Paul St-Pierre Plamondon : « Je sais dans quoi je m’embarque »

Paul St-Pierre Plamondon ne se fait pas d’illusions : reconstruire une formation politique qui a essuyé les pires résultats électoraux de son histoire lors des deux derniers scrutins est un défi titanesque. Mais le nouveau chef du Parti québécois semble justement carburer aux missions impossibles.

Photo : Rodolphe Beaulieu

Diriger le Parti québécois ramène Paul St-Pierre Plamondon à ses souvenirs d’enfance. Avant ses tournois de tennis, quand il avait 12 ans, il écoutait souvent un vieux disque vinyle que son père faisait jouer pour le motiver : Mets World Series 1969, un enregistrement de la victoire-surprise des Mets de New York contre les puissants Orioles de Baltimore en Série mondiale de baseball. « C’était le message que tout est possible », raconte le nouveau chef du PQ, élu le 9 octobre dernier.

Cette formation a été surnommée « l’équipe miracle ». Depuis leur arrivée dans les ligues majeures sept ans auparavant, les Mets de New York étaient la risée des amateurs. Jamais une équipe n’avait accumulé autant de défaites en si peu de temps. Le gérant de 1962 à 1967, Casey Stengel, découragé, avait même lancé à un journaliste : « Je découvre de nouvelles façons de perdre dont j’ignorais l’existence. » Et pourtant, en 1969, l’équipe s’est rendue jusqu’aux grands honneurs.

Vingt ans plus tard, à la fin des années 1980, dans la Honda Civic bleu métallique familiale qui les transporte de tournoi en tournoi, Jacques Plamondon (qui était alors directeur général de la fédération de tennis de table du Québec) répète à son fils que « ceux qui rêvent et persévèrent, même lorsque tout va mal, font parfois des miracles ». Des paroles qui guident encore aujourd’hui Paul St-Pierre Plamondon. « Mon père m’a appris qu’il ne faut pas faire les choses en fonction de ce que les gens disent, mais en fonction de nos valeurs et du projet qu’on veut servir », se remémore-t-il.

À 43 ans, l’avocat et père de deux jeunes enfants affronte le plus important défi de sa vie : reconstruire un parti politique qui a essuyé les pires résultats électoraux de son histoire lors des deux derniers scrutins. La moyenne des récents sondages, établie par le site Qc125 de notre collaborateur Philippe J. Fournier, crédite le Parti québécois de 14 % des intentions de vote, 30 points derrière la Coalition Avenir Québec de François Legault. Chez les 18-34 ans, la formation souverainiste arrive au dernier rang à l’Assemblée nationale.

Au départ de la prochaine campagne, en 2022, une génération entière de Québécois n’aura jamais assisté à une victoire électorale majoritaire du PQ — la dernière remonte à 1998. Depuis, six leaders se sont succédé à la tête du parti.

Paul St-Pierre Plamondon ne se défile pas : la mission, à première vue, semble impossible. « J’ai décidé de reprendre le flambeau de l’indépendance et du péquisme, même si tout le monde dit que c’est le parti d’une génération et que certains prédisent sa mort. J’ai le privilège de pouvoir essayer mon plan de match pour rénover le Parti québécois. »

Pour l’instant, ce plan demeure flou. Les grandes lignes se résument à une cause, la souveraineté du Québec, et à un trait de caractère du chef, la détermination. Le reste de la stratégie viendra plus tard.

Lorsque je lui demande comment il compte battre la CAQ en 2022, Paul St-Pierre Plamondon répond qu’il présentera un projet d’avenir aux Québécois et qu’il misera sur une « authenticité assumée » pour y arriver. « La CAQ est un parti fédéraliste qui laisse croire aux gens qu’il ne l’est pas, soutient-il. C’est une formation qui accumule les échecs auprès du Canada. Elle ressemble à une agence de relations publiques qui se déguise en gouvernement. L’authenticité du PQ va nous aider. Si un électeur ou un militant est encore au PQ, c’est qu’il est là pour la cause, pas pour un gain à court terme. »

À plusieurs reprises durant notre entrevue en visioconférence, lui dans un bureau au dernier étage du parlement, à Québec, moi dans ma cuisine, à Montréal, Paul St-Pierre Plamondon répétera qu’il a « le couteau entre les dents », une volonté sans faille de faire sa place.

