …

Mais certainement non c’est pas l’avenir.

Et ce meme pour les blogueurs.

(b)

Jerome le reel c’est que toi tu me semble dans le militantisme.

Tu fais pas vraiment un texte … tu semble pogner n’importe quoi pour essayer de supporter x ou y vision, idees politique ou d’un parti politique.

Quand on est rendu a dire qu’une peut etre prix nobel porte un voile comme argument ca fait picpic …. mais c’etait ton titre aussi inutilement peu subtil ….

(c)

Je suis devin Jerome …

Autant Martineau est devenu une caricature autant avec le temps avec tes innombreables textes contre la charte et le PQ tu vas en devenir une.

voir.ca va pouvoir etre fier.

(d)

De mon point de vue je pense que tes deja pres pour les ligues majeures et en particulier tenir compagnie a Andre Pratte, Dubuc, Gagnon …. en passant par Gilbert Lavoie qui fait dans un espece de spin dont seul lui a le style c’est tout en finesse ….

Toi tu fais pas dans la grande subtilite ….

C’est un peu comme Alec Castonguay qui faisait un texte qui faisait etat que le monde voulait pas d’election …
C’est du spin primaire … Alec devrait le savoir …

(e)

Bien des spinneux sont passe a autre chose. Moi je t’invite a paufinner ta technique.

(f)

Ce que je pense c’est que ca te ferait bien sur du bien que tout le monde embarque la dedans, mais sur le fond il y a d’autres gens qui aspire a mieux.

En tout ca moi comme lecteur je veux mieux.

——–

Qu’on appelle un article d’opinion « blogue » ou « éditorial », je ne vois pas ce que ça change. M. Lussier attribue à la technologie je ne sais quelle vertu magique qui changerait quelque chose au fait qu’il s’agit tout bêtement d’articles d’opinion, pour ne pas dire de militantisme exacerbé, et que les hyperliens tant vantés sont juste l’équivalent de renvois en bas de page, ce qui l’empêche de voir les mêmes bonnes vieilles gonflettes rhétoriques, sélective, partisanes jusqu’au délire, la manip et l’intox typiques de la classe militante, sous leurs nouveaux habits.

Bref, si je traduis l’exposé (plutôt longuet) de M. Lussier, ça revient à ceci : «Je martèle ici tout ce que j’ai stratégiquement avantage à (me) faire croire dans un but tactique, vu que je ne suis pas plus con que les autres, qui font pareil..»

Vous avez tout à fait raison, mais ce n’est pas l’existence des blogues qui a fait disparaître l’illusion que l’objectivité était possible. Herbert Simon a gagné un prix Nobel pour avoir montré cela dans les années 30. À partir du moment où nous reconnaissons que nos décisions sont fondamentalement subjectives et que plus l’objet de la discussion est important plus c’est subjectif, il est essentiel de dire où l’on campe. ça ne permet plus autant la manipulation, mais c’est nettement plus intéressant et ça donne de la valeur aux opinions qui ne sont pas les nôtres.

la manipulation c’est la subjectivité présentée comme objective, la subjectivité de « ceux qui ont raison »

