Jean Charest: Dans les coulisses du Plan Nord

Jean Charest en parle tous les jours sur le chemin électoral. Voici comment est né ce grand projet, entre stratégie partisane, vision d’avenir, leçons du passé et pressions internationales.

Il est passé 21 h lorsque Jean Charest monte sur la grande scène de bois, plus hésitant qu’à l’habitude. Il cherche ses mots, jette un œil à ses notes. Derrière lui, trois écrans géants diffusent des images éclatantes de rivières, de caribous, de mines, de forêts, de barrages hydroélectriques. Devant lui s’étend la salle du Cen­tre de congrès et d’expo­sitions de Lévis, remplie… de chaises vides?!

En ce samedi 27 septembre 2008, alors que la plupart des 500 militants libéraux réunis en conseil général profitent de la soirée pour fêter leur amitié au bar de l’hôtel Sheraton, à côté, le premier ministre fait secrètement ce qu’il ne fait jamais?: il répète son discours du lendemain.

Aussi à l’aise devant une foule que dans une réunion de famille, Jean Charest n’a pas l’habitude de ces générales. Normalement, c’est à peine s’il lit ses discours, préférant improviser de larges portions, truffées d’anecdotes. Pas cette fois. Le lancement du Plan Nord doit être parfait.

Cela fait des jours que Jean Charest torture les pages préparées par son rédacteur, Patrice Servant, raturant et ajoutant des passages par dizaines. Cette fois, il suivra le texte à la lettre.

Le chef libéral a tout misé sur ce qu’il qualifie de «?chantier d’une génération?», qui «?re­­pousse les limites de notre dernière grande frontière, le nord du Québec?». Un triple pari?: électoral, économique et personnel.

Malgré les critiques qui s’accu­mulent depuis quelques mois, Jean Charest est convaincu que cette vision du développement de nos espaces froids assurera la prospérité de la province. Et l’aidera, au passage, à remporter les élections – et à devenir le premier ministre qui aura dirigé le Québec le plus longtemps depuis un demi-siècle. S’il échoue le 4 septembre, ce Plan Nord, bâti pour lui survivre, sera son héritage politique.

Pourtant, sa gestation, pendant plus de trois ans, a été si délicate qu’il a bien failli ne jamais voir le jour…

 

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