« Il faut assumer pleinement ses idées et aller chercher les gens qui partagent notre pensée, tout en étant responsable et humaniste. Ce sera mon style de leadership : répondre aux détracteurs du tac au tac, et avoir le couteau entre les dents », lance-t-il en se déplaçant sans arrêt dans la pièce aux murs beiges ornés de toiles qui représentent les paysages du Québec, son ordinateur à bout de bras.

Lors du conseil national virtuel avec les militants péquistes, le 23 novembre dernier, le 10e chef de l’histoire du PQ a inauguré un « nouveau cycle vers l’indépendance », soutenant qu’il n’y a « rien de farfelu à assumer le point de vue légitime de 40 % de Québécois ». Après l’attentisme de Pauline Marois et la volonté de Jean-François Lisée de repousser un référendum sur la souveraineté, le PQ est redevenu un parti pressé de faire l’indépendance. « Cette question est appelée à revenir. L’indépendance est une question de vérité, de pérennité de la langue française et de culture », affirme Paul St-Pierre Plamondon. Un éventuel gouvernement dirigé par celui-ci dépenserait des fonds publics pour promouvoir son option et tiendrait un référendum dès son premier mandat.

Paul St-Pierre Plamondon en compagnie des autres candidats à la chefferie du PQ (Frédéric Bastien, Guy Nantel et Sylvain Gaudreault) juste avant le dévoilement du résultat de la course, le 9 octobre dernier (photo : Paul Chiasson / La Presse Canadienne).

Or, le plus récent sondage Léger sur le sujet, paru à la mi-décembre 2020, montre que seulement 27 % des Québécois sont favorables à la souveraineté du Québec — 52 % sont contre et 21 % ne savent pas ou refusent de répondre.

Y a-t-il une place dans le débat public pour la promotion de l’indépendance, au moment où le Québec traverse la pire crise sanitaire de son histoire, doublée d’une récession économique ? Sans aucun doute, clame le nouveau chef. « La pandémie ne sera pas éternelle. On se prépare aux élections de 2022. Le coronavirus a permis de mettre au jour plusieurs dysfonctionnements du Canada. Par exemple, le refus d’augmenter les transferts en santé aux provinces ou le retrait précipité de l’armée des CHSLD, en juin dernier. Je trouve qu’il y a eu un mépris du Québec de la part du gouvernement fédéral durant la pandémie. »

Lors de sa première course à la direction du PQ, en 2016, Paul St-Pierre Plamondon était pourtant l’un des candidats les moins pressés de faire l’indépendance. Pendant que la députée Martine Ouellet proposait un référendum dans un premier mandat, il souhaitait le reporter à un deuxième, au mieux. En 2014, dans son livre Les orphelins politiques (Boréal), il reprochait d’ailleurs au Parti québécois son « obsession référendaire ».

Son changement de cap en 2020 a surpris bien des militants péquistes — et les observateurs politiques ! Il se défend toutefois d’avoir modifié son discours pour plaire à la base du parti. « En 2016, l’urgence était de sortir les libéraux, justifie-t-il. Sinon, j’aurais été favorable à la tenue d’un référendum dans un premier mandat. Maintenant que les libéraux ont levé les feutres, c’est différent. Ce qui serait illogique, ce serait de trouver une nouvelle excuse pour repousser encore le référendum. Il n’y a pas d’excuses. »