Personnellement, ce que je reproche aux médias, ce n’est pas le manque d’objectivité de tel ou tel journaliste, dont on voit bien les couleurs au fil du temps, mais leur manière de traiter les débats sociaux et politiques. Par « souci d’objectivité », les médias s’obstinent, dans tel ou tel débat, à inviter les porte-paroles des deux camps, des « spin-doctors » ou des spécialistes aux idées fixes, ou des citoyens plus vocaux que d’autre. Alors que l’information, pour moi, cela ne consiste pas à gérer une foire d’empoigne entre des partis bien équilibrés (par le nombre et le ton), mais cela consiste à creuser une question, en définissant les tenants et les aboutissants. À quand une grande émission d’information sur l’origine, l’histoire de la vision libérale dans le débat sur la Charte des valeurs? À quand une émission sur la vision plus conservatrice et nationale dans le même débat? À quand une émission sur l’histoire de la laïcité, au Mexique, aux États-Unis et en France, sur le même sujet? Notez que la loi de 1905 sur la laïcité en France s’est fortement inspirée du libéralisme mexicain et beaucoup moins de sa grande révolution, qui divisait encore le pays. Organiser des débats avec les « têtes » du moment, c’est sans doute moins coûteux et surtout, c’est plus rapide.
Ces débats prétendument justes parce que « équilibrés » par le nombre ne font que renforcer les opinions des uns et des autres et ne nous informent pas. Cela a pour effet de renforcer l’approche partisane plutôt que la réflexion. C’est ainsi que les commentateurs peuvent nous annoncer, en lisant les sondages, que « les lignes ne bougent plus ». Les journalistes doivent nous informer et alimenter notre réflexion, pas seulement nous « raconter ».

C’est une attitude d’enfant-roi!
Ne pas chercher l’objectivité mène à la propagande et non à l’information.
Il y a une différence entre donner son opinion et informer le public.
Oui, c’est plus facile comme à la La Presse qui met en avant ses chroniqueurs qui propagent l’opinion du propriétaire au détriment des journalistes. On nous dit quoi penser après on nous donne les faits
Il faut dépasser l’attitude d’enfant-roi, se dépasser et continuer à chercher l’objectivité, la vérité, les vérités, pas seulement la sienne, chercher les faits, douter, douter de soi surtout, ça c’est dur pour un enfant-roi.
Je suis transparent, donc je suis vrai et ce que je vais dire, écrire sera vrai. C’est plutôt court et gratuit.
Au lieu de la transparence, ça devrait être l’effacement et la recherche de l’objectivité.
S’effacer, ça aussi c’est dur pour un enfant-roi.
Marc André Gagnon
Journaliste Chroniqueur vin
vinquebec.com

Derrière les journalistes, y’a les lobbies. C’est plutot de ce coté qu’est le cancer médiatique.
Les journalistes doivent travailler rapidement et sont souvent paresseux. Ils vont au plus rapide.
Le plus rapide c’est appeler le chef du lobby et lui demander ce qu’il pense du sujet du jour.
Le compétiteur fait pareil.
Résultat: le diplomé en théologie, transformé en expert environnementaliste, est partout, partout, partout.

Je ne suis pas objectif (et vous non plus)

Collé à partir de

Sincèrement je ne vous lis plus très souvent à part les titres.
Comme j’ai à peu près exclu ce qui vient de la Presse, du Journal de Montréal, de TVA, pour ne nommer que ceux là.
J’ai été abonné à la Presse et à l’Actualité, entre autres pendant des dizaines d’années.
Avec le temps vous (au sens large: vous, dans les communications) devenez prévisibles, tellement qu’à une virgule près je peux savoir avant de lire, le sens de votre (de leurs) papier.
De droite, de gauche, critique ou pas, commentateurs, animateurs, toujours sur le même clous avec le même marteau, à la fin, ça devient une perte de temps de vous suivre.

L’objectivité pour donner l’impression d’en avoir, ça parait.

C’est tout à fait à l’image des nombreuses études de toutes sortes: cherchez les conclusions et vous pourrez savoir les résultats dans les colonnes avant de les consulter.
Tout comme les sondages qui se limitent à quelques questions ciblés par des spécialistes pour démontrer un point précis et donc, la réponse, sa conclusion et son rapport étaient prévus, cherchés et connus.

Toujours tout noir pour celui-ci ou toujours tout blanc pour celle-là, à la fin c’est comme de toujours manger le même plat le vendredi depuis quinze ans.
Et c’est ainsi que j’ai limité mes lectures et mes interventions.
Et c’est ainsi que Martineau et Pratte pour ne nommer que ceux-là, tant qu’à moi, n’ont pas évolué d’un iota depuis leurs débuts.
Hors tout n’est jamais tout blanc ou tout noir…sans fin!
C’est très décevant.

