« Je vais voter pour le plus beau, c’est tout ce qu’ils méritent »

Léa Stréliski a regardé le dernier débat des chefs comme on regarde une émission de téléréalité. Puis elle a voté par anticipation avec une seule véritable conviction : elle a hâte que ça se termine.

J’ai voté. Par anticipation. Je l’ai fait. Ce qui veut dire que pour moi la campagne est finie. Tout à partir d’ici me donnera le sentiment de me faire « zigner » alors que le coït est terminé. N’empêche, en rentrant chez moi, je me disais, c’est quand même risqué voter 7 jours à l’avance en 2019. À l’heure où tout va trop vite, imagine dans deux jours j’écoute mon candidat parler et je découvre qu’il dit « Kidjiji ». Ça aura été cher payé juste parce que je ne voulais pas faire la file le 21 octobre.

Mais mon choix a été fait. J’ai pitché mon sou dans la fontaine et j’ai fait le vœu que mon candidat gagne. Oui. J’avais écouté les débats avant de voter. Avec parfois l’envie de me venger face à cette cacophonie de laquelle nous étions otage : « Tant pis pour eux, je vais voter pour le plus beau, c’est tout ce qu’ils méritent. ».

Pendant le débat de Radio-Canada en français, j’ai souvent eu l’impression d’être dans un char avec mes enfants. Avec l’envie de crier : « Fermez-la! » J’ai trouvé que Patrice Roy était très patient, moi je me serais armé d’un push-push d’eau, pour leur « pschitter » dans la face comme quand mon chat mange les plantes.

En résumé : Blanchet arrêtait pas de répéter qu’il avait été ministre de l’environnement et j’avais envie de dire : « oui, mais t’as aussi été le gérant d’Éric Lapointe, ça s’annule ».

Bernier était plus articulé que d’habitude, ce qui prouve qu’il joue généralement à l’idiot, ce qui pour moi est un crime de guerre. Il rentrait en lion, on sentait l’énergie d’un gars qui se cherche une fille à 2h58 dans un bar. Last call, mon Max.

Maintenant, arrêtez tout, Andrew Scheer a dit quelque chose de presque cute. En parlant de son français, il a dit, je cite :  « J’apprends le subjonctif malgré l’imparfait de mon parole ». J’ai aimé ça genre comme j’aime le slam. T’es pas trop sûr de ce qui se passe, t’as envie de dire : « Ouin, soit tu chantes soit tu parles, mais choisis ». Mais en même temps tu reconnais que c’est presque quelque chose.

Sinon, je mettais sur sourdine chaque fois qu’Elizabeth May parlait. Rien contre elle, ça doit être absolument affreux de débattre dans une autre langue que la sienne. Mais j’ai 37 ans là, j’ai juste plus la patience. Elle parle moins bien français que Polina dans Occupation Double.

Jagmeet était comme à son habitude, charismatique, intelligent et drôle. Son français est pas mal, il a parlé de ses efforts dans la langue de Molière et je voyais déjà 2-3 Québécoises faire la file pour l’aider avec sa langue…

Quant à Justin Trudeau, il m’est apparu assez effacé. D’après moi, il est rendu comme nous tous, il a hâte que ça se termine.

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Et pourquoi pas, hein ?

« La beauté [ne] sauvera[-t-elle pas] le monde » [?]

Aujourd’hui, une chroniqueure du Journal fulmine incidemment contre l’empire du look eu égard au résultat de cette élection. Or…

Il y a moins d’un an, lors de son discours d’ouverture, nul autre que le premier ministre québécois, pourtant comptable et homme d’affaires (plutôt que d’«affair»), n’a-t-il pas énoncé qu’

« On doit aussi mieux arrimer la recherche, l’innovation, l’entrepreneuriat et la beauté. »

et qu’

« Il va falloir rénover nos écoles et en construire de plus belles.

[…]

Je rêve qu’on ait, au Québec, de belles écoles.

Parce que pour moi, la beauté contribue aussi à la réussite.

Un bel environnement favorise le climat de travail pour les enseignants. » ?

Ah, bien sûr, un super grand génie, Beethoven, aura opiné, lui, que ce serait la bonté plutôt qui constituerait l’unique marque de supériorité humaine. Ce qui s’agence assez bien, merci, n’est-ce pas, avec le nom donné à Dieu en anglais («God» proche de «good»). Mais où irait-on sans la beauté? Serait-on, même?…

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Oui, la trouvaille où le chef du PCC évoque, de manière inédite, en une seule phrase, le si classique « imparfait du subjonctif »…, en était toute une! Mais… Comme on l’aura constaté, cela ne pouvait suffire. Encore fallait-il attrait, plaisance autrement, séduction, quoi, en un mot. Or, quoi, plus ou mieux que la beauté, le peut?

Comment la petite soeur Stréliski a-t-elle pu plaire et charmer si tôt, si vite, si… ‘fort’, si ce n’est grâce à la beauté de ce qu’elle crée? La douceur serait porteuse de force? Vrai. Ç’avait été énoncé d’ailleurs, à peine différemment, il y a deux millénaires déjà: « La puissance se déploie dans la faiblesse »…

Ne pourrait-on ajouter qu’il arrive que moins il y a de puissance, plus il peut y avoir de jouissance?

Le premier ministre québécois en appelait solennellement l’an dernier aux FAB (Fierté-Audace-Beauté). Le numéro d’ouverture du gala hier soir présentait un fameux de bel exemple de ce que peut être l’audace en beauté.

Ramené, encore, au politique, sur quoi baser e.g. une ‘préférence’ eu égard au choix à faire entre les candidat.e.s dans Jean-Talon pour l’élection partielle imminente? Sur la compétence? Sur le — (programme du) — parti? Et si c’était, plutôt, sur le… charme? N’y en a-t-il pas une semblant dotée, au départ, de plus de ‘charme’? Tout à coup que ce serait cela le « bon » ou « plus meilleur » ‘critère’ de « sélection » en cas pareil ?…

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