L’aventure jusqu’à la terre promise pourrait cependant être longue, convient Paul St-Pierre Plamondon, qui estime que le manque de stabilité à la tête du parti et les changements de priorités des chefs successifs ont contribué à miner la confiance des électeurs. Il a la ferme intention de faire mentir la réputation d’une formation qui mène la vie dure à ses dirigeants. S’il ne devient pas premier ministre en 2022, il ne démissionnera pas, jure-t-il. « Je sais dans quoi je m’embarque. Je me suis engagé à assurer une stabilité pendant les prochaines années et à rebâtir le parti. Tant qu’on progresse, qu’on attire des candidats de qualité et qu’on réussit, dans l’espace public, à réhabiliter l’indépendance, ça ira. On n’est pas dans une logique électoraliste. L’important, c’est d’inspirer la population. Ça peut aller vite, mais ça peut aussi prendre des années, et j’ai signé en bas du contrat pour ça. » 

Il pourra compter sur le soutien de son épouse, Alexandra Tremblay, 34 ans, qui a mis sa carrière de chargée de projet philanthropique en veilleuse pour accompagner son mari dans ses nouvelles fonctions. Le couple — qui a une fille de 2 ans et demi, Laurette, et un garçon de 11 mois, Maurice — vivra avec un seul salaire. Alexandra jouera un rôle bénévole au sein du PQ. « Dans les prochaines années, toute notre vie sera bâtie autour de la politique, explique le principal intéressé. En plus de cette énorme pression, si ma conjointe travaille ailleurs, on va finir avec un divorce et on ne veut pas ça ! On a décidé d’entrer là-dedans ensemble et on va en sortir ensemble. »

Ceux qui fréquentent Paul St-Pierre Plamondon depuis des années affirment qu’il déborde de confiance et qu’il a « du front tout le tour de la tête ». En 2016, alors qu’il se décrivait encore comme un orphelin politique déçu de l’offre des partis au Québec, il a soudain brigué la direction du PQ, sans même tenter de se faire d’abord élire député. « Ça s’est fait sur un coup de tête, lâche-t-il en souriant. J’ai pris ma décision en 24 heures ! Je n’ai pas réfléchi longtemps. J’avais quelque chose à faire valoir et si ce parti était pour rebondir, aussi bien amener mes idées. Je ne m’attendais pas à gagner, mais j’ai réussi à occuper l’espace. »

Paul St-Pierre Plamondon à l’annonce de sa première campagne à la direction du Parti québécois, en juin 2016 (photo : Ryan Remiorz / La Presse Canadienne).

Kamikaze ? Plutôt l’attitude d’un entrepreneur qui n’a pas peur de prendre des risques, réplique St-Pierre Plamondon. Il a d’ailleurs récemment changé sa bio sur Twitter pour y inscrire « entrepreneur en pays ».

« Si on doit entreprendre un projet comme l’indépendance du Québec — et je suis conscient que juste le dire semble rêveur —, si on veut rendre justice à toutes les générations de Québécois qui désirent un pays depuis les Patriotes, il faut avoir ce tempérament de fonceur, soutient-il. On ne peut pas être calculateur et tenter de se placer les pieds en fonction de ce qui a le plus de chances de fonctionner. Ça prend la mentalité de quelqu’un qui a tout à gagner. J’aime foncer. »

En 2005, lorsqu’il emprunte le chemin de la prestigieuse Université d’Oxford, en Angleterre, pour y faire une maîtrise en administration des affaires, il emporte dans ses bagages un vieil équipement de gardien de but de hockey, acheté pour 150 dollars quelques jours plus tôt sur Kijiji. Son ambition : devenir le cerbère de l’équipe de hockey d’Oxford. Or, non seulement il ne sait pas si le poste est disponible, mais il n’a jamais défendu le filet ! « Je suis une passoire selon tous les standards ! rigole-t-il. Je n’ai pas joué au hockey mineur. Mais je voulais être le gardien de but de l’équipe. »

À l’aéroport, ses parents et amis, désarçonnés, le regardent partir avec ses jambières bleu et blanc usées. « Je n’avais pas l’air crédible ! Le look était terrible. » Il se taillera finalement une place de réserviste, avant de jouer le rôle de gardien titulaire pendant la saison. Lors du match ultime, en finale de la Coupe Patton contre l’université rivale de Cambridge, il protège la cage devant une foule de 2 000 spectateurs entassés dans l’aréna. Son père, qui a fait le voyage à la demande de son fils, le voit porter le trophée à bout de bras au centre de la glace. Pas loin d’un miracle.