Comme c’est décevant et hilarant, lorsqu’un animateur ouvre un sujet et invite des commentateurs de différentes régions et/ou de différentes disciplines (mais qui sont-ils donc après avoir fait un peu de recherches sur leur passé? Pas grand chose de plus que moi sur le sujet d’aujourd’hui, puis de demain, puis d’après demain…!!!) et ils chantent tous en choeur la même partition. Pire, ils appuient leurs sujets, leurs thèses avec l’aide d’un spécialiste. Oh surprise, après quelques questions, il arrive que le spécialiste invité semble ne pas avoir tout à fait la même partition. Oups! Problème! Il devient très évident alors qu’on écourte son intervention et on revient en choeur à la partition comme s’il n’y avait eu aucune intervention de la vedette.

Commission Charbonneau: on présente en répétition et à excès, en boucle les mêmes extraits. Et encore là, on dirige l’opinion selon une philosophie précise. En écoutant plus attentivement, et presque d’un bout à l’autre les témoignages, entre autres plus récemment, d’Arsenault et de Rambo, j’en ai compris même là de l’orientation que l’on donne aux témoignages, mais aussi à certains manquements de la commission, des commissaires et des avocats. C’est ainsi, pour ne nommer que cet exemple, que Monsieur Gauthier c’est justifié de la nécessité de certaines de ses actions en soulignant divers aspects qui démontraient que des entrepreneurs, surtout des petits, ne respectaient pas des règles, des lois, et des conventions collectives, fraudaient le ministère des finances et quoi d’autres. Hors les commissaires se sont appliqués à poser des questions aux entrepreneurs sur les réactions de Rambo, mais jamais sur leurs façons d’agir sur les sujets que Bernard avait apporté. Après le témoignage de Rambo, un seul intervenant, sur RDI à ce que j’en sais, a souligné ce manque flagrant d’objectivité et de transparence… Je n’ai pas revu son intervention aux bulletins de nouvelles. Je n’ai pas pris connaissance qu’aucun autre intervenant l’avait souligné. Mais ce matin cependant, sur RDI, l’intervenante habituelle et « officielle » est venue insister sur le très bon travail, juste et transparent de la commission. Décevant et hilarant de transparence et d’objectivité! Bravo! Malhonnêteté?

Vous en direz bien ce que vous voudrez.
En citant les thèses que vous voudrez.
Quiconque en fera autant et à sa façon.
Peu m’importe le chemin ou le vocabulaire emprunté.
Objectif, transparent, honnêteté, ou quoi que ce soit d’autres, je m’attend à beaucoup mieux, beaucoup plus des communicateurs « officiels » et « professionnels ».
Beaucoup mieux que d’un intervenant quelconque qui laisse un commentaire ici et là!

Je vous met tout à fait dans la même poche que les politiciens, les policiers, les médecins, les gens d’affaires et les autres qui professent des postes prestigieux, d’autorité, de conseils, d’orientation, et lorsqu’ils sont dans l’embarras, se justifient en disant, qu’ils sont des êtres humains tout comme moi et qu’ils ne sont pas parfait.
Hors, non et encore non, ils ne sont pas comme moi. Un juge, un policier qui volent des cigarettes, n’est pas comme celui qui vole un pain parce qu’il n’a pas mangé depuis deux jours. Et l’homme d’affaires qui fraudent l’impôts de dizaines de millions n’est pas comme celui qui fraude le bs. Et quoi qu’en dise quelques spécialistes que ce soit, et non, ils ne devraient pas avoir la même peine que moi!

« Je ne suis pas objectif (et vous non plus) »
Mais je m’attend à ce que vous le soyez beaucoup plus que moi!

Quiconque veut me convaincre d’une position en particulier, à répétition et qui en fait son gagne pain, devrait se présenter en politique!