Paul St-Pierre Plamondon affirme tenir cette mentalité de fonceur de son grand-père paternel, Paul-Henri Plamondon, qui a lancé 13 entreprises dans sa vie et a été président de la Chambre de commerce de Québec, en plus de diriger la Plume rouge, un organisme de bienfaisance devenu Centraide Québec. C’est lui, avec son frère et quelques hommes d’affaires, qui a fondé le Carnaval de Québec, en 1954. Propriétaire du Manoir St-Castin, à Lac-Beauport, il cherchait à attirer davantage de touristes en hiver dans la région. 

Le jeune Paul retiendra également « l’éthique de travail » et « la volonté de viser toujours plus haut » de la famille de sa mère, les St-Pierre. « Mon père était un adepte de la simplicité volontaire dans les années 80, bien avant que ce soit à la mode. Je me faisais souvent répéter que la seule richesse est entre les deux oreilles. C’était différent du côté de ma mère. Les familles Plamondon et St-Pierre ne se ressemblent pas du tout. Mes parents sont d’ailleurs divorcés ! » lance-t-il en riant.

Paul St-Pierre Plamondon grandit dans une famille qu’il décrit comme « conservatrice » et « croyante », même si la cellule de cinq — il a un frère et une sœur plus jeunes — ne fréquente pas l’église. « On croit à l’importance de la tradition, de la continuité. On pose des questions sur le sens de la vie », dit-il, ajoutant que, pour ses grands-parents, « les valeurs chrétiennes, les bonnes œuvres, c’était important ».

Les idées progressistes entrent dans sa vie à 17 ans, lorsqu’il passe une année scolaire au Danemark, dans le petit village de Varnæs. Il est hébergé dans la famille d’un pasteur luthérien, Povl Callesen, très conservateur sur les plans culturel et religieux — ils vont à l’église tous les dimanches —, mais socialement de gauche : éducation publique gratuite, redistribution des richesses, mesures environnementales innovatrices, tolérance envers les différences, égalité entre les hommes et les femmes, etc. « Povl est l’une des personnes les plus à gauche que j’aie jamais rencontrées. Cette année-là a fait de moi un progressiste pour le reste de mes jours. »

De retour au Québec, il fréquente le cégep privé André-Grasset, à Montréal, où il devient président de l’association étudiante à la suite d’une campagne électorale pendant laquelle il utilise la formule « Paul et ça devient possible », une référence au camp du Oui, dont le slogan référendaire était « Oui et ça devient possible ». Il vote d’ailleurs pour la première fois lors du référendum de 1995. « Toute ma famille a voté Non. J’étais le seul à voter Oui. Au point que mon père a refusé de m’emmener au bureau de scrutin ; j’y suis allé à pied ! »

Il ne demeure toutefois pas souverainiste bien longtemps. Dans la vingtaine, après avoir obtenu un diplôme en droit de l’Université McGill, il pratique dans les grands cabinets d’avocats de Montréal, notamment chez Stikeman Elliott, et se dit « disponible politiquement ». Ses amis de l’époque le décrivent davantage comme un fédéraliste. « Je n’étais membre d’aucun parti politique. Ça ne m’intéressait pas trop, en réalité. J’ai commencé à suivre la politique pendant ma trentaine », explique-t-il.

C’est lors de ses nombreux passages à l’émission Bazzo.tv, à Télé-Québec, à partir de 2010, que St-Pierre Plamondon « fige [son] identité politique ». Il discute avec les politiciens et ex-élus souverainistes qui se présentent à l’enregistrement. Il se souvient d’une conversation marquante d’une quinzaine de minutes avec Jacques Parizeau. « Il a répondu à toutes mes questions de jeunot sur la Révolution tranquille et son évolution vers le PQ », relate-t-il.

Durant plusieurs années, il est avocat et commentateur à la télé. Il multiplie les lettres ouvertes dans les journaux, principalement dans Le Devoir, qu’il écrit avant de se coucher pour dénoncer « les magouilles et la corruption de l’ère Charest ». « J’avais deux personnages. J’ai été une sorte de Batman pendant cinq ou six ans : avocat le jour, héros de la justice sociale le soir ! » s’amuse-t-il.

Après une défaite comme candidat péquiste dans Prévost en 2018 face à l’actuelle ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, St-Pierre Plamondon se lance pour la deuxième fois à l’assaut de la direction du PQ en janvier 2020. Le favori de la course est alors le député Sylvain Gaudreault, suivi de près par l’humoriste Guy Nantel. Dans le premier sondage Léger, Paul St-Pierre Plamondon constate que ses chances de l’emporter ne sont que de 5 %. Aucun député du caucus ne se rangera derrière lui.

Une dizaine de mois plus tard, après trois débats des candidats où il a fait bonne figure et des centaines de rencontres avec les militants par Zoom et Teams, en raison de la pandémie, il coiffe ses adversaires au troisième tour, avec 56 % des voix. Ce soir-là, Paul St-Pierre Plamondon a pensé à son père et aux Mets de 1969. « Les projets dont on rêve sont souvent les plus difficiles à réaliser, mais aussi les seuls qui comptent vraiment. »

Paul St-Pierre Plamondon sur…

… la gauche québécoise

Il y a deux gauches, et je ne suis pas certain que la nouvelle gauche soit une bonne nouvelle. La tendance sociale-démocrate que j’incarne, c’est une vision universelle de la citoyenneté et des gens. Une volonté de redistribuer les ressources à ceux qui ont moins de chance dans la vie. Puis est arrivée la nouvelle gauche qui occupe tout l’espace actuellement, tournée vers l’intersectionnalité [NDLR : selon laquelle il n’est pas possible de discuter de privilège et d’oppression sans prendre en compte tous les aspects qui constituent l’identité des personnes], comme le mouvement militant woke ou racialiste. L’esprit collectif et l’empathie ont diminué avec l’émergence de ce discours. L’identité repose sur la couleur de la peau, la religion, donc les différences. Ça met plus l’accent sur ce qui nous différencie et moins sur ce qui peut nous unir, sur ce qu’on peut bâtir comme Québécois. J’ai tracé une ligne : je garde le discours social-démocrate universaliste. Il faut réduire les inégalités sociales, indépendamment des caractéristiques individuelles.

… l’expression « racisme systémique »

Je n’adhère pas à cette notion. Le racisme systémique nous amène à simplifier le phénomène des inégalités sociales pour conclure que c’est la faute du système. Ça ne permet pas de trouver des solutions, parce que le système, c’est à la fois tout et rien. J’aime mieux utiliser les termes « racisme institutionnel » et « racisme individuel ». C’est vrai que le racisme ne se limite pas aux individus, et il faut prendre ça au sérieux. S’il y a un problème de racisme envers les Autochtones dans les hôpitaux, donc dans les institutions médicales, très bien, on va en parler. Mais ce n’est pas le système de manière générale qui est en cause. On va regarder comment fonctionnent nos institutions et combattre un racisme institutionnalisé. La notion de racisme systémique nous amène à des diagnostics erronés et à une multiplication d’allégations qui, à mon avis, vont mal virer dans la population. Le racisme n’explique pas l’ensemble des inégalités sociales. Et ce n’est pas parce qu’on désapprouve le concept qu’on n’a pas à cœur une justice sociale pour tous, et qu’on n’approuve pas la lutte contre le racisme.

… le faible engouement pour la souveraineté du Québec

Assez de gens approuvent l’idée pour que ce projet se matérialise. Est-ce que l’enthousiasme est là ? C’est mon travail de le créer. Il faut que je déconstruise un discours narratif mensonger qui vient tout droit de Jean Chrétien, à savoir que ce sont de vieilles chicanes qui ne changent rien. Or, ça change tout. On voit le déclin culturel, linguistique et économique du Québec. 

… l’absence de députés du PQ à Montréal

Il faut être plus présent sur le terrain. On doit parler à tous les Montréalais. On ne doit pas présumer que les communautés culturelles appuient le multiculturalisme. Beaucoup de Québécois issus de l’immigration sont emballés à l’idée d’être inclus dans le nationalisme québécois. 

… l’ADN du PQ sous son leadership

Notre identité, c’est le goût de parler d’avenir. La CAQ et le Parti libéral s’intéressent à la gestion au quotidien. Il n’y a pas de rêve chez ces formations. On est un parti voué à l’indépendance du Québec, qui participe de manière responsable aux débats les plus complexes et difficiles de notre époque. On veut aussi être l’outil de référence en environnement.

… l’enjeu le plus pressant au Québec, mis à part la pandémie

La régression de nos intérêts économiques, linguistiques et culturels. Regardez les statistiques sur la langue française. Regardez l’impérialisme américain sur la culture. Le vrai défi des prochaines années, c’est d’arrêter de reculer et de recommencer à avancer.

… la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault

Par respect pour la santé de tous et le courage dont on a besoin pour s’en sortir, je ne ferai pas de bilan. Les gens n’en sont pas encore là.

Les commentaires sont fermés.

PSPP se décrit comme « entrepreneur en pays » pendant que François Legault se décrit comme « bâtisseur du Québec ».. Tout est dans la perception.. La mienne est que la CAQ est un parti souverainiste qui laisse croire qu’il est fédéraliste ».
Et si le coronavirus aura plutôt permis de réaliser l’avantage de faire partie d’un grand ensemble, quand il s’agit de faire face à l’adversité, comme c’est le cas pour la pandémie planétaire actuelle et d’autres en devenir? L’Économie canadienne est entrée dans la crise en meilleure position que nombre de pays occidentaux, ce qui permet aux Canadiens de garder la tête hors de l’eau pendant la tempête..
François Legault ne peut s’empêcher de faire passer son aversion envers Justin Trudeau avant l’intérêt des Québécois. C’est complètement irresponsable de voir sa « répugnance » envers tout ce qui vient d’Ottawa, que ce soit en matière de l’armée canadienne en début de pandémie, refus des tests rapides payés par nos taxes, dédain envers l’application sur les cellulaires. « Faut que ça vienne de lui, au diable les experts! »
François Legault a les médias de son bord.. C’est la seule raison pour expliquer la satisfaction que, malgré un lourd bilan de décès record (10,000), les Québécois lui exprime toujours..
PSPP semble se laisser influencer.. Dans un débat avec Mathieu Bock Côté il avait dit qu’il ne fallait pas avoir peur de discuter de racisme systémique.. Et voilà qu’il a retourné sa veste..
Je pense que PSPP ne pourra que trahir ses convictions profondes « plutôt modérées » s’il continue de se laisser inspirer par les idéologies des réactionnaires identitaires, Mathieu Bock Côté et Frédéric Bastien..
Je trouve que PSPP exagère complètement quand il parle du déclin culturel, linguistique et économique du Québec. Le Québec ne s’est jamais aussi bien porté de toute son Histoire.. et oui, il nous faut continuer, nous sommes sur la bonne voie..
PSPP s’est laissé convaincre de déclencher un référendum dès la première année du PQ au pouvoir! Et il annonce que ce futur gouvernement dépenserait des fonds publics pour promouvoir son option.. Bravo! pour le respect.. cet aveu risque d’en refroidir plusieurs.
L’aventure vers la Terre promise de PSPP a des relents de la grande Noirceur.
Je verrais davantage PSPP au sein de la CAQ en lieu et place de François Legault.. Ses antécédents familiaux fédéralistes ne peuvent pas avoir laissé de traces..
Je pense qu’au sein du PQ il va se brûler les ailes et ce serait dommage!

Un autre chef du PQ qui s’en va nulle part. L’aveuglement sur le racisme systémique envers les peuples autochtones torpille carrément son plan d’indépendance. Il peut bien avoir des velléités de colonisateur, au XXIe siècle ça ne passera pas et sans les peuples autochtones le Québec ne sera jamais indépendant. Au lieu de regarder la question du haut de sa tour d’ivoire, il devrait regarder ce que René Lévesque a dit et fait en traitant les Premiers Peuples de nation à nation.

Plusieurs décennies plus tard, avec la Déclaration des NU sur les droits des peuples autochtones et le droit international, les choses ne seront jamais comme avant où un peuple pouvait dicter ses choix aux peuples autochtones; ces derniers auront très certainement l’appui du Canada et de la communauté internationale et sans eux, on peut dire ce qu’on veut, la realpolitik prévaudra.

Tant mieux si le nouveau chef du PQ réalise toute l’ampleur de la côte à remonter pour l’idée d’indépendance et, surtout le parti, qui n’a cessé de trahir ses idéaux et de décevoir les Québécois depuis 25 ans. Mais conjurer des phénomènes sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, comme province du Canada, comme la baisse démographique des francophones, le recul du français à Montréal et le financement du développement structurant par Ottawa en faveur des autres provinces du Canada au détriment du Québec est beaucoup plus complexe et une tâche infiniment plus colossale que la transformation d’une équipe de baseball en équipe championne. Contrairement au Québec dans le Canada, les équipes du baseball majeur ont droit aux mêmes privilèges et les règles du repêchage favorisent même les équipes finissant au bas du classement.

Mais si le PQ, en 2022, sous PSPP fait véritablement campagne sur la réalisation de l’indépendance, il retrouvera certainement mon vote, alors que je n’ai pas voté pour ce parti depuis 2007. Mais il n’est pas question pour moi de reprendre ma carte de membre ou de militer à nouveau dans ce parti tellement les provincialistes qui sont restés au PQ n’ont cessé de penser toujours de manière bassement électoraliste, ce qui s’est reflété dans le choix de ses chefs, au point de penser qu’il a été noyauté par des fédéralistes pour le détruire.

Le défi pour PSPP sera particulièrement difficile pour ramener les brebis perdues au sein de QS, qui n’ont jamais pardonné la dérive néolibérale du parti amorcée sous Lucien Bouchard. Convaincre les nationalistes de la CAQ de revenir au bercail ne sera pas facile non plus, ceux-ci craignant que tout affaiblissement de la CAQ ne cause le retour automatique des libéraux au pouvoir à cause de l’appui indéfectible de sa minorité de blocage.

Mais, par-dessus tout, il devra rompre avec la stratégie référendaire, rendue caduque depuis le refus catégorique d’Ottawa de reconnaître toute victoire du OUI ni même le principe de la parité des moyens des deux camps. Un vote pour le PQ doit désormais n’être rien d’autre qu’un vote pour l’indépendance.

Comme c’est habituellement le cas, avec le talent que nous lui connaissons, Alec Castonguay dresse un portrait détaillé, coloré et plutôt instructif de Paul Saint-Pierre Plamondon qui disons-le clairement est encore assez mal mal connu du public.

Nous comprenons que nous avons là une sorte de « Monsieur 100 000 volts », un électron libre qui ne tient pas en place, ne concède pas la défaite et s’estime prêt à poursuivre jusqu’à la victoire. La souveraineté.

Néanmoins, l’auteur de ce portrait, montre à grosses lignes pour contraster l’image, que l’impétrant au poste de premier ministre est face à des données de toutes sortes qui ne lui laissent pas une considérable marge de manœuvre pour imposer son style et son « Grand projet », surtout face à un François Legault « teflon » qui jouit d’une sorte d’état de grâce depuis presque deux années et demies alors qu’on ne sait toujours pas quand cela va s’arrêter.

Pour contrer cela, Saint-Pierre Plamondon nous propose le rêve. Je ne sais si substituer une rêve de pays au rêve Legault : « on n’est certes pas un pays… mais avec moi c’est tout-comme », que cela soit la solution qui lui ouvrira le poste qu’il vise avant qu’il n’ait fait dans un premier temps ses classes comme simple député.

Il y aura nécessairement un test en 2022, si Saint-Pierre Plamondon devenait ne serait-ce que chef de l’opposition, ce serait en soi une performance incroyable. Alors, on a beau jeu de promettre un référendum dès le premier mandat quand ce premier mandat prendra place en 2026 dans le plus favorable des cas.

Si Saint-Pierre Plamondon devait trébucher, je le dis en toute aménité, je ne sais si ses militants auront vraiment la patience de ne rien lui reprocher et tout lui pardonner. Ce serait une première au Parti Québécois. Enfin la bonne nouvelle n’est-elle pas que monsieur Saint-Pierre Plamondon pourra un jour rejoindre l’impressionnante liste des « ex » qui œuvrent comme analystes politiques dans les grands réseaux de télévision québecois ?

Vous avez raison, monsieur Drouginsky. Partir d’aussi loin par rapport au parti au pouvoir et considérant l’énorme défi, en lui-même, de reconquérir son électorat progressiste perdu à Québec solidaire, envisager une victoire électorale du Parti québécois, l’an prochain, relève purement de la pensée magique. Il pourra peut-être remettre l’indépendance du Québec à l’ordre du jour, mais le contexte de pandémie mondiale et de l’accroissement énorme de la dette publique fera en sorte que les électeurs ne considéreront encore que les partis capables de former un gouvernement, à la différence, par rapport à 2018, que les électeurs ont été considérablement rassurés par la capacité de la CAQ à gouverner. Avec le vote francophone partagé essentiellement entre 4 partis (CAQ-QS-PQ-PLQ) et le vote non francophone de Montréal encore largement derrière le PLQ, le danger de voir le PLQ se faufiler encore entre la CAQ et les PQ/QS pour l’emporter demeure réel. Le véritable défi de PSPP sera de démontrer que le PQ demeure le meilleur parti pour défendre la langue et la culture françaises et que, contrairement à QS, qu’il n’essaiera pas de faire croire aux Québécois qu’il pourra régler tous les problèmes dans le statut actuel de province. Cependant, QS ne manquera pas de rappeler que ses prédécesseurs, depuis le départ de Jacques Parizeau, n’ont cessé d’être incohérents avec la nécessité et l’urgence de devenir un pays, avec les résultats – pour le Québec et dans ses intentions de vote – que l’on connaît.

Très intéressant, ce portrait. Dans la conjoncture politique actuelle au Québec, le Parti québécois n’a plus tellement le choix : il doit défendre le projet d’indépendance s’il veut demeurer pertinent, car la CAQ occupe déjà le terrain de l’affirmation-nationale-dans-le-Canada où trop de chefs attentistes du PQ se sont réfugiés par le passé. Dans les paragraphes précédents, on découvre en Paul St-Pierre Plamondon un homme brillant et convaincu qui, malgré le cynisme ambiant, ne recule ni devant l’adversité, ni les épreuves à surmonter; ce trait de caractère lui sera assurément très utile dans la sphère politique, voire (qui sait) l’exercice du pouvoir.

Maintenant, sera-t-il à la hauteur du défi qui l’attend? Qui vivra verra. Nul ne peut présumer de quoi que ce soit en politique. Cela dit, à mon sens, qu’il soit d’allégeance péquiste ou non, l’électorat québécois peut se réjouir de voir un homme d’un telle trempe s’intéresser à la politique québécoise et s’y investir durablement (fût-il déclaré perdant à l’issue des prochaines élections) car, ne l’oublions pas, le pire risque lié au désintérêt des personnes de talent face à la politique, c’est d’hériter de dirigeants médiocres.